Nouvelle traite humaine : le Capital et ceux qui le servent

À la suite des incidents consécutifs aux victoires de l’Algérie dans la coupe africaine des nations et de l’envahissement par des travailleurs clandestins du Panthéon, j’avais publié un petit statut agacé sur Facebook. Qui m’avait valu des soutiens et quelques insultes, l’accusation de « rouge brun » revenant le plus fréquemment. Je vais donc publier ici ce « statut/mouvement d’humeur » en rappelant tout d’abord que j’ai toujours soutenu l’équipe d’Algérie de foot. Et en particulier à la coupe du monde 1982 de triste mémoire, quand elle fut victime d’une tricherie éhontée des équipes d’Allemagne et d’Autriche (tiens tiens…) qui naturellement ne fut suivie d’aucune sanction de la FIFA. Et en rappelant également que je considère que les « migrants » sont d’abord et avant tout les victimes d’un trafic odieux, voulu et organisé par l’alliance de l’oligarchie néolibérale et de la « gauche du capital » comme l’appelle Jean-Claude Michea.

« L’Algérie gagne un match de foot (aux pénos en plus, pas glorieux) c’est le prétexte pour des émeutes, des pillages, et des rodéos mortels dans les rues des villes françaises. Le tout en brandissant les drapeaux d’un pays étranger.

Normal quoi.

Imaginons une seconde faire la même chose dans les rues d’Alger. Les autorités algériennes seraient fort normalement contrariées. La population aussi. Les petits malins qui s’amuseraient à ça auraient intérêts à numéroter leurs abattis, et courir vite, très très vite.

Des clandestins illégalement en France donc délinquants, « exigent » de rencontrer le Premier Ministre pour « exiger » d’être régularisés. Ben ouais. Alors ils envahissent le Panthéon.

Ils profanent un cimetière, qui contient les restes des héros de la Nation Française et que celle-ci a entendu spécialement honorer. Un des lieux les plus sacrés de la République.

Normal quoi.

Imaginons des étrangers en situation irrégulière envahir le cimetière d’Arlington en Virginie en « exigeant » de rencontrer le Président US pour « exiger » qu’on leur délivre une carte verte. Ou bien le Mausolée de Lénine sur la place Rouge. On pourrait avoir quelques inquiétudes sur ce qui risquerait de leur arriver. Dans le meilleur des cas ce serait un séjour carcéral conséquent dans un établissement dont tout le monde a entendu parler du confort.

Au lieu de cela chez nous un vague froncement de sourcil et le soutien des belles âmes dont c’est le métier. Bons les émeutiers et les clandestins ne sont pas fous, ils n’ont pas mis de gilets jaunes, sinon ils se seraient fait défoncer. Ils le savent. Badiou leur a expliqué les GJ c’est tout des nazis.

« Mais dis donc, tu es racissse toi ! Tu n’es plus solidaire des justes luttes des larges masses.

oh non pas racissse et toujours solidaire. Mais là j’ai pas trop vu de larges masses. Et j’en ai beaucoup marre qu’on s’essuie les pieds en permanence sur mon pays. Je me sens humilié qu’on le traite de cette façon et par la veulerie de ses dirigeants. Et être humilié j’aime pas trop. C’est con hein ? »

Je ne le rédigerais pas nécessairement comme cela aujourd’hui. Tout d’abord l’accident mortel de Montpellier semble sans lien avec le bazar post-football, et la dimension provocatrice et profanatrice s’est encore aggravée après la victoire (largement méritée) de l’Algérie contre le Nigéria. Ensuite l’initiative du Panthéon a été organisée par des irresponsables qui dans leur souci compulsif de prendre la pose, ont exposé les sans-papiers. Enfin j’insisterais plus sur ce qui était l’objet de mon statut : la complaisance du pouvoir et des belles âmes face à ces provocations.

Mais comme sur ces questions les malentendus peuvent rapidement survenir, je vais continuer mon petit patchwork en relayant un texte qui me semble coller à ma propre analyse. Cela me dispensera de me défouler sur l’imposture Rackete, vulgaire trafiquante de main-d’œuvre financée par le Capital pour faire un sale boulot. La télévision allemande vient de cracher le morceau en montrant à quel point toute cette opération était purement et simplement un montage. Cette dame ne sauve personne, elle est le dernier maillon de la nouvelle traite humaine, et se sert d’un chantage à l’émotion mensonger, qui masque le sort futur des malheureux qu’elle va chercher près des côtes libyennes pour les débarquer ensuite en Italie pour qu’ils soient pris en charge par les mafias locales et deviennent les victimes des pires trafics : exploitation esclavagiste pour les hommes et prostitution pour les femmes.

Négriers d’une nouvelle traite ?

