Pour un « anti-antisémitisme » radical

Benoît Girard contemple avec effroi « l’Occident – pathétique », aveugle et sourd courant vers une fin suicidaire. Interloquée mais décidée, la majorité mondiale excédée d’une domination devenue folle, travaille méthodiquement à son remplacement. Il n’y a pas de « guerre de civilisations » au contraire de ce que véhiculent les âneries d’Éric Zemmour, mais la fin de celle qui a dominé le monde depuis cinq siècles.

Inspiré par la pensée de René Girard, Benoît Girard ajoute à son diagnostic effrayé, l’espoir que nous parvenions à sauver ce qui le mérite, de notre passé.

Régis de Castelnau

POUR UN « ANTI-ANTISÉMITISME » RADICAL

Benoit Girard

À observer le torrent de laideurs qui nous tient lieu de paysage intellectuel et d’ambiance morale, on dirait que l’Occident s’est installé sur le divan du Monde et qu’il a entrepris de déverser ses névroses à la face interloquée de son ancienne domesticité impériale.

Récemment, je témoignais de ma gêne devant une publication qui prétendait attester de la grandeur d’Israël par la mise en avant d’un pourcentage de prix Nobel supérieur chez « les Juifs ». Que n’avais-je pas dit ! Pour mes interlocuteurs, mes scrupules trahissaient ma constitution profonde : j’étais « antisémite ».

« Radicaliser » la mémoire de la Shoah

Seul un détournement de mémoire peut expliquer un tel carambolage logique. Au moment-même où ses élites se le représentent comme une structure ethnico-religieuse déterritorialisée, Israël sert de « résidence secondaire »[1] à nos pulsions identitaires refoulées. Tout se passe comme si le récit de nos crimes avait servi de point de cristallisation à la réaffirmation de notre supériorité radicale, de certificat de virginité dont l’exhibition valait le droit de recommencer. Je n’affirme pas seulement qu’il n’y a rien d’antisémite à à produire une telle critique du détournement de mémoire opéré par l’élite israélienne avec la caution de l’Occident. Je vais jusqu’à prétendre que c’est la seule réponse radicale à l’antisémitisme qui pointe le bout de son nez derrière les grandes proclamations pseudo-bibliques de l’extrême-droite néoconservatrice. Car ce qui est paradoxalement mais radicalement antisémite, c’est bien de proclamer une coïncidence nécessaire entre l’antisionisme et l’antisémitisme. Cette affirmation repose sur un impensé suicidaire : Israël serait le seul héritier légitime d’une généalogie juive qui se serait interrompue en 70 après Jésus-Christ, de sorte que l’on ne pourrait pas critiquer Israël, « l’état des Juifs », sans réhabiliter du même coup les pogroms du Moyen Âge. Il est certain que la confusion entre « Israël » et « Juifs » est condamnable, mais comment ne pas voir qu’elle est performativement entretenue par ceux qui se sont faits une spécialité de la dénoncer ?

Face à une certaine « dissidence » qui a fait le choix de ne pas exister ailleurs que dans le regard de ses adversaires, et qui réhabilite ouvertement l’antisémitisme comme critère ultime du « courage politique », il importe donc de réaffirmer que la mémoire de la barbarie nazie revêt un caractère fondateur. Mais justement ! Ce caractère fondateur ne vaut que s’il ouvre une fenêtre sur notre réalité commune. Cette fenêtre se referme si elle sert à nourrir un ressentiment victimaire à partir duquel s’opèrent de nouvelles essentialisations politico-morales. Conformément au processus mythologique décrit par René Girard, le signe se transforme alors en masque de ce qu’il révèle. C’est à quoi s’emploient une armada d’« éditorialistes » et de « philosophes » qui ont micro ouvert sur les plateaux de l’information en continu.

