Ukraine : le temps des mauvais généraux

De toutes les citations de Charles de Gaulle, celle que je préfère sont les quatre phrases qui ouvrent son discours du Caire le 18 juin 1941 pour le premier anniversaire de son appel. Il y écrivait l’Histoire de façon irréfutable. En décrivant l’effondrement de 1940 et le coup d’État réalisé par Pétain et Laval pour capituler et assassiner la République.

« Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier gouvernement régulier de la France. L’équipe mixte du défaitisme et de la trahison s’emparait du pouvoir dans un pronunciamento de panique. Une clique de politiciens tarés, d’affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l’usurpation en même temps qu’à la servitude. Un vieillard de 84 ans, triste enveloppe d’une gloire passée, était hissé sur le pavois de la défaite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stupéfait. »

Dans la composition de l’équipe mixte du défaitisme et de la trahison, chacun en prenait pour son grade. Il ne manquait personne, et malheureusement, leurs héritiers sont encore aujourd’hui au pouvoir. Des politiciens tarés, il n’en manque pas au premier rang d’entre eux, l’actuel Président de la République, les affairistes sans honneur sont là avec nos oligarques, et quant aux fonctionnaires arrivistes Alexis Kohler et Jean-Pierre Jouyet constituent les emblèmes de la cohorte.

Quid des mauvais généraux ? La guerre en Ukraine nous a offert dans les médias un impressionnant spectacle de nullité professionnelle et morale. Absolument pas gêné de raconter n’importe quoi, les militants de la cause des États-Unis côtoyant les incompétents, et à l’aide parfois d’un véritable racisme anti russe, les galonnés nous ont servi tous les narratifs ineptes sur la « débandade » russe.

C’est aujourd’hui le général Pellistrandi, rédacteur en chef de la Revue de la Défense nationale, qui nous en donne un bel exemple. Il a commis dans Atlantico, une interview à la gloire de la doctrine militaire allemande et américaine mise en œuvre avec les succès que l’on connaît. Pour lui, les « formidables exploits » des ukrainiens seraient dus à l’adoption de cette doctrine. Les Russes étant eux de gros abrutis qui ne gagnent que par la loi du nombre.

Une fois de plus, nous avons demandé à Sylvain Ferreira notre historien militaire préféré de s’y coller. Il reprend méthodiquement les éléments théoriques indispensables qui permettent de comprendre ce qui se passe. Et de voir que certains de nos cadres militaires ont une bonne demi-douzaine de guerre de retard.

Régis de Castelnau

Les errements doctrinaux des experts militaires occidentaux

Après plus de cent jours de guerre en Ukraine, certains experts militaires occidentaux sombrent de plus en plus intellectuellement pour tenter de minimiser l’ampleur de la victoire russe qui se dessine lentement mais sûrement. Après avoir annoncé tour à tour l’effondrement de la logistique russe (munitions, missiles, transports, nourriture) puis celui du moral des combattants, voilà qu’ils reviennent à la charge. Cette fois, leurs attaques se placent sur le plan doctrinal avec, notamment, l’interview du général Pellistrandi publiée par Atlantico interview dans laquelle il tente de discréter l’armée russe et sa doctrine.

La fascination pour l’héritage militaire germano-prussien

Depuis la fin de la guerre franco-prussienne en 1871 et jusqu’à la fin des années 70, les états-majors occidentaux ont éprouvé une fascination, souvent malsaine, à l’égard de la doctrine militaire prussienne et de ses évolutions jusqu’en 1945. Ce phénomène prend racine lors de l’examen des causes de la défaite française jusqu’au tournant du 20e siècle. Les historiens comme les militaires de l’époque mettent en avant le rôle du grand état-major prussien, première structure professionnelle permanente de ce type dans l’histoire, dans la planification et l’exécution des opérations contre l’armée française impériale, puis républicaine. Pour certains esprits simplistes et réducteurs, sa supériorité intellectuelle, amplifié par la présence du général Moltke « l’ancien » à sa tête, est la cause principale de la victoire de la coalition emmenée par la Prusse. Surtout, les généraux allemands se sont appuyés sur un concept original de l’exercice commandement : l’Auftragstaktik. Ce concept préconise de fixer une mission à une unité mais de laisser au chef de cette unité le soin d’adapter les moyens de la remplir sans que le niveau de commandement supérieur n’interfère dans ce processus. La souplesse et la décentralisation de la chaîne de commandement sont les clefs de cette doctrine.  Si à l’échelle tactique, cette approche est redoutable entre les mains d’un corps d’officiers professionnels secondés par des sous-officiers aguerris, au niveau stratégique, elle peut provoquer des catastrophes. La fascination pour ce modèle va toutefois perdurer jusqu’en 1914, en gommant ou en minimisant les lacunes réelles et sérieuses des armées allemandes au cours de la guerre de 1870, à commencer par la surprise stratégique créée par la IIIe République lorsqu’elle décide, au lendemain de la défaite de Sedan, de poursuivre la guerre à outrance.