Présentation de ce texte par l’un de mes amis Facebook

Ce très bon commentaire d’un ami professeur de philosophie. Je ne suis pas marxiste, dans la mesure où je n’adhère pas aux « solutions » préconisées par Marx (sa philosophie est tout sauf abstraite, mais au contraire très concrète, programmatique), mais force est de reconnaître qu’une lecture marxienne serait la bienvenue ! Celle-ci permettrait à nombre de nos gauchistes d’opérette de réaliser que ce qu’ils défendent est l’hyper-libéralisme, voire le libertarianisme, ce qui ne peut pas être plus opposé à la vision de Marx ; vision tout de même d’une puissance intellectuelle impressionnante pour comprendre comment notre société fonctionne.

J’ajouterais plus précisément une dimension qui n’est soulevée qu’en filigrane dans le texte qui suit : cette mise en concurrence victimaire des communautés permet aussi de casser les solidarités nationales, y compris du point de vue culturel, en fragmentant les sociétés, chaque « communauté » pensant à ses intérêts de groupe au mépris du Bien commun, brisant à l’avenir toute velléité de résistance publique face à des multinationales dont la puissance, par le truchement de cette supercherie qu’est le droit du commerce international, se trouve décuplée et bien plus grande que nombre d’États.



« Je ne sais si les négriers étaient applaudis par la noblesse et la bourgeoisie naissante au XVIIe siècle, mais il est sûr que ceux du XXIe sont ovationnés par la bourgeoisie dominante de notre époque. Mais pas pour les raisons morales affichées, mais plutôt pour des raisons matérialistes. Ces auxiliaires des mafias de passeurs ne font que participer à un commerce d’êtres humains, en effectuant la dernière étape du business pour eux.

Nous savons que les passeurs amènent en bateau les migrants au large des îles italiennes, pour ensuite les transborder dans des canots et ainsi justifier l’intervention des ONG financées par le Grand Capital.À grands coups de pathos et de moraline lacrymale, on recouvre cette odieuse exploitation mafieuse de la misère humaine de généreuses couches d’humanisme hypocrite.

Et on nous présente comme héroïques, les dealers de force de travail pas chère et docile. Pour justifier et encourager leurs activités.Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter les « sauvetages » en mer. Mais pourquoi faire débarquer ces gens en Europe ?Cela ne fait qu’encourager les mafieux à continuer ce business lucratif. Si les migrants étaient débarqués sur leurs lieux de départ, les flux ralentiraient, faute d’opportunités. Nous avons là un retournement dialectique complet, où l’abject est travesti en vertueux, par la magie du discours performatif.

Mais qui soutient cela ?

Il y a, bien sûr, les petits esprits trop faibles pour sortir de l’empire des émotions, et qui sont aisément manipulables par le truchement d’une agit-prop destinée à les persuader par le pathos. Mais ce ne sont que des idiots inutiles.Non, les véritables auteurs sont les membres de la classe dominante : la bourgeoisie libérale mondialisée.

Comme je l’ai dit dans un précédent texte, j’ai montré que dans les métiers pas ou peu qualifiés et éreintants, le salaire proposé était dérisoire, compte tenu des profits réalisés, ce qui provoquait une pénurie de main-d’œuvre locale, celle-ci, vivant dans une société d’abondance, sait que cela relève de l’exploitation quasi-féodale, et refuse donc de vivre pour travailler pour le profit d’un seul : l’exploitant/exploiteur. Or, plutôt que d’augmenter les salaires à un niveau décent, donc sacrifier du profit, la classe bourgeoise va plutôt jeter son dévolu sur une armée de réserve : les migrants. La même bourgeoisie, qui a fait fortune en exploitant les ressources du tiers-monde, avec la complicité de la bourgeoisie compradore locale, au nom du libéralisme, et de son laisser-faire, laisser-aller, laisse venir à elle les miséreux qu’elle a elle-même fabriqués, pour les exploiter, non plus à l’autre bout du monde, mais sur son sol national. Elle bénéficie ainsi d’une main-d’œuvre pas chère, docile et surtout déracinée.

De pauvres âmes qui vont avoir leur énergie vitale siphonnée contre une poignée de miettes, pour le plus grand bénéfice de nos généreux humanistes.Ces gens, vivant dans la menace permanente de l’expulsion et sans accroches telluriques dans le pays pour s’organiser, sont totalement inféodés à leurs patrons. De plus, étant mis en concurrence avec la main-d’œuvre locale, dans une situation de chômage de masse, cela contribue à augmenter ledit chômage et à la baisse des salaires. Plus le décalage culturel qui mène automatiquement à des tensions communautaires, source de violence dans la société.