À propos des événements du 7 octobre, Bernard-Henri Levy, l’insubmersible bouée de la bonne conscience occidentale, a tenté d’acclimater le concept de « mal métaphysique ». On serait tenté de lui demander si ce n’est pas sa métaphysique qui est en train de nous exploser au visage. Décennie après décennie, elle n’aura cessé de corroder l’« ici et maintenant » qui fonde le rapport de la modernité occidentale à la pluralité politico-religieuse depuis les traités de Westphalie (1648) pour tenter de lui substituer le « partout et toujours » d’un prophétisme en quête de « terres bibliques ».

Ce ne serait pas si grave si nous n’en étions arrivés désormais au seuil de tensions au-delà duquel tous ceux qui n’arrivent à pas à s’émanciper moralement de structures au bord de l’effondrement, risquent bien de devoir « faire leurs valises ». Mais où faire ses valises quand il n’y a plus d’ailleurs et que le cancer colonial, surmonté dans les années 60 sous la forme de limites territoriales mutuellement reconnues, atteint maintenant le cœur métropolitain des anciens Empires, déployant ses métastases à toutes les échelles de la vie sociale ?

Sortir de l’antiracisme moral et victimaire

L’urgence vitale de l’enjeu nous impose de rompre résolument avec l’antiracisme moral qui a pris en France la forme du « socialisme » mitterrandien, alibi sociétal du « tournant de la rigueur ». Combattre le racisme sur un plan strictement moral, c’est le réduire à des essentialisations négatives, à une affaire de « gentils » et de « méchants ». Or ce sont les essentialisations en tant que telles qui doivent être combattues comme racistes. L’essentialisation de la victime en tant que victime, c’est-à-dire comme figure de l’innocence, se contente de « millénariser » un motif bien connu de la théologie judéo-chrétienne : un agneau sur un autel. C’est sur cette situation politique et géopolitique particulièrement scabreuse que débouche le sionisme. Cependant, il ne s’agit pas du sionisme en tant qu’il participerait d’une quelconque « essence juive ». Il s’agit bien du sionisme comme pur produit de la culture occidentale : un « Christ collectif », un « Etat-Christ », dont la Croix ne serait qu’un étendard pour justifier de nouvelles « croisades ». Le problème n’est pas le judaïsme, dont le sionisme serait vécu – par ses adversaires comme par ses promoteurs – comme un surgeon. Le problème est la continuation de ce que René Girard appelle le « christianisme historique » et dont le sionisme, à mes yeux, n’est qu’une expression paradoxale, un précipité spatio-temporel de toutes les confusions sanglantes qui ont parsemé notre histoire. Il n’est donc pas question de critiquer Israël comme juif. Il s’agit au contraire de resituer Israël dans le temps long de l’histoire occidentale. Ce ne sont pas les « Juifs » qui sont des « nazis », c’est nous qui ne cessons de porter les contradictions d’un christianisme messianico-politique dont l’épisode 1933-1945 n’est qu’un sous-produit particulièrement criminel. Résolument optimiste, j’affirme que nos concitoyens de confession juive ont un rôle essentiel à jouer dans la construction de ce « commun historique », seul capable de surmonter une culpabilité qui, loin de prévenir la catastrophe, prélude à son éternel recommencement. À l’inverse, s’ils se font l’instrument des falsifications occidentales, ils soufflent sur les braises d’un incendie qui n’a été que provisoirement étouffé. Le point de départ de l’anthropologie girardienne du sacrifice nous rappelle ici sa brûlante actualité : il est criminel de tuer la victime parce qu’elle est sacrée, mais elle n’est sacrée que parce qu’elle a été tuée. Autrement dit, entre le culte et le meurtre, il n’y a que le fil du couteau.

