Élections présidentielles 2017 : chronique d’une curée de campagne

 

Prologue

Il semble que l’affaire Benalla ait enfin brisé le charme qui s’attachait à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Je dis enfin, car dès le déclenchement du « procès Fillon » c’est-à-dire du raid judiciaire organisé et lancé par le triangle Élysée/Canard enchaîné/Parquet National Financier, la volonté de fausser l’élection la plus importante de la Ve République m’avait sauté aux yeux. La participation ensuite à l’opération, du pôle d’instruction financier n’avait pu que renforcer cette conviction. J’avais d’abord pensé que l’objectif premier, surtout pour les magistrats, était de se débarrasser du candidat de la droite républicaine présenté très tôt comme un suppôt de l’extrême droite. Mais la partialité incroyable avec laquelle la procédure a été menée contre Fillon a eu sa contrepartie avec la protection judiciaire dont ont bénéficié et bénéficient toujours d’ailleurs les amis de François Hollande et d’Emmanuel Macron (qui sont souvent les mêmes). Kader Arif, Bruno Leroux, Faouzi Lamdaoui, Richard Ferrand, Muriel Pénicaud, Gérard Collomb, les organisateurs de la campagne d’Emmanuel Macron qui ont explicitement reconnu la commission d’infractions pénales, et François Bayrou et le MoDem accusés des mêmes faits que ceux reprochés au Front National, ceux-là dorment sur leurs deux oreilles. Et depuis 18 mois, l’affaire Fillon si urgente ne bouge plus du tout. C’était donc bien l’avènement de Macron qui était voulu par ceux qui se sont occupés de l’exécution de Fillon et de la protection des amis du jeune roi.

 

Cependant, je continue à constater qu’est encore contestée l’idée que notre pays a assisté à une forme de coup d’État. Qui combinait le soutien de  l’oligarchie financière et de sa grande presse, celui d’une partie de la haute fonction publique d’État et notamment celle de Bercy, et d’une instrumentalisation de l’institution judiciaire à des fins directement politiques. L’élection d’Emmanuel Macron et d’une Assemblée nationale introuvable grâce à ces manipulations et à l’abstention massive qu’elle a provoquée, l’ont en partie délégitimée et provoqué une notable et inquiétante fragilisation des institutions. L’aversion du petit roi pour les libertés publiques, son autoritarisme solitaire et son sentiment de toute-puissance nourri de celui de son impunité ne peuvent lever ces inquiétudes. Cela explique l’intensité de la réaction au spectacle donné par ce qui entoure la promotion et la protection du gorille d’Emmanuel Macron et de ses épigones.

Je remets donc à disposition de façon ordonnée chronologiquement les articles que j’avais rédigés sur ces sujets au fur et à mesure du déroulement de la campagne pour les élections présidentielles de 2017. On y trouvera beaucoup de redites évidemment, mais on me fera le crédit d’avoir pointé très tôt l’invraisemblable dysfonctionnement de la justice pénale. Aucun observateur du monde judiciaire ne peut dire de bonne foi que les procédures visant François Fillon se sont déroulées normalement. Voici donc pour les autres quelques arguments utiles. Qui peuvent bien évidemment être discutés, mais que je pense difficiles à réfuter.

 

Chapitre I : Pénélopegate : on est mal, on est mal !

27 janvier 2017. Où l’on observe ce qui arrive à François Fillon, le triste candidat que s’est donné la bourgeoisie de province lors des primaires de la droite. Il est question du missile envoyé par le Canard enchaîné et repris de façon fulgurante par le PNF. Où l’on croit encore naïvement que le Front National peut tirer les marrons du feu.

 

Chapitre II: Fillon : Le prévisible chemin de croix.

30 janvier 2017. Où l’on décrit ce qui attend François Fillon sur le plan de la procédure à partir du raid lancé par le PNF. Et l’on commence à s’interroger sur ses conséquences en regard de l’élection présidentielle.

 

Chapitre III : Fillon : Crucifixion sans résurrection

3 février 2017 : quand on jette un coup d’œil sur l’explosion qui vient de se produire. Et qu’on est très pessimiste sur l’avenir du candidat Fillon.

 

Chapitre IV : Macron : Un télévangéliste comme roue de secours

6 fevrier 2017. Où l’on trouvera un premier regard sur la campagne d’Emmanuel Macron. Avec les premières questions qui s’en déduisent. Et notamment le soutien acharné des médias mainstream et des milieux de l’Argent.

