Ukraine : « l’étrange défaite », le retour

À l’été 40, après l’effondrement français de mai-juin, l’historien Marc Bloch rédigea un ouvrage saisissant intitulé : « l’étrange défaite ». Dans ce qui se voulait la déposition d’un vaincu devant le tribunal de l’Histoire, il analysait les ressorts de la défaite militaire et de l’effondrement brutal de l’État et des institutions de la IIIe République à la suite de l’offensive allemande. Si la société française tout entière en prenait pour son grade, les cibles principales étaient l’État et l’armée. Il pointait en particulier « l’absurdité de notre propagande officielle, son irritant et grossier optimisme, sa timidité et l’impuissance du gouvernement à définir honnêtement ses buts de guerre ». Et l’art inimitable de la défausse qui caractérisait la caste :« Nous venons de subir une incroyable défaite. À qui la faute ? Au régime parlementaire, à la troupe, aux Anglais, à la cinquième colonne, répondent nos généraux. À tout le monde, en somme, sauf à eux. »

La guerre en Ukraine agit comme une démonstration de la permanence de ces tares au sein des élites de notre pays

Le déclenchement de la guerre

Si c’est bien la Russie de Vladimir Poutine qui a lancé son offensive, la responsabilité de notre pays dans le déclenchement de la guerre est très lourde. Malgré les gesticulations d’Emmanuel Macron, la France a été incapable d’accomplir son devoir, et ce en commettant un parjure. Oui parce qu’après le coup d’État téléguidé par l’OTAN en 2014 à Kiev, et le début d’une guerre civile marquée par des violences considérables à l’encontre de la population russophone du Donbass, nous avons été un acteur diplomatique pour tenter de trouver une solution. D’abord avec François Hollande puis Emmanuel Macron, notre pays a été un des acteurs de l’adoption « des accords de Minsk ». Signés par le gouvernement ukrainien, la Russie mais aussi la France et l’Allemagne, nous en étions les garants. Violant notre parole nos dirigeants n’ont strictement rien fait pour imposer leur application par l’Ukraine. Qui par son refus violait lourdement ses obligations internationales. Rappelons que Volodimir zelensky avait été élu sur la promesse de les mettre en œuvre. Avant de revenir sur ses engagements sous la pression des forces néonazies implantées dans l’appareil d’État. Prétendre que leur application et leur respect n’auraient rien changé est une blague. Cette défaillance nous retirait toute légitimité diplomatique pour être ne serait-ce qu’écoutés par la partie russe. Surtout que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, évident casus-belli géostratégique était soutenue par la sombre nullité qui nous servait de ministre des Affaires étrangères, au nom de la souveraineté de Kiev ! Comme l’indique la citation attribuée à Montesquieu : « les responsables des guerres sont moins ceux qui les ont déclenchés que ceux qui les ont rendues inévitables ».

Absurdité de la propagande

Marc Bloch dénonçait l’absurdité de la propagande officielle du gouvernement de 40 et son irritant et grossier optimisme.

Que dire de celle d’Emmanuel Macron ? Peut-être histoire de donner des gages de loyauté au maître de l’Occident, il affirmait le 24 mars au sommet de l’OTAN : « L’économie russe est en cessation de paiement, (…) son isolement est croissant » On sait ce qu’il en est de ces affirmations. Tout d’abord l’économie russe ne se porte pas si mal, et elle profite plutôt du régime des sanctions comme le démontre ses comptes. Donc pour l’instant la cessation de paiement, ce n’est même pas en rêve. Quant à l’isolement c’est également prendre ses désirs pour des réalités. Les pays qui n’ont pas condamné la Russie pour l’invasion de l’Ukraine représentent 82 % de la population mondiale… Un peu de sérieux ne serait pas de trop.

Que dire de celle de Bruno Lemaire ne voyant aucun inconvénient à passer pour un imbécile en annonçant triomphalement : « Les sanctions sont d’une efficacité redoutable. Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie. Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe. » ? Cela n’a pas gêné Emmanuel Macron qui, après sa réélection, a prestement reconduit un ministre de l’économie aussi clairement ridicule.

Que dire de celle de la presse système avec son incroyable défaillance, quand 90 % des journalistes oubliant leur déontologie professionnelle et la charte de Munich, se transforment en militants acharnés du récit médiatique d’une défaite militaire russe ? Récit concocté par les officines opaques entourant Zelensky, le bateleur de Kiev, et n’ayant rien à voir avec ce qui se passe réellement sur le terrain. Le mensonge éhonté mis au service d’une guerre de la communication, pour l’utilisation duquel Zelensky quant à lui, a l’excuse de le faire pour ce qu’il pense être les intérêts de son pays. BHL, menteur professionnel, a celle de l’avoir toujours fait. On retiendra en particulier, l’exemple de la volonté furieuse de minimiser la présence et l’influences néonazies en Ukraine, et ce contre des évidences admises en Occident il y a encore quelques mois. Disparus les emblèmes nazis, les retraites aux flambeaux, les grands portraits de génocidaires dans les rues, les rapports des organisations internationales de défense des droits de l’homme, les rapports parlementaires français et américains, les vidéos des exactions etc. etc. Non le danger fasciste, il était en France avec la présence de Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle

Que dire de celle des experts de plateaux télévisés, de la presse et des réseaux aux compétences parfois limitées et dépourvus de la moindre parcelle de bonne foi ? Ils se partagent en deux catégories qui peuvent d’ailleurs fusionner dans certains cas : ceux à qui leur nullité permet de raconter n’importe quoi, sans avoir mauvaise conscience. Ceux qui savent très bien que leurs fariboles ne tiennent pas debout, mais se considèrent en mission. Soit pour des motifs de carrière, soit au service d’intérêts étrangers. On citera le général d’aviation Clermont éructant son racisme anti-russe pour proférer des énormités. Le général Yakovlev dont la carrière au sein de l’OTAN fournit peut-être une explication. Jusqu’au chef d’état-major de l’Armée Française oublieux de son statut, et affichant des camaraderies politiques incongrues sur les réseaux sociaux. On pense aussi au colonel en retraite Michel Goya qu’on avait connu mieux inspiré. Tout content d’avoir été adoubé par la presse atlantiste, il a renié ses analyses sur l’armée russe en Syrie au profit d’une reprise quasi littérale de la production des pires sites néoconservateurs américains.

