« Mélenchongate » : demandez le programme !

 

J’avais conclu mon précédent article relatif à ce que l’on va désormais appeler le « Mélenchongate » en prévenant le patron de la France Insoumise qu’il allait vivre des moments assez difficiles et qu’il devait s’y préparer. A-t-il compris ce qui l’attendait ?

L’utilisation cynique de la violence d’État

On passera rapidement sur l’outrance maladroite de ses réactions, où il n’a pas compris que l’imprécation furieuse, registre où il excelle, n’était vraiment pas adaptée. Pas plus que ses attitudes précédentes face aux opérations judiciaires contre ses adversaires politiques. D’ailleurs, ses excès semblent le fruit d’une douloureuse surprise face à l’utilisation cynique de la violence d’État par le pouvoir. Comment ose-t-on infliger à Jean-Luc Mélenchon, pourtant consacré « adversaire et non ennemi » sur le Vieux-Port, le même traitement qu’à Sarkozy, Fillon et Le Pen ? Depuis le temps Jean-Luc Mélenchon, vous devriez savoir qu’en matière de justice politique, la recherche de la connivence avec celui qui tient le manche est toujours vouée à l’échec, mais également que l’innocence ne protège de rien. Là comme ailleurs seul compte le rapport de force, et privilégier la tactique au détriment de la défense des principes est toujours un très mauvais placement.

Alors bien sûr cher Monsieur Mélenchon, vos emportements ont permis aux gens d’en haut d’exprimer la haine qu’ils vous portent. Non seulement ce n’est pas grave mais cela va présenter quelques avantages. D’abord ces gens-là, parmi lesquels tous les anciens amis du PS que vous essayez actuellement de débaucher, vous combattront toujours, quoi qu’il arrive, puisqu’ils ont définitivement choisi le camp d’en face. Quant aux couches populaires, celles à qui vous devriez vous adresser autrement qu’en enfilant les gilets de sauvetage de l’Aquarius, il y a longtemps qu’elles ne sont plus dupes et qu’elles savent très bien à quoi s’en tenir concernant l’attitude et les discours des serviteurs de l’oligarchie. À quelque chose malheur est bon, vous pourrez ainsi compter ceux qui vous ont soutenu dans l’épreuve.

Répétons une fois de plus que l’opération du 16 octobre avec ses 15 (17 ?) perquisitions n’a pas pu être organisée sans que non seulement le pouvoir exécutif soit au courant, mais ait pris lui-même la décision. Tout permet de l’affirmer et notamment, au-delà de l’expérience professionnelle, l’utilisation du simple bon sens. Une opération de cette ampleur, le jour de l’annonce du remaniement, menée par le parquet mobilisant 100 policiers (!) et dirigée contre un des premiers partis d’opposition, sans que les services de la place Vendôme et notamment le Garde des Sceaux soient au courant ? Sans que Madame Belloubet l’ait décidé en liaison étroite avec l’Élysée ? Une telle mobilisation policière sans que le ministère de l’intérieur ne soit au courant et ait donné son feu vert ? Il faut être sérieux.

Demandez le programme !

Je ne pense pas m’avancer beaucoup, en disant que la fameuse enquête préliminaire a dû déjà être fructueuse et que le parquet dispose d’un dossier bien étoffé. De la même façon il me semble probable que la décision de l’ouverture de l’information judiciaire et la saisine d’un ou plusieurs juges d’instruction est déjà prise, et les magistrats instructeurs choisis. Lors du déclenchement de l’affaire Fillon par le Parquet National Financier, tout le monde savait à l’avance dans le monde judiciaire qui serait le juge d’instruction désigné et que le candidat LR serait immédiatement mis en examen.

Avec le grand cirque médiatico-judiciaire qui va se dérouler, le raid du 16 octobre va rapidement apparaître comme un léger hors-d’œuvre. Collection de convocations diverses et variées aux dirigeants et collaborateurs de la France Insoumise. Soit pour des mises en examen spectaculaires avec des qualifications sonores, de celles qui enjolivent les manchettes, « escroqueries en bande organisée, détournement de fonds publics en réunion, blanchiment de fraude fiscale etc. etc. ». Soit pour des gardes à vue fatigantes dont les durées seront fonctions des qualifications et pourront aller jusqu’à 96 heures… Nouvelles perquisitions bien sûr chez les mêmes, avec des écoutes téléphoniques tous azimuts. La presse sera comme d’habitude scrupuleusement alimentée de copies partielles de procès-verbaux, de pièces de procédure de toute nature, de transcriptions trafiquées d’écoutes téléphoniques. Il est d’ailleurs probable que les interlocuteurs privilégiés sont déjà choisis, l’officine Mediapart, fidèle et zélé petit télégraphiste du pouvoir étant bien sûr de la fête. Et dans les médias, la surenchère et l’effet de meute joueront à fond. Et naturellement comme d’habitude aussi toutes les plaintes pour violation du secret de l’instruction (protégé, il faut le rappeler, par la loi), seront soigneusement rangées par le parquet avec les autres dans l’armoire prévue à cet effet. Et comme d’habitude encore, rapidement couverts de poussière, ils ne donneront jamais lieu à la moindre investigation.

Alors j’espère, qu’à la France Insoumise on ne va plus entendre psalmodier l’incantation imbécile : «il faut faire confiance à la Justice ! ». Tout le système judiciaire d’un pays démocratique repose sur la défiance qu’il faut avoir vis-à-vis de l’institution. Sinon, pourquoi avoir un avocat ? Pourquoi celui-ci doit-il disposer de prérogatives et de privilèges importants ? Pourquoi le double degré de juridiction, pourquoi la collégialité, pourquoi toutes ces règles de procédure ? Parce que l’on donne l’usage de la violence légitime de l’État à des Hommes faillibles qu’il faut impérativement encadrer en rappelant « qu’adversaire acharnée de l’arbitraire, la forme est- la sœur jumelle de la liberté ». Il y a ensuite l’autre incantation : « mais puisqu’on n’a rien fait ! » Je partage depuis longtemps l’opinion du cardinal de Richelieu qui disait : « Donnez-moi deux lignes de la main d’un homme, et j’y trouverai de quoi suffire à sa condamnation. » Je sais bien qu’en France où l’on préfère l’ordre à la justice, prétendre que l’innocence ne protège de rien est blasphématoire, alors que c’est pourtant la réalité. CE QUI PROTÈGE L’INNOCENT C’EST LE DÉBAT CONTRADICTOIRE DANS LE RESPECT DES RÈGLES ET DES PRINCIPES FONDAMENTAUX, DEVANT DES JUGES IMPARTIAUX. On ajoutera que dans les affaires politico-judiciaires le risque est moins la sanction finale si elle arrive un jour, que dans les mises en cause et le cirque médiatique qui les accompagne. Après son démarrage en fanfare, l’affaire Fillon a dormi paisiblement pendant près de deux ans. Les objectifs qui avaient justifié l’urgence initiale ayant été atteints avec l’élimination du candidat de droite. La particularité de ces affaires, et cela se vérifie à chaque fois, est que chaque emportement médiatique provoqué par des révélations opportunes issues des dossiers judiciaires, est toujours directement corrélé à une actualité politique concernant les mis en cause. Et c’est justement cette expérience de ce qui s’est produit pour Nicolas Sarkozy, François Fillon et Marine Le Pen, pour ne citer que les leaders politiques opposés au pouvoir de Hollande puis de Macron, qui permettent de faire ces prévisions.

En route vers le gouvernement des juges ?

