Gilets jaunes : législatives anticipées ou États généraux ?

 

En dépit des rodomontades bravaches,  postures managériales et autres affirmations de façade, il  y a le feu à la maison LREM, assaillie de tous côtés par un peuple dont elle a cru pouvoir ne faire qu’une bouchée de pain (voire de brioche à 200 euros).

Pourtant, certains élus ou représentants de la majorité continuent, n’ayant honte de rien, de venir pérorer sur les plateaux télé en raillant notamment la très grande hétérogénéité des revendications des gilets jaunes. Notons au passage la mauvaise foi du procédé puisque ce sont les mêmes qui, dans le même temps, tentent désespérément de réduire le mouvement de révolte actuel à la seule question des prix du carburant et de l’écologie, essayant ainsi de circonscrire l’incendie qui s’est pourtant déjà largement étendu à de nombreux autres sujets ayant trait au pouvoir d’achat, aux niveaux de revenus, mais aussi à des questions telles que la représentativité des élus, l’allocation des moyens de l’Etat etc.

Encore une fois, ces faquins infatués d’eux-mêmes ne comprennent rien, quand ils ne feignent pas de ne rien comprendre, ce qui dans les deux cas n’est pas admissible et représente une lourde faute politique.

Les élus LREM qui ne sont eux-mêmes rien d’autre qu’un patchwork pseudo-disruptif dont la plupart semble avoir décroché la timbale législative en 48h sur Amazon, paraissent globalement habités par une profonde inculture politique (et autre). On l’avait déjà constaté pendant l’affaire Benalla avec la consternante attitude de la majorité parlementaire lors des commissions d’enquête. Les voici à présent  dans l’incapacité de comprendre que c’est précisément le foisonnement de revendications de ce mouvement de révolte qui en garantit l’aspect dynamique et quasi-inédit. Disons «quasi » car cela s’est tout de même déjà produit aux États généraux de 1789 avec la présentation des cahiers de doléances que nos drôles de la République en Marche auraient sans doute jugés un peu ridicules et fouillis, sachant que nous avons affaire à des gens qui aiment bien convoquer l’Histoire sans pour autant être manifestement capables de beaucoup remonter au-delà des années 1930 sur lesquelles se concentrent tous leurs fantasmes.

Certains pourraient penser que je manque d’objectivité et qu’il y aurait une forme de systématicité idéologique dans ma critique du pouvoir en place : ils se trompent. Quand bien même j’ai toujours considéré Macron comme une bulle spéculative, ce qu’il s’avère être au-delà de toute imagination, parvenu à la tête de l’exécutif par quasi-effraction (stratégie barragiste dite du Castor, appui opportun du Parquet National Financier pour disqualifier l’opposition etc.)  et manigances d’une caste auto-produite dont la plupart des médias sont les outils propagandistes, j’ai aussi considéré, certains s’en souviendront, après son élection malgré tout légitime au plan formel, qu’il devait pouvoir disposer d’une majorité LREM à l’Assemblée nationale, ayant pour ma part et comme de nombreux Français une sainte horreur de la cohabitation et souhaitant que nous le jugions sur pièce puisque, ma foi, il était parvenu à gagner fût-ce avec des procédés peu reluisants. Il fallait faire cet indispensable effort de légitimisme et d’objectivité afin de rendre l’éventuelle critique ultérieure elle-même légitime et audible.

Je suis donc d’autant plus tranquille à présent pour faire exactement ce que je prônais dès les législatives : juger sur pièce, établir son jugement sur les actes accomplis et non sur des postulats idéologiques hostiles a priori.

Or, l’accumulation de ces actes sur lesquels il est permis de porter un regard négatif est accablante et notamment depuis l’affaire Benalla que certains idiots utiles nous ont reproché de monter en épingle alors qu’il était évident qu’elle contenait tous les symptômes des dysfonctionnements majeurs inhérents au macronisme et dont la révolte des gilets jaunes est la conséquence mécanique, logique et prévisible.