Mais le bourgeois n’en a cure, il ne voit que son intérêt boutiquier immédiat et personnel. Il voit des saisonniers, des serveurs, des livreurs, des femmes de ménage, des plongeurs, des balayeurs, des manutentionnaires, disponibles en grand nombre, pour un faible coût, dociles, peu ou pas syndiqués, et surtout : corvéables à merci. Voilà pourquoi nos trop chères élites nous sortent les violons du pathos, pour faire pleurer dans les chaumières, sur la question des migrants. Derrière l’illusion pathétique et émotionnelle, il y a la réalité économique : exploiter la misère du tiers-monde, contribuer à la misère des travailleurs français, le sacro-saint marché qui met en compétition les pauvres entre eux, pour le plus grand profit des sangsues improductives, qui règnent sur notre société marchande.

Mais l’hypocrisie et le discours officiel sirupeux de bons sentiments de notre société empêchent d’assumer publiquement ce fait. Donc il faut recouvrir cela d’un prétexte humaniste, pour faire passer l’ignominie pour de la bienfaisance. Ce ne sont pas des héros, mais des collabos.

Des collabos de l’esclavage moderne. »

Régis de Castelnau

43 Comments

  1. Ravie de constater que l’exactitude a repris le dessus concernant le « rodéo mortel » qui n’était qu’un accident sans rapport avec les Algériens. Prochaine étape, interroger le pourquoi d’une telle fake news peut être ? Avec des « oppositions » pareilles, les complaisances gouvernementales ont une longue vie devant elles. Sur le fond du propos, d’accord sur tout –d’où l’exigence d’exactitude.

    • Cela ne remet aucunement en cause ce qu’explique précédemment Mtre DE CASTELNAU à savoir que défiler, quelqu’en soit la raison, avec des drapeaux étrangers en France marque un net déficit d’assimilation.
      Etes-vous « bourgeoise » ou « pauvre âme qui va avoir son énergie vitale siphonnée contre une poignée de miettes »?

  2. Mon analyse est la même, très exactement. Et m a valu, dans mon « espace local » on dira, la même opprobre…. Avec des conséquences très concrètes … Pourtant, même pour ceux qui n ont pas en tête l analyse marxiste, un seul fait aurait pu des le départ de la vaste manipulation criminelle les alerter : l attitude de la chancelière allemande ouvrant largement les frontières… Votre article est magistral. Et bien sûr il est bon de pouvoir lire de tels textes. Mais je crains qu il ne soit particulièrement difficile de faire entendre cette analyse : depuis 25 ans au moins on a tout fait pour disqualifier le marxisme auprès de ceux qui en auraient pourtant le plus besoin… Le seul mot prononcé et c est l image du type hirsute le couteau entre les dents qui apparaît instantanément. Enfin, peut être qu à force d en baver les peuples comprendront où se trouve précisément la menace … Bien sincèrement MP.

    • le problème, camarade, n’est pas que les peuples ne comprennent pas…mais bien qu’ils REFUSENT la confrontation avec le Kapital, d’où le vote macroniste (de soumission). Essentiellement la classe moyenne (cfr https://ripostelaique.com/la-strategie-du-male-beta-pour-vivre-heureux-vivons-a-genoux.html )

      j’attends du camarade De Castelneau un billet sur la violence légitime populaire (excusez le pléonasme).

      Geoffrey, neo-communiste belge

      • Il y a bien longtemps qu on ne m a appelé camarade… Sourire. « Ils refusent » dis-tu camarade… Nous refusons tous en fait. D ailleurs c est un mystère. Nous avons peur. C est un fait car sinon étant donné le rapport de forces objectif – c est à dire le nombre … (je sais qu il n y a pas que cela dans le dit rapport), ça serait plié depuis belle lurette…. j en reviens alors à l éducation, la culture… J écrivais tout à l heure : « enfant, j étais fière d appartenir à la classe qui allait transformer le monde »… Certains d entre nous ont avancé avec ça… Mais aujourd hui ? Quant à la violence évidemment elle est plus dans le mépris que dans la destruction du Fouquets … Ton « camarade » ça m a rappelé l armée des ombres… qui a bien du mal à se créer. Bien sincèrement

        • les gens ont peur de perdre leurs emplois !!!!!!!!!!!
          leurs trains de vie, leur petit confort

          mais certains ont juste peur de violer la loi, de contester l’état de droit ; ça rappelle « Vichy » : combien de pétainistes n’étaient ni lâches ni nazis-dans-l’âme mais juste légalistes ? Ce n’est pas un « Boulo » (le gendre idéal de Rouen) qui va brûler un code civile, d’autant moins que c’est son gagne-pain…

          mais à toute chose, malheur est bon : les immigrés n’ont pas nos pudeurs, ils sont plus « nature », nos aïeux ont guillotinés… »eux » égorgent : tôt ou tard, ça va nécessairement percoler.

