La peste ou le choléra en étant sûr d’attraper le typhus

Depuis longtemps, on sait que c’est Tuco qui avait raison. Le monde est toujours partagé en deux.

Actuellement, il y a d’un côté ceux qui acclament le coup d’État politico-médiatico-judiciaire destiné à fausser la principale élection sous la Ve République. Et à faire advenir à la tête de l’État une marionnette du Capital et de l’oligarchie mondialisée. Nier l’existence de l’opération relève soit d’un cynisme putride, soit d’un aveuglement pathologique. La nullité de Fillon cible idéale montée sur le pavois par des lodens/barbours imbéciles et aveugles n’est pas le sujet principal. Soyons clairs, on se fout de Fillon, et il n’est pas illogique de penser que c’est bien fait pour sa gueule. Mais ce qui est grave c’est de voir que les libertés publiques ne pèsent plus pour rien et qu’il se trouve des gens de bonne foi pour approuver ce qui s’apparente, combiné aux atteintes aux libertés qui ont émaillé le quinquennat Hollande, à une forme de proto-fascisme. Il fallait s’y attendre, notre ennemi le Capital n’allait pas lâcher l’affaire comme ça. Il ne le fait jamais. Et comparer la manifestation pro-Fillon du 5 mars, au 6 février 1934 est confondant de stupidité. Le danger est en face.

De l’autre côté, il y a ceux qui même s’il s’agit de soutenir leur candidat en carton, sont parfaitement fondés à dénoncer l’opération. Et ceux qui comme moi n’ont jamais voté pour ces gens-là et ne sont pas près de le faire, mais  pour savoir de quoi ils parlent, sont effarés de ce qui se passe.

Que le premier président de la Cour de Cassation autorité judiciaire hiérarchique des juges du siège, se fende d’un communiqué COMMUN avec l’Avocat Général, le patron du parquet aux ordres de l’État, est purement un barbarisme judiciaire. Absolument n’importe quoi. Quant au texte de l’USM, à la fois mensonger et d’une arrogance folle, il en dit long sur la dégradation des institutions. Et sur la façon dont la haute hiérarchie judiciaire se vit et envisage ses propres pouvoirs. Détachés des institutions républicaines et de leur fonctionnement.

L’Europe allemande déteste la démocratie, et a privé les peuples de leur souveraineté en ossifiant les grands choix politiques et économiques dans des traités inamendables. La police du néolibéralisme et du capitalisme financier a été confiée à des juridictions européennes et nationales dont certaines comme en France font du zèle.

Marine Le Pen qui sait ce que le rapport de force politique veut dire a adopté l’attitude du combat. Et ses troupes et ses électeurs la suivront. Renforcés par les électeurs de droite « raisonnables » en rage à juste titre contre ce que se permettent les vrais dominants. Le deuxième tour de l’élection présidentielle, ce sera donc « stop ou encore. » À Christophe  Guilluy qui lui demandait ce qu’il comptait faire, s’il était élu pour la France des exclus et des invisibles, Macron a répondu très simplement : « je ne sais pas ». En d’autres termes, « je m’en fous », et de son point de vue et de celui de ses maîtres, il a entièrement raison.

Là où la tragédie se noue, c’est que le « stop » sera incarné par Marine Le Pen ! Serons-nous obligés de nous dire comme le faisait Susan Sarandon au moment des présidentielles américaines avec son « Clinton est plus dangereuse que Trump », « Macron est plus dangereux que Marine Le Pen ». Mais comment en est-on arrivé là ? À devoir peut-être choisir entre la peste et le choléra en étant sûr d’attraper le typhus. Ceux qui nous y ont amenés devront rendre des comptes.

En attendant, la contradiction principale du jour oppose ceux qui approuvent le coup d’État politico-médiatico-judiciaire et ceux qui le refusent, les républicains et les démocrates. Les élections présidentielles, on verra après.

 

11 Comments

  1. Merci d’avoir mis des mots justes sur notre colère. Sera-t-il encore possible de le faire demain ? Que faire ?

  2. Sinon il y a aussi François Asselineau c’est à dire ni peste ni choléra ni typhus !

  3. Pour moi aussi merci ! Vous me remontez le moral, car je me sens moins seul au fond de ma campagne… Même si je suis jaloux d’un texte que je regrette de ne pas avoir écrit !

  4. La pire des maladies c’est celle de l’âme et c’est bien de cela que vivent les français ; enfin … Ceux d’en-bas, qui subissent une pitoyable idéologie ou le désir du privilège et le goût de l’égalité s’entrechoquent d’inépuisables discussions contradictoires. Depuis plusieurs décennies la politique française est devenue une fiction où il n’y a ni cap, ni chef et ni volonté ; notre France est dans le désespoir ; car ceux qui devaient dignement la féconder de sens et de valeurs que le génie humain peut produire, se sont enfermés dans une logique partisane et carriériste.

  5. Faire de Fillon l’ennemi du Capital alors que celui-ci propose la suppression de l’ISF, une diminution drastique de la fonction publique, la fin des 35 heures et l’augmentation à 67 ans de l’âge de départ à la retraite, voilà un tour de force qui laisse pantois. A mon avis, l’abus de rhum mélangé, ça ne date pas d’hier: gare aux neurones!

    Sinon, vous indiquez que Macron aurait répondu « je ne sais pas » à Guilluy qui lui demandait ce qu’il comptait faire pour « les exclus et les invisibles ». Pouvez-vous préciser votre source car la seule chose que j’ai pu trouver c’est ce papier du 20 janvier dernier (http://www.lepoint.fr/presidentielle/macron-est-le-candidat-parfait-des-grandes-metropoles-mondialisees-20-01-2017-2098659_3121.php) dans lequel, à rebours de ce que vous prétendez, Guilluy indique que Macron « ne marquait d’opposition de principe à son discours » et avait probablement conscience de la pertinence du diagnostic, mais que lui, Guilluy « ne savait pas » s’il (Macron) avait les solutions.

    • Vous êtes vraiment un âne. Où ai-je dit que François Fillon était l’ennemi du Capital ? C’est un homme de droite choisie par la bourgeoisie province. Dans son intérêt. Il y a des contradictions au sein de la bourgeoisie, et le CAC 40, et l’oligarchie financière, ainsi que leurs petits valets ont choisi Macron. Le seul candidat qui considère que le capital est notre ennemi est Mélenchon.

  6. « Mais comment en est-on arrivé là ? »

    Là où ? A devoir choisir entre le cosmopolitisme financier et la Nation ?

    Vous devriez plutôt vous réjouir d’avoir encore la possibilité de choisir ! C’est peut-être la dernière fois. Le cas échéant, l’oligarchie, qui aura senti le vent du boulet, fera ce qu’il faut pour que cela ne se reproduise jamais.

    A partir de là, c’est à vous de voir…

  7. Le courage, la lucidité et le raisonnement sont là, le conditionnement aussi.
    « …ce qui s’apparente, combiné aux atteintes aux libertés qui ont émaillé le quinquennat Hollande, à une forme de proto-fascisme. » (« proto », « néo » ou « post » ne changent pas grand-chose à la réalité)
    « Macron est plus dangereux que Marine Le Pen » (peu osent l’écrire)
    Cependant, comme une figure imposée, comme une pensée autonome :
    « …choisir entre la peste et le choléra… »
    C’est comme un ressort de rappel, comme un poids qui est là, n’est-ce pas ?

    Quant au typhus, il est tellement plus à blâmer que vous ne semblez le savoir…
    Mais ça, c’est une autre histoire, enfin presque.

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