 

Chapitre V : François et Nicolas vont au restaurant.

14 février 2017. Petite saynète publiée sur Facebook histoire de détendre l’atmosphère et de dessiner ce qui attend François Fillon : la nomination pour s’occuper de lui, du juge d’instruction Tournaire jusqu’alors spécialisé dans l’acharnement contre Nicolas Sarkozy. Et sa prochaine et rapide mis en examen avec un tel magistrat. Ce sera fait une quinzaine de jours plus tard.

 

Chapitre VI : François Fillon ressuscité ? Mais avec des stigmates, alors.

19 février 2017. Où on voit que les écailles commencent à tomber des yeux et que la stratégie politico-judiciaire enclenchée contre Fillon apparaît comme vraiment destinée à tuer sa candidature. Avec maintien de l’erreur d’analyse qui consiste à penser que Marine Le Pen peut en profiter.

 

Chapitre VII : Plus de frein, pas d’airbag, accélérateur coincé, à fond vers le mur.

28 février 2017. Où l’auteur prend la mesure de l’ampleur de l’opération judiciaire visant à tuer le candidat Fillon. Par le spectacle de la multiplication des manœuvres du PNF dont on constate à ce moment-là qu’elles sont surtout destinées à favoriser Emmanuel Macron.

 

Chapitre VIII : Macron : technique d’un coup d’État

9 fevrier 2017. Où l’auteur à la lumière de sa connaissance de la façon dont fonctionne habituellement la justice pénale, constate le caractère concerté de l’opération lancée par le triangle Élysée/Canard enchaîné/PNF pour détruire la candidature Fillon. Et favoriser Macron.

 

Chapitre IX : la peste ou le choléra en étant sûr d’attraper le typhus.

4 mars 2017. Quand l’évidence de la manipulation en faveur de Macron saute désormais aux yeux. Et que le choix se réduit entre la peste et le choléra.

 

Chapitre X : Tri des candidats aux élections ? C’est le citoyen qui décide

7 mars 2017. Où l’auteur constate effaré la mobilisation d’une partie de la magistrature parfois au plus haut niveau pour justifier sans barguigner le raid judiciaire destiné à assurer la présence de Macron au deuxième tour.

 

Chapitre XI : Macron est-il dangereux ?

15 mars 2017. Où l’on s’aperçoit qu’au-delà du sommet de l’appareil judiciaire, les plus hautes autorités de contrôle de la république ont décidé d’intervenir dans l’élection présidentielle. Pour la fausser et permettre l’élection du candidat choisi par l’oligarchie financière et la caste de la haute fonction publique d’État.

 

Chapitre XII : Justice : l’impartialité ne se proclame pas, elle se prouve.

22 mars 2017. Où l’auteur constate que des gens dont la mission constitutionnelle est de veiller au respect de la loi, s’acharnent de façon compulsive contre un candidat à l’élection présidentielle pour en favoriser un autre.

 

Chapitre XIII: Justice : un Président ne devrait pas faire ça.

27 mars 2017. Dans ce chapitre, on pourra pointer la collusion de François Hollande avec l’opération anti Fillon. On pourra également constater les contorsions des journalistes du Canard enchaîné, plus soucieux de créer les conditions de l’élection de Macron que de déontologie professionnelle.

 

Chapitre XIV : Patrick Cohen professeur de Droit, ça fait peur

28 mars 2017. Où il apparaît que les journalistes du Canard enchaîné ne sont pas les seuls à vouloir détruire la candidature de Fillon en favorisant celle de Macron. Le service public radiotélévisé ne se gênant pas pour violer son obligation de neutralité.

 

Chapitre XV : Un président légitime le 7 mai ? C’est trop tard.

19 avril 2017. Où l’auteur constate que la tragédie est consommée. Que le candidat qui sera élu le 7 mai ne disposera pas de la légitimité républicaine indispensable.

 

Chapitre XVI : Présidentielle : sortir des mâchoires du piège

2 mai 2017. Où l’on considère que la stratégie électorale des castors est grosse de dangers. Et que le mieux est de ne pas céder au chantage, l’élection d’Emmanuel Macron ne reposant que sur un dévoiement des institutions républicaines.

 

Chapitre XVII : De quoi l’élection d’Emmanuel Macron est-elle le fruit ?

