Gilets jaunes : la dérangeante odeur du pauvre.

Ces gilets jaunes. Tout ce bruit pour quelques litres d’essence et de gazole. Alors même que la planète court à la catastrophe environnementale, tous gyrophares dehors, sirènes hurlantes. Et d’ailleurs, est-ce qu’ils sont si malheureux, si pauvres que ça ? Tous ces beaufs de sortie, qui exposent sans honte leur crasse et leurs caprices sur nos ronds-points, ont-ils vraiment de quoi se plaindre ? Ne cacheraient-ils pas, dans le secret de leurs pavillons flambant neufs, de coupables écrans plats, de honteux 4×4 et, en cherchant bien, des billets dans leurs matelas ?

Honte de cette nouvelle pauvreté qui défile dans l’espace public. Un peu de pudeur, les ploucs ! Surtout : pas de scandale. Ne faites pas honte à la Nation, avec vos pneus brûlés et vos sales gueules. Dans le Nouveau Monde, on marche, ou on crève. Et en silence. De la dignité : la planète vous regarde ! Et ce n’est pas avec vos revendications puantes et vos caprices de sales gosses trop gâtés que vous nous ferez regagner la confiance de l’Allemagne. Vous savez combien ils gagnent, en Bulgarie ? Vous ne voyez donc pas que vous gênez, avec vos sales comportements ?

Mondialisation heureuse : les gagnants et les perdants

Passionnant révélateur des fractures françaises, fascinant témoignage du divorce entre gagnants et perdants de la mondialisation, lumineuse illustration in concreto des travaux des Christophe Guilluy et Gérald Bronner qui nous expliquent, dans le sillage d’économistes aussi avertis que le sont Thomas Piketty ou, mieux encore, Michel Aglietta, la vérité suivante : les classes moyennes sont en train de mourir sous nos yeux. Et Il n’y a aucune raison pour qu’elles le fassent dans le silence, sans réaction d’orgueil. Car si la notion de classes moyennes, les “deux Français sur trois” dont parlait déjà Giscard, rimait dans les Trente Glorieuses avec celle de progrès social, un progrès prenant la forme d’un attelage nouveau et salutaire, impliquant non seulement les ouvriers et les paysans, mais également les petits patrons et les cadres moyens, ce terme est aujourd’hui porteur d’une dimension nouvelle : celle des espèces en voie de disparition. Les classes moyennes, en réalité, sont mortes économiquement avec ce qu’Aglietta appelle le capitalisme contractuel, c’est-à-dire un système économique organisant les rapports de forces collectifs en bonne intelligence, par la négociation collective, sous le contrôle de la puissance publique. Un capitalisme dont l’acte de décès remonte, selon le même Aglietta, aux années 1970-1980, alors que la division internationale du travail et ses délocalisations massives réduisaient à néant la capacité de négociation d’ouvriers occidentaux devenus soudainement trop chers, trop exigeants, trop gâtés. On ne peut comprendre la désertification des territoires, comme disent pompeusement certains responsables nationaux, si on ne l’éclaire pas à la lumière de la désindustrialisation. Car en même temps que disparaissaient les usines, s’évanouissaient d’importantes rentrées fiscales pour l’Etat, mais aussi des commerces, dont les ouvriers comme les patrons étaient les clients ; puis ce fut le tour des services publics. C’est ce dangereux jeu de dominos, que n’ont pas voulu voir ces responsables claironnant fièrement, depuis vingt, trente ans, que la France pouvait, devait devenir un “pays sans usines” – alors même que les effets globaux de la désindustrialisation sur les espaces géographiques où elle a lieu sont documentés depuis de nombreuses années. Tragique inconséquence, criminelle lecture de la réalité sous le seul angle de l’optimisation à court terme des relations économiques, sans égards pour les conséquences à long terme de ces choix politiques désastreux. Pathétique faillite du politique, dont la lecture anticipée de ces jeux de billard à quatre ou cinq bandes est justement censée être la mission que lui confie le peuple par ses fragiles bulletins.

« Rendez l’ISF d’abord ! Rendez l’ISF d’abord ! »

Dès lors, ceux qui restent dans cette France qui s’est vidée, dans ce qu’on nomme la diagonale du vide ou dans ses annexes, sont bien souvent ceux qui vivent une “sédentarité contrainte”, concept lui aussi inventé par Guilluy. Et une part non négligeable de ces sédentaires contraints vit, comme elle peut, de boulots peu qualifiés, dont la voiture est l’outil lui aussi obligatoire. Faire ce constat, ce n’est pas être un militant obstiné de l’économie carbonée : c’est voir la réalité en face, et comprendre en quoi pour certains, vingt centimes de plus à payer sur un gazole dont l’Etat leur explique depuis trente ans, incitations fiscales à l’appui, qu’il est leur avenir, constituent une brutale iniquité lorsque le carburant fait partie de leurs dépenses contraintes. C’est un fait, net et précis, et c’est bien de cette équation impossible face à laquelle sont brutalement mis des millions de travailleurs que vient la colère dont nous sommes aujourd’hui les témoins. De quelle planète faut-il venir pour ne pas comprendre que la nécessaire transition énergétique ne pourra se faire qu’en développant d’abord et avant toute chose les alternatives à la voiture ? Dans quel monde vit-on pour ne pas voir qu’il est stupide, et même pervers, de fermer à tour de bras les petites lignes ferroviaires et les services publics de proximité un jour, et de priver le lendemain des citoyens du seul cordon ombilical qui les relie encore à leur travail et à la société : leur sale, si sale voiture roulant au diesel ? “Nous voulons libérer les Français de leur dépendance au pétrole”, nous expliquait dimanche soir le Premier ministre. La dialectique de ce pouvoir commence à être bien connue : pour libérer un riche, ou lui rend de l’argent ; pour libérer un pauvre, on lui en prend. François Ruffin l’a bien compris, qui lançait il y a quelques jours dans l’hémicycle, rageur : « Rendez l’ISF d’abord ! Rendez l’ISF d’abord ! » Comment ne pas comprendre la rage de ces oubliés de nos campagnes ? La honteuse suppression de l’ISF coûte en effet chaque année plus de quatre milliards à l’Etat, et la mise en place d’une flat tax sur le capital, près de cinq milliards en 2018 ! Neuf milliards rendus aux plus aisés, et trois milliards pris aux manants sur leur carburant. Concentrer les gains, mutualiser les pertes : depuis trente ans, l’antienne est bien connue. Mais là encore, peine perdue : car pour réaliser les colossaux investissements qui rendraient possible la nécessaire transition énergétique moins douloureuse pour les citoyens, il faut de l’argent, beaucoup d’argent : et la dette publique doit être réduite, à marche forcée. Et tant pis si l’épargne des Français n’a jamais été aussi élevée – 3’500 milliards nets en 2018, ne demandant qu’à être dirigée intelligemment vers ces dépenses d’avenir qui conditionnent tout autant la souveraineté énergétique de notre pays que la résorption de ses béantes fractures territoriales. Inventer de nouveaux financements des politiques publiques est une tâche harassante, qui demande de la créativité, alors qu’il est si facile d’utiliser les mêmes vieilles recettes : le rabot pour les services publics, la traite fiscale pour les autres ; et dans le logiciel d’Emmanuel Macron, ces autres ne sauraient être que les classes moyennes,avec les résultats désastreux que l’on observe aujourd’hui, indissociables du déficit de légitimité dont pâtit ce Président, peu ou pas désiré et, qu’on le veuille ou non, fort mal élu. Qu’il eût été facile, en vérité, de renforcer l’ISF et sa légitimité en le fléchant intégralement vers des investissements énergétiques massifs ! Les redevables comme les citoyens : tout le monde y trouvait son compte. Mais prendre un radis au bourgeois, pour ce président-là, n’est pas pensable. Il faut, c’est vrai, responsabiliser le pauvre, et bien lui faire sentir qu’il doit se satisfaire des compensations, bien excessives, qu’on lui accorde déjà.

Quels débouchés politiques ?