          Geof’

          • Je ne pense pas que nous avons peur de ne pas respecter la loi. Qui est quand même de moins en moins l expression de la volonté générale, qui fondait sa légitimité… Ni même de « perdre son emploi » car de toute façon celui ci peut être perdu sans qu une attitude de « rebelle » puisse expliquer la perte… Je pense qu il y a au moins deux choses (j ai dit « au moins ») : d abord le fait que l État détient les moyens de coercition dits « légitimes » : (police justice administration ), institutions qui sont aux ordres – ce qui bien évidemment n exclut pas les figures singulières qui n auraient pas la même « « loyauté » – et, deuxièmement, qu il n y a pas de « mode d emploi » pour se federer autour d une espérance commune susceptible de figurer une alternative = La peur d’etre Seul je pense…. il n y a pas d espérance sociale. Nous sommes isolés. Nous n appartenons pas à un groupe. L individu isolé, sans réseau, mais qui plie pas, qui fait chier, est un danger pour l État…. Mais L État a des moyens énormes face à lui. Usure psychologique en particulier, qui fait un travail d orfèvre. Il faut avoir une capacité de résistance inouïe pour continuer à voir un autre horizon que la tracasserie, l humiliation et surtout surtout la nullité sociale… Le sens de tout ça, c est où ? Bien sincèrement MP

        • tes 2 raisons, sans êtres fausses, n’en sont pas pour autant vraies…

          je persiste à penser que la classe moyenne (CM) a surtout peur du déclassement, que prendre une balle d’un islamiste lors d’un quelconque festival de musique ne la fait pas trembler, mais que d’être convoqué par le DRH lui fout carrément la trouille

          le mode d’emploi pour une Révolution ? allez allez…les gens ont lu des livres et (surtout) vu des films : ils savent comment ça fonctionne. Cfr la Lybie…

          ce qui est vrai, c’est que la plupart des gens qui veulent un véritable changement ne conçoivent pas le communisme 2.0 comme alternative souhaitable et/ou crédible…

          mais surtout, c’est le pacifisme qui inhibe la masse : tant que les gens refuseront la violence comme mode de résolution de problèmes politiques structurels, le Système restera en place..

          car comme je dis tjrs : si un labyrinthe n’a pas d’issue, c’est parce que ce n’est pas un labyrinthe mais une prison – on s’en évade ou on y croupit (et on la ferme…cfr les gilets jaunes).

          or, l’état de droit est conçu PAR EUX, dans leurs intérêts (praxis : les règles de prescription…du « sur mesure » dans le cas berlusconi).

          c’est ce que j’appelle la syndrome de Gandhi

          si tu es désireux de continuer ce dialogue constructif, mon adresse : elricofmelnibone7777 « le a spécial » yandex.com

          Geof’

          • J ai du mal à concevoir qu une chose soit vraie et fausse à la fois… Bien évidemment dans nos analyses nous surlignons ce qui, à partir de ce que nous vivons, nous semble le plus sensible. Mais j avais bien précisé qu il n y a pas de cause unique… et que je ne pouvais prétendre les égrener toutes dans un espace contraint. Peur du déclassement de la classe moyenne : laquelle ? Une bonne partie sait déjà qu elle est déclassée…. Tu me donnes ton adresse mail qui dans ses sonorités m a fait penser à Ulrike Meinhof… J ai vu un doc sur elle et j avais été frappée du moment précis de son basculement dans la « violence armée » : le moment où elle pense qu il n est plus utile de parler… Mon courriel est le suivant c est mon nom mon prénom molinier .marie-pierre@orange.fr

  3. Bonjour

    Je suis très perplexe. C’est un euphémisme.

    Où et quand les bourgeois « laissent venir à eux » les migrants ? Quel.le.s représentant.e.s de la bourgeoisie utilise le discours humaniste pour masquer une volonté d’asservissement économique ?

    Je voudrais bien des exemples.

    Parce que je constate, c’est plutôt une politique migratoire hyper-violente, sans aucune volonté d’accueil. Les seuls discours humanistes qui me parviennent proviennent de gens qui ne peuvent être soupçonnés de vouloir profiter des migrant.e.s.

    Je suis bien loin des « belles âmes » que vos différents textes décrivent : je suis un rural, un bouseux, issu du monde agricole, je suis enseignant spécialisé, ma famille et moi accueillons depuis deux ans, bénévolement, un jeune mineur tchadien à la maison, et j’ai bien eu l’occasion, au travers des échanges avec lui ou au travers de mes propres recherches, d’en apprendre sur la politique migratoire de notre pays.

    Le point de vue que vous relayer ne correspond pas à ce que j’ai découvert.

    Pour autant, je reste ouvert, mais je veux bien quelques illustrations car le propos, très général (et qui plus est péremptoire au possible), ne peut que convaincre que ceux et celles qui sont déjà convaincu.e.s. C’est surtout vrai pour le dernier texte.