Mépris des corps intermédiaires, mépris de la démocratie parlementaire, mépris des corps constitués, mépris des territoires, rabaissement de l’Assemblée au rôle de chambre d’enregistrement pour députés godillots, gestionnarisation de l’action politique, inculture sur fond de management à l’emporte-pièce, vulgarité voire obscénité (au sens étymologique) des postures élyséennes (Fête de la musique, selfies au goût douteux désormais censurés même par le grand complice Zuckerberg), prises de parole intempestives et agressives visant le peuple, provocations narcissiques -traverser la rue, pognon de dingue, tu m’appelles pas Manu, Mimi Marchand et Compagnie-, insultes répétées visant le peuple français souvent depuis l’étranger, jeu pervers sur la question migratoire (félonie du Pacte sur les Migrations en vue dans quelques jours à Marrakech et sur lequel, comme de bien entendu, le peuple n’a pas son mot à dire alors que c’est lui qui en paiera les conséquences), renoncements serviles à la souveraineté au profit de la domination allemande devenue caricaturale dans une Union Européenne qui n’a plus d’âme et méprise les peuples mais continue malgré tout de courir comme un poulet sans tête, extrême brutalité des mesures sociales (plutôt antisociales), atteinte grave prévue à la laïcité, loi liberticide et propagandiste sur les Fake News, dépeçage en vue des collections publiques des musées pour cause d’affairisme néo-libéral sur fond d’indigénisme inculte, communautarisme flatté dans le sens du poil comme autant de parts de marché, proches douteux à la Belattar -dont on n’a toujours pas bien compris ce qu’il faisait exactement dans l’entourage présidentiel-, positions ambiguës sur l’islamisme, attitude caricaturale, clivante et histrionique à l’international, propagande idéologique de bas étage (gentils progressistes, méchants nationalistes)…

Dans ce bilan déjà très lourd, les députés LREM, de fait, ne représentent bientôt plus rien d’autre que la bulle spéculative qui les a fait advenir.  Il n’est qu’à voir comment est traitée la députée LREM Sonia Krimi, incitée fermement à quitter le parti pour avoir osé sympathiser avec les gilets jaunes, elle qui avait déjà fait preuve de courage et de lucidité pendant l’affaire Benalla. Il n’est pas incohérent dans ce contexte que les gilets jaunes foisonnent de demandes mais aussi revendiquent de plus en plus unanimement la tenue de législatives anticipées, rappelant au passage que les députés sont supposés représenter le peuple français et non pas l’exécutif.

Cela se fera, ou pas, mais dans tous les cas, le pouvoir en place a déjà perdu, qu’il s’entête ou qu’il cède.

N’oublie jamais qui t’a fait Roi, sans quoi il y a toujours un moment où celui que tu as oublié se rappellera à ton bon souvenir.

28 Comments

  1. Bonsoir Maître,

    Je suis certes hors sujet et vous voudrez bien m’en excuser mais le sujet qui suit touche
    à la problématique des libertés publiques….

    Merci de votre attention.

    Olivier RUBENS

    Benoît Quennedey, administrateur au Sénat
    (dans le service chargé de l’architecture, du patrimoine et des jardins)
    et président de l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC),
    est depuis le dimanche 25 novembre 2018 placé en garde à vue,
    laquelle peut être prolongée jusqu’au jeudi 29 novembre au soir.

    Il a été arrêté à son domicile, à Paris, au motif de « recueil et livraison d’informations à une puissance étrangère susceptibles de porter atteinte aux intérêts de la Nation ».

    Ces charges sont invraisemblables et extravagantes au vu du commanditaire présumé (depuis quand la Corée nous menace-t-elle et de quoi ?) comme des informations dont Benoît Quennedey pourrait être détenteur et pourrait délivrer dans l’exercice de sa mission au Sénat.

    Le caractère peu plausible, voire fantaisiste de cette action publique,
    nous fait redouter qu’il ne s’agisse d’une réintroduction du délit d’opinion en France, destinée à frapper les esprits libres et discordants d’avec la propagande du pouvoir politique.