12 mai 2017. Où l’auteur au travers d’un petit bilan de ce qui vient de se produire entrevoit les difficultés auxquelles le pays va se trouver confronté avec une élection présidentielle faussée. Qui a porté au pouvoir un inconnu inquiétant, et vu le dévoiement des institutions républicaines.

 

Conclusion rapide

Le temps est passé, et Emmanuel Macron a pu continuer à faire un peu illusion. Désormais, et les études d’opinion le montrent son socle de confiance ne va pas au-delà de celui dont il a bénéficié pour le premier tour, et encore… Dans la bataille politique qui va désormais se dérouler sur des bases différentes et dont personne ne peut connaître l’issue, il est possible que ce déficit de légitimité initiale constitue un handicap sérieux.

 

39 Comments

  1. Cher Maître, Cher Régis (si vous me le permettez),
    Bien entendu, à part les Macronards, personne ne ne peut décemment revendiquer la licéité de cette élection volée.
    Nous sommes bien d’accord, la désignation du Sieur Micron n’est que le nom de l’assujetissement du peuple français à la stupidité sans fond de la Médiacratie qui nous gouverne, de cette connerie magnifique qui prétend néanmoins à une parcelle de l’intelligence française.
    Bien à vous.
    PS : « le journalisme fait puer les mots » Richard Millet » (L’opprobre)

  2. Je suis assez pessimiste: bien que détestant Macron:les conditions de son élection,ce qu’il est et ce qu’il veut faire,j’ai peur qu’il ne soit là pour longtemps…

    L’affaire Benalla,qui vient de révéler tout un système,la désinvolture de Macron,les tentatives de limitation de la liberté d’expression,pour imposer une sorte de vérité officielle,ainsi que les réactions de sa majorité, en accusant les oppositions parlementaires d' »entraver » le bon déroulement du travail de l’Assemblée,ne laissent pas d’inquiéter.

    Je crains ,en particulier, que cette marionnette et ses mandants durcissent leurs positions,à mesure que les oppositions à leurs projets se renforceront et qu’il n’hésite pas,à un moment de son quinquennat,à recourir à une législation d’exception,prétextant l’urgence de la situation ou une menace sur les institutions.

    Je les en sens très capables…

  3. « une instrumentalisation de l’institution judiciaire à des fins directement politiques. » Ça me rappelle furieusement, dans un autre domaine, mais finalement pas si éloigné que ça, le rôle de la BCE dans la mise au pas du premier gouvernement SYRIZA. N’aurait-elle pas été instrumentalisée à des fins directement politiques, contrairement à son statut ?
    Ces méthodes de voyous sont directement inspirées de ce qui se fait à l’échelle européenne, notamment au sein de l’eurogroupe. Lire la description qu’en faite Yanis Varoufakis, dans Conversations entre adultes. dans les coulisses secrètes de l’Europe, Les liens qui libèrent éd. , 2017.

    • Moi aussi, je pense que cette marionnette est ses mandants sont capables de durcir leurs positions.
      D’ailleurs en ce moment, c’est silence radio di coté de la piscine.

      L’équipe de comm doit être en plein travail pour rétablir la situation.

  4. Merci Maitre de cette remise en perspective du feuilleton de l’élection volée. Cela fait plus de 10 ans que je trouvais que la démocratie se délitait en france. Ce que vous décrivait n’est que l’achèvement d’un cycle : la confiscation de la république par une caste. La république romaine a fini ainsi et s’est transformé en Empire, le pouvoir confisqué par les chefs de guerre. Mais eux a l’époque représentaient l’élite de la société romaine.
    Là nous avons une caste de fric et de pouvoirs acquis par quelques écoles. Je rejoins galantine sur le risque de voir ce pouvoir durcir sa position si le peuple commence à bouger. La loi sur les fake News, le durcissement de la législation sur le tir sportif, l’invraisemblable impunité des amis de Macron ne peuvent qu’inquiéter ceux qui tiennent aux libertés. Par ailleurs les différentes lois sur le renseignement ont permis de mettre en place un appareil de surveillance d’état dont auraient rêvé hitler Staline et les autres de leur acabit.
    La surveillance généralisée et sans contrôle est possible, la technologie permettant d’aspirer toutes les communications, et la vidéo surveillance de contrôler votre présence et vos gestes. Nul doute que ces armes sont capables de briser toute opposition.
    Merci de votre indignation et de votre vigilance.
    Bien à vous.