    Par avance, merci.

    • Un seul point fort dans votre texte :  » je voudrais bien des exemples « . Souhait normal, mais auquel l’ auteur a partiellement répondu en citant Mme Merkel. Le reste est peu convaincant ( vous êtes vraiment issu de l’ éducation populaire ? Vous avez vraiment accueilli un réfugié tchadien qui, malgré son jeune âge, semble un puits de science ? { il en sait tant sur la politique migratoire d’ un pays qui n’ est pas [ pas encore ? ] le sien ?}). Peu convaincant et rendu franchement ridicule par votre recours à l’ écriture inclusive. Revenons aux bourgeois qui auraient « laissé venir à eux les migrants » : quel intérêt de citer des noms ? Pour ces gens, « laisser venir les migrants », cela signifie imposer leur voisinage aux habitants des quartiers populaires.

      • Je pense que Boogie ne veut pas dire que ce jeune est expert en politique migratoire française, mais qu’en parlant avec lui des raisons de son départ de son pays d’origine, des conditions de son voyage, de celles de son séjour en France avant qu’il ne l’héberge… , il aura indirectement appris sur cette politique ce qu’il en ignorait.

    • Dans l’entreprise pour laquelle je travaille, les étrangers, quoique légaux, acceptent des rémunérations bien inférieures aux indigènes. Soyez certain que le résultat de leur travail est vendu au même prix. D’où augmentation de la marge brute, qui est dans l’intérêt personnel des actionnaires et des « managers » qui détiennent des stock options.

      Que vous et peut-être beaucoup d’autres agissiez en faveur de ces gens de façon désintéressée est tout à fait honorable, mais beaucoup de gens de pouvoir ont intérêt à voir des étrangers venir travailler chez nous. Et beaucoup de gens sans pouvoir n’ont pas intérêt à voir des étrangers venir travailler chez nous.

      Et ce n’est à considérer que l’aspect économique de l’immigration… Je ne suis pas un rural, mais un banlieusard… et pas de la meilleure banlieue.

    • « C’est pas parce qu’on n’a rien a dire qu’il faut fermer sa gueule  » vieux film des années 70, lui aussi n’était pas d’un grand intérêt

    • D.e g.r.a.c.e, a.b.a.n.d.o.n.n.e.z v.o.t.r.e é.c.r.i.t.u.r.e i.n.c.l.u.s.i.v.e d.é.b.i.le.

      • @cris33 : c’est très subtil, et assez drôle, comme une mise en abyme.

        @Fougnard : non.

        Je viens de l’éducation populaire, « l’éducation de tou.te.s par tou.te.s », dit son antienne. Je constate avec amertume, mais non sans surprise, que solliciter des exemples pour étayer des affirmations est reçu comme inutile par le fan de service et comme prétexte à ressasser ses obsessions par Le Sachant, grand arbitre du débile, de ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.

    • L’exemple c’est celui là : « l’imposture Rackete, vulgaire trafiquante de main-d’œuvre ». Il y a d’un coté une politique migratoire répressive, et de l’autre des pratiques négrières.

  4. Cher cousin
    Enfin quelqu’un qui expose clairement l’odieuse Vérité ! Quel bien cela fait-il de vous lire : je me sens moins seule entourée que je suis de Macronidolâtres !

    • Merci pour votre réponse.
      D’accord bien évidemment sur le fait que tiennent ensemble pratiques migratoires répressives et « pratiques négrières ».
      Cependant, affirmer que Rackete est une imposture n’est pas un exemple, c’est une affirmation. Malheureusement, je ne suis pas germanophone et n’ai donc pas pu écouter le reportage mis en lien par R.De Castelnau.
      J’ai beaucoup lu sur les migrations et je trouve cette humeur mal écrite, mal sourcée, pleine de raccourcis et pas claire du tout.
      Ma question initiale tient toujours, si personne ne veut y répondre tant pis – faites moi grâce de vos saillies telles que les deux pitres plus haut.

      • Ouch ! je viens de comprendre que les balises « répondre » sont AU-DESSUS des messages.

        Je réitère mes excuses et le fait que ma réponse s’adresse à Marc Lebas.