    Il est donc essentiel et urgent de se mobiliser pour la préservation des libertés démocratiques.

    Benoît Quennedey a toujours milité pour l’amitié entre les peuples, à commencer par l’amitié entre coréens et entre les peuples français et coréen.

    L’association qu’il préside a été fondée en 1969 dans cette optique et,
    malgré sa longue histoire, et pas plus qu’aucune autre association française de cette nature, n’a jamais été l’objet de ce type de soupçon a fortiori de ce type d’action policière.

    Dans son dernier ouvrage, « La Corée du Nord cette inconnue » (éditions Delga, 2017), Benoît Quennedey met toutes ses compétences
    à apporter des informations sur la Corée du Nord, non confidentielles mais peu répercutées par les grands médias, et pourtant fort utiles à la compréhension mutuelle entre les peuples
    et à la préservation de la paix.

    Toutes les personnes intéressées à participer, d’une manière ou d’une autre, au comité de soutien à Benoît Quennedey sont invitées à nous répondrepar courrel adressé à : comite.quennedey@gmail.com
    pour s’y inscrire, sans oublier de donner leurs noms, éventuellement associations ou organisations, et qualités.

    La liste des soutiens sera rendue publique.

    Nous tenant à votre disposition pour plus d’informations,
    Le comité, avec le soutien de l’Association d’amitié franco-coréenne

    Un point presse se tiendra
    vendredi 30 novembre à 20h30
    à la librairie Tropiques,
    63 rue Raymond Losserand, 75014 Paris

    • Poussés au désespoir par l’exès de la tyrannie, les peuples ont tenté cent fois de rompre leurs fers. Ils y parviennent toujours lorsque la Nation entière se soulève contre le despotisme. Ce cas est rare car rien n’est plus commun que de voir la Nation partagée en deux partis, qui se déclarent, l’un pour et l’autre contre le despote.

      Lorsque chacun des partis est composé de différentes classes de la société , ce qui est à priori le cas pour les gilets jaunes, celui qui se déclare contre le despotisme parvient assez souvent à l’écraser parce qu il réunit alors plus d’avantages pour l’attaquer que celui qui le défend n’en a pour le maintenir.

      Mais cela n’arrive jamais , lorsque les classes inférieures de la Nation sont seules a lutter contre les classes élevées.

      Au moment de l’insurrection, elle écrase bien tout de sa masse ; mais quelque avantage qu’elle ait d’abord remporté, elle finit toujours par succomber, car se trouvant toujours dénuée de lumières, de richesses , de plan d’opération, de CHEFS. Macron à la puissance d’argent avec lui , les armes, les munitions, toutes les places de confiance, la finance, les capitalistes .

      A regarder la révolution Française on pourra remarquer que les hommes instruits, aisés et intrigants des classes inférieures ont pris d’abord parti contre le despote, ça été que pour se tourner contre le peuple, après s’être entouré de sa confiance et s’être servi de ses forces pour se mettre a la place des ordres privilégiés qu’ils ont proscrits.

      Ainsi la révolution n’a été faite et soutenue que par les dernières classes de la société, par les ouvriers, les artisans, agriculteurs, par ces infortunés que la richesse impudente appelait la canaille et que l’insolence Romaine appelait les Prolétaires : et ce que personne n’avait imaginé est que cette révolution de 1789 a manqué son but et n’a profité qu’aux petits propriétaires, la gens de loi, la bourgeoisie. Pourquoi parce que la révolution française a manqué des le départ des la prise de la Bastille d’hommes d’état pour bien la conduire.

      Pour ne pas manquer cette révolution si révolution il y a , il est urgent de réfléchir à la confier à des mandataires du Peuple et – mais ce n’est que mon avis de petit vers de terre – les Députés de la FI entre autres Députés me semble avoir les vues et les vertus et le programme pour cela. Les Gilets jaunes devraient y réfléchir car déjà l’on observe des chamailleries de préséance au sein de leur mouvement -leur deux représentant étant deux petits propriétaires à priori – ce qui doit faire jubiler le pouvoir en place qui n’attend que cela, la division sur fond d’intrigues qui risque d’emporter le mouvement et de se retourner, à la fin, contre le peuple.