Alors, quels débouchés politiques espérer pour un mouvement de ce type, hétéroclite agrégat de colères sans autre réceptacle que le bitume ? Des candidats à la récupération – car récupération il devra y avoir, n’en déplaise aux adolescents attardés fascinés par le zadisme niais – se sont déjà manifestés : sous l’impulsion de François Ruffin, dont l’intelligence politique, éblouissante, n’est plus à démontrer, La France Insoumise (LFI) a rejoint, bon gré, mal gré, le mouvement ; Laurent Wauquiez, par l’intermédiaire de seconds couteaux comme Guillaume Peltier, a également tenté de prendre le train en marche – mais tout, dans cette droite périmée et usée jusqu’à l’os, sent tellement la vilaine indignation de circonstance, qu’il est permis de douter du succès de l’entreprise ; enfin, et aussi surprenant que cela puisse paraître, un Dupont-Aignan a pu trouver dans ce mouvement, avec un certain talent, le prétexte à un convaincant réquisitoire contre l’impasse dans laquelle ce gouvernement, sur tous les plans, s’est engouffré depuis un an et demi. En réalité, et c’est ce qui lui donne un caractère si clivant, il souffle sur ce phénomène un tel vent de rejet des clivages politiques traditionnels, qu’on est tenté d’y voir le symétrique parfait du coup d’État du bloc bourgeois, pour reprendre l’expression du politologue Jérôme Sainte-Marie, qu’a constitué l’élection d’Emmanuel Macron il y a un an et demi. Comme si à l’union des gagnants devait aujourd’hui répondre une union des perdants ; et les perdants de cette mondialisation, les perdants des choix fiscaux de ce gouvernement, comme on l’a vu plus haut, sont connus : ces classes moyennes en voie de paupérisation, qui pourraient bien être en train de faire bloc avec celles qui ont déjà été franchement prolétarisées par les mutations économiques de ces dernières décennies. On ne le répètera jamais assez : la part de la rémunération du capital, depuis trente ans, a connu une explosion dans le monde entier, au détriment de celle du travail. Les Etats-Unis sont le modèle-même de cette évolution, et la France, péniblement, sous les huées d’organisations internationales (FMI, OCDE, Commission) consternées par cette absence de sens économique, a au contraire maintenu un niveau de redistribution et un taux de pauvreté plutôt équilibrés. Aussi caricatural que cela puisse paraître, et qu’on nous pardonne ce moment de chauvinisme : le génie français s’incarne souvent dans cette façon obstinée d’être à contre-courant de la folie de l’Histoire. Car nous savons, plus que tout autre peuple, et dans notre chair, que l’iniquité appelle la colère et suscite la violence. Nous n’avons pas tranché autant de têtes, il y a plus de deux cents ans, pour courber aujourd’hui l’échine devant les injonctions désincarnées d’une clique devenue plus sensible aux charmes de la vitrine internationale, quitte à renoncer à l’idée même de sa propre souveraineté, qu’aux cris de son propre peuple. Et cette obstination, ce refus français, dont Marcel Gauchet est sans doute le plus brillant analyste, semblent désormais plus insupportables, suscitent d’autant plus de haine aujourd’hui, que nous vivons dans un monde ayant fait du Progrès une religion dont les rapports du FMI seraient les Évangiles, et nos gouvernants les prêtres défroqués.

Car leur religion, à eux – et c’est sur cette distinction fondamentale entre intérêt privé et intérêt public, dont les institutions françaises sont marquées au fer rouge, que notre modèle politique est fondé – est censée être celle du bien commun et de l’intérêt général. Ce n’est pas une lapalissade : c’est un fait saillant, majeur, de la spécificité française. C’est cette spécificité qui explique, par exemple, le taux d’imposition particulièrement élevé de notre pays ; notre sécurité sociale ; nos politiques sociales ; notre politique de Défense ; notre droit administratif, qui est une curiosité aux yeux du monde anglo-saxon, dont la tradition veut que l’Etat soit l’égal du citoyen devant le Droit, à de rares exceptions près, alors que la France réserve un Droit et des juridictions spécifiques aux litiges auxquels l’Etat est partie. En d’autres termes, le consentement à l’impôt, en France, est d’autant plus sacré que notre société a fait le choix, depuis plusieurs siècles et non sans de sanglants remous, du mutualisme, de l’assurance collective, de la socialisation, phénomènes dont Alain Supiot est le grand penseur contemporain – en plus d’être probablement le plus grand penseur français vivant, tout court. Aujourd’hui, ce gouvernement est en train de saper ce consentement en accablant d’une fiscalité dite écologique ceux qui n’ont pas les moyens de la financer, tout en soulageant de l’autre main une infime minorité qui, à dire vrai, n’en demandait pas tant. Rien ne suscite plus de haine contre l’Etat à la française, cet Etat auquel plus de cinq cents ans d’histoire ont donné, dans l’imaginaire collectif national, le rôle de dernier rempart, de dernière personne sur qui l’on peut compter dans la tempête, rien ne détruit plus sa légitimité, que le sentiment de voir ses moyens détournés au profit d’intérêts et de buts privés : car on lui pardonne volontiers ses erreurs et ses excès de pouvoir si l’on conserve chevillée au corps la conviction de sa force et, par-dessus tout, de son intégrité. Or, c’est précisément cette conviction qui a été ébranlée par le pouvoir en place depuis un an et demi. On voudrait annihiler la légitimité de notre modèle social qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Alors même que ce modèle mutualiste est, avec ses égarements parfois, avec ses excès, avec sa naïveté et sa complexité – voilà des questions qui mériteraient d’être posées avec clarté – l’un des piliers de la conception française de la dignité humaine et de la citoyenneté.

La fin de la honte ?

Alors, le peuple serait-il en train de se constituer en force politique ? Aurait-il enfin compris, après mille preuves données par ce gouvernement de sa vacuité et de sa parfaite pusillanimité quand il s’agissait d’affirmer l’intérêt national face à l’Allemagne ou aux Etats-Unis, et de son impitoyable obstination lorsqu’il faisait face à des adversaires plus faibles, aurait-il enfin compris qu’au bloc bourgeois ne pourrait répondre qu’un bloc populaire homogène ? Il est évidemment trop tôt pour répondre à cette question. Un sondage de BVA donne cependant quelques pistes : 78% des ouvriers et employés soutiendraient le mouvement, contre 46% des cadres ; dans les petites communes et communes rurales, 70% des personnes interrogées y sont également favorables. Depuis plusieurs jours, la débauche d’injures, les moues de dégoût et les crachats de ceux qui sont du bon côté de la barrière, ont été abondamment relatés, et on n’y reviendra pas ici. L’oligarchie, qu’elle soit parisienne ou non, d’ailleurs – ce clivage souvent facile et injuste mériterait d’être remis à sa juste place, c’est-à-dire à la marge – semble serrer les rangs, et c’est heureux. On l’a dit en introduction : de Libé aux Echos, en passant par Slate ou par Le Monde, tous ont en commun ceci : l’odeur du peuple les indispose salement. Si le petit peuple pouvait se contenter de fabriquer ses fromages AOP, de livrer sagement ses colis Amazon, et de faire manger ses repas à grand-maman, que l’on ira voir une fois par an, pour faire bonne mesure, dans son EHPAD de la Creuse, ce serait quand même préférable. Si le petit peuple pouvait se guérir de cette saleté d’addiction au pétrole, sans crier, sans trop gêner, le pays ne s’en porterait que mieux. S’il veut protester, qu’il le fasse sagement : par exemple, en allant voter aux Européennes pour la liste autorisée des contestataires raisonnables, validée par la caste, celle de Raphaël Glucksmann.

Nous sommes aujourd’hui contraints à l’espoir face à un mouvement dont personne ne sait exactement s’il sera un feu de paille, ou le début d’un Cinque Stelle à la française. Nous sommes forcés d’espérer que les intérêts égoïstes de cette masse de perdants, tous ces perdants – ils sont nombreux – convergeront pour former une ligne homogène, construite, radicale et alimentée par des gens qui savent, comme le dit Bardamu dans le Voyage, capables de les aiguiller avec humilité et bon sens dans leur démarche. Il y a beaucoup de gilets jaunes, dans ce pays, qui ont compris qu’ils n’avaient plus à avoir honte de leur incertitude économique permanente, de leur vieille bagnole, et de ces petites brimades que le réel leur inflige avec une violence croissante. Les perdants se sont levés. Soutenir leur bataille, les aider à lui donner la consistance qu’elle devra prendre, est sans aucun doute le devoir de ceux qui ressentent une sourde et entêtante nausée face à ce qu’Emmanuel Macron est en train de faire de notre pays. Il faudra déployer des trésors de bon sens, et de sens tactique, pour savoir où placer le curseur de la contestation : respectueuse des libertés économiques, autant que possible, mais aussi et surtout des biens et des agents publics. Car ce gouvernement-ci, comme il a déjà entrepris de le faire, aura tôt fait de pointer les débordements et les nuisances causées par ce mouvement à l’activité économique et aux libertés des citoyens n’y prenant pas part. De nouveaux modes d’action sont à inventer, dans la plus stricte observance du civisme républicain : ils ont déjà commencé à éclore,et cette ligne devra être tenue si le mouvement veut perdurer.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir : il y a déjà lieu de se réjouir, car un tabou vieux de plusieurs décennies a été brisé en fanfare. Les gilets jaunes n’ont plus honte de dire qu’ils sont les perdants de l’Histoire, et ils ont raison : il n’y a aucune honte à avoir, aucune, d’être les perdants d’un système aussi vil que celui-là.