Le début de la fin de la mondialisation occidentale

Nous avons dit dans ces colonnes que l’invasion russe du 24 février dernier marquait le début d’un affrontement géostratégique qui dépasse le théâtre ukrainien. Et qui enclenche peut-être le processus de la fin de la globalisation comme forme contemporaine de la domination de l’Occident. Par incapacité à résister aux pressions américaines, par pusillanimité face à l’Allemagne force dominante économique et bientôt militaire de l’UE, nous sommes du mauvais côté de la barricade. Nous avons accepté le coup d’État d’Ursula von der Leyen présidente de la Commission européenne s’arrogeant des pouvoirs dont elle ne devrait pas légalement disposer. Nous avons souscrit avec zèle à toutes les sanctions suicidaires mise en place par l’Europe contre la Russie et dont il ne fallait pas être grand clerc pour savoir qu’elles allaient avoir un effet boomerang terrible. Ou au moins écouter un Charles Gave rigolard décrivant dès l’annonce des premières sanctions, ce qui allait nous arriver. Concernant l’aspect militaire, le narratif d’une défaite de Moscou sur le terrain est en train de s’effondrer. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la presse occidentale, à la remorque du New York Times et du Washington Post, multiplie les virages sur l’aile sur ce point. Mais chez nous le récit désormais inepte de la débandade russe, fait encore de la résistance.

Histoire d’enfoncer le clou, on invitera à la lecture attentive d’un article publié sur le site du journal britannique « The Guardian » le 2 juin dernier, signé par Larry Elliott, rédacteur en chef économie du quotidien et intitulé : « La Russie est en train de gagner la guerre économique – et Poutine n’est pas près de retirer ses troupes ». Ah bon ? Emmanuel Macron, Bruno Lemaire et BFM se seraient donc trompé ? Ou nous auraient menti ?

Le diagnostic de Larry Elliott est sans appel quoique formulé à l’aide de l’art très britannique de l’euphémisme : « La défaite complète de Poutine sur le champ de bataille est une façon dont la guerre pourrait se terminer, bien qu’en l’état actuel des choses, cela ne semble pas si probable…. Le potentiel de graves dommages collatéraux de la guerre économique est évident : baisse du niveau de vie dans les pays développés ; la famine, les émeutes de la faim et une crise de la dette dans les pays en développement. » Bigre, si l’on comprend bien, la défaite militaire de la Russie est improbable, et en attendant l’Europe est singulièrement dans la mélasse, terme choisi pour rester poli.

Avec « l’étrange défaite », « L’équipe mixte » est de retour

Marc Bloch avait témoigné de l’insuffisance de ces élites qui sombrèrent en mai, juin et juillet 1940. Il avait considéré la défaite et la débâcle françaises comme de la responsabilité du gouvernement et du commandement influencés par les élites militaires, économiques et sociales.

Les dirigeants français d’aujourd’hui, mandataires du bloc élitaire, sont-ils à la hauteur du défi lancé à notre pays par cet événement méta historique ? La réponse est évidemment négative. Sinon, nous n’en serions pas là. Emmanuel Macron qui a tous les culots vient d’annoncer la création d’un Conseil national de la Refondation, par référence au Conseil national de la résistance (CNR) dont le programme a permis l’instauration de l’État-providence à la française. Pour poursuivre sa destruction le Président de la République, qu’on imagine jubilant du bon tour, n’hésite pas à en confier la mission à un organisme de même acronyme. Il se justifie en disant : « nous vivons un temps comparable. Nous sommes dans une ère historique qui impose de changer profondément de modèles, et puis la guerre est là en Ukraine ». Le problème Monsieur le président, c’est que cette guerre, nous sommes en train de la perdre et qu’avec vos amis vous serez responsable de la défaite.

Nous proposerons pour conclure, de solliciter un autre témoin majeur de l’effondrement de 40 en la personne de Charles de Gaulle. Qui prononça le 18 juin 1941 au Caire, un discours pour le premier anniversaire de son appel. Dans le début duquel, il écrivait l ‘Histoire en quatre phrases fulgurantes : « Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier gouvernement régulier de la France. L’équipe mixte du défaitisme et de la trahison s’emparait du pouvoir dans un pronunciamento de panique. Une clique de politiciens tarés, d’affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l’usurpation en même temps qu’à la servitude. Un vieillard de 84 ans, triste enveloppe d’une gloire passée, était hissé sur le pavois de la défaite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stupéfait. »

Malheureusement, politiciens tarés, affairistes sans honneur, fonctionnaires arrivistes et mauvais généraux, ils sont tous là. L’équipe mixte est de retour. Elle est au pouvoir et il faut rappeler que la confiance lui a été largement renouvelée le 24 avril dernier.

Nous allons vers des temps difficiles.

Régis de Castelnau

56 Comments

  1. Bravo Monsieur. Je vous suis depuis longtemps mais c’est sans doute un des articles qui m’a le plus exaspéré puisqu’il est criant de vérité….

    • « L’équipe mixte est de retour. Elle est au pouvoir et il faut rappeler que la confiance lui a été largement renouvelée le 24 avril dernier. »
      C’est uniquement grâce la fraude électorale qu’elle est au pouvoir.
      Jamais le pitoyable pantin qui siège à l’Elysée n’aurait été élu autrement.
      -*-

      • Mon bien cher monsieur, si nous sommes dans une me..de noire en occident, eh bien allez donc vivre en Russie, et profitez en pour demander la nationalité russe.