  2. Pour autant, la Noblesse d’État n’en a que faire et ça ne date pas d’aujourd’hui.
    L’Abbé Sieyès . discours du 7 septembre 1789.
    « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »
    Pierre Joseph Proudhon, député en 1848
    – Les représentants du peuple n’ont pas plutôt conquis le pouvoir, qu’ils se mettent à consolider et à renforcer leur puissance. Ils entourent sans cesse leurs positions de nouvelles tranchées défensives, jusqu’à ce qu’ils réussissent à s’affranchir complètement du contrôle populaire. C’est un cycle naturel et que parcourt tout pouvoir : issu du peuple, il finit par s’élever au-dessus du peuple.
    – Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent.
    Pierre Bourdieu Le 12 décembre 1995 s’adresse aux grévistes :  »Cette noblesse d’État, qui prêche le dépérissement de l’État et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen, a fait main basse sur l’État ; elle a fait du bien public un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose. Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est la reconquête de la démocratie contre la technocratie : il faut en finir avec la tyrannie des “experts”, style Banque mondiale ou F.M.I., qui imposent sans discussion les verdicts du nouveau Léviathan ( les “marchés financiers” ), et qui n’entendent pas négocier mais “expliquer” ; il faut rompre avec la nouvelle foi en l’inévitabilité historique que professent les théoriciens du libéralisme ; il faut inventer les nouvelles formes d’un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment ( ce peut être la tache des experts ), mais pour les combattre et, le cas échéant, les neutraliser ».
    Il faut comprendre que rien ne changera sans des circonstances particulières d’où émergeront des Hommes d’État.

  3. Merci Monsieur,
    Il est dommage que certaines de vos phrases sont tellement longues que j’aime à les reprendre sur une feuille Word et les diviser pour les mieux apprécier.

  4. Puisque la rue conteste le pouvoir élu, une seule solution : la dissolution de l’Assemblée Nationale. De Gaulle , le 31 mai 1968 l’a fait. Macron n’en aura jamais le courage…

    • Ce n’est pas une question de courage. Ses commanditaires du CAC 40 ne l’ont pas placé à l’ Elysée pour dissoudre l’assemblée !

  5. Madame,
    Je suis d’accord avec vous qu’il existe une crise de la représentativité politique en France.

    A propos des Etats généraux de 1789 , ils ont commencé un 24 janvier pour se terminer le 20 juin.
    La cause était le déficit du budget du Royaume.
    Si cela mal tourné c’est parce que en croyant bien faire le rois Louis XVI a commis un glissement de pouvoir ou d’autorité si l’on préfère lors de la durée de ces Etats généraux.
    Ce qui est sûr c’est que les français de base sont au bord de l’explosion.

  6. « Certains pourraient penser que je manque d’objectivité et qu’il y aurait une forme de systématicité idéologique dans ma critique du pouvoir en place « .
    Mais non, mais non, les gens ne sont pas comme ça, Monsieur. Allons.
    Pas plus d’ailleurs qu’ils ne confondent « le peuple » avec des mouvement de protestation, quelles que puissent être les motivations ou la légitimité de ceux-ci.

  7. Très intéressante analyse de situation, comme souvent, mais qui contient une erreur majeure dans sa conclusion (ceci dit en toute modestie) : depuis l’alignement des élections législatives sur le quinquennat, le rôle de l’Assemblée consiste seulement à donner au président le moyen de légiférer…
    La mission de représentation du peuple n’est donc plus qu’un hochet que l’on agite aux grilles du palais pour amuser le bon peuple…

  8. Je suis parfaitement en accord avec vous et vous félicite pour votre clairvoyance , et la précision de votre écriture.On ne peut exprimer mieux ce que beaucoup ont deviné , sans savoir le formuler.