Pas plus qu’il n’y a lieu, en haut, de ressentir la basse fierté d’en être les pathétiques gagnants.

 

 

 

 

 

 

63 Comments

    • Bravo pour cet excellent article !
      Et si les gilets jaunes s’emparaient de l’idée du référendum d’initiative citoyenne et exigeaient du Pouvoir qu’il soit inscrit dans l’article 3 (www.article3.fr/petition) de la Constitution, ça réglerait d’un coup tous les problèmes et nous dispenserait à l’avenir de redescendre dans la rue pour bloquer le pays, non ? Les lois impopulaires pourraient être remises en question par une procédure référendaire, ce qui – en amont – dissuaderait les gouvernants de faire n’importe quoi, non ?

      https://www.facebook.com/notes/pat-au-logis/quelle-ne-soit-pas-morte-pour-rien-/2112605625429071/

      • Le référendum d’initiative partagée a déjà sa place dans la Constitution, à l’article 11 alinéa 3 suite à la révision constitutionnel de 2008.
        L’idée doit d’abord remonter au parlement pour qu’il en lance l’initiative (partagée), laquelle doit être soutenue par 1/10 des électeurs.
        Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi, en l’absence d’informations supplémentaires, le parlement peut en disposer comme bon lui semble, ce qui marginalise le rôle du citoyen dans cette procédure.
        Depuis la réforme du quinquennat (2000) & des calendriers électoraux, le fait majoritaire est automatiquement institué à chaque législature.
        Dès lors, il y a très peu de chances que soit soumise à un référendum une proposition de loi fidèle à la demande du peuple qui serait contraire à la politique de l’exécutif.
        La question du référendum d’initiative partagée est nettement plus compliquée que vous ne l’imaginez, elle remet en cause notre système représentatif sur la base du scrutin majoritaire à 2 tours.
        De plus, la Constitution interdit l’organisation d’un référendum qui consiste à abroger une loi promulguée depuis moins d’un an ce qui est logique dans le sens où cet outil ne doit servir d’instrument principal à l’élaboration de la loi, celle-ci émanant de la volonté du parlement.
        Cependant, sur les questions sociétales, comme la mariage pour tous par exemple, le Conseil constitutionnel s’étant déclaré incompétent à juger la constitutionnalité d’une telle loi, le référendum peut être tout à ce moment là tout à fait pertinent, car agissant à titre subsidiaire.

    • le problème c’est que le peuple se lève pour quoi au juste quelles sont leur revendications?de l’argent de l’emploi de l’influence politique pas un mot sur les lois schiappa l’avortement les vaccins obligatoire et j’en passe

    • La IIIè République a vu plus de 100 gouvernements là où, sur la même période, l’Angleterre en a vu une vingtaine et les États-Unis quatorze. La IVè nous a donné 17 présidents du Conseil et 22 gouvernements sur 12 ans.
      La Vè a une constitution solide mais il n’y a plus de  »talents » sur étagère tandis que les médiocres restent majoritaires.
      Nos politiciens qui nous avaient fait du  »responsable mais pas coupable » viennent au sujet des assistants parlementaires lors de la dernière présidentielle de nous faire du  »ce n’est pas moral mais c’est légal ».
      Faute de ne pas pouvoir changer le peuple ce dernier n’est plus sollicité par référendum.
      On ne peut plus rien attendre de notre classe politicienne.
      Quant aux médias dominants (Presse,TV,Radios), en permanence, l’insignifiant occulte l’essentiel.
      Soyons patient
      Bernanos écrivit à ses amis en 1942 : Ne vous tourmentez donc pas, la France a inventé Jeanne d’Arc, elle a inventé Saint-Just, elle a inventé Clemenceau, elle n’a pas fini d’en inventer ! C’est son affaire !

    • « De nouveaux modes d’action sont à inventer, dans la plus stricte observance du civisme républicain »

      Il y a contradiction, là…

      Comme disait Fernand Raynaud : « c’est étudié pour… » – quand un labyrinthe (les élections) n’a pas de sortie (l’alternance), c’est parce que c’est une prison (clientèle politique, chantage à l’emploi), il faut alors abattre les murs.

      Geof’, neo-communiste belge, expert en démolition

  1. En réalisant le ni gauche ni droite, est-ce que Macron n’a pas inventé le ni extreme droite, ni extreme gauche? La polarisation de la France est elle désormais le centre VS les extremes?

    • Relisant Les Misérables, j’y ai trouvé une description de cette base « centriste » de LREM. Il s’agit des gardes nationaux qui refusant qu’on touche au juste-milieu incarné par Louis-Philippe font la 1ère attaque rageuse de la barricade qu’a rejoint Marius. Hugo les qualifie d’ « enragés du centre ». Il sont le vrai conservatisme, celui qui veut conserver sesprérogatives, quoi qu’il en coûte aux autres.
      Pour moi, ce centre est une espèce d’extrême-droite, en fait, en ce sens qu’elle instaure un inégalitarisme. Celui du RN est basé sur des critères d’origines ethniques, celui de LREM sur des critères de pouvoir économique.
      Un petite remarque en passant. Les gens qui ont payé son parti politique à M. Macron, qui lui ont ouvert les rédactions de la presse privée et même celle de la presse publique prétendummant indépendante, ont compris que leur cheval était trop fougueux. Il montre trop facilement son mépris, c’est un ado en toute-puissante attardé. Ils l’ont un peu recadré par une campagne de presse lors de l’affaire Benhalla, comme ils recadrent aussi le petit prince Saoud, pour d’autres raison. Aussi, ne focalisez pas trop sur la personne qui fait office de président ; ils le remplaceront par qqun d’autre pour les mêmes besognes.

  2. Bonjour, merci à Ambroise de ce texte beau en plus d’être juste, et de son aimable référence. Cependant, j’ai essayé de dessiner les contours du « bloc élitaire » dans une perspective avant tout politique, cependant que d’autres parlaient d’un « bloc bourgeois » avec une approche surtout économique : http://www.raisonsdagir-editions.org/catalogue/lillusion-du-bloc-bourgeois-2/.
    Il se trouve que l’on a écrit nos papiers et livres à peu près en même temps, sans se connaître et, de fait, sans se plagier.
    Jérôme Sainte-Marie

  3. Les Gilets jaunes, c’est la révolte de la France des oubliés, de nos concitoyens qui vivent loin d’une grande ville.

    Ce mouvement va bien au-delà de la simple question du prix des carburants. C’est un ras-le-bol général qui s’exprime. Cette grogne vient des territoires ruraux, des petites et moyennes villes souvent éloignées des grandes métropoles, c’est à dire la France périphérique décrite par le géographe Christophe Guilluy, là où vivent les ouvriers, les salariés à bas revenus, les indépendants, les retraités …

    C’est aussi la révolte de la France qui va de moins en moins voter, car ces catégories de Français ne sont plus intégrées politiquement et économiquement. Ils ont subit la fermeture des usines, la fermeture des écoles, la désertification médicale, le départ des services publics, …

    Nos élites dirigeantes gagnantes de la mondialisation, qui vivent dans l’entre soi dans des métropoles où il y a du travail, de l’argent, des services publics, sont coupées de cette France périphérique. Les réflexions de Benjamin Griveaux, porte parole du gouvernement qui a qualifié Laurent Wauquiez de « candidat de ceux qui fument des clopes et roulent au diesel », et de Jean Quatremer, journaliste à Libération : « Les Gilets jaunes : un mouvement «beauf largement d’extrême-droite» illustrent ainsi le mépris dans lequel une partie de l’élite dirigeante tient les classes populaires.