        • Cher monsieur,
          le travail de nos ancétres à accumulé un capital considérable. Pourquoi partirais-je en vous l’abandonnant? Voila ce que cache cet élément de language, le vol organisé de l’héritage de nos ancétres: Les routes, les centrales, les cartes et la connaissance fine du territoire…
          J’en passe et des meilleures. Et je devrais abandonner tout cela pour aller mendier une part de leur héritage aux russes sous prétexte que je n’ai pas su défendre ma démocratie?
          Merci, votre bande est consituée de voleurs et d’assassins, je la combattrais.

      • Vous vous racontez des histoires : Macron (contrairement à Biden) n’a pas eu besoin de la fraude pour gagner.

        Vous sous-estimez le poids du vote vieux con pétochard après moi le déluge.

  2. Ouh ! là , là , M de Castelnau, vous avez mangé du Lion pour écrire ce billet ?

  3. Votre analyse et la comparaison qu’elle utilise sont d’une implacable et dramatique lucidité. Ce pays ne manque pas de gens aptes à comprendre les enjeux de long terme et à les comparer aux décisions de ceux qui les gouvernent, mais la réflexion s’accommode difficilement des effets de manche, du court terme et des luttes d’influence. Un grand dirigeant ne craint pas d’être éclipsé par les compétences dont il sait s’entourer mais il y a belle lurette que nous ne votons plus, collectivement, que pour des zigotos médiatisés.

  4. Dans le fond, quelle différence entre un vieillard sénile et lâche, et un petit merdeux narcissique et hystérique, aussi arrogant que méprisant, tous deux concentrés sur la destruction de notre nation, de son moral, de son histoire, de son économie comme de sa crédibilité.
    Le discours de de Gaulle au Caire le 18 juin 1941 est un triste sommet d’actualité, et devrait être retransmis dans notre conscience populaire.

  5. Les « stratèges » occidentaux n’ont toujours pas compris les objectifs de guerre initiaux REELS de la Russie : faire s’éterniser le conflit, tout en l’emportant au final, dans le but : 1/ de détruire les économies occidentales (tant que la guerre dure, les sanctions anti-russes sont maintenues et minent les économies occidentales bien plus que l’économie russe) ; 2/ de permettre à l’OTAN de livrer davantage d’armes (ce qui fait durer le conflit [cf. point n°1 ci-avant] et réduit à zéro les réserves militaires des Etats de l’OTAN et les rend vulnérables) ; 3/ d’avoir le temps d’étudier la stratégie de l’OTAN en temps réel (plus le conflit dure, plus l’OTAN va adapter sa stratégie et abattre un grand nombre de cartes… c’est du pain béni pour la Russie qui, de son côté, dissimule ses meilleures cartes grâce à une opération de MASKIROVKA menée de main de maîtresse) ; 4/ d’économiser des vies humaines (soldats russes et civils ukrainiens, russophones ou non, afin de ne pas hypothéquer l’avenir) ; 5/ de démembrer l’Ukraine, méthodiquement, pièce par pièce et de façon définitive pour couper l’herbe sous le pied à l’ennemi américain et au faux-ami chinois (n’oubliez pas qu’il s’agit d’un Etat pivot sur les nouvelles routes de la soie chinoises).

    Et je la fais simple, ici.

    Libérer le Donbass, démilitariser et dénazifier l’Ukraine, ce sont là des objectifs secondaires, même s’ils sont d’importance aussi, bien sûr.

    Ce que les « stratèges » occidentaux croient être les objectifs de guerre initiaux de la Russie (guerre rapide, prise de Kiev, etc.) figure simplement le reflet de leur incompétence en matière militaire (il s’agissait juste de fixer des troupes ukrainiennes ailleurs que dans le Donbass ; idem pour l’opération en cours à Kharkov… plus c’est gros, plus les pigeons occidentaux gobent). Les « stratèges » occidentaux sont ainsi victimes de la MASKIROVKA russe ; un peu d’humilité leur aurait permis de ne pas prendre les Russes pour des demeurés, et peut-être auraient-ils percé à jour les plans du Kremlin.

    Je conseille vivement aux « stratèges » occidentaux d’arrêter d’écouter BFMTV (ou CNN) et de se renseigner depuis le terrain ukrainien, cela leur évitera de dire autant d’âneries auxquelles ils ont fini par croire.

    Il leur manque une vue d’ensemble du tableau, en somme, et beaucoup d’humilité.

    ZAV est en train de mener une opération militaire géniale en Ukraine, qui restera dans les annales des écoles de guerre de demain. Les « stratèges » occidentaux devraient donc se taire et apprécier l’excellence de son art.

    Car le meilleur est encore à venir…

    • L’article de M. de Castelnau critique à juste titre les commentateurs qui, semaine après semaine, depuis le 10ème jour de l’offensive, donnaient la Russie en grande difficulté, sur le point de se faire dompter par l’Ukraine, avec ses soldats qui allaient massivement se rendre aux ukrainiens.
      Pour moi qui essayais d’avoir la version russe, on avait, en même temps, une glorieuse armée russe qui épargnait les civils alors que l’armée ukrainienne, qui se débandait face à l’avance russe, se vengeait sur les civils, tout en étant incapable de coordonner quelque opération tactique que ce soit.
      Les deux versions qui nous étaient proposées étaient diamétralement opposées, et on ne parlait pas de la même guerre. Aujourd’hui, les versions des propagandes russes et occidentalo-ukrainiennes sont devenues relativement proches, et on ne doit donc pas être loin de la réalité.

