La France va-t-elle se doter d’un « ministère de la Vérité » ?

Depuis plusieurs mois le Président Emmanuel Macron et certains de ses ministres, nous ont annoncé le dépôt d’un projet de loi destinée à lutter contre les « fake news ». Finalement le Parlement a été saisi par le groupe majoritaire à l’Assemblée nationale d’une proposition d’abord intitulée « lutte contre les fausses nouvelles » puis rebaptisée « loi contre la manipulation de l’information ». La lecture de l’exposé des motifs et du texte lui-même ne peut que provoquer l’inquiétude de tous ceux qui sont attachés aux libertés publiques fondamentales et, en particulier, à la liberté de pensée et d’expression. Si ce texte est adopté, il constituera une régression insupportable, et ouvrira la voie à ce qui semble être l’objectif principal, empêcher l’expression grâce à Internet d’opinions qui ne seraient pas validées par le pouvoir et / ou par des instances médiatiques sélectionnées par ce dernier. Or la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, partie intégrante de notre Constitution garantit cette liberté fondamentale. Dans son interprétation, le Conseil Constitutionnel a admis qu’il puisse exister des limitations à celle-ci, en considérant « que les atteintes portées à l’exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l’objectif poursuivi ». Or, ce qui est envisagé aujourd’hui excède largement le cadre posé par le juge constitutionnel. Françoise Nyssen, ministre de la culture, ne fait pas mystère du point de vue idéologique qui sous-tend cette initiative gouvernementale, en déclarant publiquement que : « La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus » et qu’il « faut former les citoyens ». Madame Nyssen entend-elle qu’il faut les « former » à la vérité officielle ? Cette se place frontalement à contre-courant de l’héritage des Lumières, de l’héritage de la Révolution française et de toutes les traditions de notre pays. Ce legs de la liberté d’expression est incompatible avec la définition de la « fausse nouvelle » définie par l’article premier de la proposition de loi comme : « toute allégation ou imputation d’un fait dépourvu d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable ».

Il est impératif pour les démocrates soucieux de la préservation des libertés publiques fondamentales de s’opposer résolument à cette mise en cause brutale et inquiétante de l’une d’entre elles.

Pour obtenir le retrait de ce projet liberticide, les soussignés appellent les citoyens à manifester résolument leur refus d’une telle régression, leur attachement à ce qui constitue une des valeurs essentielles de la République.

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8 Comments

  1. Lorsque je suis entré dans l’armée en 1986 apres un concours, je savais que je défendais la liberté face à l’ennemi de l’est et sa dictature communiste. J’ai le sentiment que depuis la chute du mur, la liberté disparaît rapidement à l’ouest. Cette loi, qui s’ajoute au politiquement correct et à la bien pensance de gauche est une étape decisive dans la suppression de notre liberté de parole et de penser. G Orwell avait raison, que la france se comporte comme Staline en dit long sur le programme de Macron.

  2. Si aucun soupçon de corruption ne pesait jamais sur notre classe politique, ses agissements, ses fréquentations, ses choix à l’ international, cette histoire de fake new serait un non sujet. Malheureusement pour nous, la cour est corrompue jusqu’ au trognon.

  3. Inutile de créer un ministère , il suffit de construire des asiles psychiatriques et on interne les récalcitrants.
    L’exemple soviétique est instructif.

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