  5. Tout d’abord, en ce qui concerne Macron, si charme il y a eu, il n’a opéré que sur les imbéciles car il ne fallait pas être grand clerc pour savoir ce qui nous attendait avec ce genre d’individu. Tout avait êté pourtant bien expliqué et publié sur le cursus de cet imposteur et ceci bien avant les élections.

    En ce qui concerne François Fillon, son élimination est analogue à ce que l’on peut observer régulièrement dans le règne animal soit la loi du plus fort. Sa bêtise, sa naiveté et son amateurisme ont été énormes dans cette affaire et la parfaite démonstration que ce type n’avait pas du tout l’envergure pour faire un bon chef d’Etat. Fillon n’est qu’un suiveur et l’a d’ailleurs démontré à maintes reprises lors du quinquennat Sarkozy. Un homme intègre et avec du caractère aurait dû démissionner car cette gouvernance a été une véritable horreur qui n’a rien à envier à celle de Hollande ou de Macron. Pire elle en a été le précurseur. Donc pas de regret à avoir.

    Et puis il serait quand même important de rappeler que Fillon et Macron sont avant tout des vélléitaires qui ne brassent que du vent puisqu’en fait ce sont les gens de Bruxelles qui dirigent et administrent notre pays. Il serait peut être temps d’arrêter cette grosse hypocrisie qui nous dit qu’intel ou intel serait mieux tant que nous serons pieds et poings liés sous la coupe de l’ogresse européenne.

    Le plus gros problème chez nous est que pour l’instant il n’y a pas un seul candidat qui vaille la peine pour que l’on vote pour lui. Notre pays n’a pas encore assez touché le fond pour qu’un candidat digne de ce nom émerge du lot. La maxime qui dit que le peuple a les présidents qu’il mérite est à méditer d’urgence car à mon humble avis c’est le principal dilemme dans ce qui nous arrive. Une population de veaux ne peut élire qu’un corrompu vendu à des intérêts extérieurs qui se contentera de mener le troupeau à l’abattoir. Le peuple américain a eu le sursaut puis récemment celui d’Italie mais le cheptel de France en est pour l’instant incapable. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il ne souffre pas assez. Donc il va bien falloir que nous y réfléchissions rapidement et acceptions également de nous remettre en question sinon pas de salut.

    Quant aux inquiétudes de Galatine qui me paraissent tout à fait légitimes, Macron étant un parfait psychopathe, qu’elle se rassure car un changement de paradigme est à l’oeuvre et devrait petit à petit changer la donne. Bien entendu cela ne va pas se faire du jour au lendemain. Mais bien que Macron ait des appuis relativement importants, ce qui est en mouvement aujourd’hui l’est plus encore. Et je ne pense pas que le petit commis de Rothschild ait choisi le bon camp et soit même de taille à y faire face vu l’amateurisme dont il vient de faire preuve avec cette affaire Benalla. Ce petit despote a eu la terrible naiveté de faire l’erreur de se croire irrésistible et tout droit sorti de la cuisse de Jupiter. Erreur dont certains sauront tirer partie et lui feront payer dès qu’une autre occasion se présentera. Et mon petit doigt me dit que cela ne devrait pas tarder….

    • La question concernant l’élimination judiciaire de F. Fillon ne tient pas à la qualité politique de l’homme. C’est une essentielle question de principe, comme les arguments développés par Me de Castelnau ont eu le mérite de le rappeler, contre l’esprit de l’époque peu sensible à la précision juridique. Evidemment, sur le fond, les faits reprochés à F. Fillon sont sans doute avérés et la procédure ne donne sans doute aucune prise à la critique sur la forme. Il semble qu’on soit dans le cas d’un excès de zèle. A présent, la question principale est celle de savoir quel usage sera fait du pouvoir acquis: quelle culture politique, intellectuelle et pratique, va naître de l’ère inaugurée l’année dernière – et en fait de culture politique, la question du rapport au droit, parfois récusée sous couleur de privilégier des avancées substantielles, se pose de manière manifeste. De vastes et cruciaux débats sont ouverts.

      • @Levy Erez

        Blablablablabla…

        Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’en ai strictement rien à faire de la qualité ou non politique de Fillon qui aurait déterminé son élimination. Mon propos était uniquement de préciser que c’était un mal pour un bien tant ce candidat était de toutes façons lui aussi un leurre. Il était rempli de promesses qu’il n’aurait jamais pu tenir car sans aucun pouvoir réel.