    Cette France des oubliés qui se soulève demande tout simplement à être respectée.

  4. Merci pour ce beau texte et la référence à Alain Supiot ! Pour compléter : https://insolentiae.com/ce-jour-ou-la-france-se-souleva-ledito-de-charles-sannat/
    Cependant, il y a encore pire, car, quand Ambroise de Rancourt écrit « la nécessaire transition énergétique ne pourra se faire qu’en développant d’abord et avant toute chose les alternatives à la voiture ? » il se trompe. La « nécessaire » transition énergétique, n’est pas si nécessaire que ça. En effet, elle se fonde sur deux postulats : l’épuisement des hydrocarbures fossiles et le réchauffement climatique anthropique. Or, tout ceci n’est pas DÉMONTRÉ, loin de là. Les réserves d’hydrocarbures – et de charbon – sont encore énormes et, de toute façon, peuvent être compensées par des hydrocarbures issus de l’agriculture (éthanol,méthane) ou de l’aquaculture des algues par exemple. Cette transition vise à nous faire passer au tout électrique, ce qui est absurde, tant il faudrait installer de centrales nucléaires, même avec des logements moins énergivores.
    Ensuite, le réchauffement/dérèglement climatique anthropique est encore moins démontré. Il repose sur deux théories : l’effet de serre d’Arrhénius (on est dans les années 1820 !) et la frontologie de Berggkren (1919 !). depuis lors, la science a évolué et a mis en évidence d’autres théories beaucoup plus robustes. Par exemple, les AMP de Marcel Leroux. Voir, entre autres : https://information.tv5monde.com/info/fraude-scientifique-face-la-multiplication-des-scandales-le-cnrs-reagit-271693 ou https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/17/reflexion-sur-la-theorie-de-l-effet-de-serre/
    De plus, historiquement toute transition énergétique s’est effectuée en dehors de l’État : Cf. par exemple, le passage du charbon de bois à la houille à partir de 1820/1840. Non, cette « transition » n’est que la justification idéologique (malthusienne, en plus !) de la dictature des détenteurs du capital financier sur les peuples, avec la bénédiction des idiots utiles de l’écologie politique, substituts des idéaux de gauche.
    PS : En tant que géographe, j’ai étudié la climatologie, aussi je vais aux sources et je ne me contente pas de répéter la propagande des médias main stream aux ordres. Cf, l’aventure arrivée à Philippe Verdier !

  5. Et pour les prochaines élections, non seulement les européennes mais aussi les suivantes, démacronisez-vous, il faut toujours être démacronisé. Alors votez LFI, RN, DLF (*), peu importe mais démacronisez-vous !!! Et si quelquefois vous êtes pris d’un doute, vous hésitez à sauter le pas, demandez à ceux qui travaillent , à ceux qui souffrent, à ceux qui peuplent nos campagnes et nos petites villes, aux gens ordinaires. Ils vous répondront : démacronisez vous !

    * : sauf, bien entendu, les malfaisants validés par la caste de Raphaël Glucksmann.

  6. Génial

    Jai ecrit il y a deux jours : dernier soubresaut ou réveil du peuple.
    J’espère que le peuple va se réveiller car plusieurs points sont inquiétants.
    La dramatisation par le pouvoir, prélude a une répression féroce par tous les moyens, la non participation des banlieues pourtant peuplées de gens modestes mais qui sont soutenus par la redistribution forcenée et donc pas sensibles à la fiscalité et enfin la possibilité d’un éclatement du mouvement provoqué par un drame.

  7. A l’évidence il y a beaucoup de courage individuel dans ce mouvement de gilets jaunes mais «la noblesse d’Etat» bien confortablement assise sur ses prébendes peut, elle, patienter.
    Simone Weil (Méditation sur l’obéissance et la liberté, hiver 1937-1938) «On ne peut établir de cohésion qu’entre une petite quantité d’hommes. Au-delà, il n’y a plus que juxtaposition d’individus, c’est-à-dire faiblesse. Entretenir ce sentiment d’impuissance, c’est le premier article d’une politique habile de la part des maîtres ».

  8. Quel superbe plaidoyer.
    Comme le souffle d’une bienveillante mise en perspective d’une certaine idée de la justice et de l’injustice sociale, aux antipodes des discours convenus de la pensée unique.
    Merci, de la part des  » riens  » qui permettent, par leur labeur, ( n’ en déplaise au 1% ), aux plus nantis de s »empiffrer au delà de toute raison avec une absurde indécence.
    Comment comprendre cette cupidité tellement inhumaine qu’elle conduira inexorablement à la fin du vivant si notre courage et notre bon sens ne nous ordonnent pas de nous y opposer avec détermination.
    Comme si ces gens n’utilisaient aucun des services de la nation que nos impôts financent,
    obsédés par l’accumulation pathologique de biens matériels dont il faudrait à certains, des milliers de vies pour arriver à les dépenser.
    Macron est le fossoyeur d’un modèle de société qui nous était envié, certes imparfait mais qui était le ciment de notre nation, l’égalité, la fraternité faisaient sens malgré nos différences et nos divergences.

  9. Bref, si on a bien compris, créer un bloc bourgeois « ni droite, ni gauche » était l’erreur à ne pas commettre, parce qu’elle a engendré un bloc anti-bourgeois « ni droite, ni gauche », à savoir le peuple uni, le pire cauchemar de la bourgeoisie qu’elle tentait d’éviter depuis des décennies en multipliant les clivages artificiels (les contre ou pro « gender », le féminisme, le voile islamique, etc).

    Chapeau.

  10. Brillant, tout simplement.
    Merci pour cet écrit d’une profondeur réflexive telle que cela faisait bien longtemps que je n’en avais lu, tous supports confondus.

  11. Superbe analyse de la situation ! « La France en jaune » : aujourd’hui je choisis mon camp et je porte mon gilet jaune du matin au soir car je fais partie du peuple qui se réveille. Bientôt il ne restera plus que les élites traitresses à ne pas le porter !

  12. Magnifique !!!
    Cadre moyen , gueux des campagnes , odieux citoyen qui roule au diesel pour parcourir ses 100 km A/R pour travailler, se chauffe au fioul ( chaudière neuve pour laquelle nous avons reçu un crédit d’impôt … Magistral exemple de la vision stratégique pour l’avenir de nos élus ! ) , comment ne pas être profondément touché par la justesse et l’humanisme de ces propos ?
    Samedi, j’étais avec et en gilet jaune , la souffrance que j’ai pu observée , est réelle , la division des français également …
    Oui, vous avez raison Mr de Castelnau, il nous faut un leader et je vous propose de le devenir …

  13. Quant au devenir du mouvement, nous en saurons plus dimanche soir, à l’issue de la manifestation parisienne. Manifestation à haut risque pour le gouvernement, dont le manque de finesse n’augure rien de bon… Si le mouvement des gilets jaunes devait tourner court, ce ne serait que partie remise à court ou moyen terme : le mécontentement et la rancœur sont trop forts. Et le prochain épisode risque d’être plus violent car désespéré…
    Merci pour votre analyse.

  14. Magnifique !!!
    Cadre moyen, odieux citoyen qui roule au diesel pour parcourir ses 100 km A/R pour aller travailler et alimenter jusqu’au 20 septembre les caisses de l’Etat par le fruit de cet effort quotidien
    Au bas Moyen Age , je crois , mais je peux me tromper, qu’on considérait un serf comme tel , dès l’instant où il devait 30 jours de travail à son seigneur …
    Aujourd’hui nous en sommes à 9 mois . Mais que me rend mon seigneur en retour ? Ni protection de santé ( fermeture des hôpitaux de proximité, plus de médecins) , ni instruction pour mes enfants ( fermeture des écoles en milieu rural : 220 en 2018 ), ni accès aux service publics ( poste, impôts ) et au 1er janvier 2019 avec une nouvelle augmentation des taxes carbone un octroi pour pouvoir me déplacer …
    Odieux citoyen qui se chauffe au fioul avec une chaudière neuve qui a bénéficié d’un crédit d’impôt : magistral exemple de la vision stratégique d’avenir de nos élus
    Odieux citoyen qui était samedi avec et en gilet jaune pour constater une souffrance réelle , une fracture et division des français , qui toutes effectivement ne doivent pas être sous estimées.
    OUi, vous avez raison Mr de Casltelnau , il nous faut un Jacques Bonhomme et je vous propose d’en prendre aujourd’hui la place …
    https://www.herodote.net/21_mai_1358-evenement-13580521.php

  15. « Depuis plusieurs jours, la débauche d’injures, les moues de dégoût et les crachats de ceux qui sont du bon côté de la barrière, ont été abondamment relatés, et on n’y reviendra pas ici ». C’est dommage de ne pas y revenir un peu, ou ou moins de ne pas s’interroger sur la réalité de cette barrière.
    « Ceux qui sont du bon côté » sont, en toute logique, ceux qui profitent, économiquement, socialement, et culturellement de la politique à l’oeuvre depuis 40 ans (démantèlement de la nation, suppression des « barrières aux échanges » , « flexibilité », etc.) Combien sont ils ? 1% de la population au maximum, sans doute beaucoup moins. Combien « crachent  » sur les gilets jaunes ? Au vu des sondages -et avec toutes les réserves du procédé – : entre 40% et 50%.