Mais il y a deux autres facteurs qui viennent nourrir ce diagnostic. Tout d’abord Emmanuel Macron lui-même a délivré le verdict et annoncé à quelle sauce celui dont il avait dit qu’il n’était pas son ennemi va être dévoré. « L’autorité judiciaire est une autorité indépendante dans notre pays, et j’en suis le garant. Pour tout le monde. N’en déplaise à certains, il n’y a pas d’exception ». Invocation habituelle du mantra « indépendance » qui n’a aucun sens dès lors que l’on n’en fait pas uniquement le moyen de ce qui est essentiel à l’office du juge : l’impartialité. Et là, le président de la République sait parfaitement à quoi s’en tenir, il dispose d’un haut appareil judiciaire qui n’a plus besoin de recevoir des ordres pour agir selon ses vœux. Il existe désormais des connivences sociologiques, politiques professionnelles et idéologiques qui rendent en partie inutile la mise en place de courroies de transmission. C’est ici le deuxième facteur qui permet de prévoir ce qui va se passer. Dans la conduite des affaires politiques, les juridictions soi-disant spécialisées se sont transformées en juridictions d’exception appuyées par les chambres d’instruction et validées par la Cour de cassation. Utilisant des méthodes et mettant en place des jurisprudences qui portent directement atteinte à la liberté politique.

Arrêtons-nous sur les questions en cause dans les deux dossiers qui concernent Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, les attachés parlementaires et les frais de campagne électorale. Les lois de 1988 et 1990 et les textes qui les ont complétées ont mis en place un système de financement public de la vie politique. Dont les trois principes essentiels étaient, le financement par l’État en fonction des résultats électoraux, la limitation des dépenses pendant les campagnes électorales, le contrôle financier enfin exercé par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Ce contrôle porte sur les recettes des partis afin d’éviter les dons interdits, et sur les dépenses en période électorale. Mais le contrôle des dépenses, ne doit porter que sur la réalité celle-ci afin de vérifier si celles-ci n’ont pas été minorées pour empêcher le dépassement du plafond avec toutes les conséquences désagréables qui en découlent. Mais, la stratégie électorale est libre et la commission nationale ne peut pas déterminer à la place du candidat ou du parti les dépenses qui étaient bonnes pour sa stratégie. Si un candidat pense que c’est bon pour son image de circuler en Ferrari, c’est son droit le plus strict. De même s’il pense qu’il faut s’adresser à un grand traiteur plutôt que de demander à ses militants de passer chez Picard surgelés, c’est également sa liberté. À condition d’inscrire les factures correspondantes à leur prix réel dans le compte de campagne. Les magistrats du pôle financier ont trouvé une astuce pour contourner cette évidence. Comme l’État rembourse une partie des frais de campagne aux candidats qui ont atteint un pourcentage minimum, leur raisonnement consiste à dire que du fait de ce versement de fonds publics le juge a un droit de regard sur la nature des dépenses exposées. Il peut contrôler si elles étaient bien justifiées par la campagne mais du point de vue du juge. Donc adieu la Ferrari, le traiteur Le Nôtre et les rémunérations conséquentes éventuellement versées à la société de Madame Chikirou. Ou tout autres dépenses qui auront l’heur de déplaire au président de la Commission nationale ou au juge d’instruction. Qui pourront ainsi les qualifier d’escroquerie non pas vis-à-vis du candidat, des équipes de campagnes, ou des militants mais vis-à-vis de l’État rembourseur. Adieu la liberté d’organiser votre campagne comme vous l’entendez, cette prérogative appartient désormais au juge.

Aucune surprise quand on voit de quelle façon la même Cour de cassation, suivant le pôle financier, a balancé par-dessus les moulins les principes de liberté politique et de séparation des pouvoirs à propos des assistants parlementaires. Un certain nombre de moyens matériels sont mis à la disposition de celui qui a recueilli les suffrages nécessaires pour devenir représentant de la nation. Il n’a de compte à rendre sur l’exécution de son mandat qu’à ses électeurs. Le choix des assistants parlementaires l’organisation et la nature du travail qu’ils effectuent relèvent de sa liberté politique. Dans une affaire qui concernait le Sénat et en justifiant indirectement le raid judiciaire contre François Fillon, la Cour de cassation vient de considérer que le juge avait un droit de regard sur l’organisation de leur travail par les parlementaires. C’est aussi ce qui s’est passé dans l’affaire Fillon et ce qui se passera dans l’affaire Mélenchon. Nouvelles atteintes aux principes, et par la grâce de la cour suprême, les députés de la République devront renoncer à la liberté d’exécuter leur mandat comme ils l’entendent, c’est désormais le juge qui imposera ses choix.

La liberté politique sous la grêle

Cette volonté devenue évidente de la haute fonction publique judiciaire de s’abstraire des principes fondamentaux de la liberté politique et de la séparation des pouvoirs génère des dérives particulièrement inquiétantes. Inquiétude renforcée par le fait qu’aux procédures spectaculaires dirigées contre les représentants de l’opposition politique, s’ajoute une passivité troublante vis-à-vis des affaires concernant les entourages du pouvoir. Comment ne pas soupçonner que la gestion de ces dossiers puisse être conduite par des subjectivités politiques et idéologiques qui n’ont rien à y faire ?

Ce que nous rappelle l’agression médiatico-judiciaire dont sont l’objet aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et son organisation politique c’est bien l’existence de ces dérives dangereuses pour les libertés publiques. Alors quoi qu’on pense de Jean-Luc Mélenchon, il est nécessaire aujourd’hui de le défendre. Parce que ce sera défendre nos libertés et « quand elles sont sous la grêle, fol qui fait le délicat ».

 

 

 

60 Comments

  1. mais enfin maitre Castelnau dont j’apprécie vos chroniques , certes on peut toujours accuser le parquet « aux ordres  » mais enfin que pensez d’un melanchon agressif qui bouscule un procureur , des policIers , lors de ses perquisitions chez lui et au parti , qui approuvait les;perquisitions chez sarkosy , le pen et fillon « normal  » , se conduit comme quelqu’un « au dessus des lois » de la république pour quelqu’un qui vise la présidence et avoir le pouvoir d’appuyer sur la bouton atomique ……? Que penséz de la directrice de la société qu’il a employé pour 1.1 millions d’euros de frais qui est par ailleurs sa maitresse ….. (mediapart) vous avez dit népotisme ? Dame qui a des marges deprofit de 50 pour cent, l’argent du contribuable puisque la campagne est financée par la contribuable come vous le dites , nul doute que monsieur melanchon qui veut taxer le grand capital , »les mechants capitalistes  » taxera le petit capital de sa compagne , alors certes tout cela est peut-être légal mais politiquement c’est désastreux pour lui

    • Mélenchon a sur-réagit, certes, ce sont les faits, même si on peut circonstancier tout de même ses réactions (sans l’excuser tout autant).

      Ensuite, les perquisitions chez Le Pen et Fillon ne se faisaient pas dans le cadre d’une enquête préliminaire, et avec un juge indépendant, à moins que je ne me trompe. Ici, c’est le procureur de la République…

      Vous semblez déjà le condamner alors que rien n’a été prouvé ? La surfacturation, la relation avec chikirou ? Tant que les preuves n’ont pas été apportées, il y a peu de valeur dans ce que vous dîtes. Et comparons ce qui est comparable si vous le voulez bien : on parle de la campagne la moins onéreuse parmi les 4 premiers arrivés en tête à la présidentielle. Et si l’on s’attarde sur les facturations sois-disant surfacturées, il faudrait pouvoir comparer avec les dépenses de Macron ou Hamon, si ceux-ci daignent les communiquer au grand public. Il serait étonnant au vu de la dépense totale de leurs campagne que tout soit inférieur aux coût proposés par Mme Chikirou. Il a même été prouvé le contraire sur certaines prestations, donc bon, qui surfacture réellement ?

