Macron et les années 30 : ignorance et aveuglement


 

Macron et les années 30 : quand Louis-Philippe se rêve en Charles de Gaulle.

C’est indéniable : Emmanuel Macron adore les commémorations. Pas au point de se rendre en personne à celles de l’attentat du 13 novembre 2015, de peur de passer pour un homme obsédé par le passé – on a déjà rappelé ici le rapport assez fantomatique que semble entretenir le Président avec l’Histoire. De fait, les commémorations nationales jouent, depuis un an et demi, un rôle bien défini : celui de moments privilégiés pour rappeler au vil peuple français, qu’Emmanuel Macron semble si désolé de diriger, qu’il ferait mieux, au lieu de se plaindre du temps qu’il fait et de ses usines qui disparaissent, de se souvenir qu’avant, c’était bien pire. Pour cette commémoration du centenaire de la victoire de 1918, donc, point de soldats, de peur de déplaire à cette Allemagne dont il nous faut à tout prix regagner la confiance. Mais en revanche, nous aurons eu – cela devient une habitude – une leçon d’histoire et même, de morale historique, dispensée par le Président, établissant un audacieux parallèle entre les années 1930 et la période actuelle. C’est de ce parallèle, où la méconnaissance historique le dispute à la cuistrerie verbeuse, qu’il sera ici question ; car rien ne semble plus dangereux, lorsque de telles contre-vérités sont professées avec autant d’aplomb, que de renoncer paresseusement à leur opposer une saine analyse factuelle.

« L’Europe est face à un risque : celui de se voir démembrer par la lèpre nationaliste (sic) et d’être bousculée par des puissances extérieures, et donc de perdre sa souveraineté« , nous dit ainsi Emmanuel Macron. Il est déjà, à ce stade, permis de formuler quelques doutes : l’arrivée au pouvoir, par les urnes, de tous ces dirigeants dits populistes n’est-elle pas, en réalité, bien plus la conséquence que la cause d’un délitement de l’Union européenne, déjà engagé depuis de longues années ? Il faut, sans relâche, rappeler cette vérité : l’Union n’a pas attendu les populismes pour  entamer son déclin. Et les manifestations de sa déliquescence ne manquent pas ; prenons donc quelques exemples.

UE : qui sont les fossoyeurs ?

On peut ainsi évoquer, pêle-mêle : le cavalier seul allemand lors de la crise des réfugiés en 2015 ; le comportement erratique de la BCE lors de la crise de 2008, qui vit cette institution outrepasser ses prérogatives au point de devenir l’exécutant des basses oeuvres de l’Union ; la mise à mort expiatoire de la Grèce décidée par Bruxelles, et dont le peuple grec n’a pas fini de payer les dramatiques conséquences ; plus loin encore, le feuilleton de l’article 7 que l’on voulait déjà appliquer à l’Autriche, en 1999. On peut aussi, naturellement, rappeler le « non » au référendum de 2005, en France et aux Pays-Bas, puis le rejet du traité de Lisbonne par les électeurs irlandais. Déjà à l’époque, les fées Carabosse penchées sur le berceau des nations affichaient ouvertement les limites de leur enthousiasme à l’égard des processus démocratiques en Irlande. D’abord par la voix de Donald Tusk, alors Premier ministre polonais, et aujourd’hui président du Conseil européen : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur (sic). » Puis par celle de José Luis Zapatero, premier ministre espagnol : « Il n’est pas possible que l’Irlande, avec tout le respect pour son choix démocratique (sic), puisse stopper un projet aussi nécessaire. » Un mépris pour l’expression démocratique qui allait culminer avec cette phrase devenue légendaire, prononcée par Jean-Claude Juncker après la victoire de Syriza en Grèce, début 2015 : “Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens”.

Nonobstant ces quelques détails mineurs, la cause est entendue : ce sont les populistes qui menacent aujourd’hui une Union qui, avant leur avènement, était en pleine santé et jouissait d’un amour et d’une popularité immodérés. Voir dans les déboires actuels de l’Union européenne – menaces, bien inoffensives lorsqu’on connaît la portée réelle de la procédure, d’appliquer l’article 7 à la Pologne ou à la Hongrie ; refus du budget italien par la Commission – l’aboutissement d’un long processus de déconstruction, c’est être de mauvaise foi, pour ne pas dire mal informé.