    A mon sens le véritable exploit de l’hyper-hyper structure capitaliste est à chercher dans ce décalage entre « ceux qui sont du bon côté » (incroyablement peu nombreux) et « ceux qui PENSENT être du bon côté de la barrière » (soit près de la moitié de nos concitoyens). Et cet exploit est à mettre au crédit d’un alignement école-media- enseignement supérieur. assez extraordinaire.

    Les gilets jaunes et ceux qui les soutiennent ne sont pas tous « pauvres », loin de là : on trouve parmi eux des commerçants, des artisans, des retraités aisés etc. Et ceux qui crachent sur le mouvement ne sont pas tous riches, ni appelés à le devenir, loin de là également : mais ils sont en revanche convaincus (parce que conditionnés pour l’être) qu’ils sont du « bon côté » parce qu’ils « pensent bien », c’est à dire pas du tout. L’efficacité du système de formatage – école, réseaux sociaux, médias, industrie culturelle – se mesure pleinement aujourd’hui à cet amusant paradoxe : plus les gens ont suivi des études longues, plus ils sont culturellement insérés…et moins ils sont capables de raisonner de manière critique et structurée, Ce qui permet de leur faire répéter que « la guerre c’est la paix » sans qu’ils ne dénotent une quelconque contradiction…

    Les jeunes (ou moins jeunes ) cadres « flexibles » dont les chances de réelles promotions, ou même de stabilité professionnelle, sont nulles ne sont en aucun cas des « gagnants de la mondialisation ». Traités avec un mépris souverain, soumis à des normes comportementales totalement délirantes, confinés dans des jobs sans intérêt et surveillés jusqu’au plus intime de leur vie privée avant d’être virés du jour au lendemain sans raison compréhensible , ils ont perdu -par rapport à la génération précédente – autant en sécurité qu’en perspectives, et même en pouvoir d’achat. Mais on les a formés à idolâtrer le « marché libre », et persuadés que s’ils « pensaient bien », ils étaient du côté des winners… alors ils y croient, religieusement. Ils crachent sur les frontières, sur l’histoire de leur pays, sur l’exécrable « bon sens » tellement ringard, voire fasciste, et applaudissent à toute « nouveauté » aussi démentielle soit elle. PMA, GPA, état d’urgence, transparence totale (et accessoirement fin de toute vie privée), démantèlement de la sécurité sociale, paupérisation des services publics, suppression du droit du travail et limitation sévère des libertés publiques, inversion de la charge de la preuve en droit pénal (toujours pour une bonne cause ronflante) : nos nouveaux croyants ne remettent aucune réforme en question, par peur de passer pour des « ringards »…et aussi, hélas, parce qu’ils n’ont simplement plus les moyens de penser par eux mêmes.

    Davantage donc qu’un affrontement « marxiste » entre classes sociales, le conflit en cours oppose à mon sens les gens capables d’une pensée autonome et les moutons (journalistes zélés, mal payés et futurs chômeurs en tête). Ce qui n’enlève rien à la pertinence globale de votre remarquable billet.

  16. Cette certitude qu’il faut développer des solutions énergétiques soi-disant propres me semble cousue de fil blanc. Les industries du 19ème c’était autre chose, et personne ne disait « il reste dix minutes pour sauver la planète ».

    Ce que je remarque c’est qu’elles sont nécessairement présentées avec un important coût en développement. Les industriels concernés ne vont donc pas les développer parce qu’elles sont écolo, mais qu’elles vont rapporter gros.

    Il va de soi qu’ils ne vont pas payer d’un côté ce qu’ils rêvent de toucher de l’autre.
    Donc ce sera nous.

    Sinon, la Révolution française est la victoire des Macron de l’époque.

  17. Magnifique, lumineux. Je vais l’imprimer et l’afficher. De tous les articles que j’ai lu sur le sujet, celui-ci est le meilleur et de loin. On devrait davantage laisser les pianistes écrire dans les journaux (voire on devrait laisser les pianistes gouverner le monde). Encore bravo et merci. Signé : une pianiste gilet jaune 😉

  18. La campagne, les oubliés… De quelle campagne parle t-on donc? Parce que quand je fais des randonnées vélos dans la campagne, que vois-je avec mes amis? Des zones pavillonnaires, pleins de bagnoles devant les maisons (jusqu’à 3 pour certaines), des gazons, des maisons de plus en plus grande (ce qu’une amie appelle les salons-cathédrale).
    Aucun service dans les villages pendant des kms, mais il parait que les gilets jaunes aiment les artisans sauf que… pour qu’un boucher ou un boulanger vive, il faut des clients mais les gilets jaunes préfèrent leur bagnole pour aller au Leclerc ou à Auchan. Rien à foutre des artisans des campagnes en quelques sortes.
    Et comme tout le monde prend sa bagnole, ben les lignes de train sont vides et pas entretenues, alors on les ferme. Et personne ne se bat pour les sauvegarder. Les gilets jaunes sont dans leur voitures. Les alternatives transport, ils s’en foutent comme des bouchers.

    Alors vos discours sont bien gentils, mais faudrait un peu regarder le monde. Quand y’a des manifs pour défendre un service public, contre une autoroute, contre les pesticides qui polluent dans la campagne, où sont donc les fameux gilets jaunes? ils sont à Auchan, Leclerc, Ikea. Bref, ils sont dans le bigBusiness, ceux qui les prend pour des cons depuis des années.

    Et qu’on ne me dise pas le contraire. Où étaient les gilets jaunes hier quand les employés de pole emploi protester et où étaient-ils quand les infirmières n’étaient pas contentes? Ils étaient devant les dépôts d’essence, dans les rond-point et devant les supermarchés. Bref, certainement pas où ils fallait pour être en accord avec ce que dénonce votre article.

    • Et vous de quelle campagne parlez vous ? Celle qui vous permet vos bénéfiques randonnées ? Celle des dortoirs collés aux agglomérations parce que les logements sont financièrement accessibles et proches des lieux où se trouve le travail ?
      En tout cas , rien ne ressemble à l’endroit où je vis dans votre description …
      Et pour info : si on prend ses 3 voitures pour aller bosser, autant effectivement s’arrêter au supermarché car de toutes façons il n’y a pas de ligne ferroviaire ou de bus aux portes de ces pompes à fric …
      La fracture , la fracture !
      Et la prochaine fois que vous allez à la campagne, n’oubliez pas vos cacahuètes pour les lancer aux primitifs que nous sommes, cela nous permettra peut être de ne pas disparaître à tout jamais , et d’entretenir vos pistes cyclables !

      • Monsieur Alain, vous faites des « randonnées à vélo dans la campagne » ? vrai ? et vous apportez des cacahuètes pour les balancer aux gueux? Et quand vous voyez 3 bagnoles devant un joli pavillon, vous en déduisez que les gilets jaunes se plaignent pour rien? ouahhh la jolie analyse, la belle hauteur de vue. Mais mon brave Alain, pour que vous achetiez votre belle bagnole électrique qui pollue 4 fois plus à la fabrication qu’une voiture ordinaire, un certain nombre de gueux ont dû marner assez dur, vous ne savez donc pas? Vous les croisez sans doute sans les voir, les beaufs à 5000 euros/mois qui manifestent….sauf que oh non, on me dit dans l’oreillette qu’ils seraient plutôt payés 1200 euros par mois voire MOINS les abrutis en gilets jaune qui f ont les frais d’une politique de merde. Ben oui, vous savez, les gens que vous ne voyez jamais, ceux qui font que votre maison soit propre ,les domestiques, les sans grades, votre platrier, votre peintre, le mec qui met en rayon à Auchan pendant que vous pioncez, la femme qui nettoie vos bureaux à 4h du mat’ et qui enchaîne une garderie de cantine scolaire à midi. C’est très vilain Monsieur Alain, ce daltonisme qui fait que vous voyez les gens en deux couleurs: les maîtres et les valets stupides. Et pis moi, quand je fais 15 kms pour aller à Auchan, c’est parce que c’est moins cher et que j’achète les produits à -30% à date courte parce que je gagne 1000 euros/mois et que je n’ai droit à rien, sauf à fermer ma gueule et à payer pour ceux qui ne travaillent même pas. j’ai 58 ans et j’emmerde l’écologie politique dévoyée, et par pitié, prenez des cours d’orthographe et achetez vous un cerveau.