  9. Madame,
    Les députés sont censés représenter le peuple, dites-vous. C’est précisément dans cette question de la représentation politique que règne la plus grande confusion aujourd’hui dans le débat. C’est aussi là que réside le problème de fond. Il faut reconnaître que le principe de la représentation politique, tel qu’il a été établi au XVIIIème siècle en Angleterre, aux États-Unis et en France, reposait dès le départ sur une distorsion de la notion de mandat (les décisions prises par les élus-mandataires ne pouvant faire l’objet d’une invalidation par le peuple-mandant). Nous arrivons désormais à la fin d’un cycle de plus de deux siècles. Avec les enjeux pressants auxquels nos sociétés doivent faire face, il apparait que le temps des ajustements de ce système est passé. On a longtemps admis la fiction d’une compatibilité de ce type de représentation avec la démocratie. Maintenant, cette fiction ne tient plus. Il faut inventer autre chose.

  10. Bel et bon article.

    la France est une gare: «Vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien»

    Pour mémoire, et à propos de culture: https://www.youtube.com/watch?v=o6pcBGpag2o&t=128s

    Macron : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires »

    « …inculture sur fond de management à l’emporte-pièce… »

    Ce personnage est tout entier dans cette inculture et ce management. Il a été produit, puis affiné et enfin choisi parce qu’il est la quintessence idéale du serviteur de sa caste. Sa pratique de la présidence est totalement hors sol, en fait il dirige le pays comme on dirige une banques-conseils en fusions-acquisitions. Tout pour lui, n’est qu’affaire de technique financière.

    Le peuple pour cet homme, est ignorant et stupide.

    Une nouvelle preuve de sa pratique managériale, une preuve toute chaude, de ce matin:

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/11/29/quand-le-gouvernement-sous-traite-a-des-avocats-l-expose-des-motifs-de-la-loi-des-mobilites_5390274_3224.html

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Dentons

  11. Merci pour ce texte. La déconnexion entre le peuple et les élites s’agrandit chaque jour. Mais qu’est-ce que le peuple actuellement ? Je pense qu’il est multiple et disparate. Rien de commun entre l’urbain aisé connecté, le rural ou le français « périphérique », l’habitant des cités, le banlieusard.
    La crise actuelle réunit des colères diverses ayant le pouvoir d’achat et la fiscalité comme points communs, mais sans leaders ni corpus. Les syndicats, les partis (hors extrêmes) sont désarmés et impuissants devant cette colère qu’ils n’ont pas vu venir. Leur silence est éloquent d’ailleurs.
    Macron ayant les médias et tous les pouvoirs va gagner du temps et tenter de faire retomber la fièvre en isolant et limitant les foyers de contestation. Ce sera temporaire, la prochaine crise ayant capitalisé sur celle ci sera plus dangereuse et pourrait bien être infiniment plus dévastatrice.
    L’absence de contre pouvoir démontrée depuis le début du quinquennat signe la fin de la 5eme république.

  12. La démocratie est bien malade.
    Macron n’a rien arrangé, mais le mal vient de loin.
    L’Union Européenne (critiquée justement dans ce texte) est une véritable dictature qui réprime les Etats qui lui résistent (1). La Grèce a été obligée de capituler en 2015. Plus récemment, c’est l’Italie qui a dû céder.
    Rappelons qu’en France, dans les années 90, le Conseil Constitutionnel, présidé par le socialiste Roland Dumas, avait décrété que les directives européennes l’emportent sur les lois nationales. Ajoutons que le traité Merkel/Sarkozy/Hollande permet à la commission de Bruxelles de censurer les budgets des Etats, votés par les parlements nationaux : c’est ce qui vient d’arriver à l’Italie.