Dès le début de la Grande Guerre, le sentiment de supériorité de l’armée impériale allemande, tant en son sein que vu par ses adversaires, joue encore un rôle déterminant dans l’appréciation des opérations sur la Marne et l’ampleur de la victoire française, jugée miraculeuse par les vainqueurs, alors qu’elle relève pourtant d’un réel ascendant (momentané) de l’état-major dirigé par Joffre sur celui dirigé par Moltke « le jeune »[1]. Malgré cette victoire indéniable, les conceptions doctrinales allemandes continuent de fasciner jusqu’à la fin du conflit et ce malgré l’émergence à la fois d’une vraie doctrine tactique efficace et généralisée au sein des armées françaises mais aussi des prémices de l’art opératif dans l’armée tsariste lors de l’offensive Broussilov en juin – juillet 1916[2]. Pire, malgré l’échec manifeste de l’armée allemande lors de ses offensives de 1918 et son incapacité à se doter d’une arme blindée à l’instar de la France et de la Grande-Bretagne, la cote de la doctrine allemande, désormais essentiellement attribuée de l’émergence du couple Stosstruppen – troupes d’assaut – et barrage d’artillerie intense mais courts, continue de fasciner, à tort, les états-majors occidentaux[3].

Si la période de l’entre-deux-guerre marque une pause dans ce phénomène, le choc de mai – juin 1940 et l’invention du mythe de la guerre éclair[4]Blitzkrieg – relance le processus de fascination à un point encore jamais atteint. Les victoires remportées ensuite par les Allemands contre l’Armée rouge de 1941 à 1943 et l’ampleur du territoire soviétique tombé sous la coupe terrifiante de la Wehrmacht accentue encore la fascination des Occidentaux qui partagent souvent le même anti-communisme que leurs homologues allemands. Mais à aucun moment ceux-ci ne perçoivent que les généraux allemands s’appuient toujours sur une maîtrise magistrale de la tactique, articulée cette fois autour du triptyque chars – avions – transmissions, mais sur des conceptions pour le moins hasardeuses sur le plan stratégique et qu’ils ignorent tout bonnement l’art opératif. Ce dernier étant pourtant, le pilier doctrinal de la victoire de l’Armée rouge sur cette même Wehrmacht à partir de l’opération Uranus en novembre 1942 (encerclement de la sixième armée à Stalingrad) jusqu’à la prise de Berlin en 1945[5].

Avec la destruction de la Wehrmacht et la défaite sans appel de l’Allemagne, on aurait pu croire que la fascination des Occidentaux allait enfin disparaître. Mais, contrairement à l’adage qui veut que ce soit les vainqueurs qui écrivent l’histoire, la Guerre Froide va rompre avec cette tradition et permettre à la doctrine allemande de survivre à la ruine de l’Allemagne. En effet, face à la menace soviétique, les Anglo-américains vont donner une chance inespérée aux généraux de la Wehrmacht tombés entre leurs mains d’écrire leurs mémoires de la guerre sur le front de l’Est pour comprendre comment vaincre l’armée soviétique en cas d’invasion de l’Europe occidentale. Trop heureux de pouvoir s’exprimer, et surtout de se dédouaner de leurs erreurs et de leur collusion avec le nazisme, les Guderian, Manstein et autres Gehlen vont se jeter sur l’occasion pour clamer qu’ils ont été victimes du seul nombre – le rouleau compresseur russe – et des erreurs stratégiques commises par le seul Adolf Hitler. La doctrine développée par la Wehrmacht sort indemne de ce retournement inattendu de l’histoire ! Ainsi, dès les années 50, les différentes armées de l’OTAN – l’US Army en tête – adoptent-elles une doctrine basée essentiellement sur les conclusions des vaincus. L’accent est donc mis sur la maîtrise tactique et sur des équipements de pointe pour la mettre en oeuvre.