        Fillon, c’était tout simplement un Macron Bis, à croire que ce dernier lui a même piqué son programme concernant ces fameuses « réformes » dont tout le monde sait pertinemment qu’elles viennent de Bruxelles, c’est à dire des marchés financiers et des lobbies industriels.

        La grande bêtise de Fillon a été de se griser de la primaire et de croire que tout était déjà joué. Au lieu de rester sur ses gardes et sobre dans la parole, il a commencé par débiner les copains et à jouer de sa probité alors qu’il était loin d’être blanc comme neige. Il a ensuite dévoilé son jeu beaucoup trop tôt ce qui a aussi fortement contribué à le faire chuter dans l’opinion publique. L’oral qu’il a passé fin 2016 devant tout le gratin du CAC40 avec le terme de « blitzkrieg » qui fut d’un total mauvais goût en a refroidi plus d’un et nous voyons à présent que c’est du copier-coller de ce qu’est en train de nous faire le Macron. Normal puisque c’est l’UE qui mène la danse.

        https://www.youtube.com/watch?v=s4Z2ahTnReg

        Quant au Penelopegate, il a été le dernier point de basculement et a fait le reste pour crystaliser le rejet et la perte de confiance des électeurs. Le grand amateurisme du candidat Fillon fut d’avoir apporté tout cela sur un plateau d’argent lui qui avait tant vanté son intégrité.

        Son assassinat politique est dû au fait qu’il n’était tout simplement pas le chouchou du noyau dur qui dirige le pays. Macron par contre portait les couleurs de l’écurie Rothschild dont on connait le pouvoir dans le microcosme de la politique française et lui avait d’ailleurs déjà rendu tellement de services…

        http://reindicium.com/32966/la-braderie-macron-est-ouverte-voici-la-liste-des-ventes-collection-2012-2017/

        http://www.fusions-acquisitions.fr/statistique-2015

        http://www.lcp.fr/emissions/droit-de-suite/283004-alstom-une-affaire-detat

        De plus, il était jeune, pouvait représenter le « renouveau » dans une politique française totalement sclérosée et paraissait ainsi beaucoup plus bankable. Et le plus drôle c’est que ça a marché.

        Donc je le redis encore une fois il n’y a aucun regret à avoir. Avec Fillon au pouvoir la politique appliquée aurait été la même et avec les mêmes conséquences. Ces deux là concourrant pour des intérêts identiques mais dans des écuries différentes.

        Tout cela pour dire que vouloir continuer à voter tout en gardant les mêmes règles du jeu qui permettent à une marionnette de l’oligarchie de faire tout et n’importe quoi dans notre pays c’est du pareil au même que de se jeter dans le ravin comme un troupeau de lemmings. Voilà clairement la vraie question à se poser…

  6. J’avais lu les billets à l’époque mais je pense que vous êtes dur avec Le Canard Enchaîné. Très honnêtement, pour le lire chaque semaine, de nombreuses sur Macron (les affres de Nyssen, de son mari et d’Actes Sud notamment, qui sont un véritable scandale) sortent dans l’indifférence générale.

    Je pense qu’ils se sont fait instrumentaliser ou en tout cas, qu’ils n’avaient pas prévu que cette affaire allait faire une telle déflagration. Qu’ils en aient néanmoins pu en profiter quand la mousse a pris est un autre débat.

    Mais il n’empêche que l’affaire Fillon existe, tout de même, et que les faits, sans être, pour le moment, avérés sont quand même assez graves pour être relayés.

    Je vous rejoins, par contre, sur le putsch politico-judiciaire. De mon côté, je me désole de voir la justice être traitée de la sorte. Je travaille actuellement pour pouvoir passer le 3ème concours de l’ENM et, des fois, je me dis que tout cela est tellement vain, vu l’état de la justice dans ce pays.

  7. J’ai écrit que je me considère comme marxiste et gaulliste.
    D’abord, précisons qu’il n’y a pas de solutions marxistes depuis 1883 (mort de Marx), ni gaullistes depuis 1970 (mort de De Gaulle). Les solutions sont toujours à inventer. Mais, il existe des pratiques gaullistes et des analyses marxistes qui restent valables.