Une telle régression aux origines nous impose de revenir à l’essentiel : c’est bien de Nous qu’il s’agit dans ce tourbillon de mots qui diffractent et réfractent nos angoisses en lasers paralysants, un Nous que le glaive de l’Histoire a partagé en doubles monstrueux se dévorant les uns les autres, et non d’altérités rivales entre lesquelles notre élection divine nous autoriserait à arbitrer. Fous que nous sommes, nous ne voyons pas que les critères moraux dont nous nous prétendons les dépositaires nous glissent entre les doigts et retournent contre nous le poison de leurs réciprocités sourcilleuses et vengeresses. « Me too, me too ! », ne cessons-nous d’ânonner les uns contre les autres dans la langue d’un Empire qui nous est tombé sur la tête. S’il est vrai que la fiction mythique était ce par quoi homo sapiens s’était mis en route vers le réel, voici que nous rembobinons le film : tout ce qui échappe au mythe est vécu par nous comme une atteinte au réel. C’est pourquoi il y a quelque chose qui tient de la folie dans la décontraction avec laquelle nous produisons chaque jour les représentations de notre propre néant. Cela nous conduit à vivre dans un monde parallèle, peuplé d’inversions accusatoires et d’insultes au sens commun.

Dans ces conditions, si l’Occident est encore vivant et si, dans le sillage de ses crimes sans nombre, il y a encore quelque chose à sauver de son passé, on le reconnaîtra à ceci : au point culminant de notre cauchemar collectif, à l’instant où le burlesque et l’horreur auront achevé de consommer leurs noces de sang, un Sophocle se lèvera et puisera dans le foisonnement mythologique de notre crise sacrificielle les ingrédients salvateurs d’une nouvelle révélation tragique.


[1]Expression de l’historien Shlomo Sand.

Régis de Castelnau

52 Commentaires

  1. Ça serait simple si les spécialistes de l’embrouille, de la carabistouille, ne monopolisaient pas la sono. Mais ayons bon espoir que leur logiciel va bientôt planter, tellement il est à côté de la plaque.

    • Sauf que l’intuition littéraire de Rene Girard du mimétisme de l’homme a été validé scientifiquement par la découverte des neurones miroirs

      • Absolument pas.
        Les neurones miroirs montrent juste comment les êtres humains peuvent être capables d’imitation ou d’empathie, ils ne prouvent certainement pas que le désir est purement mimétique, ou que l’imitation est la clé universelle permettant de décoder toute les civilisations humaines.

        • Vous pouvez critiquer les conclusions de Rene Girard, son système, sa porte, etc mais la science valide l’implication du mimétisme

    • René Pommier est en guerre contre tous ceux qui pensent et qui sont connus. Pas lui.

      • Oui, c’est un double mimétique de Girard. Un prof de français envieux qui voit en Girard un modèle obstacle et essaie d’accéder à la gloire en le détruisant. De manière singulière, Pommier a un vrai double de l’autre côté de l’Atlantique, encore un prof de français de Stanford (donc dans le French & Italian Department où Girard a exercé jusqu’à sa retraite) qui a développé le même type de critiques rageuses et ineptes prétendant que la thèse de Girard ne tient pas la route. Il s’appelle Joshua Landy. Thiel, patron d’Imitatio voulait qu’on lui cloue le bec, mais le travail n’a pas été fait. Le gars est retombé dans l’oubli sans qu’il y ait eu besoin de lever le petit doigt. Comme dit le proverbe, « Les chiens aboient, la caravane passe ».

  2. Quel dommage ! Je n’ai rien compris à ce texte. Que des abstractions. Il faudrait pour moi que chaque phrase soit développée longuement pour être intelligible. J’ai lu tout René Girard, et je l’ai compris, lui.
    S’il-vous-plaît Monieur Benoît Girard redonnez nous votre pensée mais sous une forme accessible. Car j’ai l’intuition que vous nous dites des choses importantes avec lesquelles je suis d’accord. Mais je n’ai rien compris.

    • Vous avez parfaitement raison, j’ai zappé rapidement devant la prolifération de guillemets qui incitent à revoir chaque définition et à prendre du recul.
      J’en ai pris tellement que je n’ai plus vu le texte, ce qui m’a fait pousser un ouf de soulagement!
      Strictement illisible en fait.
      Ce qui se comprend bien s’énonce clairement.

    • Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites (et avec le commentaire qui suit aussi, celui d’Araucaria). Comme je travaille et j’ai déjà écrit sur ces thèmes, j’ai pu tracer ma route dans cet embrouillamini et je crois voir l’origine du problème.
      L’auteur à une intuition juste. Il connaît son Girard et a bien identifié la logique victimaire à but d' »auto-innocentement » (si je puis dire) inhérente à l’accusation portée, en l’occurrence celle d’antisémitisme.
      Le problème est que cette dernière notion est dorénavant extrêmement contrainte par un « surmoi » moral, politique et surtout juridique qui oblige à rester dans le cadre. De sorte qu’il tente de formuler son idée « révolutionnaire » avec nombre d’aperçus très justes (comme le fait que la confusion antisémitisme – antisionisme ne peut que nourrir une hostilité vis-à-vis de ceux qui ont le pouvoir d’imposer de telles contrevérités, et donc, elle est susceptible de favoriser ce qui sera identifié comme de l’antisémitisme) mais il essaie, en même temps, de conserver le narratif victimaire inhérent à l’Holocauste. Car, c’est très clair, ce narratif ne saurait être remis en question factuellement. Il peut l’être seulement sous l’angle de la posture victimaire qui s’en nourrit, et cela avec d’infinies précautions car un rien suffirait pour être catalogué du mauvais côté de la force.
      Ce faisant, empêtré comme il l’est dans sa quête d’équilibre entre innovation et conservation, l’auteur, on peut le regretter, manque complètement le fait que c’est le génocide en cours à Gaza qui constitue l’arme fatale contre la posture victimaire en révélant son hypocrisie, c’est-à-dire, le fait qu’il s’agit, tout bonnement, d’une imposture victimaire.
      Là est la révolution en cours actuellement. C’est l’aboutissement de la Révélation. Nous avons appris avec l’Ancien Testament, à identifier les boucs émissaires, accusés de fautes qu’ils n’avaient pas commises. Avec les Evangiles nous avons appris à n’accuser personne d’autre que soi (l’idée que nul n’est innocent). Avec Gaza, cette vérité devient manifeste et s’imposera à nous désormais : nul n’est innocent, même pas celui qui se prétend victime éternelle de l’Histoire. Encore une fois, la posture victimaire est une imposture qui ne saurait justifier aucune forme de vengeance et, donc, aucune forme de violence.
      Bref, cet article aurait dû s’intituler « Pour un anti-antisémitisme sain » (et qui, donc, ne nourrisse pas, de manière perverse, l’antisémitisme).

  3. Pendant qu’on divise l’opinion publique sur «l’antisémitisme versus le sionisme»,l’impérialisme mondial, U$/U€ en tête par le proxy israélien, ouvertement ou clandestinement, poursuit son œuvre génocidaire envers le peuple palestinien martyr pour s’emparer de ses terres et de son gaz naturel au profit des maîtres d’œuvre de ce génocide que sont les bourgeoisies mondiales, voilà la réalité fatidique.
    Retenons la main du boucher Netanyahu, son gouvernement et des ses sponsors en manifestant à Paris, le 18 mai à 14h,Place du Châtelet.

  4. Ce gars manifestement ne comprend rien à Rene Girard

    Il l’utilise juste pour habiller des idées débiles à la Castelnau

    C’est pourtant simple, et je l’ai fait remarquer à notre hôte : les palestiniens du Hamas sont les jumeaux mimétiques des sionistes. D’ailleurs, ils ont tout deux le même slogan : « de la mer au Jourdain »

    D’ailleurs, Castelnau est devenu le double mimétique des BHL, et autre Alla Poedi bhlisee

    L’humeur me manquant, je ne pointerai point toutes les calembraines proférées. Juste la 1ere,

    Celle ci, une magnifique contradiction : ils nous font la guerre, mais il n’y a pas de guerre
    « 
    la majorité mondiale excédée d’une domination devenue folle, travaille méthodiquement à son remplacement. [ils nous font la guerre, mais ] Il n’y a pas de « guerre de civilisations »

    • Il ne suffit pas de s’opposer à quelqu’un pour en être un double mimétique. Certes, on l’est tous un peu mais tout de même il y a des degrés.