Une parenthèse de 20 ans

A la fin des années 70 à la suite du traumatisme de la défaite américaine au Vietnam, un officier américain, le colonel David M. Glantz, commence à étudier en détail l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale et met peu à peu en lumière la faiblesse de l’approche allemande par rapport à l’art opératif soviétique. Avec la fin de la Guerre Froide, ses conclusions commencent à se répandre peu à peu au sein des armées occidentales qui réalisent, bon an mal an que les généraux de la Wehrmacht les ont abusés et que, si la maîtrise tactique des Allemands restent indéniable, leur focalisation sur ce seul aspect de la direction des opérations est la principale cause de leur retentissante défaite face à l’Armée rouge. Toutefois, étant donné la réduction des effectifs des armées occidentales et la disparition momentanée des risques de conflits de haute intensité entre armées de niveau comparable, la tactique va de nouveau s’imposer sous l’impulsion américaine comme l’alpha et l’omega de la pensée militaire en s’appuyant, avec quelques améliorations liées notamment à la numérisation du champ de bataille, sur les fondamentaux hérités de la Seconde Guerre mondiale. Enfin, pour entériner cette américanisation doctrinale, le terme d’Auftragstaktik est remplacé par celui de Mission Command qui recouvre peu ou prou la même réalité[6]. Mais depuis le début du siècle, sur le terrain, l’efficacité de cette approche n’a été vérifiée qu’au cours de conflits asymétriques : en Afghanistan, en Irak ou encore au Mali. Elle n’a jamais pu faire ses preuves dans un conflit de haute intensité entre deux armées conventionnelles. Il est donc très présompteux de l’ériger comme référence de supériorité sur le plan doctrinal.

Le basculement

Jusqu’en 2014, personne ne remet pas en cause la supériorité et la singularité de l’art opératif soviétique en Occident, mais le coup d’état du Maïdan en Ukraine va marquer le début d’un revirement progressif à ce sujet de la part de certains historiens et de nombreux officiers occidentaux, trop heureux de pouvoir revenir à leur antienne anti-russe des années 80. Le 24 février dernier, l’offensive russe en Ukraine a brisé chez certains les dernières limites de la retenue et de la décence sur ce point. Ainsi, Pellistrandi a-t-il cru pouvoir resservir à un public non initié, les mêmes conclusions que Guderian et Manstein pour justifier les échecs TACTIQUES russes en Ukraine, en déclarant que la « seule supériorité (NDA : des russes) est dans la masse, dans la quantité et non dans l’habilité tactique« . Pellistrandi oublie qu’aucune habilité tactique n’a jamais permis à un état moderne de gagner une guerre et pour cause. A l’instar des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, les Ukrainiens forts de cette approche de commandement décentralisé et souple enseignée par les instructeurs otanesques depuis 2014, ont su effectivement porter des coups spectaculaires aux Russes mais, comme 1944-45, aucun de ses succès n’a permis de peser sur le déroulement opérationnel de l’offensive russe. Aucune marge de manoeuvre, autre que tactique, n’a été obtenue suite à un seul de ces succès, preuve que cette supériorité n’a qu’un impact limité à moyen terme et aucun à long terme. Comme à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Russes conservent seuls l’initiative opérationnelle et donc stratégique. Leur repli en ordre et sans quasiment aucune perte des secteurs de Kiev, de Tchernihiv et Soumy fin mars début avril en est une preuve magistrale. La souplesse opérative russe prouve, une fois encore, sa supériorité sur l’ascendant tactique immédiat qui fascine tant les Occidentaux.