      De votre côté, vous allez au delà de la propagande russe ! Ce que même les propagandistes pro russes n’osent pas affirmer, vous l’assénez avec une certitude qui fait plaisir à lire… Mais je pense que vos théories ne tiennent pas la route…

      1°) S’agissant de l’objectif que vous attribuez en n°1 à la Russie… Si tel avait été le but, il y a des moyens beaucoup plus simples de se faire sanctionner par l’Occident, sans perdre de soldats. Par exemple, couper un câble internet entre l’Amérique et l’Europe… Ils ont un sous-marin qui est fait pour ça. Un bon moyen d’affaiblir les économies occidentales, tout en garantissant de recevoir des sanctions en échange. Et le tout avec zéro morts. Au contraire, il semble que la Russie fait tout pour éviter au maximum les sanctions, et que celles ci sont plutôt un effet indésirable de la guerre, et qu’ils font tout (avec un certain succès) pour les rendre le moins douloureuses possible pour l’économie russe.

      2°) S’agissant de l’objectif que vous attribuez en n°2 à la Russie, concernant les livraisons d’armes pour affaiblir l’occident: Le conflit en UK conduit l’occident à augmenter ses capacités en production de munitions, et va certainement les conduire à augmenter les stocks, qui étaient à un étiage très bas. Je suis convaincu que, dans 2 ans, les stocks occidentaux seront bien plus importants qu’ils ne l’étaient avant le début de la guerre. De plus, quelle peut bien être l’utilité pour la RU de faire dépenser aux occidentaux leurs stocks de vieilles munitions ? Ont-ils l’intention de se lancer dans une guerre totale contre l’occident avec des moyens purement conventionnels ? Ca n’a absolument aucun sens ! Le seul réel point qui risquait de déclencher une guerre était l’UK. A la rigueur, si le conflit avait eu lieu ailleurs, on aurait pu soupçonner qu’ils voulaient liquider les stocks de munitions occidentaux pour éviter qu’ils n’aillent en UK… Mais ici, ça n’a pas plus de sens que si on disait qu’Hitler avait déclaré la guerre aux USA pour les obliger à gaspiller leurs munitions sur l’Allemagne…

      3°) S’agissant de l’objectif que vous attribuez en n°3 à la Russie, pour « étudier la stratégie de l’OTAN ». Si c’était leur objectif, ça n’est pas difficile : il suffit de lire les papiers publiés en source ouverte. Contrairement à la Chine, et dans une moindre mesure à la Russie, l’OTAN ne fait pas mystère de ses tactiques, de ses matériels en dotation, etc. Les seules choses qui soient « confidentielles », les systèmes américains les plus avancés technologiquement, ne sont pas déployés en UK (par exemple les canons américains donnés aux UK se sont vu retirer leur système de pointage, etc.) justement par crainte de fournir des informations sensibles aux RU. Les Russes ne pourront retirer aucune information réellement pertinente de ce conflit, au delà de ce qui était disponible publiquement, et de faire un test grandeur réelle de la psychologie de nos dirigeants.

      4°) S’agissant de l’objectif que vous attribuez en n°4 à la Russie, d’économiser des vies russes et ukrainiennes pour ne pas hypothéquer l’avenir… Comment dire… Pensez vous que mener une guerre d’artillerie soit le meilleur moyen de mener des politiques humanitaires pour sauver des vies ? Franchement, ça devient ridicule !

      5°) S’agissant de l’objectif que vous attribuez en n°5 à la Russie, « de démembrer l’Ukraine, méthodiquement, pièce par pièce et de façon définitive pour couper l’herbe sous le pied à l’ennemi américain et au faux-ami chinois ». On peut effectivement penser que l’objectif est de démembrer l’Ukraine. Et de rattacher à la Russie ce qu’était en gros, la Novorossia (les Oblast d’Odessa, Mikolaïv, Kherson, Zaporija, Donetsk, et Lughnask), éventuellement un peu élargie (oblast de Dnipro et/ou Kharkiv). Cela donnerait à la Russie le contrôle des zones économiquement les plus dynamiques de l’Ukraine. Mais cela conduirait aussi à avoir, dans l’Ukraine résiduelle, un pouvoir hypernationaliste et violemment antirusse (pire que les polonais ou les lituaniens), qui n’auraient de cesse de réclamer aux US de venir mettre des troupes chez eux. Et cette Ukraine résiduelle conserverait une frontière directe avec la Russie. Kiev, berceau de la civilisation russe, tomberait inévitablement aux mains de ces russophobes forcenés. Est ce qu’une telle situation est acceptable pour la Russie ? J’en doute. En outre, il y aurait une très forte opposition anti-Moscou dans les oblast placés sous protectorat russe, surtout en cas d’annexion.
      Cette politique de démembrement conduirait à terme à créer une « grande Pologne », regroupant la Pologne, la Lituanie, et le gros de l’Ukraine, qui pourrait se construire sur des bases purement anti-russes (seul motif politique permettant d’unir ces pays). Pour une Russie qui aspire à s’allier avec l’Europe, il est très douteux qu’il soit intelligent de laisser se créer une telle entité. Il est au contraire beaucoup plus intelligent de chercher à rendre l’Ukraine, si ce n’est russophile, du moins pas trop russophobe. C’est exactement le sens qu’il faut donner à l’expression de « dénazification ». C’est pour cela que je pense que la « dénazification » est en réalité LE point central de ce qui est stratégiquement important pour la Russie.

      6°) S’agissant de l’offensive « géniale »… Si l’offensive initiale sur Kiev n’était qu’une diversion, pourquoi tenter une opération aéroportée sur l’aéroport. Opération très risquée, et pour laquelle les russes n’avaient pas prévu de dispositif de repli… Cette opération a échoué de justesse. Si elle avait fonctionné, cela aurait potentiellement pu être un virage quasi complet du début de la guerre, avec des redditions massives d’unités UK. Mais ils ont raté, et ça leur a coûté très cher, en matériel et en hommes (qui plus est d’unités d’élite). Pourquoi faire un tel sacrifice pour une simple diversion destinée à fixer des troupes ? Et pourquoi renoncer à l’offensive au bout de quelques semaines, alors que le besoin de fixer des troupes était toujours là ?
      Non, il faut admettre que l’offensive russe visait initialement à déstructurer totalement l’armée UK en quelques jours, pour la rendre inopérante. Et que cette offensive a échoué. Ce qui a amené à:
      – faire un usage massif de l’artillerie, ce qui n’était pas le cas au début de la guerre,
      – limiter la largeur du front, pour pouvoir le « tenir », au contraire d’une stratégie initiale visant à être partout à la fois,
      – occasionner des destructions massives, et des pertes humaines importantes dans les deux camps.