    L’Assemblée Nationale est peu représentative. La majorité actuelle ne représente que 15% des inscrits.
    En effet, depuis le quinquennat et l’inversion du calendrier, les législatives sont systématiquement dans l’ombre de la présidentielle. Donc, les abstentions sont massives (plus de 50% en 2017). La France est le pays d’Europe qui s’abstient le plus aux législatives.
    Merci au gouvernement Jospin qui a voulu le quinquennat (accepté par référendum par 17% des électeurs inscrits en septembre 2000) et l’inversion du calendrier. Avec plus de 50% d’abstentions, on s’approche du suffrage censitaire en vigueur sous Louis-Philippe.

    Sur ce blog, le 7 août (en réponse à quelqu’un), le 31 juillet et le 2 août, j’ai écrit des commentaires sur ces sujets) :
    http://www.vududroit.com/2018/07/macron-erreur-de-casting/

    (1) Cf ce que disait Coralie Delaume dans une émission de Frédéric Taddéi sur RT France (« Interdit d’interdire ») en septembre :

  13. Non,l élection de Macron n a rien de légitime car le code électoral à été violé avec les accusations sans fondements et la diffusion de mensonges sur Fillon.
    Salutations
    Arnaud de Vendeuvre

  14. Quid du déclenchement de l’article 68 pour demander la destitution de Macron? Même si elle a peu de chance d’aboutir, ce serait un symbole fort pour supporter la contestation des gilets jaunes.
    Ce serait aussi le moyen de savoir si les députés d’oppositions représentent vraiment le peuple et ses revendications.

  15. Poussés au désespoir par l’exès de la tyrannie, les peuples ont tenté cent fois de rompre leurs fers. Ils y parviennent toujours lorsque la Nation entière se soulève contre le despotisme. Ce cas est rare car rien n’est plus commun que de voir la Nation partagée en deux partis, qui se déclarent, l’un pour et l’autre contre le despote.

    Lorsque chacun des partis est composé de différentes classes de la société , ce qui est à priori le cas pour les gilets jaunes, celui qui se déclare contre le despotisme parvient assez souvent à l’écraser parce qu il réunit alors plus d’avantages pour l’attaquer que celui qui le défend n’en a pour le maintenir.

    Mais cela n’arrive jamais , lorsque les classes inférieures de la Nation sont seules a lutter contre les classes élevées.

    Au moment de l’insurrection, elle écrase bien tout de sa masse ; mais quelque avantage qu’elle ait d’abord remporté, elle finit toujours par succomber, car se trouvant toujours dénuée de lumières, de richesses , de plan d’opération, de CHEFS. Macron à la puissance d’argent avec lui , les armes, les munitions, toutes les places de confiance, la finance, les capitalistes .

    A regarder la révolution Française on pourra remarquer que les hommes instruits, aisés et intrigants des classes inférieures ont pris d’abord parti contre le despote, ça été que pour se tourner contre le peuple, après s’être entouré de sa confiance et s’être servi de ses forces pour se mettre a la place des ordres privilégiés qu’ils ont proscrits.

    Ainsi la révolution n’a été faite et soutenue que par les dernières classes de la société, par les ouvriers, les artisans, agriculteurs, par ces infortunés que la richesse impudente appelait la canaille et que l’insolence Romaine appelait les Prolétaires : et ce que personne n’avait imaginé est que cette révolution de 1789 a manqué son but et n’a profité qu’aux petits propriétaires, la gens de loi, la bourgeoisie. Pourquoi parce que la révolution française a manqué des le départ des la prise de la Bastille d’hommes d’état pour bien la conduire.

    Pour ne pas manquer cette révolution si révolution il y a , il est urgent de réfléchir à la confier à des mandataires du Peuple et – mais ce n’est que mon avis de petit vers de terre – les Députés de la FI entre autres Députés me semble avoir les vues et les vertus et le programme pour cela. Les Gilets jaunes devraient y réfléchir car déjà l’on observe des chamailleries de préséance au sein de leur mouvement -leur deux représentant étant deux petits propriétaires à priori – ce qui doit faire jubiler le pouvoir en place qui n’attend que cela, la division sur fond d’intrigues qui risque d’emporter le mouvement et de se retourner, à la fin, contre le peuple.