          • Bonjour Carpediem.

            tu crois que je ne vois pas la France que je traverse? Des maisons de plus en plus grosses, de plus en plus de bagnoles, des gens quand on leur parle qui se tapent des vélos et des fréquences de trains. C’est pas leur pb, ils ont leur voiture.
            Tu crois que j’ai une voiture électrique et que je roule sur l’or? Je ne donnerai pas mon salaire, je suis artisan et je passe mon temps à répondre non à des gens qui ne veulent que des baisses de prix. je travaille 6j sur 7 puisque y’a un jour de repos qui me sert à la compta, les commandes, le comptable, la banque…

            Tu te tapes de l’écologie, ca se voit. Tu pense donc qu’à ta petite gueule?

            La politique de merde, c’est normal. Elle est là depuis que la révolution de 1989 a échouée (la restauration, ca te dit quelque chose) et puis de quoi tu te plains? Tu vote et tu choisis ton bourreau. De quoi te plains-tu donc?

            En fait, tu voudrais gagner plus et que t’es droit à ta part de bonheur de l’état providence, parce que t’as droit à rien et que tu payes pour ceux qui bossent pas. La vache!!! Moi, ma gueule, ma voiture, mes allocs. Vaste programme.

            continue d’aller chez Auchan: famille Mulliez tous planqués en Belgique, aucun impôts en France. Continue donc de faire survivre le système que tu dénonces sans te poser de questions.

  19. Ni gauche ni droite ou bien une nouvelle gauche et une nouvelle droite : l’immense majorité populaire d’une part et le cénacle des grands actionnaires, de leurs servants les plus proches d’autre part.
    Le « dépassement » du capitalisme attend toujours la formulation de sa finalité appropriée à nos conditions et le parti qui la mettra en oeuvre, sans lesquels il reste comme un pont d’Avignon accroché à une rive et incapable d’atteindre l’autre.

  20. Pffff. Il s’agit d’un symptôme particulièrement flippant (et de plus en plus répandu, en particulier chez les populistes des deux côtés) que de trouver dans toute manifestation populaire de la légitimité et du sens.
    Les gilets jaunes ne se battent que pour plus de pouvoir d’achat (et en particulier celui qui concerne leur chère voiture). Il n’y a rien derrière tout ça que du poujadisme minable.
    Aucune conscience politique, aucune conscience collective même. Aucune décence… Il suffit d’ailleurs de constater les violences.
    Désolé, mais la lutte pour les droits civiques et Martin Luther King, ça avait quand même une autre gueule (et des résultats autrement plus positifs)…
    Et lorsqu’on regarde les voitures qui arborent fièrement leur gilet jaune sur le tableau de bord, je ne remarque pas particulièrement que ça transpire la pauvreté, mais plutôt la petite bourgeoisie de banlieue résidentielle…
    Moi et ma femme nous gagnons le smic en tant que musiciens (intermittents, donc précaires en plus d’être au smic) et la voiture est vitale pour nous. Mais jamais il ne me viendrait à l’idée de réclamer la baisse des taxes sur le diesel alors que nous courrons droit à la catastrophe sur le plan écologique. Il y a plein de solutions, il faudrait juste avoir le courage de les appliquer – ce qui signifie aussi faire quelques concessions sur notre confort de petit bourgeois (moins de viande, moins de bagnole, moins de voyages en avion… etc.) et d’investir massivement dans le changement. Récolter quelques sous supplémentaires sur l’essence ne va pas vraiment faire avancer quoi que ce soit…

    Les gilets jaunes ne sont pas les perdants de l’histoire. Ils appartiennent à cette classe historiquement poujadiste de petits entrepreneurs, de petits artisans, d’employés, qui ont le sentiment de ne pas bénéficier du mutualisme à la française mais qui ont aussi le sentiment de faire plus d’efforts que les autres et de payer trop d’impôts. Alors même qu’ils gagnent généralement plus que la moyenne. Je les connais bien ces petits chefs d’entreprise à 5000€ par mois ou ces cadres de structures culturelles qui se plaignent sans arrêt de ne pas avoir suffisamment d’argent (mais qui dépensent 300€ par mois au resto, achètent des voitures à 25 000€ et dépensent sans compter).

    Pourquoi ne pas plutôt demander aux plus riches de rendre les impôts qu’ils ne payent plus, comme Ruffin le demande ? Parce que la classe sociale la plus représentative des gilets jaunes est viscéralement opposée au système mutualiste français et à l’impôt, même si il s’agit de taxer Carlos Ghosn ou Johnny Halliday… Et cela explique l’absence d’avenir d’un tel mouvement, autre que celui d’alimenter le vote pour l’extrême droite populiste…

    Car d’un point de vue politique, il me semblerait également plus pertinent d’attaquer les grandes surfaces (Carrefour, Ikea, etc. etc.), qui payent moins d’impôts que les petits commerçant qui par ailleurs constituent en grande partie ce mouvement, plutôt que de bloquer les gens du commun et de les agresser lorsqu’ils ont le malheur de ne pas être d’accord ou d’être un peu trop pédé/bronzé/babos/femme etc. etc. Mais bizarrement, il n’en est pas vraiment question. Évidemment…

    Bref, vous y trouvez quelque chose de cooool. Désolé mais il suffit d’avoir un peu de jugeotte pour voir arriver le résultat politique de tout ça : l’extrême droite, la droite populiste…

    • @ Pierre C
      Encore un troll qui vient polluer un forum d’esprit et de personnes érudites et politisées

      • #Pierre C : maintenant que vous avez aligné TOUS les poncifs de la bien pensance (en innovant, je vous le concède volontiers, avec le concept de « classe historiquement poujadiste » , ce qui limite tout de même l’histoire à un temps assez court) pourquoi ne feriez vous pas l’immense effort d’aller discuter un peu avec les « gilets jaunes » ? Pas pour leur expliquer la vie (Macron s’en charge déjà), mais juste pour écouter ce qui mobilise cette « petite bourgeoisie de banlieue résidentielle » que vous méprisez tant. Qui sait, peut être que cette rencontre vous ouvrira des horizons nouveaux ? Ou, à défaut, vous permettra de vous forger des arguments reposant sur autre chose que sur vos préjugés (terriblement « petit bourgeois » pour reprendre vos termes).

  21. Que vient faire Gerald Bronner dans cet article ?
    De ce que je connais de lui il attaque plutôt la France périphérique pour son manque d’esprit critique…
    Ce n’est pas un intellectuel que je porte dans mon coeur mais je ne demande qu’à changer d’avis.

  22. Les gilets jaunes qui se félicitent de dénoncer des migrants, c’est par respect de la sécurité routière? Ceux qui délivrent des autorisations de passage quand on les félicite de bloquer, c’est par amour des libertés? A moins que ce ne soit l’expression contemporaine d’un « civisme républicain »…
    Plus sérieusement, la rage qui s’exprime à travers une demande de sécurité de la part de citoyens en voie de déclassement appellerait peut-être un peu plus de modestie parmi ce « tout petit monde » qui s’aime et s’auto congratule. Ces beaux penseurs qui se commentent avec douceur ont-ils été effleurés par le constat que ce mouvement est bizarrement … macroniste, en empilant des revendications « et de droite », contre le racket fiscal, « et de gauche », contre la disparition des services publics?
    Trêve de provocations!
    Assumons donc totalement nos défaites et la défaite de l’engagement, car les « perdants de l’histoire » ne comptent désormais que sur eux-mêmes, dans une jacquerie moderne, où l’on entend les lointains échos de ce qui était, hier, la parole, le nerf et la force de la gauche.