      •  » C’est curieux chez les marins, ce besoin de faire des phrases. »
        Dialogue de Michel Audiard.

      • Parfait. Excellente vision. De toute façon l’Ukraine est le gros morceau de la rébellion contre l’emprise du FSB sur la société russe qui, à terme, va s’occidentaliser.

    • La science stratégique devrait-elle conduire à ignorer les agressions directes, en pensant jouer au plus fin? L’armée russe a attaqué aux premiers jours sur la route la plus courte de la capitale, en perpétrant au passage les pires sévices, et en avançant l’argument de la denazification, au lieu de « défendre » les séparatistes du Donbass, certes déjà armés par ses soins. L’armée russe et ses supplétifs ont également attaqué au sud, sur le littoral de la mer Noire. Où donc l’armée ukrainienne aurait-elle dû faire ce pourquoi elle est conçue, sinon sur les fronts de l’invasion ? Les stratèges occidentaux auraient-ils dû lui conseiller d’autres options, qui auraient ressemblé aux replis de Staline en juin 1941 ?

    • J’ai déjà vu ce commentaire sur quelques sites pro-russes. Il est très bien fait !

  6. Il est permis, peut-être, de conserver un peu d’espoir de voir l’intelligence faire son chemin chez les dirigeants européens. Hier quelle surprise d’entendre M.Ferry pour une fois bien inspiré nous rappeler que, comme vous l’exposez, la responsabilité de ce conflit reside exclusivement chez le president ukrainien, marionnette de l’oligarque Kolomo¨sky, qui s’est fait elire grâce à l’appui financier de ce dernier, sur la promesse d’appliquer les accords de Minsk.
    On comprend mieux l’obsession de charger M.Poutine de vouloir reconstituer l’empire russe/sovietique (au choix !) afin de faire oublier l’ambition evidente du bloc atlantiste de demembrer la Russie afin de s’approprier ses richesses illimitées comme au temps de l’ère Eltsine.
    L’honneteté commanderait tout au contraire, de reconnaitre au president russe une repugnance constante d’avoir recours à l’outil militaire et qu’il ne le fait que sous la contrainte des évenements ce qui n’est pas forcement l’attitude la plus avisée.
    On a pu le constater en Georgie, en Crimée et maintenant lorsque l’imminence de l’offensive UK dans le Donbass ne lui laissait plus le choix.
    C’est une attitude comprehensible de la part d’un homme dont la formation est plus orientée vers les negociations avec une certaine dose de naÎveté quand il est confronté à un empire qui n’a pas l’habitude de negocier mais plutôt d’ecraser son adveraire jusqu’à destruction complete.

  7. Premier point
    Vous avez oublié de citer le premier parjure, avant les accords de Minsk. Lors du Maïdan, la France avait signé de sa garantie les accords de sortie de crise entre Ianukovitch et l’opposition. Quelques jours après le fameux « fuck UE, on a pas investi 5mds de dollar dans ce pays pour des accords de sortie de crise » de l’envoyée speciale US Mme Nuland, et le coup d’etat fachisto-nazi de Svoboda et Pravdy Sektor, la France n’a même pas mis une semaine pour reconnaitre le regime putschiste et une Assemblée qui vote sous le contrôle de miliciens en armes.
    Et bien sûr le parjure fondateur: l’avancée de l’OTAN vers l’Est.
    Deuxième point
    Bloch évoque clairement les trahisons a l’état major. Or quand on constate le scandaleux comportement d’Hutzinger à Sedan et la suite de sa carrière avec Laval, on est en droit de penser sérieusement que sans la trahison de Sedan, le passage des Ardennes par Guderian serait resté dans l’Histoire comme ce qu’il aurait toujours du être, un acte insensé finissant en désastre pour les Allemands.
    Et enfin, aujourd’hui on ne peut même plus parler de collabos puisque les mots comme patrie et nation sont des gros mots et qu’on ose mettre des serpillière bleues étoilées à la place du drapeau bleu-blanc-rouge.
    L’internationalisme des imbéciles trotskystes remouliné néocon-néolib a gagné en occident. Et sera sa perte.

  8. Dans une situation qui évolue de façon défavorable, les hommes d’actions veulent faire quelque chose. Ainsi, le renforcement des nationalistes et de l’emprise Otanienne ont poussé Poutine à agir en Ukraine. Ainsi, les occidentaux scandalisés par l’invasion de l’Ukraine ont décrété des sanctions économiques terribles contre la Russie.

    Mais faire quelque chose, c’est souvent prendre un remède pire que le mal.
    Poutine aurait certainement mieux fait de temporiser en attendant l’effondrement économique de l’Ukraine ou une attaque du Donbass qui aurait mis la faute sur l’Ukraine. Cela aurait évité des dizaines de milliers de morts.
    Les européens n’ont pas réfléchi aux conséquences des sanctions décrétées par les américains sur leurs propres économies. C’est l’effet moutons de Panurge.

    Pour ce qui est de la propagande, le moment est intéressant pour ceux qui n’y croient pas.
    Chaque jour nous apporte son lot de nouvelles invraisemblables en provenance de Kiev. Des gens que l’on croyait intelligents nous assènent ces inepties sans risquer d’être contredit puisque la propagande russe est interdite. Demain, ils diront avoir été trompés par les ukrainiens, ou que l’extrémisme de droite en Ukraine est une prophétie auto-réalisatrice de Poutine.

