
Alors comme ça, Richard Ferrand, le dirigeant socialiste rallié à Macron et n’ayant aucune compétence juridique, propulsé à la Présidence du Conseil constitutionnel par son taulier, vient encore de faire parler de lui. Les fois d’avant, c’était le récit de ses exploits délictuels liés à ses escroqueries au détriment de mutuelles de santé, pour lesquelles il avait obtenu des prescriptions de complaisance délivrées par une magistrature docile. Il a donc rejoint cette institution pour la présider (!). Avec les huit autres « sages » (!), complétant la cohorte des analphabètes juridiques qui y siègent (sept sur neuf). Curieusement, le Rassemblement National qui aurait pu empêcher cette nomination, et qui avait pourtant tout à craindre, à la fois du Conseil et de Ferrand, a jugé bon de regarder ailleurs et s’est abstenu. Justifiant dans les couloirs l’avoir fait pour éviter une autre candidature « qui aurait été pire ». Pire que Ferrand ? À part Al Capone, on voit mal qui pourrait mériter ce qualificatif.
Avant de partir, merci de m’offrir un café.

Merci pour cette analyse, cher Maître ! … « En France, la cour suprême c’est le peuple » (De Gaulle). Cet épisode autour du CC montre à quel point l’enjeu du vote RN actuel se situe précisément dans la volonté de ré-appropriation populaire de l’hégémonie politique et culturelle. On est vraiment en « Février » (la question sociale ne reviendra qu’après la victoire politique et culturelle du peuple). … Marine Le Pen appartient à la même corporation que vous, cher Maître ; et il est donc permis de penser qu’elle a quelques notions de droit. Marine Le Pen est systématiquement prise pour une andouille et une faible (y compris dans son propre camp !) parce-qu’elle ne joue ni les matamores du Canal Saint-Martin ni les gueulards d’AG zétudiantes. Mais force est de constater qu’elle est en train de réussir ce que Mélenchon a échoué à faire : réunir les forces productives et populaires autour d’un programme d’un patriotisme assez inclusif. Forte de ce socle, Marine Le Pen se permet de jouer à la loyale : elle donne tous les gages de respect du droit et des coutumes parlementaires. Son but est démonstratif. Elle veut pousser la nomenklatura à l’erreur. Et c’est ce qui est en train de se produire. … La conquête de l’hégémonie culturelle et politique par le peuple productif est la base première de tout programme de transformation sociale. Je constate à mon grand regret que les forces de gauche refusent à ce sujet leur propre tradition intellectuelle. « Au nom du peuple français », et non pas « au nom du bloc de constitutionnalité » ou « au nom de la république universelle »… ça me semble simple et clair, à la fois modeste et ambitieux.