  23. On constate que 78% des ouvriers et employés approuvent les gilets jaunes.
    Quand on monte dans l’échelle sociale, le pourcentage de soutiens baisse.
    C’est bien la preuve que les classes sociales existent comme le montrait Marx.
    Bien sûr, la situation au XXIe siècle n’est pas exactement la même qu’au XIXe siècle, mais la division en classes est toujours là.

    Sur ce blog, le 19 et le 21 septembre, avec des analyses historiques, j’ai montré qu’être de gauche ne signifiait pas nécessairement être du côté des classes sociales populaires (dont la classe ouvrière) :
    http://www.vududroit.com/2018/09/macron-verbe-desenchante/#comments

    De nos jours, bon nombre de gens de la gauche sociétale n’ont que mépris pour les classes populaires.
    Ce mépris est éclatant dans les déclarations de Benjamin Griveaux, dont je rappelle qu’il fut membre du PS. Le langage du journaliste de « Libération » Jean Quatremer est encore plus méprisant. Pour ce « cabri qui saute sur sa chaise en disant sans arrêt : l’Europe, l’Europe, l’Europe » (1), ce mouvement populaire serait un mouvement de « beaufs, poujadistes et d’extrême-droite ». Il ajoute même que ce mouvement « lui sort par les oreilles » (2).

    Que cette gauche sociétale, de plus en plus au service de la classe dominante, le capitalisme financier mondialisé et son alliée la haute fonction publique, méprise le peuple, cela n’a rien d’étonnant.

    En revanche, la position qu’a pris la direction confédérale de la CGT contre ces gilets jaunes, position contestée par plusieurs membres de cette confédération est désastreuse.
    C’est avec des comportements comme celui de Martinez et de cette direction qu’on pousse les ouvriers à voter pour le RN.
    Militant du PCF dans les années 70, je me souviens que ce parti était alors en première ligne pour combattre les hausses de l’essence. Il est vrai qu’à l’époque déjà, « Libération » qualifiait Georges Marchais de « beauf », voire de « nouveau Doriot » (3). Décidément, une certaine gauche sociétale se comporte comme il y a 40 ans. Mais, la direction de la CGT était plus proche de sa base ouvrière que les actuels dirigeants de cette confédération.

    (1) Citation de De Gaulle dans une conférence de presse.

    (2) Au moins, Raymond Devos, plus amusant que le sieur Quatremer, disait que quelque chose de déplaisant « ENTRE dans les oreilles et sort par les YEUX ».

    (3) Jacques Doriot (1898-1945) avait été membre du PCF dans un premier temps. Mais, dès le milieu des années 30, il devint un dirigeant fasciste et même nazi. Un des principaux dirigeants de la Collaboration pendant l’Occupation.

  24. Je pense qu’il faut faire attention à ce qu’on essaie de vous vendre comme « investissements massifs dans l’énergie ».

    Car, en plus des gaspillages de plusieurs milliards par an liés aux réformes de l’impôt que vous mentionnez dans l’article, il y a aussi des sommes considérables qui sont engagées, en pure perte, pour remplacer les centrales nucléaires par des éoliennes et panneaux solaires :

    http://huet.blog.lemonde.fr/2018/04/19/la-cour-des-comptes-alerte-sur-le-cout-des-enr/

    Non sans que certains (propriétaires de terrains, nouveaux électriciens qu’EDF est forcée à subventionner…) ne se sucrent généreusement au passage.

    La France est déjà, grâce au nucléaire civil, un pays beaucoup moins dangereux pour le climat que l’Allemagne ou les US par exemple, et a un secteur électrique qu’il ne faudrait plus modifier.

    La politique de construction des éoliennes et panneaux solaires est parfaitement absurde, car elle ne diminue ni les émissions ni les risques (faibles) liés au nucléaire (il faut en effet conserver les centrales pour les périodes de manque de vent et de soleil).

    Ce sont donc plusieurs milliards par an qui sont jetés par les fenêtres (c’est la CSPE sur votre facture d’électricité), et on pourrait certainement commencer par là si on cherche des sous.

    Quant aux investissements en matière d’énergie, il y en a (isolation, pompes à chaleur, électrification des transports…) mais il faut faire attention à ne pas se faire couillonner par les profiteurs des éoliennes etc.

  25. Bon article, mais l’auteur a tort de traiter les ZADistes de niais et leurs admirateurs d’attardés.
    Les ZADistes qui sont aujourd’hui à NDDL sont des pionniers que nous devons supporter, car ils vivent selon les valeurs qui nous sortiront de la nasse (solidarité, frugalité, agilité). La récupération par un parti politique aurait interdit ce qu’ils sont en train de réaliser.

  26. J’enregistre votre billet. Ah, quelle merveille et la fin, là je me délecte. Merci.

    « En attendant, ne boudons pas notre plaisir : il y a déjà lieu de se réjouir, car un tabou vieux de plusieurs décennies a été brisé en fanfare. Les gilets jaunes n’ont plus honte de dire qu’ils sont les perdants de l’Histoire, et ils ont raison : il n’y a aucune honte à avoir, aucune, d’être les perdants d’un système aussi vil que celui-là.

    Pas plus qu’il n’y a lieu, en haut, de ressentir la basse fierté d’en être les pathétiques gagnants. »

  27. Ce samedi, toujours en et avec les gilets jaunes …de 20 le 17 novembre, nous étions 200 ( chiffres de la gendarmerie sur place ) …
    Nombre d’habitants de ma commune : à peine 3000 !!!!
    La mobilisation faiblit ?
    Quoi qu’il en soit ( et quoique peuvent penser nos élites ) , nous ( classe moyenne et laborieuse) souhaiterions former pour les prochaines élections municipales une liste « gilets jaunes »
    Cependant, nous sommes tous totalement néophytes dans ce domaine ( formalités administratives de dépôt, conditions …)
    Aussi, je ne doute pas trouver dans ce forum quelques précieux conseils pour mener à bien notre projet
    Je remercie par avance les juristes éclairés de ce groupe de discussion qui sauront répondre à mon appel !

  28. Je m’en tiendrai à quelques considérations qui ont peu de chances d’être démenties;
    1 Les taxes sur les carburants et les radars vont rapporter autour de 35 milliards d’euros à l’Etat en 2018.
    2 il y a peu de chances que l’Etat renonce à un tel pactole lui qui est en quête de revenus.
    3 si, pour des raisons diverses, il avait un manque à gagner de ce côté, il irait le chercher ailleurs. Où ?
    4 Macron ne renoncera jamais à son idéologie et à ses partis-pris qui consistent à prendre chez ceux qui ne peuvent pas se défendre pour le donner aux apatrides de la globalisation.
    5 Il n’a aucun scrupule et aucun respect pour ce qui constituait le contrat social français.
    En conséquence, c’est bien une forme de guerre entre lui et les classes laborieuses indépendamment de tout parti, de toute idéologie pour ce qui concerne ces classes.
    Son Talon d’Achille : les élections européennes, son image et sa réélection.
    Il ne faut pas que ce mouvement devienne impopulaire; Il faut qu’il cible des choses qui ne sont pas aimées par la majorité des Français. Devinez quoi.

  29. Le ministre Castaner n’a rien fait de sérieux pour empêcher les casseurs d’agir sur les Champs-Elysées. Ce n’est pas moi qui le dit mais bon nombre de spécialistes (policiers ou autres).

    Mais, s’il a été totalement incompétent, ou s’il a fermé les yeux pour décrédibiliser le mouvement des gilets jaunes, il se distingue par des déclarations affligeantes.

    Pour Castaner, tous les gilets jaunes sont des fascistes, des agresseurs de policiers, des violents. C’est pitoyable !

    PS (= post-scriptum et non les initiales du parti auquel appartenait Castaner avant la campagne de Macron) :
    Si certains s’intéressent à certaines fréquentations de ce ministre quand il était jeune, je précise qu’il ne s’agit pas de l’acteur Pierre Richard jouant avec Mireille Darc dans « le grand blond avec une chaussure noire ». Mais, une de ses fréquentations était bien surnommé « le grand blond ».