La souveraineté populaire, mais alors sans le peuple

Revenons maintenant sur l’idée de « souveraineté européenne« . Dans la bouche d’un président prêt à envisager de partager avec l’Allemagne – un pays dont il regrette tant que nous ne lui ressemblions pas plus –  non seulement le siège français au Conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi notre dissuasion nucléaire, l’expression prête à sourire ; sans même parler du rôle, visiblement central malgré les dénégations de l’intéressé, que semble avoir joué le chef de l’Etat dans la grande braderie qu’a été la vente d’Alstom Energie, maillon essentiel de la souveraineté nationale, à General Electric en 2015. Mais allons au-delà de tout égoïsme national, ce défaut si latin dont, bien sûr, les peuples luthériens chers à Emmanuel Macron sont absolument dépourvus ; parlons d’Europe. La philosophie politique, mais aussi et surtout le bon sens nous enseignent que, pour qu’il y ait une souveraineté, il faut qu’il y ait un peuple doté d’aspirations communes : or, il n’y a pas de peuple européen aspirant à une souveraineté partagée, et aucun changement institutionnel cosmétique apporté aux traités et institutions qui existent aujourd’hui ne pourra remédier à cette réalité viscérale, que l’on peut regretter, naturellement, mais qu’il est inutile de nier. Cette croyance aveugle et religieuse affirmant que le fait de lier des nations par un marché, des institutions et une monnaie communs suffirait à abolir les différences et divergences nationales dénote une absence complète de sens historique profond : et c’est pourtant sur cette philosophie que l’Union européenne a été bâtie dès le premier jour, dans un élan tendu vers la réalisation d’un État fédéral dont il est aujourd’hui patent que plus personne n’en veut, populiste ou non, en dehors du président français. Croire, comme l’ont fait les artisans de la construction européenne depuis plusieurs décennies – avec une formidable accélération depuis l’Acte unique de 1986 – que des institutions politico-économiques de type fédéral, par surcroît inabouties, allaient miraculeusement accoucher d’un sentiment d’appartenance méta-nationale, relève de la pensée magique, ou à tout le moins d’un univers intellectuel surprenant au sein duquel les peuples se feraient et se déferaient aussi facilement que de banales fusions-acquisitions.

Un fascinant déni du réel

Penchons-nous maintenant sur la seconde partie des propos présidentiels, la plus fascinante sans doute, car ignorant le plus aveuglément la réalité factuelle : « L’Europe risque d’avoir sa sécurité qui dépende des choix américains et de ses changements (sic), d’avoir une Chine de plus en plus présente sur les infrastructures essentielles, une Russie qui parfois est tentée par la manipulation, des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les Etats peuvent prendre« .

Que faire, face à un tel déni de réalité, sinon rappeler quelques vérités élémentaires ? Car les faits, ici aussi, sont têtus ; il suffit d’en détailler quelques uns, dans l’actualité récente, pour comprendre en quoi l’idée même de “sécurité européenne”, sinon “d’Europe de la défense” n’a pas attendu MM. Salvini et Orban pour capoter.

Premièrement, il y a moins d’une semaine, la Belgique a fait le choix d’acheter des F35 américains. En d’autres termes, elle a écarté non seulement l’Eurofighter, produit par un conglomérat européen, mais également le Rafale français. Pour des raisons militaires, financières et techniques qui semblent en réalité extrêmement faibles : dans les faits, il s’agit tout simplement de réaffirmer l’allégeance belge à l’hegemon américain. Quoi de plus naturel, quand il n’existe finalement aucune alternative européenne, aucun contrepoids politique unifié auquel se sentir inféodé, sinon indéfectiblement lié ? Le choix américain opéré par le gouvernement belge entérine, de facto, la faiblesse géopolitique d’une Union qui n’existe que peu ou pas sur les plans militaire et stratégique.