      Vous confondez contradiction et paradoxe.

      • Certes, certes, mais quand vous voyez Castelnau et ses petits camarades inventer des choses, répondre par des logghorés stéréotypées émaillées d’insultes, publier des articles hallucinées comme celui ci (dommage, n’est pas neveu qui veut) tout en accusant avec raison ceux de l’autre camp de faire de même, j’ai des doutes leur capacité de recul

        Ils n’arrivent plus à réfléchir, le mot GENOCIDE prend toute la place dans leurs têtes

  5. Ce que je comprends dans cette guerre de bientôt cent ans, c’est que la majorité des gens d’Israel n’étant pas des Sémites, à l’opposé la majorité des Palestiniens qui eux sont des Sémites, assurément, les vrais antisémites ce sont les Israéliens.

    • Les sémites étant ceux qui parlent une langue sémite, les israéliens qui parlent hébreux sont donc des sémites

      • Et non cher ami rien à voir avec la langue, vous pouvez parler à loisir si le courage vous en prend chinois ou japonais, vous ne deviendrez nullement chinois ou japonais, surtout aux yeux des autochtones.
        Un descendant de khazar peut bien parler hébreu autant qu’il le souhaite, il ne deviendra pas sémite par un coup de baguette magique.
        Ceci étant il n’y a aucune honte a se revendiquer descendant de khazar ce qui est tout aussi honorable que d’une autre origine.
        Il faut juste cesser de prétendre à cette endogamie fantasmée, qui n’a simplement pas toujours existé.
        Et arrêter de croire que l’endogamie entre descendant de khazar fera du rejeton un parfait sémite.
        Ou que les falashas ont décidemment trop brunis au soleil d’Ethiopie!

  6. Le terme « antisémitisme » avait un sens tout à fait clair. Il fut forgé en 1879, par le journaliste politicien allemand Wilhelm Marr qui voulut désigner ainsi, fièrement, son hostilité aux Juifs et désigner en même temps le combat qu’il convenait, à ses yeux, de mener contre eux.

    Il a conduit à la Shoah et il a perdu son sens avec l’extermination du peuple juif.

    « Auschwitz, Golgotha du monde moderne », dit Jean-Paul II.

    La Croix a donné naissance au christianisme, la Shoah au shohisme (ou à l’israélisme).

    Un antisémite est désormais, aux yeux des shohistes (ou israélistes), un non-croyant, un hérétique, un apostat.

    Autrement dit, les antisémites sont les Juifs d’aujourd’hui : il convient de les combattre, de les rejeter dans les ténèbres extérieures.

    (Le crime absolu imputé aux Juifs était le déicide, le crime absolu imputé aux antisémites est le génocide, d’où le retournement de l’accusation par l’Afrique du Sud devant la CIJ.)

    Il y a une façon, une seule, de sortir de ces haines entrecroisées qui s’exacerbent les unes les autres et nous mènent à l’abîme : croire en la pertinence de la pensée judaïque et aimer son prochain.

    À chacun sa conscience.

    •  » les antisémites sont les Juifs d’aujourd’hui : il convient de les combattre, de les rejeter dans les ténèbres extérieures. »

      Théorique plus que dangereuse
      Malheureusement typique du progressisme

      • Oui, il est aussi dangereux et aussi injustifié de combattre aujourd’hui les Antisémites qu’il était dangereux et injustifié hier de combattre les Juifs.

