Cohn-Bendit, sors de ce corps !

Je suis vraiment touché, par ce petit cadeau que me fait l’actualité. Voilà t’y pas que je viens de rajeunir brutalement de 58 ans ! La machine à remonter le temps, ça marche ! Je me retrouve en mai 68. La même jeunesse de la petite bourgeoisie qui se « révolte », qui avance des revendications (frappées au coin du bon sens, c’est vrai) sous le regard énamouré de leurs parents. Les mêmes violences policières, même si cette fois-ci elles sont massivement filmées, la même approbation initiale d’une opinion qui ne va pas tarder à changer d’avis, si jamais les prolos profitaient de l’occasion. Lesquels prolos, expulsés des grandes villes et relégués à la périphérie, ferment leur gueule pour l’instant. La dernière fois qu’ils l’ont ouverte, fin 2018 avec les gilets jaunes, ils se sont fait massacrer, mais vraiment massacrer. Et ils ont le souvenir cuisant que la même petite bourgeoisie qui s’agite aujourd’hui, s’est soigneusement tenue à l’écart et a regardé ailleurs. Quand elle ne réclamait pas carrément comme Luc Ferry (et d’autres) qu’on tire dans le tas. En 68, les prolos aussi avaient attendu 15 jours pour se mettre en branle et réclamer le prix de leur effort des « 30 glorieuses ». Il n’y a jamais eu de coordination entre le mai étudiant et le mai ouvrier. Ce sera pareil cette fois-ci.

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Avant de partir, merci de m’offrir un café.

Régis de Castelnau

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