Deuxièmement, l’Allemagne a dénoncé il y a bientôt un an les Accords de Schwerin, qui étaient l’un des rares projets européens en matière de défense, visant à construire conjointement des satellites d’espionnage via un conglomérat industriel. Or, sans prévenir, l’Allemagne a passé commande de la partie réservée aux industriels français…à un constructeur allemand ! Pourtant la France avait fait de gros efforts pour acheter la bonne volonté germanique : elle avait laissé la totalité de la partie industrielle du projet de drone européen MALE à l’Allemagne – à l’époque certains parlaient même d’un marché de dupes, tant la concession était grande et faisait fi des intérêts de Dassault, Thales, Airbus et Safran, théoriquement tout à fait capables de développer un tel outil de manière autonome. Cela n’a pas suffi : à plusieurs reprises, dans les années 1980 et 1990, l’Allemagne avait déjà refusé de coopérer avec la France pour concevoir des satellites d’observation, notamment sous pression américaine, les États-Unis voyant d’un mauvais oeil une coopération franco-allemande renforcée, alors que l’Allemagne s’était toujours affirmée, depuis les débuts de la construction européenne, comme un fidèle relais américain sur le Vieux continent.

Cela étant dit, parlons maintenant de “la Chine, toujours plus présente dans les infrastructures européennes”. Car là aussi, les faits sont obstinés. Est-il permis de rappeler que les plus gros achats chinois en Europe dans ce domaine ont été largement permis ces dernières années par la vente des bijoux de famille de l’État grec ? Ainsi, contraint par ses créanciers européens, le gouvernement grec se voyait-il poussé à céder, début 2016, le port du Pirée à l’investisseur chinois Cosco : sans privatisations, plus de subventions – l’équation à laquelle ont été soumis tant de pays du Tiers-monde depuis les années 1980 et les fameux “plans d’ajustement structurel” du FMI. Ainsi, c’est en partie grâce à la bienveillance des autorités de Bruxelles que la Chine a pu poursuivre son gigantesque jeu de Monopoly avec les infrastructures européennes, non sans déclencher des réactions isolées de défense commerciale en Allemagne, par exemple. Là encore, ce ne sont pas les populistes qui en sont responsables, mais ceux qui ont préféré, par défaitisme ou par simple dogmatisme néo-libéral, laisser l’Union européenne devenir l’idiot utile de la mondialisation, quitte à sacrifier quelques nations réfractaires pour la cause, plutôt que d’en développer et d’en protéger équitablement toutes les zones, au moyen d’un protectionnisme sélectif et d’une péréquation économique à laquelle les gagnants de l’UE n’ont, là encore, jamais consenti – et dont ils ne voudront probablement jamais. L’attitude parfaitement suicidaire des autorités bruxelloises s’agissant de favoriser l’émergence d’une industrie européenne autonome en matière, par exemple, de photovoltaïque, s’est encore récemment étalée dans la presse.

S’agissant des “intérêts et marchés financiers dépassant les Etats”, contentons-nous d’une invitation à lire ce ce précédent billet, qui revient abondamment sur la vassalisation des gouvernements vis-à-vis des marchés – et sur la responsabilité de la classe politique dans le processus ayant abouti à cette situation. Enfin, confessons une certaine lassitude face au refrain des “manipulations russes”, dans la bouche de responsables n’ayant jamais condamné que mollement le scandale absolu des écoutes de la NSA révélées en 2013 par Edward Snowden, et menées avec le soutien logistique des renseignements allemands. Encore une fois, il y semble y avoir de la place pour une analyse lucide et rationnelle des choix politiques russes, à mi-chemin entre la détestation automatique qu’il serait de bon ton d’éprouver à l’égard de tout ce qui concerne la Russie poutinienne, et l’adoration transie dans laquelle semble plongée une part minoritaire des commentateurs à son propos ; quoi qu’il en soit, la ficelle du péril soviétique semble trop grosse, ou trop fragile, pour supporter à elle seul le poids des renoncements d’une classe politique européenne inaudible sur la scène internationale.