      Alors vous avancez comme vous le faites, et demander à Mr Castelnau dans vos appréciations, c’est peu-être précipiter les choses et devancer l’instruction.

      • Vous devriez plutot ecrire  : » d’apres les 2 minutes de film  que les médias ont bien voulu nous montrer sur les 45 minutes de présence de JLM au QG de la FI , j’en ai déduis que Mélenchon a sur-réagit, certes, ce sont les faits, même si on peut circonstancier tout de même ses réactions (sans l’excuser tout autant).
        Et pour cause. Montrer  une scene de dispute dans un film d’amour et vous en déduirez qu’il s’agit d’un film violent et que les personnages sur-reagissent
        Une autre question que vous devriez vous poser en dehors de ce cirque médiatique est celle cie: Pourquoi JLM était il en colére, selon que l’on juge un homme non par sa colére mais bien par les causes qui ont déclenché cette colére. 
        J’ai souvent l’impression que les gens jugent de leur concitoyens a l’aune des critères véhiculés par les téléfilms gens  » house of cards » . Désolant.

    • Malheureusement ce que vous décrivez sont des accusations pour l’instant sans fondements. Nul part il n’y a preuve d’une quelconque relation autre que professionnel ou même amical. Les montants que vous citez sont faux, car il y a majoritairement de la sous-traitance. Quelle est la source de vos « marges »? Bref, des accusations pour l’instant sans fondement, ce qui est bien décrit dans l’article comme étant un des problèmes actuels.

    • Monsieur Cochard sa maîtresse y a t’il irrégularité? Sommes nous aux Etats Unis? Quand aux tartufferies du parquet il me semble que cet article est plutôt bien vu.

    • j’ai fait une erreur ,j’ai envoyé en double ma réponse à propos de cette affaire ,je m’en excuse auprès de maitre Castelnau

    • « Sa maitresse » ! La classe ! Ce qui est lamentable c’est que Mélenchon qui a toujours pris grand soin de protéger sa vie privée, soit ainsi livré aux voyeurs. Tous ceux qui adorent renifler les fonds de culotte et passent leur temps à fourrer leur groin sous les draps, vont enfin pouvoir se délecter ! On mesure l’hypocrisie fielleuse du rédacteur dans cette phrase de l’article du 20 octobre de Médiapart, qui maintenant fait concurrence à Closer et à Voici : “Le patron de La France insoumise et la communicante entretiennent en réalité de longue date, selon nos informations, une relation extra-professionnelle. Celle-ci pourrait relever de la seule vie privée des deux intéressés mais prend désormais, à la lueur des investigations judiciaires, une dimension d’intérêt général”. Une “dimension d’intérêt général” ! Faux cul !

    • Il bouscule des policiers mais ces policiers n’auraient jamais du être là. Le fond du problème ce n’est pas Mélenchon, que personnellement je déteste, c’est qu’un pouvoir maffieux a utilise le judiciaire pour éliminer Sarkozy, Fillon, Le Pen et maintenant Mélanchon et a utilisé qes tentacules dans les médias pour éliminer Onfray etr Zemmour

      Éliminer un à un les partis d’opposition sous divers prétextes c’est ce qu’on fait tous les dictateurs du XXème.