        C’est ce que veut dire, je crois, Benoît Girard.

        Tous autant que nous sommes, nous avons besoin de coupables à dénoncer. C’est ce besoin que je me dois de combattre, en moi-même.

    • Ce sont les juifs eux même qui se proclamés descendant d’hébreux et donc sémites, à la suite de Peretz Smolenskin, qui tout à la fois refuse l’assimilation, prône la pratique de l’hébreu et le « retour » à Sion.
      Et donc sionisme et « sémitisme » vont historiquement de paire puisque souhaiter le retour à Sion veut aussi signifier se déclarer descendant d’hébreu donc sémite.
      Et bien évidemment ce refus proclamé de l’assimilation ne peut que renforcer les mouvements hostiles, l’antisémitisme se nourrit du sionisme historique.
      Mais cet amalgame entre juif et sémite, factuellement faux, est en effet une volonté politique qui date du 19eme siècle.
      Les ashkénazes auraient plus de légitimité historique à revendiquer Rostov na Dona ou Bakou, bon d’accord c’est plus compliqué!

    • Le rapprochement que vous faites me paraît extraordinairement éclairant ! Si, en effet, « Le crime absolu imputé aux Juifs était le déicide » et que « le crime absolu imputé aux antisémites est le génocide », en termes girardiens, cela corroborerait l’idée que l’Holocauste se trouve actuellement élevé au rang de religion (selon Valls on est dans le sacré) avec pour divinité un peuple entier. Il est très clair que cette religion en développement ne se situe pas du « bon côté de la Force » et que Jean-Paul II était dans la confusion.

      • Merci de votre appréciation.
        Mais pourquoi dites que Jean-Paul II était dans la confusion ?

        • Facile : l’Holocauste est l’étalon-or de la posture victimaire qui domine actuellement le Zeitgeist, celle qui perpétue la violence par l’accusation, la vengeance et la recherche de réparations onéreuses autant que symboliques.
          La Crucifixion c’est le parfait opposé puisqu’elle consiste à ne pas entrer dans le cycle de la violence en ne répliquant pas (à) cette dernière.
          Le Christ a clairement dit 1) « ma vie personne ne la prend, c’est moi qui la donne » (donc totalement non victimaire, puisqu’il ne met pas en cause ses persécuteurs…) + « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (… jusqu’au point de les disculper !)
          Donc oui, assimiler Auschwitz au Golgotha est une confusion inacceptable et particulièrement grave de la part d’un pape !

  7. Regards croisés. En prenant du recul – et en me bouchant les oreilles parfois aussi – j’ai remarqué plusieurs choses. Moins professionnelles et approfondies que ce texte remarquable. L’accusation d’antisémitisme est prioritairement brandie par les descendants des survivants du génocide. Mais il faut leur faire comprendre que cela n’excuse pas tout partout et tout le temps. Il reste une culpabilité par rapport à la mise a mort du Christ et il mérite qu’on mette des mots là dessus. Ce qui est devenu impossible. On a aussi une hyper-politisation de ce phénomène. Quand on est pas foutus de gouverner un pays sans cracher a la face de quelqu’un ou qu’on a aucun critère pour se pavaner dans le camp du bien, il vaudrait mieux que certains se taisent. Et pour terminer quel médiocre spectacle nous offrent quelques marionnettes guindées et vexées de ne plus exister qu’en se parant de mille nobles vertues que représentent la défense du plus faible. Mais qui est-il aujourd’hui ?

    • Vous êtes un enfant du programme mon cher ami ou ielle
      Vous êtes prévisible.
      Vous aimé bien la pornographie et vous vous rattrapé sur des consignes
      Dans le monde à l’envers ; Denis Monod-Broca a précédé votre texte
      Et vous allez me dire
      Non; s’est sans aucune mesure.

      S’est mathématique
      D où vient la notions de médecin du travail.
      Dans la physique et la race.