Dès lors, sommes-nous en train de revivre les années 1930, et les populismes mentionnés par le chef de l’Etat constituent-ils une menace réellement nouvelle pour l’édifice européen ? Tout d’abord il semble, en vérité, que le populisme le plus menaçant aujourd’hui, du fait de sa prétention hégémonique, mais aussi de sa faculté à se présenter comme une non-idéologie, soit avant tout le populisme de l’individualisme mercantile forcené, un populisme d’une sorte nouvelle, incarné à merveille par l’actuel gouvernement français. Un populisme d’autant plus dangereux qu’il voudrait se faire passer pour une simple manifestation du scientisme économique appliqué aux sociétés humaines, dont la contestation ne saurait être l’oeuvre que de déséquilibrés imperméables à la raison. C’est ce populisme qui, non content de détruire notre environnement, nos services publics et nos systèmes de protection sociale avec une réjouissante constance, s’exonère de ses méfaits dans les économies avancées en insistant sur “les centaines de millions de personnes qu’il a permis de sortir de la pauvreté sur l’ensemble de la planète” – refrain entendu jusqu’à la nausée – depuis plusieurs décennies. C’est le temps qu’il aura probablement fallu à nos sociétés pour comprendre que derrière leur smartphone presque gratuit venu de Chine, leurs vêtements fabriqués au Bangladesh et leur voiture assemblée en Bulgarie, il y avait aussi la destruction de leurs industries, de leurs emplois et demain, de leurs systèmes de retraite. Et ceux qui entreprennent de se demander s’ils ont vraiment gagné au change dans ce deal d’enfer semblent, c’est heureux, de plus en plus nombreux.

Un Louis-Philippe aveugle et sourd

Ensuite il est manifeste que le point d’ancrage permettant en effet de rattacher notre époque aux années 1930 est avant tout la fracture majeure de la crise de 2008, qui rappelle à certains égards celle de 1929. Une crise dont les conséquences auront été aussi désastreuses pour les finances publiques : en 2013, l’Etat français consacrait déjà 130 milliards supplémentaires aux dépenses sociales, soit 30% de son budget, par rapport à 2007 – et les Agnès Verdier-Molinié couraient déjà de plateau en plateau pour expliquer que le grand coupable de notre dette publique ‘était, au choix, le cheminot ou l’employé de mairie. Pendant ce temps, les conséquences auront été douces pour le secteur financier, dont les garde-fous et diverses régulations instaurés depuis dix ans sont jugés largement insuffisants par différents acteurs de poids. La crise de 2008, l’explosion des inégalités au profit d’une part infime de la population, le sentiment d’une perte de pouvoir du politique et des citoyens au profit des milieux économiques : tous ces sujets sont les grands absents du discours d’Emmanuel Macron. En vertu de l’adage selon lequel on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu, tout est bon pour éviter de devoir nommer l’éléphant qui trône au milieu du salon planétaire : la formidable sécession des élites à laquelle nous assistons depuis plus de trente ans, et dont le chef de l’Etat est lui-même une parfaite incarnation. Une sécession documentée aussi bien sur le plan économique que dans ses dimensions culturelle ou spatiale. Éviter de nommer cet éléphant vaut bien quelques raccourcis historiques grossiers – faire passer Orbàn pour un nouvel Hitler, et Salvini pour l’héritier de Mussolini -, et tant pis si le continent est aujourd’hui démilitarisé, qu’on n’y exécute plus d’opposants politiques nulle part, et que rien ne semble plus éloigné de nous que la perspective d’un conflit armé entre nations européennes. La montée des populismes dans le monde entier, bien que réelle et prenant des formes et manifestations plus ou moins inquiétantes, est indissociable des effets directs produits par la mondialisation – affaiblissement des Etats, paupérisation massive des classes ouvrières et moyennes, dislocation des amortisseurs sociaux ; et si la religion de la guerre économique permanente a contribué à aiguiser les rivalités, y compris au sein de l’UE, il serait assez osé de comparer celles-ci avec le climat pré-apocalyptique qui régnait à la fin de l’entre-deux-guerres, voire indécent si l’on pense aux quelque 400’000 morts de la Guerre d’Espagne.

Alors, plutôt que d’invoquer sans vergogne une abominable décennie dont il se rêverait en nouveau Charles de Gaulle, Emmanuel Macron serait bien inspiré de reculer d’un siècle et d’endosser un costume à sa réelle mesure : celui de Louis-Philippe.