    Concernant le marxisme, il y a un échec : l’internationalisme « prolétarien » n’a pas fonctionné. Il ne reste plus que l’Internationale socialiste, descendante de la IIe Internationale, mais qui, contrairement à son « ancêtre », est plus au service des classes dominantes que des classes populaires. Il reste aussi la IVe Internationale trotskiste, ou plutôt LES Internationales (celle du NPA, celle des lambertistes, ;;;) qui sont loin d’être « le genre humain » (1).

    En revanche, les analyses de Marx restent valables sur certains points :
    – Il existe toujours une classe dominante. De nos jours, c’est le capitalisme financier mondialisé. Constatons que la haute fonction publique qui avait autrefois un rôle positif dans le fonctionnement des services publics est devenue une classe sociale alliée au capitalisme financier et qui contribue à l’effondrement de ces services (2).
    – L’idéologie dominante reste bien celle de la classe dominante. Y compris lorsque les porteurs de cette idéologie (cf le « politiquement correct ») sont de gauche.
    – Citons aussi la phrase de Marx : « l’Histoire se répète : la 1ere fois, c’est une tragédie, la 2e fois, c’est une farce ». Fils de communistes espagnols, je considérais le fascisme des années 30 (et des décennies suivantes) comme une tragédie. J’ai eu peur quand le FN est devenu fort au milieu des années 80. Puis, dès les années 90, j’ai compris que « l’anti-fascisme » anti-FN était une farce et une diversion. Ainsi, les défilés syndicaux du 1er mai 2002 étaient EXCLUSIVEMENT contre la présence de JM Le Pen au 2e tour et « oubliaient » les accords européens de Barcelone, signés en mars 2002, qui prévoyaient l’ouverture à la concurrence de l’énergie (EDF) et de réformer les retraites.

    En écrivant tout cela, je semble être hors-sujet.
    Pas vraiment : je constate que l’article de Régis de Castelnau fait bien allusion à ces sujets : soutien des classes dominantes et de l’idéologie dominante (médias dominants, certains magistrats, …) à la candidature Macron. Je constate aussi que contre la présence de Marine Le Pen au 2e tour, il y a eu une grande diversion « anti-fasciste » (par exemple de l’actuelle direction du PCF).

    (1) Référence au refrain de la chanson « l’Internationale ».
    (2) Effondrement de l’Education Nationale (c’était bien enclenché lors de mes dernières années comme instituteur), des hôpitaux publics, de la SNCF, de la Poste, etc … Concernant cette dernière, dans le film « le Cave se rebiffe », Audiard fait dire à Jean Gabin : « cette administration que le monde entier nous envie : la Poste française ». C’était vrai en 1961 (date du film), pas du tout en 2018.

  8. Merci de cet éclairage et de cette synthèse. Ce qui est troublant dans ces histoire est qu’il y a des textes officiels et des lois qui régissent ces manifestations. Pourquoi ne sont-ils pas appliqués ? Pourquoi n’y a-t’il pas eu un levé de boucliers et surtout un rappel de notre texte le plus sacré qui est notre constitution sans parler du CSA et de la probité des médias. Ceci étant dit il y avait un vent de changement de la part du peuple de s’affranchir des partis politiques et notamment de la droite et de la gauche. Pourtant il y avait des « petits candidats » (terme péjoratif de certains médias qui l’ont utilisé sur des chaines publiques sans sanction du CSA) qui allaient dans ce sens dont un mouvement qui avait prédit ce qui allait nous arriver. Je pense à François Asselineau qui a fait des analyses très concrètes dans beaucoup de domaines. Un an après, force est de constater qu’il avait raison. En conclusion, ne serions-nous pas dans une dictature qui ne dit pas son nom ?

  9. Je suis quand même étonné que la révision des sanctions russes dans le programme de Fillon, n’ait joué aucun rôle dans votre analyse au moment même où il était assuré d’être élu dans un fauteuil ? sanctions russes qui jouent un rôle considérable pour le président Trump ?

  10. Les différents traités nous ont dépouillé de toute souveraineté . Tous les textes sont d’émanation Européenne directives ou règlements. C’est un leurre de penser qu’on peut réformer l’Europe politiquement. Trop d’intérêts divergents. Donc nous sommes aliénés. Il est temps d’en parler juridiquement. Les gens croient encore au politique …, Même les textes transposés reprennent les mantras européens (pour notre bien, pour notre bien être, pour la justice, pour l’équité…) C’est dégoulinant d’hypocrisie ! il faut éduquer juridiquement le peuple !