Par ailleurs, dans le cas de la guerre en Ukraine, sur le plan tactique, Pellistrandi, et d’autres, oublient vite que les Russes et leurs alliés sont à l’offensive dans un rapport numérique défavorable. Qu’ils opèrent avec une retenue considérable soulignée par tous les observateurs américains comme Scott Ritter ou le colonel (R.) MacGregor en limitant les destructions d’infrastructures. Cela représente un obstacle supplémentaire à la mise en oeuvre de tactiques décentralisées sur le modèle occidental car l’emploi des missions d’appui-feu ne peut pas se faire systématiquement sans l’accord hiérarchique. Nous pourrons par exemple bientôt comparer l’approche russe à Marioupol par rapport à celle des Occidentaux lors de la bataille de Mossoul (octobre 2016 – juillet 2017) pour en prendre pleinement la mesure. On réalisera probablement que la prise du port de la mer d’Azov a été obtenue après moins de trois mois de combats et que les Russes et leurs alliés y sont parvenus avec un ratio de 1:2 en termes d’effectifs, ce qui est tout simplement unique dans l’histoire de la guerre urbaine moderne. Le niveau de destructions des infrastructures semble d’emblée bien moins important que celui constaté à Mossoul à l’été 2017. De plus, la supériorité tactique ukrainienne, tant vantée par Pellistrandi et ses semblables, montre toutes ses limites depuis que les Russes opèrent dans des secteurs où une grande partie des civils a fui. La supériorité de l’artillerie, arme au rôle central dans l’armée russe depuis le 18e siècle, peut alors se manifester pleinement pour porter des coups dévastateurs aux groupements tactiques ukrainiens. Enfin, Pellistrandi ne dit pas un mot de ce que les experts américains n’hésitent plus à souligner au sujet de la corruption de l’armée ukrainienne[7] qui entrave son efficacité opérationnelle à tous les niveaux. Des équipements occidentaux dont des Javelin sont, par exemple, revendus par certains officiers sur le darknet au lieu d’être acheminés sur la ligne de front. De même, plusieurs unités se plaignent d’avoir été purement et simplement abandonnées par leur hiérarchie. En termes de supériorité tactique, on a vu mieux.

Comme la Wehrmacht en 1945, l’armée ukrainienne a pu faire illusion dans certains cercles pendant quelques semaines au prix du sacrifice courageux et indéniable de ses meilleurs fils, mais il est criminel pour le peuple ukrainien de croire que cela suffira pour prendre l’ascendant sur l’armée russe qui, malgré ses difficultés tactiques, a toujours une longueur d’avance sur les Occidentaux grâce à l’art opératif.

par Sylvain FERREIRA de Veille Stratégique

(https://siteveillestrategique.blogspot.com/ et https://t.me/veillestrategique )



[1]Ferreira, Sylvain, La Marne : une victoire opérationnelle, Lemme Edit, 2017

[2]https://sam2g.fr/4-5-juin-1916-debut-de-loffensive-broussilov/ et https://sam2g.fr/offensive-broussilov-exploitation-manquee/ et https://sam2g.fr/mag-11-ligne/

[3]Ferreira, Sylvain, L’inévitable défaite allemande, Lemme Edit, 2018

[4]Frieser, Heinz, Le mythe de la guerre-éclair, La campagne de l’Ouest de 1940, Belin, 2003

[5]https://www.vududroit.com/2022/03/ukraine-comprendre-laspect-militaire/

[6]Shamir, Eitan, Transforming Command, the pursuit of mission command in the US, British and Israeli Armies, Stanford Security Studies, Stanford, 2011

[7] https://www.youtube.com/watch?v=4IEuCJI6coA

Sylvain Ferreira

30 Comments

  1. Sylvain Ferreira écrit : « Enfin, Pellistrandi ne dit pas un mot de ce que les experts américains n’hésitent plus à souligner au sujet de la corruption de l’armée ukrainienne[7] qui entrave son efficacité opérationnelle à tous les niveaux. » Mais l’article cité de MacGregor ne parle nullement de la corruption de l’armée ukrainienne. L’auteur pourrait-il rectifier son erreur et indiquer la bonne source ?

  2. Cqfd. Bravo et merci.
    Mais vous etes mechant avec nos officiers français qui ne savent même pas ce que signifie « operatif ».
    Je vais vous donner un symbole de cette distorsion de niveau entre officiers occidentaux et russes.
    Pour preparer le concours de Saint Cyr, il faut faire hypocagne et cagne
    On peut aussi devenir officier avec des passerelles universitaires, master en lettre, droit, gestion et autre.
    Seuls navale et aero exigent des prépas scientifiques.
    Pour etre officier en Russie, il faut être une bête en math et physique.
    Entre des gens qui excellent en bachotage intello et d’autres qui maitrisent les systèmes complexes , y a pas photo.
    Les uns font des phrases, les autres systémisent.

  3. On peut ajouter que Staline a fait l’inverse d’Hitler lorsqu’il a compris que la situation devenait dangereuse: il a laissé le commandement à son etat-major là où Hitler a pris le commandement….