      • Le texte et en plus de l’écrire ; est notre seul liberté qui nous reste.
        Le texte et l’esprit critique
        El a fait du chemin.
        Dans le principielle ce qui va ressortir s’est la radicale nation.
        Sans aucune concession
        La barbarie sans âme

          • Youpin ou youporn était un programme

          • Cherché moi l’ennemi numéro 1 en France
            S’est pas le mec hamed amra
            Ni d’ailleurs mohamed mérah et ni dutroux

  8. Hitler prenait soin de dire qu’il n’était pas anti-sémite mais anti-Juifs (car sans apprécier du tout les musulmans de quelque origine que ce soit il faisait un peu route commune avec les pires). Donc qui vise ce garçon obscur?

    • Benoit est le neveu de Rene

      Et depuis peu, il essaie de faire vivre l’héritage

  9. Hitler était un enfant du programme, comme de macron
    Il savais très bien qu’il allais se suicider pour être libre.
    En parallèle vous avez macron et toujours le même pognon
    Lorsque Rothschild fait un aveu qu’il fait partie de la maison
    s’est une condamnation à mort qui rassure les marchés
    La nouvelle Calédonie est sont coût de grâce
    Voir les JO aussi.
    Et là on à pas encore fait le lien entre Epstein , mimi et LVMH et dame de France.
    Et puis la drogue l’affaire des conteneurs

    Dans le en même temps il faut atterrir

    • La chose en soi, c’est-à-dire le réel, est effectivement comme l’a très bien formulé René Girard, la rivalité mimétique qui débouche sur le sacrifice, là où Kant pensait qu’il s’agissait de la seule responsabilité morale, c’est-à-dire la bonne volonté de chacun. Il faudrait trouver le chaînon manquant entre René Girard et Kant pour arriver à une forme de consensus, en s’aidant pour cela de Schopenhauer afin de réconcilier la vision optimiste et progressiste de Kant, avec celle pessimiste et sauvage de René Girard. Hormis cette volonté aveugle, le RÉEL, tout le reste ne sont que des phénomènes que nous appréhendons a priori par notre intellect et ses outils : l’espace et le temps via les médias c’est-à-dire la REPRÉSENTATION. La représentation via les médias a fait globalement le choix « moral » de soutenir Israël et de condamner l’« antisémitisme », même si cela doit se faire au prix du sacrifice d’une population qui a certainement plus de points communs avec les antiques Hébreux que n’en ont les Israéliens actuels fruits de conversions plus tardives comme le souligne Shlomo Sand. À travers tous ces phénomènes de surface on voit quand même très bien se dessiner la chose en soi, à savoir la logique sacrificielle très bien décrite par René Girard, davantage que les vertus morales des uns ou des autres.

  10. Macron était pisté dés sa naissance pour sa fidélité à faire du théâtre.
    Ils l’on pulvérisé sur la scène politique.
    Et vu que les élections sont truquée

    ça fait peur du prochain le divine enfant à venir .
    oui il y en à encore 1
    Brel il avait vu
    France ce n’est pas n’importe qui , n’importe quoi et n’importe comment.
    Même Ségolène >ROYAL s’est offusqué de l’EURO VISION .

    Faut atterrir et faire le bilan où du moins un constat

    Suffit que la France refuse de rembourser sa dette
    ça s’est le pouvoir

    • Suffit que la France refuse de rembourser sa dette
      ça s’est le pouvoir

      en plus ils te filerons plus de pognons pour que ton idée ne se propage pas.
      S’est comme pour les indépendances, no vague
      Là tu est dans l’open bar de la banque Rothschild
      Et tu lui dit ; ton pognon s’est de la chimère.
      Et il te répondra
      Bien sur
      Rothschild au départ ce n’était pas la banque s’était plutôt une frustration d’un non dit.
      En plus il est né dans une religion de cinglé

      • Il est d’ailleurs pas anodin que macron à chanter la bohème
        Une chimère de banque