    • 2 commentaires sur votre commentaire :

      – « Poutine aurait certainement mieux fait de temporiser en attendant l’effondrement économique de l’Ukraine ou une attaque du Donbass qui aurait mis la faute sur l’Ukraine. Cela aurait évité des dizaines de milliers de morts. »

      Temporiser en attendant l’effondrement économique de l’Ukraine, aurait été un pari vain. Les intégristes ne changent pas d’avis, même en cas de débâcle économique. Et par ailleurs, les nationalistes auraient profité des mécontentements économiques pour renforcer leur emprise sur le pays et leur politique de dérussification tous azimuts.

      En revanche, il aurait pu attendre une ou deux semaines le début de la vraie offensive sur le Dombass. Cela aurait effectivement mis la faute sur l’Ukraine… Mais pas tant que ça, puisque la propagande occidentale passe sous silence la guerre en cours depuis 2014.
      Et cela n’aurait pas évité de morts ni de destruction. Poutine a fait le pari d’un attaque surprise décapitant la haute hiérarchie du pays, pour obtenir une reddition rapide, et limiter les morts. C’était un pari osé, qui a raté. Mais sa réussite, elle, aurait réellement économisé des morts et des destructions…

      – « Les européens n’ont pas réfléchi aux conséquences des sanctions décrétées par les américains sur leurs propres économies. C’est l’effet moutons de Panurge. »

      Les européens se sont faits tordre le bras par les US pour prendre des sanctions qu’ils n’avaient pas envie de prendre. Tout simplement.

      • @ Vincent
        Le thème du billet de M de Castelnau est le futur effondrement de la France avec des causes comparable à celles de juin 1940 et non vos interprétrations sur le conflit russo-ukrainiens. Meme si elles ne sont pas fausses.
        Ce qui ma valu de vous répondre par l’humour en reprenant un dialogue du film  » les Tontons fligueurs  »

        En clair, évitez de troller . Merci pour nous.

    • « Demain, ils diront avoir été trompés par les ukrainiens » : ainsi a-t-on été « trompés » en Libye par les buts apparemment démocratiques de rebelles anti-Kadhafi. Et en Syrie et ailleurs, on a souvent choisi de mauvais alliés qui ont fait tourner nos belles Opex humanitaires en carnages.

      Et maintenant, France participe à la guerre contre la Russie. Une guerre pas encore nucléaire, dont les opérations militaires ne détruisent pas encore nos propres infrastructures. Celles-ci, en revanche, en pâtissent déjà sur le plan économique !
      Selon notre président (parti, un 18 juin ! et en bande otanisée, soutenir le régime fasciste de Kiev) : “Nous devons aider l’Ukraine à tenir dans une guerre qui va durer. Mais nous n’avons pas à décider des conditions de la fin de cette guerre”
      En foi de quoi, il fait envoyer encore une demi douzaine de canons CaESAr, ceux qui en ce moment tuent des civils du Donbass, et pourraient presque atteindre le sol russe. C’est juste ce qu’il faut pour provoquer le Kremlin, et déjà pour faire durer le conflit. Au profit de qui, vraiment ?

  9. cqfd. Merci d’avoir le courage de l’expliciter, on se sent parfois esseulé .

  10. Les juges qui ont tué Fillon ont peut être tué indirectement des milliers de personnes

  11. Il manque touut de même un élément essentiel : la Fédération de Russie, heritiere de l’URSS, est un etat TOTALITAIRE, où les libertés individuelles nte sont pas reconnues. Et je m’étonne que l’on puisse prétendre qu’un iota d’un discours du Général , comme des ecrits de Marc Bloch, puisse etre cité à l’appui d’un tel régime.

    • Totalitaire?
      Moi qui croyais que les russes avaient une douma élue et que le principal parti d’opposition y avait trente pourcent des siéges.
      En face la france fait-elle mieux? (Rappellez-moi la part de l’opposition?)
      Il est vrai que l’on n’aimes pas trop parler de la véritable opposition russe car elle était encore plus dure que Poutine et on se concentre sur nos hommes de pailles financés par des organisations occidentales.
      Pour rappel, savez-vous comment on appellait un homme politique qui était financé par une puissance étrangére autrefois?
      Non pas un Navalny ca serait farie infiniment trop d’honneur a cet escroc entré en politique pour tenter d’échapper au chatiment qu’il mérite.