  11. Avec l’affaire Benalla Macron a fait l’objet d’une attaque frontale par ceux là même qui avaient assuré son élection : les médias aux ordres. S’agit-il d’un simple « rappel à l’ordre », ce que je crois, ou d’un première manœuvre visant à l’évincer ? L’avenir nous le dira mais, manifestement, il a perdu la confiance de ses mentors… Quant aux causes, cela mériterait un long développement…

  12. Pour ma part, je pense comme Robert que c’est un simple rappel à l’ordre et non une manoeuvre visant à l’évincer prochainement. La mégalomanie du roitelet devenant trop visible et ses réformes à marche forcée – certes agréables aux yeux de ses actionnaires – trop brutales, une réaction violente des manants devenait possible, voire une insurrection (dixit Minc), ce qui n’arrangeait pas leurs affaires. Ils n’ont actuellement personne de crédible sous la main pour le remplacer mais je suis sûre qu’ils préparent dans leurs écuries celui – ou celle – qu’ils pourront faire miroiter aux yeux du Peuple en 2022 (voir avec quelle gourmandise Attali, devant les journalistes, disait connaître « celui ou plutôt celle » qui serait le prochain président de la République). Pour ce qui est de son identité, j’en ai une idée, mais je peux me tromper, bien sûr…

  13. Moi aussi, je fais partie du clan des pessimistes, au moins à court terme.

    J’ai comme position de principe qu’il ne faut jamais désespérer de la France, mais j’ai du mal à l’alimenter avec des éléments concrets.

    Si on l’on me demandait de parier, je parierais que le pouvoir de Macron se fera de plus en plus oppressif, qu’il ne rencontra aucune opposition et que Jupiter-Narcisse sera réélu en 2022.

    Le nœud du problème, c’est, comme toujours, l’opposition : le pouvoir peut-être aussi illégitime et impopulaire que vous voulez, tant qu’il n’y a pas d’opposition constituée et organisée pour prendre sa place, il reste inamovible.

    Or, cela, Macron en est parfaitement conscient et réussit très bien à éviter la cristallisation des oppositions. On n’est pas en Italie. Donc Macron jusqu’en 2027. Juste le temps qu’il lui faut pour céder notre industrie d’armement à l’Allemagne et détruire l’armée française.

    • Depuis longtemps, il y a en France une partie des élites politiques qui est dans une attitude de soumission volontaire à l’égard de l’ Allemagne ; la collaboration l’a tristement illustré durant la seconde guerre mondiale et il faut bien constater que l’ Allemagne a désormais le leadership économique et politique en Europe.

    • Mauvaise analyse trop dangereux de garder Macronminusculus pour nos oligarques eurocrates. Le prochain kleenex se nomme Marion Maréchal.

  14. Bonjour, Mr de Castelnau

    Est-ce que vous savez que vous êtes sur une liste ?
    L’histoire :
    https://www.les-crises.fr/nicolas-vanderbiest-et-le-eu-disinfolab-a-l-origine-d-une-intox-l-affaire-benalla-produit-de-la-russosphere/

    Lien sur la liste à télécharger :
    http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/Updedh0I

    Avec la fonction de recherche, on vous y trouve tout de suite. J’ai d’ailleurs cru comprendre que de telles listes sont illégales (j’ai également sauvegardé le texte de loi de la CNIL).

    Ça tombe bien que vous soyez avocat. On pourra toujours vous demander de nous représenter en cas de litige (je suis dessus aussi).

  15. Le pnf qui n’était pas compétent, s’est précipité pour instruire sur Fillon.
    Il s’est ensuite déclaré incompétent sur Ferrand pendant les législatives pour se découvrir compétent 6 mois plus tard.
    Le pnf ferait honte à une république bananière. Il semble que les juges ont été mutés.

    Pour la perquisition de Benalla, la police , la justice ne sont venu qu’en fin de journée pour repartir devant la porte fermée(personne n’a pensé passer par une fenêtre( mamoudou n’était pas disponible les échelles non plus).
    Après mise de scellés il a été possible dans la nuit de faire disparaitre un coffre de plusieurs dizaines centaines de kilos et sans doute de remettre des scellés.
    Quelle organisation peut être derrière cela, sans émouvoir les journalistes, la police, la justice?

    On a vu « les marchés » faire monter les taux d’intérêts de l’Italie, la Grèce pour destituer des dirigeants qui n’étaient pas ceux de cette organisation.

    Les élections restent tant que vous votez pour eux .