  4. Concernant la bataille de Mossoul, 100,000 assaillants sous le commandement occidental ont mis 10 mois à expurger quelques milliers de djihadistes (au maximum 12,000). Effectivement, la comparaison avec la bataille de Marioupol est extrêmement cruelle.

    • Voyons, Mossoul est une grande victoire obtenue sans perte civile et sans dégats je rappelle la formule de calcul pour l’estimation des victimes du BFM:
      Nb de victime/kilométres* coefficient de sous hommerie. (Un millier d’arabe ne vaut pas un blanc)
      Ca explique que le million et demis de gosses qui crévent au Yemen meurent en paix sans être troublés par nos caméras alors que l’on nous rebat les oreilles de quelques milliers d’ukrainiens dont une partie a été prise en otage par les bataillons azov and co.
      Et dire que je croyais que l’on avait pas le droit de d’expimer des opinions racistes en France, apparement le mépris silencieux de la vie de certains phénotypes est lui autorisé.
      NB: Si un proc francais veux porter plainte il est invité à le faire, depuis le procés des templiers nous savons que vous êtes là pour faire la police du pouvoir et non la justice.

  5. « aucun de ses succès n’a permis de peser sur le déroulement opérationnel de l’offensive russe »
    Empêcher la prise de Kiev, cela me semble correspondre à »peser sur le déroulement opérationnel  »

     » La souplesse opérative russe »
    On parle bien de s’entêter les premières semaines à suivre un plan ne fonctionnant plus, en perdant une bonne part de son infanterie d’élite (troupes aéroportées, VDV)?

    Cette analyse est tout autant pro-russe que les commentaires postés sur le site du Colonel Goya sont pro-OTAN.
    Après, cela fait du bien d’entendre de la propagande russe au milieu de toute la propagande anti-russe

    • Bonjour.

      Auriez vous la bonté de caractériser votre affirmation:
      en perdant une bonne part de son infanterie d’élite (troupes aéroportées, VDV)?
      Je rappelle que sur 8000 paras à Arnhem il n’en est pas revennu 2000 75% de pertes. La percée russe vers Khiev a fonctionné et à ma connaissance les VDV ont été récupérées, ce qui est loin d’être un échec total.
      Aprés que Khiev ne soit pas tombé est un mécompte stratégique: Poutine aurait du annoncer qu’il détruirait l’état ukrainien et ses émanations comme son criminel service secret. Là on aurait vu le véritable atachement.

  6. Aucune admiration pour l’art des bouchers d’où qu’ils soient, toute guerre ne résout rien, prépare la suivante et ne produit que des morts inutiles, tous ces bouchers feraient mieux de parlementer, désolé, l’ONU n’a toujours pas retenu les leçons de l’Histoire! On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels » Anatole France!

    • Proudhon disait « la guerre est l’accoucheuse des nations »; on peut en effet le regretter…