  12. Nous allons vers des temps compliqués, d’une complexité redoublée, mais il faut pour les aborder s’efforcer d’éclairer le réel sous la lumière la plus exigeante, et la plus juste. Et pour comprendre l’enchaînement des chocs qui ont précédé l’invasion russe en Ukraine, déjà très violents tant dans leurs conséquences humaines que dans leurs dimensions symboliques, il convient de rechercher avec exactitude et bonne foi les tensions qui les ont déterminés, ou qui ont servi de prétexte à des ripostes et à des escalades. A cet égard, il faut se représenter que malgré les affirmations au fil des ans toujours plus exclusivistes de Vladimir Poutine, la Russie est un pays qui se cherche, dans sa culture et dans son modèle social et politique, au sortir du champ de ruines morales qu’a représenté la liquidation de l’Union soviétique, qui n’était pas pleurée par tout les dirigeants qui l’invoquent aujourd’hui au lendemain de sa disparition. Il en va de même pour l’Ukraine, avec le handicap supplémentaire de se voir dénier la vocation à une pleine souveraineté par un voisin aux réflexes irrédentistes et confusionnistes renaissants, au bout d’une décennie et demie de coexistence relativement respectueuse, dont le symbole pouvait tenir dans la renonciation par l’Ukraine à la vocation de puissance nucléaire que lui avait reconnu l’acte de liquidation de l’URSS, en considération de l’exceptionnelle contribution humaine, intellectuelle, productive et agricole de ce pays membre de l’Union à tout ce dont elle pouvait se targuer d’avancées, renonciation associée à la conservation de la Crimée moyennant la reconnaissance du port de Sebastopol comme havre de la flotte militaire russe. Quels furent les motifs d’espoir pour la Russie comme pour l’Ukraine depuis que l’Etat social égalitaire garanti par le régime soviétique, en contrepartie de privations de libertés massives et douloureuses, avait disparu, sinon la conscience nationale et l’appétence pour un enrichissement individuel auquel les privatisations ouvraient des champs considérables, tout en affaiblissant l’autorité protectrice de l’Etat, laissant ainsi davantage de champ à des volontés de puissances privées, voire communautaires? La conscience nationale entendue par le régime de Vladimir Poutine n’admettait pas que l’Ukraine puisse choisir d’autre voie que celle d’une indépendance limitée, à l’image de celle que la Finlande avait acceptée durant soixante-dix-huit ans, à la différence près qu’une partie de la culture politique russe récuse l’existence même d’une nation ukrainienne, et ce malgré des affirmations qui remontent au XVIIIème siècle, presque concomitantes d’ailleurs au rattachement des provinces qui constituent ce pays des confins à l’empire tsariste, qui les avaient détachées une à une de la tutelle de la République polono-lituanienne, sans pour autant mettre fin au servage de l’immense majorité de leurs populations autochtones. Il me semble important de rappeler ces traits profonds des histoires nationales pour comprendre la rupture qui s’est produite à la fin de 2013 et au début de 2014, lorsque des manifestations rassemblant un demi-million de personnes s’imposèrent sur la place de l’Indépendance à Kiev pour mettre fin aux temporisations interminables des gouvernements ukrainiens sur lesquels les pressions russes jouaient à plein et faire acte de candidature à l’intégration dans le cadre du partenariat oriental de l’Union européenne. Une telle intégration, en tant qu’elle impliquerait la transposition d’une législation dont l’inspiration dominante est celle du libre-échangisme, peut sembler une perspective douteuse, mais la question centrale est alors celle de la souveraineté et de la garantie contre un irrédentisme russe qui avait auparavant causé la chute de plusieurs gouvernements, de plusieurs présidents élus suivant les normes constitutionnelles. La répression des manifestations de la place de l’Indépendance firent, après l’interdiction de ces rassemblements par les autorités, plus de cent morts en quelques jours. Ce scandale eut la conséquence directe de causer la démission du Président et du Premier ministre ukrainiens qui avaient pris la responsabilité de cette répression, de voir désigner par le Parlement un Président par interim dont le premier acte avait été de faire voter une loi abrogeant le statut des langues régionales, dont la principale, le russe, était considérée comme le vecteur de l’influence séparatiste pro-russe. Mais cette abrogation fut sagement suspendue. Ce qui fut moins sage fut l’enchaînement des prises en mains de régions entières par des cohortes de civils pro-russes, en Crimée puis dans les deux arrondissements du Donbass, comme on le sait, affrontements qui firent dans ces deux régions des milliers de morts avant que les médiations de Minsk posent les conditions d’une issue négociée, grâce à la consultation des populations locales. La question est de savoir si, en cas d’infraction aux termes du cessez-le-feu posés à Minsk par les séparatistes ou autonomistes pro-russes, le gouvernement légitime du pays dont ces secteurs faisaient parties était ou non censé défendre le principe de son intégrité territoriale. Il faut ajouter cette considération, celle des provocations réciproques entre les milices pro-russes (qui affirmaient ne pas recevoir d’armements de la Russie voisine) et les forces ukrainiennes, et celle du harcèlement des habitants de Donetsk réfractaires à l’idée d’une autorité russe dans leur région, contraints à quitter leurs foyers. Il est également nécessaire d’ajouter que la propagande des séparatistes affirmait chercher à restaurer l’Etat social soviétique, « populaire », alors que la Russie d’aujourd’hui est tout le contraire d’un Etat social (même si l’Europe occidentale n’a pas de quoi pavoiser en la matière, ses sociétés politiques sont infiniment plus sociales que la Russie d’aujourd’hui, sans parler des sociétés politiques des Etats qu’elle se trouve comme alliés dans la société internationale). Tous ces aspects sont bien connus et mériteraient d’être étudiés de façon beaucoup plus précise. Mais ce rappel invite à considérer que l’une des dimensions essentielles pour une sortie de cette crise tragique, aux conséquences humanitaires et morales effarantes, est l’acceptation par la Russie de la vocation pleine et entière de l’Ukraine et de ses populations à l’intégrité politique souveraine. Si l’Europe et les pays qui appuient l’Ukraine dans sa résistance armée contre l’invasion peuvent exercer une influence sur le gouvernement de Kiev pour qu’il reconnaisse la diversité des composantes de la Nation qu’il représente, la cause de cette souveraineté s’en trouverait clarifiée à ses propres yeux et aux yeux du monde. Si les principes sociaux de la démocratie pouvaient être réaffirmés en Ukraine, cette cause y gagnerait encore davantage, en particulier la garantie du statut inaliénable des parcelles agricoles, jusqu’ici respecté mais remis en discussion, alors qu’il s’agit d’une revendication très populaire dans l’histoire ukrainienne – qui avait valu à Petlioura puis même à Lénine leur popularité passagère au coeur des masses paysannes, et que ce frein à la disponibilité mondialisée des terres est un aspect décisif de la conservation d’une souveraineté réelle dans les temps qui s’annoncent.

    • Intéressant, mais vous semblez oublier dans votre analyse l’intérêt déclaré des US-OTAN à affaiblir la Russie, et à adjoindre l’Ukraine à son empire. Indépendamment des naïves ostalgies qui poussent certains ukrainiens vers Moscou plutôt que vers Bruxelles, le massacre (et le coup d’état !) de l’Euro-Maïdan a bien été piloté par les services US +… qui ont ensuite renforcé les milices fascistes et leur poids dans la politique de Kiev.
      On pourra se rappeler l’avertissement de Milosevic, harcelé militairement puis à la CPI : « Vous, les russes, regardez-nous et rappelez-vous : il vous sera fait la même chose lorsque vous craquerez et que vous vous affaiblirez. L’Occident – un chien enragé – vous prendra à la gorge. Frères, rappelez-vous le sort de la Yougoslavie. Ne le laissez pas faire la même chose avec vous. »

  13. De Gaulle : « Une clique de politiciens tarés, d’affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l’usurpation en même temps qu’à la servitude ».