      • La dictature c’est « ferme ta gueule », la démocratie c’est « cause toujours ». (Coluche)
        Il faut bien reconnaître que le temps lui a donné raison …

    • Vous citez à juste titre la Grèce et l’ Italie quant à la « destitution » de leurs dirigeants pour non-conformisme à la doxa mondialiste. A rapprocher de l’ avertissement que constitue l’affaire Benalla pour Macron…

  16. Je ne vous lisais pas à ce moment là pour l’excellente raison que je ne connaissais pas votre blog. En lisant tous ces billets concernant l’élection présidentielle de 2017, je me souviens de quelques réflexions que je me faisais en lisant la presse. La cannonade anti-fillon était tellement énorme que je me demandais pourquoi cet homme était visé à ce point et pourquoi Sarkozy l’était aussi.
    J’attribuais la partialité extrême de la presse et des « prescripteurs d’opinion » envers Macron comme un pis aller. Il leur faffait bien soutenir le type qui allait le mieux conserver leus privilèges. Mais justement, je ne vois pas en quoi, Fillon ou Sarkozy menancait ces privilèges. Le conservatisme fait tout à fait bon ménage avec le néo-libéralisme et même s’en nourrit. Et c’est bien une comédie électorale que nous joue les conservateurs tous les 5 ans, défendant la main sur le coeur les valeurs traditionnelles et n’ayant rien de plus pressé que de les piétiner une fois élus.
    Du coup, je ne vois toujours pas la ou les raisons qui ont poussé l’oligarchie qui nous gouverne à massacrer Fillon et Sarkozy. Y en aurait-il une autre ? Qu’en pensez-vous ?
    PS. Depuis, je ne rate pas un de vos billets. Longue vie à votre blog.

    • Concernant Sarkozy, je pense qu’il a été lâché car devenu trop impopulaire, plus assez fiable pour imposer la politique voulue par la ploutocratie mondialiste.
      Concernant Fillon même raison : pas assez fiable non pas en fonction de son impopularité mais en raison de son caractère disons « effacé » et de son manque de volonté « réformatrice ».
      Il y avait le candidat de rechange: Macron, qui lui n’a aucun scrupule à servir ceux qui l’ont fait… roitelet ! Mais attention : il vient de déplaire et un avertissement lui a été donné.
      Attendons la suite…

  17. Georges Bernanos vous fait communiquer qu’il n’est pas trop content du titre…

    Quant au texte, c’ est bien vu. Cependant, le passé étant irrémédiablement passé, cela ne peut qu’ alimenter ‘la hargne, la rogne et la grogne’ des lecteurs, voire exacerber leur vision de l’armageddon que serait, sera, a les lire, ce quinquennat

    Laissons le temps au temps. Encore quelque 200 semaines et, comme disait Harold Wilson, ‘a week is a long time in politics’.

    Sans oublier cette histoire de grenoulles qui se cherchaient un nouveau roi de Jean de La Fontaine.

    • Les accointances russes de Fillon ? Sa volonté de réduire les déficits (les dettes sont un moyen de contrôler les peuples et les nations -l’exemple grec est lumineux, les réduire leur redonne mécaniquement de l’indépendance) ?

      Quoi qu’il en soit, après le Brexit et Trump, l’oligarchie ne voulait prendre aucun risque et Macron était la marionnette idéale. Fillon, c’était moins sûr. La suite prouve la justesse de leur jugement sur ce point.

  18. Concernant l’affaire Benalla, on sait que le,préfet de police de Paris a été entendu par les commissions des assemblées parlementaires. Il s’appelle Michel Delpuech, nom facile à retenir car proche de celui du chanteur décédé en janvier 2016 (Michel Delpech).

    En remontant un peu en arrière j’ai appris avec effarement ce qui suit.
    Pendant l’été 2016, M. Delpuech était préfet du Rhône.
    Quelques imbéciles taguèrent les murs d’une mosquée.
    M. Delpuech n’hésita pas à dire une énormité en comparant cet acte stupide à ce que firent en Allemagne, dans les années 30, les nazis contre les juifs.
    Quelle crédibilité peut avoir un haut fonctionnaire qui fait de tels amalgames ?

    http://www.vududroit.com/2016/08/guerre-civile-le-refus-du-peuple-francais/

    https://www.causeur.fr/michel-delpuech-islamophobie-nuit-cristal-point-godwin-attentat-nice-139360

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