    • Il est clair que les deux poids deux mesures vise aujourd’hui des personnes comme Jean-Luc Melenchon mais aussi Tariq Ramadan qui, par-dessus ce dont on les accusent à tort ou à raison, ont du subir pour des raisons politiques un tel traitement et acharnement. Ils ont éveillé autour d’eux et aidé à mobiliser des segments importants des classes populaires prêtes à se lancer dans une réflexion active et dans une action sociale et politique autonome, ce qui n’est plus acceptable pour le système dominant en déshérence. Le processus de dégénérescence de ce qui restait du droit bourgeois poursuit donc non seulement ce qu’on avait déjà vu envers des personnalités politiques mais aussi envers des milieux sociaux potentiellement rebelles. Auparavant cela avait touché des hommes politiques de droite qu’il fallait déconsidérer car ils pouvaient remettre en cause la légitimité des pouvoirs néocons « d’extrême centre » et qu’on nommer désormais souvent selon le terme de plus en plus utilisée aux Etats-Unis « d’État profond ». On a accusé certains plus que d’autres de corruption et traité avec plus de brutalité certains plus que d’autres dans le même cas. Il s’agit de développer des méthodes d’intimidation qui semblent désormais rodées et dont l’objectif est de terroriser les militants politiques et associatifs, et de faire peur aux populations de toutes obédiences, qu’on a auparavant opposé les unes aux autres, sur des bases apparentes, superficielles, visuelles, identitaires, sectaires, ethniques ou religieuses ou en exacerbant des clivages entre une fausse droite néoconservatrice et une fausse gauche révisionniste pour taire le clivage entre classes possédantes et classes « possédées », travailleuses. Des masses marginalisées, on est passé aux chefs politiques plus indépendants envers les cercles de pouvoir réel, économique, médiatique, politique, judiciaire. Sans doute avant de passer à toutes les catégories populaires.
      Lors des émeutes de banlieue d’il y a quelques années, le couvre-feu et les mesures répressives pratiquées par le gouvernement d’alors (qui avait fait appel au ministre de l’intérieur de Tel Aviv et à son chef de police pour « profiter » de ses expériences dans la lutte contre les populations civiles), les forces de la gauche officielle, biberonnées aux fonds de leurs « partis européens » n’avaient pratiquement pas réagi. L’état d’urgence décidé par le gouvernement Hollande après les attentats a ensuite été reconduit et reconduit sans presque rendre de comptes, et sans être interpellé alors que plus de 4 000 perquisitions eurent lieux et que près de 400 assignations à résidence furent prononcées à l’encontre de musulmans fichés S, et qui se sont avérés arbitraires par la suite dans l’immense majorité des cas. Des vies et des familles ont à cette occasion été brisées car les perquisitions se faisaient au milieu de la nuit, les portes étaient cassées, les enfants terrorisés, des ménages défaits et des pertes d’emploi nombreuses pour des populations précarisées et soumises au qu’en dira-t-on.
      Aucune précaution n’a alors été exigée par la plupart des élus des partis considérés comme étant d’opposition de la part d’une police exténuée par la surcharge de travail et l’absence de droit aux congés qui lui ont été imposés pendant plus d’un an. Sous prétexte d’inscription sur un fichier S totalement arbitraire et même gardé secret pour les intéressés (parfois parce que la personne en question allait régulièrement à la mosquée, qu’elle portait un foulard ou qu’elle avait laissé pousser une barbe jugée trop longue, mais seulement quand celle-ci était d’origine sémitique, dans ce cas ci arabe, ou convertie à l’islam), toute une partie de la population a été terrorisée en silence. Pas de manifestations pour empêcher ce que dans un autre contexte on aurait appelé ‘le retour aux heures les plus sombres de l’histoire’. Cela ne concernait « que des musulmans », donc une population politiquement insignifiante et considérée avec un regard encore souvent post&néo-colonial. On pouvait justifier ces réactions ou manque de réactions au nom du sempiternel « on ne sait jamais, ils n’y a pas de fumée sans feu », typique de toutes les dictatures ou pré-dictatures.
      La « guerre contre la terreur » prononcée à partir de la Maison blanche en 2001 a permis d’intégrer dans les têtes les futures violations de l’esprit du droit démocratique puis de l’inscrire dans la constitution. Maintenant du coup, on s’en prend selon la méthode du deux poids deux mesures à des personnages dont on peut penser ce qu’on veut, mais qui n’ont pas participé au pouvoir et qui sont devenus emblématiques des milieux sociaux marginalisés, car ils ont participé à la mobilisation de segments des couches populaires, Tariq Ramadan et Jean-Luc Melenchon. Dans une situation de crise récurrente d’un capitalisme mondialisé en perte de vitesse et de dynamique. Que les accusations les visant soient justes ou pas, là n’est donc pas la question, celles-ci ne servent que de prétexte à créer une atmosphère de « terrorisme psychologique » qui a pour objet de dépasser à terme le sort de ces personnalités et d’atteindre tous ceux qui pourraient être tentés de se mobiliser dans une critique fondamentale des bases du système actuel en voie de dégénération, donc d’autoritarisme grandissant.
      Le gouvernement Hollande avait déjà osé interdire sans grande réaction de la part de la gauche en principe anti-impérialiste, et pour la première fois en Occident, une manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza alors écrasés sous les bombes, en 2014, avec arrestation de manifestants et plusieurs emprisonnements. Alors que l’extrême droite sioniste LDJ/Betar qui pratique depuis des années la terreur dans les quartiers où elle a pignon sur rue et aussi lors de différentes manifestations n’avait et n’a toujours pas été interdite. Ces casseurs semblent être tolérés en même temps que d’autres casseurs étiquetés « ultra-gauche » alors que la gestion des manifestations devient de plus en plus répressive. Cette étape ayant été atteinte, les quartiers populaires n’osent plus manifester leur indignation qui couve du coup sous la cendre et entretient un climat délétère propice à toutes les provocations et manipulations, y compris par des groupes terroristes transnationaux bénéficiant de la complaisance visible de certaines puissances. La guerre contre le terrorisme a permis de restructurer l’appareil policier desdites démocraties occidentales et au-delà. Ils se sont transformés en une machine à réprimer sélectivement d’abord, puis de plus en plus massivement par la suite. Ce n’est certes plus le fascisme « hard » d’antan avec chemises brunes ou noires, camps de concentration et processions de masse, c’est un « soft fascism », un « smart power d’extrême centre » qui a été d’ailleurs théorisé sur les bords du Potomac et qui joue parfois l’extrême droite, et parfois la répression « démocratique » par la menace.
      Les gros capitalistes ont réussi depuis une quarantaine d’années à forcer les Etats et les dirigeants politiques de la droite néo-conservatrice et de la fausse gauche post-révisionniste à abolir les frontières pour le capital, les marchandises et aussi une certaine catégorie « choisie » de travailleurs. Les Etats-autrefois-nations hérités des bourgeoisies antérieurement nationales et impérialistes organisent des guerres à répétition pour maintenir une « économie tributaire », sans concurrence, et ils imposent ainsi l’écoulement de leurs marchandises, armes, médicaments, drogues, matériaux de destruction puis de reconstruction, tandis que les esclaves d’aujourd’hui sont les migrants qui arrivent jusqu’aux centres même de l’économie mondialisée pour …se faire exploiter. On ne va donc même plus les chercher comme dans les années 1950-60 ou après 1918, leur sélection se fait « spontanément », par leur propre capacité à montrer des diplômes utiles et à résister à la faim, à la nage et aux intempéries lors de leurs passages de frontières fermées qu’ils doivent traverser en utilisant des stratagèmes démontrant leur capacité « d’innovation ». Parfois, on voit resurgir ça et là des marchés réels aux esclaves comme dans la Libye « libérée » grâce aux armées de l’OTAN, les discours humanitaires d’Organisations pseudo non gouvernementales et d’agents d’influence médiatisés par la propagande de fabricants d’arme et d’entités étatiques en guerre d’agression permanente.
      Agression permanente contre les droits des peuples du Sud …de l’Est …puis de l’Ouest. Grâce aux socio-techniques élaborées par les néoconservateurs USAniens qui consistent à détruire l’adversaire par toutes sortes de manœuvres et de rumeurs attaquant surtout sur le plan de la moralité (en particulier sexuelle) le candidat rival ou, plus encore, l’ennemi du système. A terme, on poursuivra le désossement des pays et des peuples. En France, Alstom a été bradé à General Electric dans le silence assourdissant des médiocrates et de la plupart des politiciens et des syndicalistes jaunes, les retraites ont été désindexées de l’inflation et la « Loi Travail », celle du précariat systématisé, a été bien installée. Il savent « désespérer Billancourt » transformée en salle d’expo, par la peur, la terreur, la guerre de classe menée par les possédants, les divisions « communautaires » antisociales et le « tittytainment » infantilisant brzezinsko-internautique.

    • Soit vous revenez de mars soit vous frequentez peu les débats télévisés lesquels sont souvent des modèles de violence verbale à la limite de l’hystérie sans que pourtant JLM y participe. Sans oublier les douceurs dont l’actuel président gratifie les illettrées de gad, l’ouvrier sans costard, le malheureux ado qui voulait se la jouer, ceux qui au lieu de foutre le bordel qui ne sont rien et n’auraient qu’à traverser la rue au lieu de se plaindre…Et cet homme là represente la plus haute autorité et nous à l’étranger. Mais là silence radar dans les rédactions il n’y avait pourtant rien de plus choquant et outrancier que sa blaque minable sur les kwassa kwassas. J’ai cependant bien entendu sur cette affaire un compatissant mediacrate dire qu’il s’agissait d’une excusable maladresse. Alors se faire le perroquet des medias adaptes du 2 poids 2 mesures selon que vous soyez…. c’est assez faible essayez de juger par vous-même.

    • Votre nom ( ou pseudonyme ) c’ est  » COCHARD  » ou « CLOCHARD  » ? Je dis cela car vous semblez brouillé avec l’ orthographe , beaucoup moins cependant qu’ avec le bon sens : j’ ai rarement lu un pareil tissu d’ âneries conformistes. Continuez à lire Mediapart.

  2. Ce que vous écrivez est très inquiétant. Et particulièrement troublant vu la fragilité actuelle du pays.

    • Cochard
      Les propos sexistes ne sont pas acceptables.
      Dans une même phrase, 1.1 millions…..(Chikirou) et par ailleurs sa maîtresse. Sous entendu, elle couche pour de l’argent ?

      Inadmissible.

    • monsieur melanchon fait ce qu’il veut de sa vie privée mais bon on a accusé sarkosy » d’avoir placé son fils à la gestion de la ville du grand paris …. , vous avez dit népotisme ? macron place un courtisan ambassadeur à los angeles …. dans les trois cas …c’est du népotisme

  3. « …Le contrôle des dépenses, ne doit porter que sur la réalité celle-ci afin de vérifier si celles-ci n’ont pas été minorées pour empêcher le dépassement du plafond avec toutes les conséquences désagréables qui en découlent. Mais, la stratégie électorale est libre et la commission nationale ne peut pas déterminer à la place du candidat ou du parti les dépenses qui étaient bonnes pour sa stratégie ». Voici un rappel – élémentaire, mais largement passé sous silence dans le tumulte des invectives et des justifications qui ont porté exclusivement, quoique superficiellement, sur la forme des 15 ou 17 perquisitions ordonnées contre un parti d’opposition. Et ce rappel élémentaire du fond éventuel de la procédure d’information est évidemment bienvenu. On voit ainsi le ressort de ces procédure tonitruantes à la base légale discutable et à la consistance plus qu’incertaine : l’intimidation : faire scandale en exhibant des pratiques, en l’occurrence des dépenses de campagne, pour les faire passer pour scandaleuses aux yeux du public et en faire des arguments de communication au profit du parti au pouvoir, et même si possible, en déformant les résultats des investigations, des incriminations. Je précise qu’en raison des outrances de beaucoup de déclarations de M. Mélenchon et de certains de ses lieutenants, je ne suis pas un de ses électeurs. Mais comme vous le rappelez, Maître, il s’agit actuellement d’être exact et de défendre l’usage démocratique et régulier du droit et des institutions.