23 Comments

  1. Comparer Macron à Louis-Philippe est une insulte pour ce dernier qui raisonnait dans un cadre national et non d’une UE sous direction allemande.

  2. Excellent billet d’Ambroise de Rancourt.
    Mais il faut revenir AV aux années 1920 pour comprendre les idéologies issues de la Grande Guerre : le Communisme , le National Socialisme ou le Fascisme à la Mussolini et meme du fondateur de la phalange espagnole.
    Il faut savoir que la Grande Guerre a été voulu par des gens qui se connaissaient . Le Kaiser Guillaume était cousin direct au Tsar Nicolas II , tous ceux-là avaient de la parenté avec la Reine Victoria. Meme l’Archiduc d’Autriche assassiné à Sarajevo connaissai lui, aussi, la haute aristocratique germanique.

    Pour revenir aux idéologies décrites ci-dessus, elles avaient pour but de mobiliser les masses contre l’économie libérale ou ultra-libérale de l’ époque. Comme quoi rien n’a changé.
    La seule différence avec la Guerre 14-18 c’est que nous sommes que 7 ou 8 Milliards d’être humains et nous détruisons la nature. C’est terrible.

  3. Pour compléter votre évocation d’éléments « dans l’actualité récente, pour comprendre en quoi l’idée même de “sécurité européenne”, sinon “d’Europe de la défense” n’a pas attendu MM. Salvini et Orban pour capoter », en particulier concernant le volet de la Russie poutinienne, que l’on songe au rôle de l’Union européenne face à l’Ukraine, qui s’est départi de la dissuasion nucléaire en échange d’une protection qui s’est revelée complètement inexistante, et l’on comprend que les pays d’Europe centrale en première ligne, ceux qui ont pris l’habitude d’être gravement trahis notamment par l’Europe de l’ouest comme la Pologne, se tourne naturellement vers le USA pour leur défense.

    Si la Russie poutinienne représente un péril -ce qui se discute, la situation en Crimée peut se comprendre de diverses manières, mais la Crimée n’est pas une part d’Ukraine fondamentalement polono-lithuanienne-, c’est là encore une démonstration non pas de l’intérêt de l’Union européenne mais de sa défaillance. En somme, notre président jeune cadre dynamique cosmopolite n’est qu’une forme de bure, à la vue plus qu’étriquée.

  4. Dans son inféodation absolue à l’élite supra nationale et dans sa détestation de son pays, Macron est en train de nous entraîner dans le mur. Le nationalisme est ce que l’on veut en faire. Un motif de guerre ou une volonté d’avancer et de progresser.
    L’UE n’est qu’une coquille vide qui a trahi les peuples fondateurs.

  5. Très honnêtement je ne pense pas que votre excellent travail soit en mesure d’apporter à notre Président quelques connaissances supplémentaires . Il sait tout…

  6. Macron a réussi son coup : 2 articles de Causeur, 2 du Figaro, 1 de Bruno Bertez, 1 dans Atlantico et maintenant 1 ici.

    Faut-il vraiment en parler ? Je me suis posé la question pour blog et j’ai décidé de ne pas faire de publicité au tyran Selfie 1er (copyright Bruno Adrie). Mais cela m’intéresse d’avoir vos arguments : pourquoi en avez vous parlé ?