      • Je suis tout à fait dans les mêmes dispositions et je suis parfois désolé que des amis politiques ou des gens hautement estimables comme Régis de Castelnau prennent les gens de l’Aquarius ou Madame Rakete (moi non plus je ne lis ni ne comprend l’Allemand) pour des criminels : les quelques centaines de migrants qui risquaient de mourir dans ce grand cimetière liquide allaient-ils envahir l’Europe ? Les sauver est-il un grand crime ? Et ce soutien au ministre de l’intérieur qui n’est qu’un fasciste en acte qui sert non pas l’Italie mais son idéologie est pour moi incompréhensible…

  5. Je ne pense pas un instant que, en dehors de quelques cyniques (qui occupent certes des postes politiques importants dont la magistrature suprême), les bourgeois voient l’arrivée en masse de migrants illégaux comme une bonne affaire économique. Une analyse même très superficielle permet de comprendre que la situation sociale explosive que cela créé est porteuse d’un risque majeur pour la stabilité de leurs économies.

    Je pense que ce qui se produit est surtout le résultat d’une dictature du politiquement correct, qui est relayée et ressassée sans relâche par les médias. Pourquoi le font-ils ? Eh bien ces gens, bouffis d’orgueil et de suffisance, pensent détenir le monopole du Bien, et se constituent en clique pour imposer leurs vues au reste de la population afin de protéger leurs ego. C’est l’antienne sur le thème « accueillir des migrants c’est généreux, les refuser c’est égoïste » qui créé les conditions d’acceptation passive pas les masses de politiques négrières conçues par un petit nombre de cyniques.

    Le réflexe de gauche consistant à clamer que tout ça est une machination du grand capital est beaucoup trop sommaire, la réalité du plus grand nombre est bien plus complexe que cela. Quand le petit col blanc, honteux de gagner plus que le col bleu d’à coté, vote socialiste, il est exactement dans cette démarche d’affichage d’une générosité qui est au antipodes de ce qu’il ressent vraiment. De même, il n’ose pas dénoncer un politique migratoire qu’il ne souhaite absolument pas, de peur de paraître (rayer les mentions inutiles – il n’y en a pas beaucoup) égoïste, rétrograde, facho, sans cœur, d’extrême drouate, réactionnaire, raciste, xénophobe, islamophobe, conservateur, suprémaciste, etc… Alors il subit passivement jusque dans l’isoloir, ce qu’au fond il redoute et/ou déteste. C’est ce complexe freudien qui nous détruit, et non pas les manœuvres du grand capital qui seraient impossibles sans lui.

    Cela dit, traiter ces gens de négriers est parfaitement factuel. Mais la plupart n’en ont pas conscience, et beaucoup le font pour s’acheter une bonne conscience plutôt que par stratégie économique bien comprise

    • Votre analyse me semble complémentaire de celle de Regis de Castelnau…. Ce qui est certain c est bien la convergence in fine des « cyniques » et des « humanitaires » sous la bannière « progressiste » et quelles que soient les motivations, élan du cœur, de l estomac, ou du compte en banque. Que faire ?… Car tout aussi certaine est la souffrance du plus grand nombre… ceux qui se noient, ceux qui broient du noir – sic – ceux qu on éborgne, ceux qui ne parlent plus (par lassitude). Femmes incluses bien entendu…

    • on est raccord : la plupart des gens de la classe moyenne (CM) sont des « suivistes », ils ne font pas d’esclandre, ils suivent le groupe, les chefs sans se faire remarquer…

      il y a le risque d’être pointé du doigt comme facho’, et les emmerdes qui vont avec – 80% de la masse

      mais il y a aussi la dissonance : « je suis un gros con-sommateur MAIS je trie mes déchets, j’ai voté pour des partis immigrationnistes et je regarde même BFM-TV…j’ai donc (plus que) compensé mes vices. »

      consciemment ou pas, la CM a choisi de se soumettre au Système, d’où la question : pq les gilets jaunes attendent-ils encore de la CM un quelconque soutien ? là aussi, il y a dissonance (de leur part)…ou une lâcheté qui ne dit pas son nom.

      Geof’, communiste

  6. Devant le phénomène des courants massifs d’immigration clandestine auquel elle est confrontée depuis plusieurs décennies, mais plus particulièrement identifié depuis que la Syrie a vu des centaines de milliers de ses citoyens prendre les routes chargées de l’exil lorsque la guerre civile s’est emparée de leur pays, l’Europe se trouve face à la question de son avenir: celui de ses sociétés, de ses règles de vie, de son économie et accessoirement, de sa culture – horresco referens. Une telle présentation, certes schématique, se voudrait plus franche que dramatique, malgré l’ampleur des questions, et ne vise pas à introduire une « solution » toute faite, mais à tenter d’éclairer les termes de la situation, comme votre article a le mérite de le faire avec, une fois encore, toute la précision requise pour aborder une problématique si présente. La première réflexion à laquelle cet état de fait peut conduire est l’aspiration à ne pas renoncer aux devoirs humanitaires, mais ne pas se voiler la face devant certains facteurs primordiaux des courants humains qui, mus par la misère, la terreur, le désespoir, tournent leurs regards et leurs pas vers l’Europe. Et avant toute chose, ne jamais opposer la misère des déracinés aux semblants d’ « avantages » que l’on entend parfois présupposer aux « natifs », car l’Europe est un continent qui est en situation de lutter pour le devenir de ses « équilibres sociaux et économiques », dont une grande part des sociétés sont meurtries par le redéploiement de la production mondialisée depuis quarante ans, et qui s’interroge sur les liens qui la constituent – en soi s’interroger n’est pas une démarche inutile ou stérile, mais révoquer tout le passé d’une civilisation et prétendre en faire table rase n’est pas une hypothèse qui puisse être admis sans réflexion, sans discussion, mise en balance. La mémoire est un bien infiniment précieux pour les déracinés comme pour les « natifs ». Enfin, aborder comme certains spécialistes et décisionnaires ont pu le préconiser les relations entre pays de destination et pays d’origine des courants d’émigration en mettant en avant de manière plus volontaire l’idée du développement local semble être une priorité. Les Etats européens, à titre individuel comme dans leur formation « intégrée », ne doivent pas la négliger, même si bien des initiatives ont déjà été prises en ce sens.