    • @E L

      Vous avez parfaitement raison. L’intimidation est le moyen utilisé depuis plusieurs années pour briser les opposants. La gauche sous Hollande l’a mis en œuvre avec les opposants de LMPT puis ensuite Macron l’a industrialisé dans sa conquête du pouvoir. Depuis c’est le fonctionnement « normal » de notre pseudo démocratie.

  4. Je vous cite, « Je partage depuis longtemps l’opinion du cardinal de Richelieu qui disait : ‘Donnez-moi deux lignes de la main d’un homme, et j’y trouverai de quoi suffire à sa condamnation.' »

    Ce n’est pas du Richelieu, ça fait moins chic mais il y a aussi le tout simple et imparable : « Sous microscope, personne ne s’en sort. »

    Sinon, sur le fond, une question à se poser est celle de l’effet de toutes ces affaires clairement biaisées sur l’opposition (Verts, PR et autres). De deux choses l’une, soit les injustices accumulées les galvanisent, ce qui m’étonnerait : on ne voit pas beaucoup de bolcheviques potentiels dans les rangs de l’Assemblée ou même du Sénat, même si ce dernier est un peu moins pire.

    Soit, et c’est de l’ordre d’une probabilité de 99, 99%, ils vont la fermer à triple tour et se faire tout gentils pour ne pas être les suivants sur la liste, surtout s’ils ont des petites incartades à se reprocher.

    On appelle ça comment, déjà, les parodies de démocratie de ce type ? Des dicta… des dictatu… on laisse chacun remplir les lettres manquantes. On subodorait bien d’ailleurs où allait cette bobocratie libérale-libertaire en costume-cravate propret, et ça date de bien avant Macron. Cela a commencé pour de bon avec Sarkozy et n’a fait qu’empirer depuis.

  5. J’ai laissé 3 commentaires suite à l’article « Dérives liberticides : quand c’est le tour de Mélenchon ». Argumentation double :
    – Ces attaques judiciaires contre les opposants (de droite et de gauche) à Hollande et Macron sont scandaleuses car liberticides et anti-démocratiques.
    – Mélenchon, très en colère contre ce qui lui « tombe dessus » (avec des excès : contre les policiers par exemple) approuvait quand les victimes étaient de droite. Il donnait des leçons de « confiance à la justice » quand Fillon ou Marine Le Pen étaient agressés.
    Face à une conductrice de bus dépressive depuis l’incendie de son véhicule par deux voyous criminels, incendie qui avait brûlé à plus de 80% une étudiante, Mélenchon donnait à cette conductrice des leçons de : « il faut faire confiance à la justice », « on ne va pas garder en, prison ces pauvres …. » (incendiaires), etc …

    Dans l’émission « les terriens du dimanche » de ce 21 octobre, Franz-Olivier Giesbert (qui est pourtant un libéral), a critiqué rapidement le comportement de Mélenchon, mais il s’est surtout indigné de voir trop de magistrats fausser la démocratie politique.

    Vendredi 19, sur RTL, lors d’un débat avec Alain Duhamel, Eric Zemmour a lui aussi surtout fustigé l’intervention judiciaire. Extraits de Zemmour :
    – Il ne faut pas s’attacher à la forme (réaction de Mélenchon) mais parler du fond.
    – La propension de la machine judiciaire à s’impliquer dans la vie politique. il y a eu un putsch médiatico-judiciaire contre Fillon. On a continué avec Marine Le Pen et les prétentions grotesques à l’envoyer en asile psychiatrique. On continue avec Mélenchon.
    – Cette propension de la machine judiciaire à devenir l’ordonnateur des affaires politiques est scandaleuse. Scandaleux si la machine judiciaire décide elle-même, scandaleux si elle est le bras armé du pouvoir macroniste.
    – L’erreur de Mélenchon, c’est d’avoir dit quand c’est arrivé à Fillon : c’est la faute à Fillon.
    – Idem pour le Conseil Constitutionnel; Quand il tapait sur un gouvernement de gauche, la droite applaudissait et vice et versa. Maintenant, cet organisme est au-dessus du suffrage universel, c’est aussi un scandale.

    https://www.youtube.com/watch?v=YERe-Q7hK-c
    (Alain Duhamel compare le comportement de Mélenchon à celui de Marchais. Je ne vois pas ce que vient faire Georges Marchais « dans cette galère »).

  6. Je viens de lire un article du site « le pcf.fr », site qui soutient le texte signé entre autres par André Chassaigne et André Gerin, texte qui a obtenu 42% pour le prochain congrès du PCF, alors que le texte de la direction (Pierre Laurent) n’a que 37%. Ce site est souvent critique politiquement contre Mélenchon.

    Sur ce qui arrive à Mélenchon, ce site reprend entre autres un extrait de l’article précédent de Régis de Castelnau et fait une analyse proche de celle de ce dernier.

    Ensuite, bien sûr, il fait une analyse politique plus globale qui va au-delà de cette affaire :
    http://lepcf.fr/Melenchon-les-medias-et-la-necessite-d-un-parti

  7. oui mais enfin que pensez de monsieur melanchon dont sa maitresse (mediapart ) directrice de l’agence de communication ( 1.1 de budget ) a fait 50 pour cent de profit (chiffre de 2016 de sa boite) , surfacture ses prestations sur le dos du contribuable puisque les campagnes électorales sont remboursées par ce dernier ? Vous avez dit népotisme ? Pour quelqu’un qui a longueur de meeting veut faire payer « les riches » alors qu’il taxe sa compagne ! …. alors certes monsieur melanchon et sa compagne bénéficient de la présemption d’innocence et sans doute tout cela est legal mais politiquement c’est catastrophique pour monsieur melanchon ;nous avons peut-être un nouveau général Boulanger …d’autre part monsieur melanchon avait trouvé « normal » les perquisitions chez sarkosy,fillon ou le pen , Pour quelqu’un qui veut être président , qu’il garde son sang froid s’il devait appuyer un jour sur le bouton atomique …

  8. Allez y Cochar melangez bien la tambouille..La seule chose qui vous intéresse c’est de salir Melenchon en pretextant un intérêt a cette histtoire ..Vous avancez masqué….C’est malhonnête !

  9. bon j’ai mis deux fois le même commentaire sur le même sujet ,je m’en excuse par ailleurs je reconnais à monsieur Melanchon de grandes qualités oratoires , un vrai tribun « à l’ancienne « cultivé et plein de références littéraires

  10. COCHARD, quelqu’un vous l’a dit plus haut, et je le répète ici : Mélanchon n’existe pas.

    • Alors pourquoi faites-vous tous ces commentaires sur une inexistence?
      Etes-vous certain d’exister vous mêmes?

  11. C’etait tout de même plus simple avec le General; apres l’attentat du Petit-Clamart (financé par un certain Jack Ruby !) il fallait tuer Bastien-Thiry et un tribunal militaire fut constitué, presidé par un fidele gaulliste.
    Ce dernier, confronté à des troubles de conscience, prefera se suicider…ce qui irrita fort le General; pas de risque de ce genre au Civil ?