  7. @ Euclide

    Ne mélangeons pas tout, surtout pas les époques, ce qui ne peut qu’ajouter à la confusion des jugements.
    Le but des idéologies totalitaires de la période de l’entre-deux guerres du siècle dernier était en premier lieu de promouvoir un « homme nouveau » et cela sous des formes identitaires complètement dévoyées et fumeuses (lisez « la guerre civile européenne » d’Enzo Traverso qui l’expose de manière saisissante dans le cas du fascisme italien).
    Ce fut paradoxalement par cet aspect « futuriste » voire même -n’ayons pas peur des mots- « révolutionnaire » que ces idéologies s’accommodèrent au final très bien des règles capitalistes de leur temps, celui de l’après première guerre mondiale. A ce que je sache, le ministre des finances de Hitler s’appelait bien Hjalmar Schacht, l’un des personnages les mieux en cours de la finance mondiale de l’époque.
    Le capitalisme mondial que vous désignez, celui de l’avant guerre 14/18, s’appuyait encore largement sur des forces conservatrices traditionnelles lesquelles étaient encore en place dans l’Europe des empires, héritière de l’Europe des princes d’avant la révolution française (lisez par exemple « le temps des révolutions » puis « le temps des empires » d’Eric Hobsbawm), laquelle ne fut jamais avare de conflits territoriaux.
    La consanguinité dont vous parlez à propos de ces gens qui ont précipité l’Europe dans la guerre, n’avait jamais empêché leur atavisme séculaire de s’exprimer et les intérêts capitalistes du moment n’ont fait que renforcer encore cet atavisme jusqu’à un point de déchaînement encore jamais vu.
    Le néo-libéralisme contemporain (néo ou pas, c’est la grande question) entend lui s’affranchir totalement des forces du passé pour promouvoir un homo œconomicus -dernier avatar de « l’homme nouveau »- dans un espace historique entièrement régulé par le marché. En cela, c’est plutôt cette idéologie (qui en est bien une) au service d’une nouvelle entreprise totalitaire qui aurait repris le flambeau dévoyé du fascisme.
    Ceux que l’on nomme aujourd’hui les populistes n’expriment que la réaction des peuples déstructurés pour s’opposer à cette engeance et sauver ce qui leur reste des formes anthropologiques et sociales que leur avaient léguées l’histoire.
    Révolution et conservatisme ont bien changé de clientèle, mais je sais combien cela répugne aux gens de gauche (à part quelques esprits éclairés comme Michéa) de le reconnaître.
    Le « combat pour la planète » fait d’ailleurs pleinement parti de ces combats douteux où peu de monde comprend les véritables enjeux.
    Laissez donc le siècle dernier là où il est. Le grand atout des peuples désormais est que les guerres à venir se feront nécessairement contre eux (ici rien n’a changé en un sens) mais aussi sans eux, ce qui est nouveau.
    Qui est prêt à marcher sur Moscou après injonction de Google ?

    • @ BH Lazeby
      L’homme nouveau dont vous parlez, l’Histoire a prouvé que c’ était une chimère. Une des dernières incarnations a eu lieu au Cambodge sous le régime de Pol Pot.
      Par contre les idéologies de mon post ci-dessus avaient pour but de dominer l’économie libéral pour sortir l’homme de son aliénation. Là, aussi ,ce fut l’échec.

      Ce qui est sûr , c’est que l’on se diriger vers chaos mondial. Chaos est un mot d’origine grecque qui signifie destruction mais aussi résurection.

  8. Lorsqu’on y réfléchit bien, l’Europe des 28 ne sera jamais qu’un « machin » allemand, il suffit d’ailleurs d’en considérer le barycentre (en Allemagne, comme par hasard) ou les figures politiques qui ont naguère épousé les réalités géographiques de l’Europe (que cela soit le Saint-Empire romain germanique, ou auparavant l’empire carolingien dont la capitale était Aix-la-Chapelle, aujourd’hui Aachen, et dont le souverain a toujours été bien plus célébré outre-Rhin que chez nous), sans même parler de notre assujettissement économique désormais structurel au suzerain allemand, consenti par le sbire Mitterrand depuis Maastricht.
    Icelui disait d’ ailleurs, en signant ce document qui acta juridiquement notre vassalité « je suis le dernier grand Président, après moi il n’y aura que des comptables » (ce qui témoigne en passant de l’égotisme et de la duplicité de ce personnage, encore célébré- fidélité à celui qui le fit ministricule ou bêtise crasse ?- par Méluche).
    Un symptôme, si petit mais si révélateur de notre asservissement : ces présidents français, depuis Chirac et Sarkozy, sitôt élus, qui vont à Berlin comme d’autres allaient à Canossa… A-t-on déjà vu Merkel, après chaque réélection, se précipiter ventre à terre à Paris pour faire ainsi allégeance…??

    L’Europe, ou l’autre nom de la politique étrangère allemande. L’Europe allemande, butte-témoin de la Haine de Soi qui anime les « élites françaises » .

