Guerre des sexes : petites nouvelles du front

L’invraisemblable feuilleton de la guerre des sexes enclenchée par l’affaire Weinstein se poursuit. On apprend que Caroline de Haas est un peu marrie de la tournure prise par l’opération qu’elle a déclenchée qui lui retombe un peu sur le museau. Et par conséquent elle nous dit que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec elle et qui n’apprécient guère sa petite manip, la sidèrent. On va la laisser à sa sidération, en constatant simplement que sa cohorte de furies a vu se précipiter quelques renforts surprenants. Qui pensent probablement plus confortable et politiquement plus rémunérateur de hurler avec les loups. Parmi eux, on retiendra le cas de Laurent Wauquiez, qui piétinant morale et principes a réclamé la démission de Gérald Darmanin. Démontrant à cette occasion deux choses. Tout d’abord que la consistance de ses capacités d’homme d’État est pour l’instant problématique. Ensuite que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Tout comme Alain Juppé, il est normalien et énarque, et a été membre de l’UMP. Il doit y avoir un moule pour que ce genre de profil adopte une attitude particulièrement déplaisante au moment où un peu de mesure et de hauteur s’imposeraient. On rappellera pour l’anecdote l’attitude d’Alain Juppé, le Nestor de Bordeaux à l’occasion du lynchage dont avait été victime Éric Woerth. Ce dernier, cible d’une opération lancée conjointement par le Canard enchaîné et Mediapart avait été démissionné de son poste de ministre des finances. Outre les différents et habituels lynchages médiatiques, il avait dû affronter une instruction incroyablement à charge du mal nommé juge Gentil, puis cinq semaines d’audiences correctionnelles éprouvantes pour être doublement relaxé. À la grande fureur de Moustache-rageuse (Edwy Plenel) qui avait trouvé le temps, entre deux mamours à Tariq Ramadan d’inventer un nouveau concept juridique à propos d’Éric Woerth, celui « d’innocent coupable » ! Pour revenir à Alain Juppé on rappellera simplement que lorsque lui-même avait connu quelques solides ennuis judiciaires, Éric Woerth lui avait manifesté publiquement et personnellement son soutien et renouvelé son amitié. Le tribunal de Bordeaux sur les bancs duquel le maire de Chantilly a passé cinq semaines pénibles, est à quelques encablures de la mairie du même nom. Dont Juppé est le maire, fonction qui devait être extrêmement prenante, puisque notre Nestor s’est soigneusement gardé du moindre contact, du moindre signe amical même discret avec son camarade de parti injustement malmené. Même pas un petit café. Des fois qu’il aurait la gale ? Machine Nespresso en panne? Faute de temps ?

Eh bien Monsieur Wauquiez, je ne suis pas entièrement convaincu que, dans ce genre de moment, faire d’Alain Juppé un modèle soit une décision très heureuse.

Mais, on papote, on papote, il ne faudrait pourtant pas oublier la petite séance de rattrapage prévue en commençant ce texte dont l’auteur mesure qu’il est peut-être parti dans tous les sens.

Pour les retardataires donc, quelques rappels :

Tout d’abord Florence Rault était de service mercredi soir sur BFM. Pour essayer de mettre un peu de clarté. Sur des questions qu’elle connaît par coeur pour les pratiquer depuis trente ans. Nos lecteurs la lisent dans ces colonnes.

Elle est tombée sur Juliette Méadel la starlette. Elle ne savait pas qui c’était. Elle n’a pas été déçue…. Méadel, seigneur! Ruth (Elkrief) tu n’es pas sympa ! C’est du bizutage, et pourquoi pas Aurore Bergé tant qu’on y était.

Pour ceux qui sont prêts à entendre Juliette glousser.

Eugénie Bastié ensuite, qui m’a demandé une interview pour Le Figarovox. Ceux qui ont l’habitude de me lire auront la confirmation que je radote. Mais après tout, sur ces questions, il vaut mieux enfoncer les clous. Et pour cela une seule méthode taper dessus, encore et encore.

Pour ceux qui ont quelques minutes à perdre.

Enfin, on va passer la parole à une magistrate digne de ce nom, Edwige Roux-Morizot la procureur de Besançon. Digne c’est exactement le mot qui la qualifie.

Dans l’innommable foutoir provoqué par les deux avocats de Jonathann Daval qui ont manifestement perdu les pédales, à la grande joie des médias qui se sont lancés dans un tintamarre invraisemblable, Madame Roux-Morizot a sifflé la fin de partie. Et sorti quelques cartons rouges au passage. Qui espérons-le, devraient valoir à Madame Schiappa, une suspension de micros et de caméras de quelques semaines. Histoire de nous reposer.

Nous avions dit à plusieurs reprises que les magistrats étaient ceux qui devaient faire l’effort pour résister aux pressions. Merci Madame de nous avoir fait la démonstration que nous avions raison.

Pour ceux qui veulent prendre une petite leçon.

 

5 Comments

  1. Je viens d’écouter le lien sur l’intervention du Procureure de la République de Besançon, Edwige Roux . Tout en elle est émouvant. Votre appréciation est juste. Sa loyauté transparaît dans sa façon d’être, sa façon de parler avec respect de ‘l’affaire »! Personnellement, je trouve que c’est une excellente idée d’avoir mis le lien que j’ai partagé. Belle leçon d’humilité. Merci ! Pour revenir à votre article je trouve que c’est parfois bénéfique « d’ enfoncer le clou ».

  2. Ouh ! là là , Mr de Castelnau vous avez mangé du lion avant d’écrire ce billet. Clap ! clap ! clap pour votre didactisme.

  3. J’aime le grand silence qui suit l’intervention de la procureure : les journalistes devaient regarder leurs godasses !

    • Le silence est aussi dans le fait qu’on en parle peu.

      Là est le plus grand pouvoir des journalistes : choisir ce qu’on dit sur la place publique et ce qu’on tait.

      C’est pourquoi ils sont le premier pouvoir : le débat politique se déroule toujours dans le cercle qu’ils ont défini. Avant même que le débat politique commence, certains sujets sont exclus, les journalistes ayant décidé qu’il ne fallait pas en parler.

      Et pour les sujets dont on peut parler, ils sont abordés sous l’angle voulu par les journalistes.

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