  14. Pierre Servent, pathétique perroquet de l’OTAN…

    Goya qui sur son blog mentionna à peine le tournant majeur que fut la chute de Marioupol…

    Et mon petit préféré : Nicolas Richoux, qui avec sa bonne tête de charcutier de province, affirmait sans rire sur BFM, que la fin de Marioupol était une victoire majeure pour… Kiev!

    Poutine a fait UNE victime dont on ne parle pas : l’état-major de l’armée française, caniche en laisse du « parrain » ricain.

    • Ni Goya,ni Servent, ni Richoux ne représentent l’EMA.
      Ce sont des bateleurs de foire.
      En 2015, les mêmes énergumènes se gaussaient de l’échec de l’intervention russe en Syrie.
      Alors qu’en interne, les analystes parlaient de l’efficacité et du serieux de l’armée russe.

      Pour savoir ce que pense l’EMA reportez vous a la lettre adressée a ses grands subordonnés par le CEMA dans laquelle, noyé dans le flot habituel de la novlangue,il les avertissait d’un possible effondrement de l’armée ukrainienne.
      De la part de ce CEMA qui maitrise parfaitement sa communication, ce genre de remarque n’a rien de fortuit.

      • Ils ont même reussi à trouver un « traître », l’inennarable Jirnov qui raconte sa vie au KGB sous les ordres de Poutine…..

  15. Dire que c’est V.Poutine qui à » lancé l’offensive  » est une contre vérité car cette dernière remonte au moins à 2014 avec le coup d’État de l’Euro maïdan .

    • Biern que ce n’est pas l’esprit du dit billet de M de Castelnau.
      Les States ont declaré la guerre à la Russie depuis les années 90 ( chute de l »URSS) . C’est ce qu’explique un posteur  » C le ma t » en disant que ce conflit est comparable aux guerres puniques qui se sontt déroulés pendant plus de 100 ans entre Rome et Carthage de 264 à 146 av JC.

  16. excellent analyses et références au passé qui couve toujours …

  17. « Ni Goya,ni Servent, ni Richoux ne représentent l’EMA.
    Ce sont des bateleurs de foire.
    En 2015, les mêmes énergumènes se gaussaient de l’échec de l’intervention russe en Syrie.
    Alors qu’en interne, les analystes parlaient de l’efficacité et du sérieux de l’armée russe. »

    J’espère que vous avez raison…
    Je poste un lien qui mène vers un article écrit par un « ancien » de la DGSE, article remarquable en tous points.

    https://cf2r.org/editorial/les-insupportables-reactions-de-zelensky/

  18. « Zelensky quant à lui, a l’excuse de le faire pour ce qu’il pense être les intérêts de son pays. »

    Israël ?

    Geof’Rey, neo-communiste gaulois belge

      • et surtout sous la menace des ses copains nazis qui lui ont promis la tête coupée si il négociait

        • Geoffrey »« Zelensky quant à lui, a l’excuse de le faire pour ce qu’il pense être les intérêts de son pays. »

          Israël ?
          OK

          POUTINE EST LE ROI DU MONDE

          LA QUESTION DE LA VIE ET DE LA MORT NE SE POSE PLUS POUR LUI
          iL Donne ?
          Il donne tout au moins des éléments de passages,

          L’humanité est une utopie , il est possible quel se cristallise .
          De selon de mon avis n humanité est un rêve

  19. Ma femme sont téléphone est appel. tout seul
    Dans le deep sont téléphone question réseau est en double marché.
    Vu que le cryptage est visible En faite elle transite des armes

    se que j’en ai vu le langage est holistinsque et il se la joue derrière un sdf , réseau En faite
    Le traficoteur n’est pus cognitif

    Mais j’ai vu !!!!

  20. Après les sanctions éco, les livraisons d’armes, etc.. nous nous orientons vers une « Economie de guerre » (dixit le monde dans un article du 13 juin. Extrait : « la direction générale de l’armement envisage par ailleurs de proposer un texte législatif qui permettrait de réquisitionner, dans certaines circonstances, des matériaux ou des entreprises civiles à des fins militaires »… La question est la suivante : quid de l’autorisation du parlement (art.35 de la constitution) ? Nous arrivons dans les quatre mois, c’est obligatoire il me semble. Les candidats devraient se positionner : vont-ils autoriser la déclaration de guerre à la Russie ?

  21. Revenons à l’époque
    « Nous sommes le 13 juin 1995, Jacques Chirac vient tout juste d’être élu et lors de sa première conférence de presse, on lui pose une question sur la Défense française et l’arme nucléaire. L’idée de reprendre les essais dans le Pacifique est dans l’air, on pense que ce sera vite oubliée, la réponse restera dans l’Histoire

    Ceci dit en suivi

    Tous critiquent ce président à peine élu. Nombreux sont également les journalistes et spécialistes de la chose nucléaire soufflés par la décision de Jacques Chirac, qui en parlait à demi-mots depuis son élection. Beaucoup interprètent la reprise des essais nucléaires comme un salut à De Gaulle et le principe de souveraineté, d’autres comme un pied de nez à François Mitterrand qui avait signé un moratoire sur les essais nucléaires en Polynésie en 1991.

    En septembre 1995, le « mangez des pommes » de Chirac se transforme en « vous aimez les champignons ? ».

    Il est temps que la France REGAGNE L AURA
    Le problème s’est le PD , cette merde

  22. Le pd je lui tourne un morceau de sucre, juste derrière de l’anus pour des plaies
    Et puis un gode avec du sel et il vous dira allah continue

  23. bombe atomique sur kiev
    La France peu le faire
    personne n’aura l’audace de riposter
    Les marcher sont partant
    Faut que le blé circule
    Et zélins faut le rayer de la carte

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