  9. Micron a finalement raison : c’est la lutte des nationalistes contre les progressistes. Sauf que, lui fait partie des nationalistes européistes et que les peuples sont les progressistes qui veulent sortir du carcan et de nouveau coopérer entre eux !
    Et quitte à faire des rapprochements historiques approximatifs, le gouvernement actuel me rappelle plus celui de Brejnev des années 1979 et suivantes que les années 30 : la même obstination dans l’erreur !

  10. Compte tenu de l’emprise qu’à l’UE sur les pays, il n’y a vraiment pas de quoi rouler les mécaniques..les  » chefs d’Etat  » ne sont plus que des marionnettes dont les ficelles sont tirées par la finance et le capital…est-ce que les manuels d’histoire se souviendront même du nom de ce tout petit bonhomme dont l’arrogance n’a d »égale que son insignifiance.

  11. Louis Philippe a eu une politique étrangère extrêmement active : création de la Belgique, entente cordiale, règlement de la question d’Orient contre les néo-conservateurs de l’époque représentés par Thiers. Votre comparaison ne rend pas justice à ce monarque. EM est en revanche parfaitement dans la ligne de la politique d’effacement des Républicains de la IIIe (à l’exception de Delcassé et de Barthou) face à l’Allemagne.

  12. D’accord avec vous quant à la partie purement politique, mais ce que vous dites en économie fait lever en moi quelques doutes. Vous critiquez la phrase “Les centaines de millions de personnes qu’il a permis de sortir de la pauvreté sur l’ensemble de la planète”, trop entendue selon vous, qui est pourtant vraie. Que des pays développés, ou ex-développés, dont la France, aient été les victimes de ce développement mondial, c’est possible, sinon probable. N’empêche que des millions de personnes sont sorties de la misère, et il est difficile de le nier.

  13. Les leurres semblent se croiser au dessus des sociétés européennes, et cela fait mal. Leurre de l’invocation des années 1930 pour invalider en brandissant le mot valise du populisme les lourdes inquiétudes de tant de couches des populations actives, des retraités et des sans-emplois, mêlant l’inquiétude légitime face aux discours postulant que le repli et l’exclusion puissent être les clefs d’une prospérité retrouvée, aux doutes, qui prennent aujourd’hui plus qu’hier la forme de critiques intransigeantes envers un cadre d’échange qui postule que seule la prospérité née du libre échange sans « entraves » soit légitime et concevable.
    Leurre aussi du démantèlement de l’Europe institutionnelle et d’un retour bénéfique à la « souveraineté » pour chaque Etat-nation désolidarisé de ses voisins, à l’heure où les hypothèques du Brexit n’apparaissent pas encore. Corollaire fréquent du leurre précédent, celui du découplage de l’Europe du Nord et des pays de l’Europe du Sud. Il fut un temps pas si lointain où le débat public se nourrissait essentiellement de formules optimistes: la clé du progrès et la paix éternelle par l’Union économique et monétaire et le programme Erasmus pour seule dimension visible d’une intégration humaine concrète (à ce titre, ce programme a des titres de succès à ne pas répudier). Ces formules n’allaient pas sans immenses réalisations matérielles, tant s’en faut, si l’on considère le travail titanesque qu’a représenté et représente toujours l’élaboration institutionnelle et, par ailleurs, celui qu’ont réalisé les opérateurs privés pour employer au mieux tous les dispositifs créés par les élaborations institutionnelles. Mais le progrès, le perfectionnement de la mécanique institutionnelle n’est pas allé de pair avec le rapprochement des sociétés, c’est une litote, rapprochement qui ne peut ne peut se passer du cadre mais ne peut apparaître par le seul fait de son perfectionnement (à l’exception considérable des partenariats intergouvernementaux, notamment industriels, dont votre article montre qu’ils ne prennent pas, ces jours-ci, le chemin d’un développement ambitieux, pour employer une nouvelle litote).
    Un rapprochement des sociétés, des cultures nécessite des initiatives venant des populations, dans tous les domaines et à tous les niveaux de la vie collective : économie, culture. Il nécessiterait des exemples, qui illustreraient par des réalisations combien l’idée d’Europe, sa réalité géographique, historique, humaine est légitime et qu’une critique du « parfait » libre-échangisme peut aussi l’être, sans pour autant que l’alternative tienne dans la formule du repli et de la fermeture.