  16. « N’oublie jamais qui t’a fait Roi, sans quoi il y a toujours un moment où celui que tu as oublié se rappellera à ton bon souvenir. »
    N’est-ce pas ce qui s’est passé avec l’affaire de M Benalla? Le quatuor dirigeant(finance/industrie/haut fonctionnariat/médias) aurait-il envoyé un message à M Macron lorsqu’il tentait de s’affranchir de leurs ordres et d’assumer personnellement le pouvoir?
    Car ce sont bien eux et non les gilets jaunes(ou autres bonnets rouges) qui l’ont mis au pouvoir.

  17.  » rappelant au passage que les députés sont supposés représenter le peuple français et non pas l’exécutif. »
    En fait c’est comme dans les entreprises : autrefois le service du personnel faisait le lien entre la direction et les salariés, aujourd’hui la DRH applique les ordres venus d’en haut et en rajoute pour se faire bien voir

    Pour les ultra-libéraux, un pays se gouverne comme une entreprise, et on jette à la poubelle les citoyens qui ne suivent pas ! C’est comme ça que Thatcher à fait avec l’Angleterre dans les années 80, et voyez comme encore aujourd’hui elle les fait rêver !!

    • Ni Etats généraux, ni dissolution ! en république il y a une constitution, des élections : qui peut en faire fi ?

  18. Face à des méthodes policières de + en + violentes (recours à une arme dangereuse, le flash ball, femme âgée décédée, à l’évidence cible de la répression organisée par les CRS à Marseille, manifestants dissuadés de manifester par le ministre de l’Intérieur lui-même….etc)le peuple tout entier doit entrer en résistance et s’organiser en conséquence.Il est légitime que le peuple résiste à la violence économique,physique et symbolique qui lui faite.Les élites dirigeantes françaises entendent se faire obéir au doigt et à l’œil en faisant mine d’être « ouvertes au dialogue ».Personne n’est dupe de cette violence des couches dirigeantes de la société française.Leurs méthodes oscillent invariablement entre l’incompétence avérée (=> aucun effet positif sur l’économie)et l’autoritarisme décomplexé.La situation doit changer.Les sommes colossales,se comptant en dizaines de milliards d’euros qui vont des caisses de l’Etat vers les poches des + fortunés (suppression de l’ISF,de l’exit tax,création de la « flat tax »,le Crédit Impôt Compétitivité Emploi,le Crédit impôt recherche,les multiples niches fiscales inutiles & coûteuses,l’optimisation fiscale pratiquée par les très grandes firmes multinationales,l’évasion fiscale….etc,etc)ont vidé les caisses de l’Etat et créé très peu d’emplois,n’ont pas favorisé le cercle vertueux de l’investissement et de la croissance mais ont favorisé les intérêts des gros actionnaires et des cyniques spéculateurs!Cette stratégie économique élaborée par le président de la République lui-même et mise en place en 2014 c’est-à-dire depuis + de 4 ans s’est soldée par un échec patent,flagrant,désolant.Aucun autre pays au monde n’a mis en place pareille stratégie qui est d’ailleurs contraire à toute logique économique,y compris celle du marché.Les résultats économiques sont nuls car ces mesures sont en fait une collection d’effets d’aubaine permettant aux + puissants intérêts privés d’éviter de contribuer à la chose commune,de faire sécession.Pour ces « premiers de cordée » contribuer le moins possible est devenu la norme.Ce capitalisme autoritaire,prédateur et pourtant subventionné par l’Etat ( !) défendu par des élites dirigeantes devenues fantoches doit être dénoncé sans relâche.Ce capitalisme dérégulé est le produit de choix politiques.Les multiples injustices,nuisances et désordres qui en résultent doivent cesser :nous devons reconstruire notre République confisquée par des dirigeants organisés en caste.Nous avons raison et sans doute aussi le devoir de nous révolter.

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