  11. Peut être qu’on devrait déjà utiliser le même vocabulaire. Génocide des Juifs comme le tout premier, celui des Arméniens. La encore, le politique intervient pour modifier des faits et les interpréter dans l’histoire sombre de l’humanité. Le 7 octobre, un attentat terroriste a eu lieu. Ce n’était ni un complot ni un pogrom. A partir du moment où un gouvernement s’empare d’une religion pour y imprégner son idéologie on sort de la laïcité. On part sur une gouvernance bancale qui n’est plus dans son rôle. Je ne comprends pas les gesticulations hystériques dans ce pays. Il faudrait remettre du factuel et de l’ouverture. Or les politiques sont dans l’appropriation. C’est une erreur éthique et morale. Par ailleurs ce sont des innocents qui paient toujours pour les idéologies politiques.

    • la laïcité est un état d’âme , comme des autres reliques.
      S’est le billet tour opératoire tout compris.
      Cela fait une plombe de milliers d’années qu’on nous raconte la même histoire.
      L’immortalité nous échappe.
      Et la moralité est un exorcise de style .
      D’ailleurs vous pouvez naviguer n’importe où dans le monde
      Dès que vous voyez un être humain
      S’est toujours le même spectacle et depuis la nuit des temps.

      De selon de mon avis de saint exupery l’avais compris.
      D’où le petit prince qui parle à son compagnons .
      Qui est lui même

      • On à fait de cette planète un mouroir de penser.
        Et en plus ce n’étais pas nécessaire
        S’est vraiment le clou du spectacle
        Vous vous imaginez bien que la clavicule de Salomon je lui renvoi son tibia dans son rectum .
        D’ailleurs netanyahou s’est ce qu’il fait , il passe en force.

  12. « À observer le torrent de laideurs « ……….je pensais plutôt à un tsunami.

    • Le tsunami. est plus tardif
      Mais il va venir
      Cad que nous allons avoir une onde de forme venant de la mère
      La matrice est très vivante ; nous ont est juste des juxtaposés
      Macron
      Il fait partie de la maison il fait partie du zodiac
      Des 12 maisons sans le serpentaire comme 13 eme .
      Qui nous échappe dans le zodiaque
      En plus ce 20 mai 2024 s’est mon anniversaire
      Je suis né à 0 heure 17 la veille de la pentecôte dimanche 19 mai 2024
      Pour une fois j’ai toutes les étoiles qui rentre dans mon signe
      J’étais toujours en différé entre la pentateuque et l’ ascension
      S’est génial

  13. Très intéressant, mais un soupçon dogmatique. Dire comme Zemmour que l’Islam est un gros problème pour l’Europe est à mon avis un fait. Mais en tirer argument pour condamner la résistance palestinienne contre Israël est un saloperie, dès lors qu’au Moyen Orient, le problème ce n’est pas la présence des arabes Musulmans, mais celle d’un Israël devenu fou et visiblement raciste. Au demeurant, soutenir l’Israël actuel et continuer à accueillir chez nous des Musulmans qui pour beaucoup ne nous aiment guère, quelles qu’en soient leurs raisons, est une folie géopolitique. Tant que la loi du fric et l’Hegemon guideront l’Occident, nous n’en sortiront pas. Et, en s’appuyant sur cet Occident, Israël se suicide, sans bien sûr oublier de trucider un nombre grandissant de Palestiniens. On sait comment se terminent les tragédies. A la grâce de Dieu!

  14. Dans ce galimatia, j’ai noté que ce sont les chrétiens qui finalement on créé le problème juif. Il est vrai que Jésus a voulu changer les diktats toxiques de cette société et qu’il en a été puni. Les diktats toxiques de cette religion sont restés jusqu’à ce jour et produisent les mêmes effets. Ceux qui les dénoncent encore doivent-ils être punis pour que triomphe leurs lois?

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