    • Il est vrai que le général de Larminat, qui devait présider le tribunal chargé de juger les gens de l’OAS se suicida le 1er juillet 1962.
      Mais, ce suicide n’était pas lié au procès de Bastien-Thiry; En effet, l’attentat du Petit-Clamart eut lieu le 22 août 1962, soit presque 2 mois après le suicide du général de Larminat.

      Que fait Jack Ruby dans cette affaire ?
      Je rappelle, qu’un peu plus d’un an après le Petit-Clamart, en novembre 1963, à Dallas,Jack Ruby assassina Lee Harvey Oswald qu’on accusait d’avoir assassiné le président John Kennedy.

  12. pouah c’est boueux et ça éclabousse un tribun politique de grand talent qui fait autant de voix que le FN d’où est parti cette histoire !défendre
    Melenchon comme vous le dites a la fin de votre plaidoirie est de notre devoir !

  13. @ PEPE

    Dans son livre « JFK et l’indicible » p.462, J.W.Douglass nous apprend incidemment que l’activité de l’agent de la CIA J.Ruby consistait à financer et armer les organisations opposées au General, en particulier l’OAS.

    • Je ne connais pas le rôle de Jack Ruby.
      Mais, que la CIA ait agi contre de Gaulle, je pense que c’est une réalité.
      Je serai probablement accusé de « complotisme », mais je pense (je crois que je l’ai déjà écrit sur ce site) qu’à l’origine de mai 68 (le côté gauchiste), il y a probablement des manipulations venues des USA.

      • @ Pepe

        Je me permets de rebondir sur votre dernier commentaire puisqu’il qu’il présente une idée que l’on retrouve très souvent sur le net.
        Je ne vous reproche pas personnellement d’être « complotiste » -je sais la place des complots dans l’histoire- mais de l’être à contre-temps. Je m’explique.

        J’ai été moi-même contemporain des événements de 68, plutôt pilier de bénitier à croix de Lorraine à l’époque (aujourd’hui je passe d’ailleurs toujours pour un compagnon de route de ce que les nouveaux braves gens appellent l’extrême droite).
        Je ne crois pas -définitivement- que la CIA (ou le Mossad ou le KGB ou je ne sais quoi d’autre encore -la liste fantasmatique n’est pas exhaustive) ait été derrière les événements de 68.
        Je suis même disposé à croire Cohn-Bendit lorsque celui-ci avait avoué qu’il avait bien été approché par des gens de la CIA, mais qu’il les avait rembarrés. Le drôle a largement eu le temps de rattraper sa foucade depuis.

        Je pense que tous les observateurs internationaux ont été surpris par les proportions que prenait la révolte étudiante en France -j’y reviendrai plus loin- et cela de manière tout à fait analogue à la stupéfaction et/ou l’incompréhension qu’elle avait suscitée chez nos propres dirigeants, lesquels n’étaient tout de même pas nés de la dernière pluie -une demi décennie nous séparait de la guerre d’Algérie et moins d’un quart de siècle de la seconde guerre mondiale.
        N’oubliez pas qu’au lendemain de la première nuit des barricades, de Gaulle ne trouva rien de mieux que d’aller refaire le monde dans la Roumanie de Ceaucescu !
        Cela signifierait par exemple que la CIA avait également infiltré la CGT, et qu’au moment le plus dramatique de la séquence, le 10 juin au soir, après la fusillade de Sochaux où deux grévistes avaient été abattus, lorsque les ouvriers (tous chasseurs) menaçaient de revenir le lendemain régler leurs comptes avec les CRS à coup de balles à sanglier, des agents de la CIA étaient là pour distribuer les fusils et les cartouches !

        Il est maintenant certains que certains intérêts croisés, acteurs de la géopolitique internationale du temps (euphémisme toujours actuel), ont cherché à prendre le train en marche pour le contrôler, avec des moyens importants mais aussi souvent des gros sabots.
        Je crois même qu’il y eut un moment précis à cela ; la troisième semaine de mai, période où la grève ne faisait que s’étendre et qui s’acheva par la deuxième nuit des barricades -beaucoup plus violente que la première et généralisée à toute la France urbaine.
        La nuit -le 24 mai- où l’on vit se répandre dans Paris d’étranges bandes de « jeunes » (et moins jeunes) parfaitement bien armés et entraînés au combat de rue (j’ai des souvenirs assez marquants à ce sujet).
        Gros sabots parce que cette nuit mémorable et ses excès ne fit que couper définitivement le monde étudiant du monde ouvrier (le meeting de Charléty qui suivit fut l’ultime flop plutôt que le chant du cygne de rêve là), tout en retirant aux étudiants le capital de sympathies bourgeoises qu’ils avaient au début du mouvement.
        Le parti du trouillomètre à zéro face au « communisme totalitaire » vilipendé par de Gaulle dans son discours du 30 mai était né ce jour là.

        Sur un plan général, l’année soixante huit -qui commença vraiment deux ans plus tôt aux Pays-Bas- fut un ébranlement planétaire qui frappa autant le monde dit « libre » que le monde communiste -songez à la Chine- et les pays du sud les plus évolués -surtout en Amérique latine.
        Les services secrets américains (et autres) n’avaient à mon avis pas le dos assez large pour encaisser le coup avec un tel machiavélisme.
        Ils n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu d’une rupture qui avait pour cause principale l’arrivée à maturité (au sens physiologique) des générations de l’après seconde guerre mondiale, qui avaient devant elles l’espoir grand ouvert (mais aussi l’angoisse) de se fondre dans une vaste classe moyenne, prospère de par son matérialisme chevronné.
        Et la jeunesse de la planète entière se mit logiquement à l’unisson de ce faux-semblant sucré de la domination occidentale.
        Et qui aurait pu imaginer que l’enchaînement des événements en France allait mener à un pays complètement bloqué politiquement par la plus grande grève de l’histoire -neuf millions de grévistes et plus- phénomène dont la cause  est peut-être plus à chercher du côté de l’anthropologie historique propre à la France que de l’analyse politique ?
        Le printemps 68 français avait été précédé d’événements tout aussi violents dans le milieu étudiant -en Italie et en Allemagne notamment- sans qu’ils accouchent pour autant d’une situation quasi révolutionnaire.

        Là où vous avez raison par contre -et ce sera ma conclusion- est que ces événements ont bien constitué la matrice de toutes les « révolutions colorées » et autres tentatives de déstabilisation de gouvernement en place menées par les service secrets anglo-saxons et leurs alliés en Europe et ailleurs.
        Car puisque l’histoire avait montré qu’un tel déchaînement de cause à effet était possible, nul doute que cette aventure a alors été décortiquée dans les officines spécialisées afin d’être reproduite à volonté systématique là où cela pouvait être utile. A Kiev tout récemment par exemple.
        Mais je doute qu’une telle « réussite » soit gagnante à tous les coups à l’avenir pour les spécialistes à fausse barbe et à faux nez du style « Gladio », car le monde actuel n’a plus de vaste classe moyenne égalitaire à proposer aux jeunes.
        Il n’y a plus d’horizon prospère devant nous pour chanter encore très longtemps « Give peace a chance » (ou autre niaiserie) affublé d’un tee-shirt à l’effigie du Che et en levant béatement le poing fermé.
        Merci pour vos commentaires en général, même si « de gauche ».

        • Je n’ai évidemment pas de preuves de manipulations américaines (1) concernant la partie « étudiante » de mai 68 en France.
          De plus, si vous voulez démontrer que les complots ne fonctionnent que lorsqu’il y a un terreau favorable, vous n’avez pas tort. Et il existait un terreau favorable en mai 68.
          Concernant la CGT (et le PCF), je rappelle que beaucoup disaient à l’époque : « ils ont pris le train en marche ». L’article de Georges Marchais dans « l’Humanité » le 3 mai 1968 (« De faux révolutionnaires à démasquer ») montre le peu d’enthousiasme du PCF face à ces événements.