  14. Imitation de l’Allemagne aussi avec la création de 13 grandes régions sous Hollande.
    Il y a quelques années, plusieurs politiciens et médias français serinaient : les 22 régions françaises sont trop petites par rapport aux autres pays de l’UE.
    Ah ! Ces mégalomanes voulaient faire « grand ».

    Et surtout, cet argument était FAUX.

    J’ai un livre datant de 1995 environ intitulé « Atlas des peuples d’Europe occidentale » J. et A. Sellier (la Découverte).
    Il y avait un tableau :
    – 16 lands allemands : moyenne 4,9 millions d’hab.
    – 20 régions italiennes : moyenne 2,8 millions
    – 22 régions françaises : moyenne 2,6 millions
    – 17 communautés espagnoles : moyenne 2,3 millions
    – 12 provinces néerlandaises : moyenne 1,2 million
    – 11 provinces belges : moyenne 0,9 million
    – 54 comtés anglais et gallois : moyenne 0,9 million
    – 9 lands autrichiens : moyenne 0,8 million.

    Donc, pour créer les grandes régions actuelles, Hollande ne s’est pas inspiré de tous les pays de l’UE mais UNIQUEMENT de l’Allemagne.

    J’ai entendu Ségolène Royal critiquer la création de ces grandes régions et aussi de grandes communautés de communes. Elle a raison. Sauf que lorsque ces inepties ont été accomplies, elle était ministre et n’avait pas démissionné.

    PS : En revanche, je me réjouis que, pour les élections européennes, on revienne à la circonscription nationale qui était en vigueur en 1979, 1984, 1989, 1994 et 1999.
    La création de super régions électorales qui ne correspondaient à rien (2004, 2009 et 2014) n’était qu’une magouille politicienne.

  15. Pour revenir à Ségolène Royal, elle avait certes raison de critiquer la création de ces grandes régions et grandes communautés de communes mégalomaniaques.

    Ceci étant, elle est insupportable lorsqu’elle se victimise en permanence : ses échecs politiques ne viendraient que du seul fait qu’elle est une femme victime des hommes. Le monde politique est violent pour les femmes ET les hommes.

    Ségolène Royal n’a pas été la seule à nous fatiguer avec ses jérémiades. On peut aussi citer ces dernières années : Laurence Rossignol, Sandrine Mazetier (1), Chantal Jouanno et quelques autres.
    Si ces bourgeoises trouvent que le monde politique est trop violent, elles n’ont qu’à faire autre chose. Leur sort sera de toutes manières préférable à celui des caissières de grandes surfaces, des enseignantes, des hospitalières, ….

    D’autres femmes ont été attaquées en politique mais ne passaient pas leur temps à se victimiser parce que femmes. Citons Marine Le Pen, Marie-France Garaud ou Arlette Laguiller.

    Ajoutons une autre ineptie de S. Royal. Selon elle, seuls les hommes provoqueraient des guerres, les femmes jamais. Absurde : Charles Consigny lui rappelait, avec raison, que Madeleine Albright, et Hillary Clinton, lorsqu’elles étaient Secrétaires d’Etat, étaient des « faucons ».

    Si on comprend S. Royal, il n’y aurait pas eu de guerres sous des tsarines comme Catherine II, des reines d’Angleterre comme Elizabeth 1ere ou des régentes comme Anne d’Autriche (2).
    Qu’elle révise l’Histoire avant de dire des inepties.

    (1) Sandrine Mazetier avait poussé la sottise jusqu’à vouloir débaptiser les écoles MATERNELLES (supprimer ce dernier terme, jugé « sexiste »).

    (2) C’est moi qui cite les noms de ces monarques ou régente et non S. Royal. Je les cite car le sais que, sous leur autorité, il y eut des guerres.

  16. Je ne saurais trop recommander la lecture de l’article relatif à la sécession spatiale des élites (avant-dernier lien). Merci de nous l’avoir signalé !

  17. Devant cette ignorance de Macron devant l’Histoire, je ne peux m’empêcher de citer la bonne blague d’Emmanuel Todd : « Il aurait du épouser sa prof d’Histoire »

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