  30. Je suis effaré par la propagande à laquelle on assiste. Le gouvernement de la France que je croyais democratique, communique comme le gouvernemant chinois. Il nous explique que ce que l’on voit n’est pas ce que l’on voit. Il utilise en outre les mêmes moyens techniques de surveillance du peuple (internet, camera, écoutes,…) Je suis allé voir les gilets jaunes sur les Champs Elysées, ce que manifestement n’ont pas fait les commentateurs (journalistes, politiques, experts autoproclamés,…) J’ai vu:
    – une avenue bondée de jaune de l’étoile à la place F ROOSVELT. Quand on sait qu’il faut 1 million de personne pour remplir les champs Elysées, on peut dire sans se tromper qu’au bas mot; il y avait 10 % soit 100 000 personnes.
    1er enseignement, LE GOUVERNEMENT NOUS TROMPE SUR LES CHIFFRES.
    – des gens modestes venus de toute la France entre amis, pas d’exterme droite
    2ème enseignementLE GOUVERNEMENT NOUS TROMPE SUR LES GILETS JAUNES
    – quelques excités qui montaient des barricades, habillés en noir, et des tags d’extrême gauche, pas de cocktails molotovs, pas de casqués avec des matraques, c’est à dire pas de gens prêts à aller au combat comme dans les années 70/80 (notamment l’extermed droite).
    3e enseignement, ON NE PEUT PAS PARLER DE VIOLENCE EXTREME

    EN CONCLUSION, soit le gouvernement est incompétent (il n’est pas renseigné par ses services) soit il nous trompe. J’ai bien peur qu’il se trompe lui même, et qu’il ne prenne pas la mesure de ce qui se passe, au risque d’agraver la situation

  31. Réponse à PEPE. 1 Le gouvernement avait demandé aux gilets jaunes d’aller au champs de mars pour les contrôler (c’est un lieu facile à contrôler, c’est la ou il a la fan zone à Paris). C’est facile de controler un manifestation dans un lieu confiné. D’habitude on utilise un stade sportif pour cela. Le problème c’est que l’on s’écarte du droit démocratique de manifester, c’est de la repression pure. 2 Les politiques depuis Chirac ont peu des décès dans les manifs, il arrivait souvent auparavant que sous les coups des policiers des manifestants mourraient. De sorte que depuis Chirac, la police a pour ordre de ne pas aller au contact, et d’utiliser abondement les gaz.

    J’ai vu samedi une petite vingtaine de touristes à l’écart (dont des étrangers, des couples,..classique à Paris), avec des CRS, derrière des barrières, regarder un feu allumé par des excités, les CRS ont reculé laissant les touristes seules derrières les barrières, puis les CRS ont lancé des gaz sur les touristes (peut être que les touristes les gênaient, je ne sais pas) Mais enfin, et je l’ai dit aux CRS, au lieu de reculer et de gazer les touristes, il suffisait de leur demander de partir, les touristes l’auraient fait, ils étaient passifs, sans animosité, ils ne voulaient pas se retrouver dans une manif. Voila, de la violence inutile, qui aurait pu bêtement conduire à des blessés ou un mort par étouffement.

  32. Je lis depuis quelques temps vos billets et je dois dire qu’ils me plaisent beaucoup. Mais dans celui des Gilets Jaunes je reste perplexe. Je ne vais pas tout reprendre mais le passage sur la solidarité nationale me semble être un brûlot qui cause la ruine de la France. En effet si notre système de mutualisation des malheurs était parfaitement adapté à l’après guerre, il est devenu au fil des temps parfaitement incongru. Continuer à déverser des monceaux d’argents sous ce seul prétexte, sans réfléchir, n’est pas digne de la nation de Montaigne, Descartes et Auguste Comte. Mais je vois derrière ça la patte de l’extrême gauche marxiste qui en a fait son cheval de bataille tout en attendant l’essoufflement puis l’effondrement de la France par son aveugle générosité. Et ne parlons pas de l’immigration massive dont aucun gouvernement nous a montré les bienfaits sauf les idiots qui ont avancé le paiement de nos retraites ! Mais savent-ils seulement comment fonctionne notre système ? La retraite de base de la SS donne au retraité 50% de la moyenne des 25 meilleures années, éventuellement augmentée de quelques complémentaires. Moralité, celui qui a travaillé au SMIC toute sa vie touchera… faites le calcul. Sans parler des malheureux commerçants qui ont crû que la vente de leurs fonds allait leur assurer une retraite confortable ! Et comment ça se passe quand le fonds se trouve dans la zone d’influence d’une grande zone commerciale construite bien après l’ouverture du petit commerce ? Mal, très mal !
    Tout ça ira de mal en pis avec l’arrivée prochaine de milliers de retraités (malgré des palanquées de diplômes) qui auront eu une carrière incomplète – à cause des crises successives – faite de petits boulots sans lendemain. Alors la solidarité nationale jouera à plein mais à quel prix. Bonjour les économies !
    Mais dans la hotte de nos politiciens de remarquables réformes sont prêtes à sortir. Le Père Noël c’est eux, et pas seulement le 25 décembre. Comme lui, ils savent dépenser sans compter.

  33. Sur l’énergie nucléaire.
    Mardi 27, le nouveau dirigeant du PCF, Fabien Roussel était invité sur RMC.
    J’avoue que je n’ai pas compris sa position sur le nucléaire.

    Il a dit : « il faut sortir du nucléaire ».

    Mais, de façon contradictoire il a dit :
    – Il faut des EPR.
    – Il ne faut pas faire comme l’Allemagne qui a arrêté le nucléaire et dont les centrales à charbon polluent.

    Alors ? D’un côté on fayote avec les écolos et d’un autre, on fait preuve de bon sens.

    Finalement, que le dirigeant du PCF s’appelle Pierre Laurent ou Fabien Roussel, la clarté n’est plus une qualité au PCF de 2018.

  34. J’ai appris par ce papier que l’opportunisme (intéressé) était de l’intelligence politique !!!!! Et c’est vrai Ruffin et NDA en sont des maitres, ce qui prouve qu’il sont de vrais politiques d’aujourd’hui, la main sur le cœur, les doigts croisés dans le dos…..
    (source https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/gilets-jaunes-protection-environnement-contradictions-francois-ruffin-1575170.html ) [… » Alors que les « gilets jaunes » se préparent à barrer les routes de France, ce samedi, le député la France Insoumise de la Somme, François Ruffin, répondait aux questions de la journaliste Léa Salamé »…… « il comprend la colère des usagers de la route face à l’augmentation du prix de l’essence. »…… »La journaliste le met alors face à ses contradictions en lui rappelant des propos que l’élu avait précédemment tenu sur la taxe carbone. François Ruffin avait à l’époque défendu les décisions de l’ancien ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot d’instaurer la « taxe carbone ». La hausse de la taxe sur le prix de carburant était portée par l’ancien ministre de la transition écologique depuis 10 ans. François Ruffin avait reconnu à cette occasion qu’on ne pouvait rester sans rien faire face à la disparition des insectes, des oiseaux et notamment des hirondelles. »] !! . Quand à NDA, il a de l’expérience derrière lui.! Bref,, tous les deux savent faire parler d’eux et tous les coups sont permis pour avoir le premier rôle.
    Nicolas beau avait, sur monde Afrique, fait un portrait au vitriol du réalisateur Abderrahmane Sissako (Timbuktu) . Si quelqu’un faisait un enquête sur le film de Ruffin , je ne suis pas sûr qu’il en sortirait grandi: « https://leseumcollectif.wordpress.com/2016/10/06/on-a-vu-merci-patron-on-a-pas-aime-on-vous-dit-pourquoi/ ».
    J’aime assi la réaction du socialiste pierre Leroy: https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-leroy/blog/150416/non-merci-patron-ruffin-ou-la-guerre-des-ego« .
    Grand seigneur Ruffin offrira son césar aux Whirpool, est en profitera pour faire la promo de son documentaire. Ce jour là, j’ai cru revivre un mauvais plagia d’une scène de Germinal, dans laquelle la dame patronnesse offre un panier de pommes à la veuve de Toussaint Maheu. Croyez vous qu’il leur proposa de leur faire don d’un peu la manne gagné sur le dos des petites gens de « merci patron » , que nenni, faut pas pousser quand même.
    Petit détail, son docu est vendu 20 euro sur son site fakir. Quand on connait le prix moyen du DVD d’un film , ça laisse songeur….!!!. En marge commerciale, le patron Ruffin n’a guère de complexe. Mais, comme il l’annonce sur la jaquette du DVD « l’arnaque en version lutte des classes ».

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