          Sur ce site, le 21 septembre, j’ai écrit un commentaire concernant une émission d’histoire sur mai 68 où Franck Ferrand invitait le petit-fils du général Giraud :
          http://www.vududroit.com/2018/09/daniel-cohn-bendit-cinquante-ans-dimposture/#comments

          Vous dites que je fais des commentaires « de gauche ».
          Il est vrai que je suis un ancien membre du PCF. Je fus un soutien enthousiaste du programme commun de la gauche en 1972. J’étais même réticent concernant les polémiques du PCF contre le PS après la rupture du programme commun en 1977.
          Maintenant, je constate que cette union de la gauche fut une arnaque qui mena au virage de Mitterrand en 1983 vers le néo-libéralisme dans une Europe intégrée.
          Maintenant, je me considère comme marxiste et gaulliste. J’ai voté non à Maastricht (1992, comme le PCF), au quinquennat (2000, comme seulement 3 députés PCF), à la constitution européenne (2005). J’ai été hostile aux interventions militaires occidentales dans le Golfe (1991), en Serbie (1999), en Irak (2003, bravo Chirac cette fois-là), en Libye (2011). Chaque fois, le PS officiel était « en face ».
          Le 19 et le 21 septembre, j’ai écrit 2 commentaires sur la gauche et la droite. Le 1er plus historique (1789 aux années 1930), le 2e plus récent (IVe et Ve Républiques) :
          http://www.vududroit.com/2018/09/macron-verbe-desenchante/#comments

          (1) Notons que les gens qui exécutent des complots sont parfois manipulés. Cas de Marinus Van der Lubbe qui fut pris avec une torche lors de l’incendie du Reichstag (27 février 1933). Il était gauchiste et anti-nazi, mais il fut manifestement manipulé par les nazis.

      • Pépé, je pense que vous seriez intéressé par une tres vieille émission ;  »Alain Decaux raconte: le meurtre de l’Amiral Darlan » qui vient de resurgir sur le net.

        Le gouvernement américain a toujours montré qu’il n’oubliait rien et alors qu’en France d’aucuns applaudissaient le courage de de Gaulle face a la ,puissance US, de l’ autre coté….

  14. Quel désastre pauvre France, cela me dégoûte d’être français!! mon grand-père, mon père, mon frère, moi, c’est battu pour elle et la liberté, quel gachi!!

  15. Les perquisitions ont été autorisées par un juge des libertés et de la détention, donc indépendant du pouvoir politique. Que le ministère ait été au courant avant qu’elles n’aient lieu est possible, je n’en sais rien, mais de là à dire qu’il les a ordonnées, a fortiori qu’il ait relayé la volonté présidentielle, cela exige des preuves. De toutes façons, cela ne lui était pas possible sans l’accord de ce juge. Et accuser ce dernier d’avoir obéi au pouvoir politique demande aussi à être prouvé.
    La Justice estime simplement avoir des éléments à charge sérieux contre LFI concernant les emplois fictifs d’assistants parlementaires et les comptes de campagne et veut (et doit) vérifier ce qu’il en est.

    Si manœuvre il y avait eu en vue de faire le silence sur le remaniement ministériel, cela supposerait que Macron savait comment Mélenchon allait réagir, et que personne au sein de son mouvement ne serait en mesure de le raisonner (cela a été tout le contraire). C’est très fort de la part du pouvoir. Et crétin de celle de Mélenchon qui n’aurait pas senti la provocation.

    • Reprise des arguments débile du blog Descartes. Pour pouvoir me traiter de « complotiste » le nouvel argument des imbéciles.
      La phrase sur le JLD fait s’esclaffer tous les avocats pénalistes de France.
      La différence entre vous et moi c’est que je sais de quoi je parle. Après 46 ans de pratique SUR CETTE SPÈCIALITÉ. 10 ans d’enseignement De la matière à l’Université, trois livres écrit, trois autres publiės sous ma direction et des centaines de contentieux traités sur ce sujet.
      Rien que votre vocabulaire démontre l’analphabétisme Juridique et judiciaire.
      Allez exhalez votre haine de Mélenchon ailleurs.

      • Xc vous êtes un gros malin. Vous savez très bien le traitement de faveur que réservent les média à Lfi et vous savez pertinnamment qu’il n’y avait pas besoin de la réaction de Mélenchon pour faire la une des journeaux comme cela à été le cas sur des rumeurs de surfacturation.
        Retournez à vos amours et à votre vote pour les 42 salopard et allez jouer aux fake news avec mediapart. Je vous ferais remarquer que dans le canard enchaîné de ce matin il n’y avait rien nada pas l’once d’un soupçon.

        • Jean, vous vous méprenez. Je suppose que si Mélenchon s’était montré discret, Macron aurait (peut-être) « activé » les médias pour qu’ils fassent du tapage à sa place. Mais on ne saura peut-être jamais ce qu’il en aurait été.

        • Bonjour , à ce ce sujet une question d’un non béotien en la matière , mais non pro non plus.
          La critique de LFI porte sur la jonction des deux affaires , sachant que celle portant sur les attaches visvisent des faits de détournement de fonds publics donc graves potentiellement(10 ans au maximum) , mais qui au fonds ne repose sur pas grand chose à savoir les dires d’une députée elle même sur le grill sur ce point. Quant aux autres points la qualification juridique m’est inconnuee …..
          Alors question …. la perquisition’sans assentiment doit, en préliminaire, être autorisée par un JLD , mais pour des infractions putatives punissables de plus 5 ans (me semble t il) donc ne concerne pas l’ABS ou l’ABC ,la jonction n’aurait elle pas pour but de se passer de l’assentiment du justiciable d’une manière quelque peu cavaliere pour enquêter sur des faits qui en droit ne permettaient pas une perquisition’sans assentiment?

      • Maître,
        J’ai commenté chez vous avant d’avoir lu le billet de Descartes. A propos du JLD, je n’ai fait que répéter ce qui est dit sur lemonde.fr, par exemple:
        https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/10/23/soupcons-d-emplois-fictifs-et-comptes-de-campagne-les-deux-affaires-qui-visent-melenchon_5373413_4355770.html?xtmc=melenchon&xtcr=2
        Je suppose que le JLD savait ce qu’il faisait. Il s’est certainement documenté sur le Droit applicable aux perquisitions lorsqu’il a été nommé à cette fonction.

      • J’ ai trouvé votre article très solide. Je le trouve toujours tel, mais…. Intrigué par votre exécution sommaire de  » Descartes », j’ ai été y voir de près. J’ ai l’ impression que vous avez raison contre « Descartes » ( qui m’ a étonné par sa naïveté concernant l’ innocence de Macron – ou du moins de la Macronie- ds cette affaire). Hormis cette [très grosse ]¨naïveté, l’ article de D… me semble mériter mieux qu’ une appréciation méprisante. Cependant, ses affirmations intéressantes sur la  » secte FI  » auraient dû passer bien après une défense inconditionnelle de JLM ( et des autres cibles d’ une justice sans doute aux ordres de Macron). Et là votre position me paraît plus claire que la sienne.

  16. C’est tout de même très inquiétant tout ça… Sommes-nous toujours en république, ou en régime totalitaire qui détient tous les droits ?