  7. L’éclairage apporté par cet article d’expertise militaire, expliquant justement le présent d’une sanglante tragédie par des aspects de l’histoire des armées et du cheminement de la pensée stratégique (ou prétendue telle), aura sans doute le mérite d’appeler à la lucidité pragmatique les observateurs de la guerre d’Ukraine, « là-bas où le destin de notre siècle saigne ». Sans prétendre à une pareille expertise, il ne me semble pas insignifiant d’y faire écho par la réflexion suivante : l’armée russe, relayée par ses supplétifs, a peut-être l’avantage d’une pensée stratégique éprouvée, sur une armée ukrainienne qui, bien que partiellement héritière de l’histoire soviétique, en est à son baptême du feu. Effectivement, la pensée et la logistique militaire font partie des préoccupations impératives d’un Etat et d’une société démocratiques, ce que l’esprit des temps récents dans l’Occident du moins avait conduit les opinions dans leur majorité à perdre de vue, tant l’horizon d’une fin de l’histoire sous les auspices de la rationalité irrécusable de la main invisible du marché avait, malgré qu’on en ait, marqué les représentations. Que rêver de plus désirable en effet qu’un monde sans guerre, sans armes?… Que le personnel politique de la France d’aujourd’hui prête le flanc au reproche d’avoir placé le sens de l’intérêt général au second plan et la performance techno-économique au premier, les années qui viennent de s’écouler et toutes les réflexions urgentes autant qu’argumentées qu’elles ont vu s’exprimer, représente un constat lucide, auquel à leur façon aucune des démocraties occidentales n’échappe. L’avancée techno-économique fait sans doute partie du sens de l’histoire mais après tant d’alarmantes observations, le temps semble venu de mettre ces performances, autant qu’elles s’y prêtent, au service des populations et des individus. Que la pensée stratégique favorise la performance isolée sur la cohérence d’ensemble au service d’une certaine idée de la collectivité est peut-être également un funeste signe de cet esprit du temps, où la conscience d’une coresponsabilité de chacun dans la pérennité des libertés et des droits collectifs et individuels cède hélas le pas à la priorité donnée aux performances particulières. Il serait aventureux de se lancer ici dans l’élaboration d’une théorie générale associant pour les critiquer l’esprit civil et les doctrines militaires contemporains, à supposer qu’il n’y ait pas là contradiction dans les termes. Mais il convient de se rappeler quand même les conceptions politiques qui s’opposent sur les champs de bataille de l’Ukraine et derrière les lignes des affrontements, dont les traits essentiels sont d’une part le pluralisme, le droit à la critique et la possibilité d’une transparence, et d’autre part leur exclusion totale ou presque. Un tel rappel peut ressembler à l’énonciation d’une idée reçue. Il ne dispense assurément pas d’un examen plus précis des responsabilités présentes et passées, mais appelle aussi à se questionner quant au modèle de société où l’on conçoit notre avenir et celui des nations auxquelles nous sommes liées par l’histoire, la géographie et la philosophie.

    • Pardonnez moi, vous évaluez une politique sur la base des chiffres du marché automobile qui est l’un des plus cycliques qui soit?
      C’est une plaisanterie ou vous venez sérieusement de nous dire que nous sommes assez stupides pour gober votre argument?
      Désolé, j’ai fait éco, je travailles dans l’automobile et votre argumentaire revient à me dire: Tu es un con!
      Si c’est votre opinion dites le en toutes lettres et on se revoit au tribunal.
      Sinon chez de meilleurs indicateurs et renseignez vous avant.
      Il faudra plusieurs années pour que la Russie reprenne une production automobile normal en ayant internalisé les composants, ca restera un rythme de remplacement lent. Mais la voiture est un bien durable donc la mobilité ne sera pas remise en cause. Donc l’impact du décrochage est relativement minime en réalité.

  8. « Je vais vous donner un symbole de cette distorsion de niveau entre officiers occidentaux et russes.

    (…)
    Les uns font des phrases, les autres systémisent ».

    Ah merci… Je comprends mieux les Pellistrandi, Servent, Goya et (mon chouchou absolu) le génial le grandiose Nicolas Richoux qui annonçait sur BFM en se tirant les bretelles que la chute de Marioupol était une grande victoire… ukrainienne!

    Plus sinistrement le Richoux bavait aussi sur cette même chaîne qu’il rêvait de bombarder le pont de Crimée, une infrastructure pourtant civile…
    Rêve putride d’un impuissant militaire?

  9. excellent article de Castelnau/Ferreira et merci pour l’analyse militaire de la Victoire Soviétique qui évidemment n’est jamais faite ! la référence à la victoire Viet-Cong me donne l’envie d’avoir l’analyse de notre spécialiste sur cette victoire « à main nue » d’un peuple contre la première armée du monde (à l’époque) …

  10. Après il y a tout de même une certaine lenteur dans cette OMS, que souligne a juste titre Erwan Castel qui dénonce les fantasmes de ceux qui voient déjà l armée russe a Lwov.
    La réalité c est que les Alliés auront mis 4 mois pour libérer les 2 Républiques populaires de l occupation ukronazie, et encore : si on considère que l affaire de Lysytchansk est quasiment réglée il y a encore a conquérir les places fortes de Bakhmut, Slaviansk et Kramatorsk, du pain sur la planche, et cela nous amène déjà a l automne.Quelle sera la situation internationale a ce moment-là nul ne sait car elle évolue très vite. En tous cas l évacuation de l îlot Zmeyny N envoie pas un signal encourageant quant à la future offensive sur Odessa
    On se dirige vers une guerre de positions style 14-18 ou Iran-Irak. Est ce que la Russie tiendra à long terme ? Je trouve certain triomphalisme côté russe aussi dérangeant que celui du camp de en face….

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