    • *un telle présentation, certes schématique, d’une réalité dramatique, se voudrait plus franche que sensationnaliste…

  7. Sur le fond, rien à dire, je partage ce même constat.

    Une réflexion au passage sur la forme, plus précisément sur les formes, celle Facebook et celle du blog on constate à quel point la précipitation intrinsèque à Facebook nuit à la clarté et à la précision de l’expression.

    Facebook est le média des humeurs brutes, bonnes ou pas, quand le blog est le support de la pensée réfléchie bonne ou pas. C’est sans doute trivial, mais cela en dit long sur ceux qui n’utilisent que Facebook ou pire Tweeter (au hasard, les politiques…) pour nous expliquer le monde et leur importance personnelle.

  8. bravo tout est plus ou moins dit sur ce pacte faustien du capitalisme et des droits de l’hommiste bien-pensants,d’ailleurs matteo salvini et d’autres politiques italiens lucides ne se laissent pas rouler par le torrent propagandiste migratoire financé là encore par l’inévitable george soros et accusent entre autres la france qui paupérise et destabilise les situations socio-économiques et politique des pays dont sont issus nombre d’entre eux par le franc cfa et la françafrique d’être parmi les premiers responsables de cette situation

  9. Bizarrement, je me suis aussi fait traiter sur un réseau social de, je cite, « horrible raciste », pour m’être insurgé contre le fait que des clandestins profanent le cimetière rempli de gens dignes et formidables qu’est le Pantheon. On parle là de gens qu’on a eu la bienveillance de ne pas laisser se noyer par dizaines de milliers en Méditerranée et qui viennent servir la soupe aux traîtres à la Nation qui ont fomenté ce coup. Castelnau compare la France à un paillasson, on est loin du compte. Elle est devenue un torche-cul ! Et quelque soit sa couleur, un cul est un cul… Ça commence à suffire ce chantage débile et permanent au racisme, dès lors que l’on s’insurge contre des pratiques et pour peu que ses acteurs soient d’origine « sensible ». Marre qu’on nous serve le « peste brune » comme disqualifiant de service, à chaque détour de pensée. Ça manque sérieusement d’intelligence tout ça…

  10. Dans La Croix, journal européen, français, chrétien et humaniste, je lisais, hier 17 juillet, un article documenté sur Carola Rackete (patronyme ô combien sujet à la moquerie), nulle main du grand capital – pas dans le sens ici développé – derrière l’opération de sauvetage.
    Quand il s’agira dans un monde futur, apaisé et debout, d’analyser la manière dont ont été traités ces personnes, sauveurs et sauvés, je me demande si le mot fraternité sera employé.

    • Il me semble qu’on emploiera plus volontiers, et avec plus de précision, l’expression « idéologie irresponsable des enfants gâtés du baby-boom ».

      • La paternité de cette expression est le fruit d’une reponsabilité bien mûrie, je suppose.

    • Un monde futur, apaisé et debout ? A moins de se convertir au culte du cargo et de pratiquer moult incantations…

      • Spécialiste ès cargo ? Vous devriez donc connaître le droit maritime. Néanmoins, erreur sur le continent, si vous tenez à évoquer ce culte (discutable, en soi).