    Accessoirement, je suis choquée, comme pour Fillon à qui je ne pardonne pas sa déclaration de « blitzkrieg » à la France alors qu’il se croyait déjà en haut de l’affiche, je suis choquée qu’on utilise des arguments mineurs au regard de ce qui en résulte. QUI n’a pas quand il l’a pu, non pas extorquer, mais profiter du système (qu’il n’a pas créé) ? Je n’ai personne à citer, mais du vécu.

    Les lois que vous citez étaient justement faites pour limiter les « investissements » privés en sous-main, préfère-t-on désormais que la Ferrari, payée par des potes, n’apparaissent plus sur les comptes ?

    Bravo, vous l’aviez vu venir, mais hélas, ce n’est pas pour le bien du pays.

    Une question : que peut faire la Justice à ce niveau ? On sait qu’elle est aveugle, mais de là à porter le coup…

    Bien à vous

  17. Melanchon n’existe pas!
    C’est qu’il a raison ce commentateur qui ne mélenche pas tout!
    A la différence de certains lecteurs de ce billet, apparemment perturbés par les vociférations inhérentes à l’insoumission…Partir de Mélenchon pour arriver à Darlan, en passant par Alain Decaux et mai 68… quel festival!

    • Pardonnez la correction a votre texte, M.CINIRAUD. Je ne suis pas partie de M. Mélenchon, comme vous l’ exprimez, car dans mon pays on ne bat pas les chevaux morts et tout un chacun a déja commenté, ad nauseam, le cirque de la semaine derniere, j’ ai uniquement ajouté, nominativement, un point aux commentateurs précédents sur une des raisons du gouvernement américain a se défier de de Gaulle.

      Suis je stupide? Je n’ avais pas compris que ce blog ne supportait ni contradiction,ni apartés. Mais alors, quel est l’intéret d ‘un blog uniquement commenté par des thuriféraires? …. Dommage, j’ aimais bien le style imagé, la verve et certaines trouvailles de Me de Castelneau…

      M. Ciniraud, concedez moi ce point, il y a bien des festivals de qualité de par le monde, ne réduisez plus le mot.

  18. Sur le plan politique, j’approuve une des dernières positions de Mélenchon.
    En 2012, il y eut un traité européen Merkel-Sarkozy qui prévoyait ceci : la commission, européenne peut refuser un budget voté par un Etat de l’UE.
    Encore une nouvelle atteinte à la démocratie sous couvert « d’Europe ».

    Le candidat Hollande avait dit qu’il n’accepterait pas ce traité s’il était élu. Comme c’était un disciple de Jacques Delors, je n’en croyais pas un mot. Une fois élu, Hollande a fait semblant de renégocier, puis a signé le traité devenu Merkel-Sarkozy-Hollande.

    En application de ce traité, la commission de Bruxelles vient de retoquer le budget de l’Italie.
    Mélenchon rappelle qu’il n’apprécie pas le gouvernement italien, c’est son, droit.
    Mais, il ajoute, avec justesse, que, pour des raisons de souveraineté populaire, il faut prendre partie pour le gouvernement italien contre la commission de Bruxelles.

    Mélenchon a dit que l’Union Européenne est une prison des peuples.
    Bravo ! Espérons qu’il conservera cette juste appréciation qui n’a pas toujours été la sienne.

    Le PS s’indigne. C’est très bien. Ce parti n’a plus rien de commun avec celui de Guesde, de Jaures, voire de Blum. Ce parti est au service de la classe dominante au sens marxiste du terme. Qu’il s’indigne, mais clairement : qu’il soutienne ouvertement la commission de Moscovici au lieu de continuer dans sa tartufferie « sociale » habituelle.

  19. Ce qui est surprenant dans cette affaire, sans rentrer dans le fond que je ne connais pas, est la procédure qui a été employée. Il s’agit de l’enquête préliminaire ? Pourquoi a-t-on utilisé cette méthode et non l’ouverture d’une information judiciaire qui à mon avis aurait été moins contestable?

    La Procureure générale de la Cour d’appel de Paris, le 20 Octobre a justifié le choix procédural de l’enquête préliminaire par le caractère disproportionné de l’ouverture d’une information judiciaire en l’absence dans cette affaire d’indices graves et concordants dans une prise de parole devant les médias, ce qui est inhabituel de la part d’un tel magistrat.

    À ma connaissance, c’est la première fois qu’un grand nombre de perquisitions simultanées sont conduites sous cette procédure, article 76 du Code de procédure pénale, sans le consentement exprès et écrit des responsables ou propriétaires des lieux ?  (pratiques plutôt réservées aux enquêtes liées au terrorisme ou à la grande criminalité dans le cadre du flagrant délit ou de l’information judiciaire et non de l’enquête préliminaire).

    Pourquoi avoir excipé des nécessités de l’enquête, et quelles sont-elles, auprès du juge des Libertés pour se passer de ces consentements ? Les a-t-on seulement sollicités ces consentements?

    Il semblerait que les deux enquêtes préliminaires aient démarré il y a environ un an pour l’une et plusieurs mois pour l’autre. Les « nécessités de l’enquête » n’étaient donc pas l’urgence !

    On nous avance que d’autres personnalités ou partis politiques ont eu à subir des actes de procédures similaires. Soit. Mais était-ce dans le cadre d’une enquête préliminaire avec un tel déploiement ou bien d’une information judiciaire ?

    Il s’agit certes de questions techniques, mais qui laissent place à toutes sortes de doutes ou d’arrières-pensées que peut-être  la Cour de cassation, une QPC [Question prioritaire de constitutionnalité] voire la CEDH [Cour européenne des Droits de l’homme] devront un jour trancher ?

    En effet la philosophie générale de l’enquête préliminaire est l’absence de coercition ainsi que la participation consentante des parties.

    Dans cet article 76 du CPP, cette possibilité offerte au Procureur de la République de Paris vient après le bloc qui précise qu’il convient d’obtenir, préalablement, l’assentiment exprès et écrit du propriétaire ou de l’occupant des lieux et que par conséquent, selon mon analyse, elle lui est subordonnée.

    Ma lecture de l’article 76 du CPP est qu’étant donnée cette philosophie, le procureur de la République de Paris aurait du demander cette autorisation aux « mis en cause » avant de solliciter le juge des Libertés.  Et non pas agir, comme il l’a fait, sans demander préalablement cette autorisation et après en avoir constaté le refus du ou des mis en cause.

    Je pense que si le législateur l’avait souhaité il aurait très bien pu, lors de la dernière modification de l’article 76 du CPP, soit inverser les 2 alinéas de l’article 76, soit écrire explicitement que l’on pouvait se passer de quelque demande que ce soit auprès des mis en cause.

    J’ajoute que les personnes chez lesquelles ont été effectuées ces perquisitions auraient très bien pu, en toute légalité, ne pas déférer aux convocations de la Police puisque nous étions en enquête préliminaire et qu’ils n’y étaient pas obligés.

    Imaginez un instant ces personnes refusant, toutes, de déférer à ces convocations post perquisition et allant s’en expliquer dans les médias en arguant qu’ils se présenteraient spontanément à la Police dès l’ouverture d’une information    judiciaire ?

    À ce stade de la procédure, je ne pense pas qu’il soit  possible d’attaquer la décision  procédurale du procureur de Paris. Il faudrait attendre qu’une information judiciaire soit ouverte et ester devant la Chambre d’accusation de l’instruction pour faire annuler cette ou ces perquisitions. Avec possibilité d’aller jusqu’en cassation. Voire QPC ou CEDH.
    Il est bien évident que si tel était le cas et que cette décision soit annulée, cela ferait tomber, de facto, la validité des ces perquisitions.

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