  11. Chez certains (souvent de la gauche sociétale), c’est une manie de qualifier de « rouge brun » un communiste (ancien ou actuel) qui est hostile à l’insécurité.
    On, a déjà vu sur ce blog un commentaire assimilant Régis de Castelnau à Jacques Doriot. Voici ce commentaire et mes réponses :
    https://www.vududroit.com/2019/01/systeme-macron-violence-etat-de-droit-a-geometrie-variable/#comment-4648

    Puisque je faisais allusion à Georges Marchais, voici un article intéressant paru dans « Causeur » en 2012 :
    https://www.causeur.fr/quand-le-pcf-voulait-%C2%AB-arreter-limmigration-%C2%BB-18593

    Et puisque je faisais aussi allusion à des femmes d’origine maghrébine qui estiment qu’on n’est pas assez sévère contre les trafiquants de drogue, les voyous des cités et les islamistes, voici ce que pense Zohra Bitan (d’origine algérienne) concernant les casseurs pseudo « supporteurs » de l’équipe d’Algérie :
    https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/les-gg-veulent-savoir-victoire-de-l-algerie-que-s-est-il-passe-sur-les-champs-elysees-et-a-montpellier-1207-1174855.html
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/zohra-bitan-ces-sauvages-nuisent-a-tout-le-monde-y-compris-aux-franco-algeriens-20190712

  12. Le capitalisme néolibéral veut dominer le monde et tout est bon pour faire toujours plus de profit, c’est une guerre économique avec la complicité des gouvernements, que 99% du monde subit sans réellement l’affronter et qui est à l’origine de beaucoup de maux jetant les gens les uns contre les autres.
    On peut prendre l’écologie comme prétexte, mais il est urgent de défaire ce capitalisme en semant aussi la zizanie parmi les actionnaires, tant qu’il y a encore un peu de concurrence:
    https://lejustenecessaire.wordpress.com/2019/04/22/resistance/
    Il suffit juste d’avoir une coordination pour entrainer dans le mouvement le maximum de gens, mais nous sommes dans un conflit mondial qui n’a pas dit son nom, peut-être une forme de 3me guerre mondiale.

  13. Je viens de lire ce texte et j’y retrouve pour l’essentiel ce qui était exprimé sur le blog « l’analyse marxiste de l’immigration » (où j’avais laissé un commentaire proche de celui-ci), c’est-à-dire prendre essentiellement en compte les migrants (pas de réfugiés?) sous le seul aspect de « l’armée de réserve du capital »; Aspect certes important et correspondant bien à la volonté de surexploitation inhérente au capitalisme, mais, me semble-t-il, largement insuffisant pour mener une analyse mieux articulée des problèmes actuels.Secondaire la dimension géopolitique consistant à faire disparaître les pays ne se soumettant pas à l’impérialisme économique, financier, militaire, idéologique des « démocraties » « néolibérales du Nord, sous direction US? Secondaire la véritable « économie de guerre » –et l’affairisme et les profits qui en découlent– qui est de plus en plus un pilier déterminant des économies « libérales »? Secondaire le fait que ces déplacements massifs soient générés par des bombardements massifs? Secondaire que ces « migrations » permettent d’installer une fascisation de notre société, plus facilement admise par des citoyens à la pensée formatée en ce sens, ce qui leur évite de penser à des choses bien plus graves? Voilà, me semble-t-il, des éléments qu’on ne peut ignorer face de telles questions.
    Et nous, citoyens (si peu) français, nous n’aurions aucune responsabilité? Quand on laisse arriver à la tête du pays –par « présidentielle monarchique »– des porte-flingues zélés de l’OTAN, jusqu’à assister (bout du chemin?) à l’avènement du petit Pétain, on pourrait se considérer exonérés de toute responsabilité?
    Quant à qualifier de « collabos » ceux qui récupèrent (et sauvent, parfois?) des « migrants », si on peut se douter que bien des associations humanitaires doivent recéler quelques magouilles, ils sont pourtant roupie de sansonnet comparés à la bande des « nouveaux collabos » voulant dissoudre la France dans la nouvelle « souveraineté européenne » (voir sur le blog: « Sors d’ici Jean Moulin »). Ce sont ces « nouveaux collabos » au pouvoir qui font bombarder des pays ne nous ayant rien fait (Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie,…); qui vendent les armes aux dictatures (mais moins laïques celles-là, heureusement, parfois juste un peu plus terroristes); qui vendent notre pays par pans entiers, à la découpe, au gré des désirs des la finance; qui déconstruisent le pays en « grandes régions » (des lands?); qui rendent enfin l’Est à l’Allemagne en décrétant une « zone transfrontalière »;…La liste n’est évidemment pas exhaustive, ne serait-ce qu’en songeant aux questions sociales. Ces « nouveaux collabos » au pouvoir sont autrement dangereux, non seulement pour la population française mais pour tous les peuples du monde en leur imposant, y compris par les armes, l’impérialisme « libéral » et l’idéologie qui en découle.
    Peut-être certains grands penseurs pourront-ils percevoir une légère différence entre « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde…dont on n’est aucunement responsable » et « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde…que l’on génère directement (et volontairement) »?
    Juste quelques réflexions, pourtant loin d’être épuisées.
    Méc-créant.

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