Emmanuel Macron : Illégalité, illégitimité et imposture. (1e Partie)

L’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir est illégitime

La France et le problème Macron.

La République française à un gros problème avec celui qui lui sert de président. Celui-ci est désormais perçu massivement par le peuple comme complètement illégitime à en occuper ce poste à diriger le pays.

Cette situation explique le rejet dont il est l’objet et ce au-delà de la politique mise en œuvre, la corruption qui l’entoure, sa nullité politique, ses traits de caractère insupportables et son arrogance personnelle. Toutes ses interventions quelles qu’elles soient, sont immédiatement disqualifiées avec une rage surprenante. Et il apparaît maintenant d’évidence qu’il ne pourra pas gouverner sans le recours à une répression féroce à l’aide de sa justice, sa police et les lois liberticides que son Assemblée nationale croupion adopte en cadence. Interpellé sur les dérives de son régime Emmanuel Macron a voulu imprudemment nous donner une petite leçon en lançant à la volée « essayez la dictature et vous verrez! », en définissant en parallèle dictature et démocratie. Le problème est que sa description de la dictature colle à son système. Et celle de la démocratie entretient avec le macronisme des rapports étonnamment lointains. Quand par exemple il dit : « Une dictature, c’est un régime ou une personne ou un clan décident des lois », on a envie de lui répondre « mais Monsieur Macron c’est exactement ce qui se passe avec votre Assemblée nationale croupion complètement caporalisée et qui n’a aucun état d’âme à piétiner nos libertés publiques à votre demande. Et quand les sénateurs essaient d’utiliser leurs maigres prérogatives de contrôle, vous et vos hommes de main les insultez et les menacez. »

Avant d’examiner comment et pourquoi la légitimité de l’actuel président de la république est complètement anéantie, il convient de s’expliquer sur ce que devrait être cette légitimité républicaine qui lui fait désormais complètement défaut.

Évidemment, on en revient une fois encore à Max Weber qui en a défini la dimension politique. Pour lui, le concept de légitimité se rapporte à la notion de reconnaissance sociale. C’est socialement et non juridiquement que se définit la légitimité. Même si dans une démocratie, le pouvoir (Macht) réside dans la domination (Herrschaft) rationnelle et légale, la légitimité vient d’abord du respect de la loi, condition première nécessaire mais pas suffisante. Or, dans les faits le régime Macron est formidablement éloigné cette exigence. Inconstitutionnalité et illégalité à tous les étages, et les psalmodies régulières de ses soutiens, passant leur temps à invoquer une soi-disant légalité formelle de son arrivée au pouvoir n’y changeront rien. D’abord parce que c’est faux, puisque que cette élection a été manipulée et truffée d’illégalités. Et que les Français clairement ou confusément le savent ce qui explique depuis un an leur rejet massif du locataire de l’Élysée. Mais ensuite ce rejet provient aussi de ce qu’après l’élection la légitimité démocratique doit se valider jour après jour par un exercice du pouvoir régulé dans un dispositif institutionnel fonctionnant normalement. Or, ce n’est clairement pas le cas du système Macron. Et empêche la reconnaissance sociale de ce pouvoir minoritaire comme l’ont encore démontré les élections européennes où le parti du président présenté par sa propagande comme vainqueur (!) a royalement culminé à 11 % des inscrits…

Comment Emmanuel Macron est-il arrivé au pouvoir ?

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron au poste principal de la Ve République est le fruit d’une assez extraordinaire manipulation. Qui a bénéficié de circonstances et d’un alignement des astres qui ne sont pas près de se reproduire. Une des causes profondes s’enracine en mai 2005 avec le référendum qui rejetait le traité constitutionnel européen. C’était un véritable défi lancé au bloc élitaire qui dans toutes ses composantes s’était mobilisé pour le oui. On sait ce qu’il en a été du respect de la souveraineté populaire avec la forfaiture de mars 2008 où François Hollande apporta à Nicolas Sarkozy les voix du parti socialiste au Congrès sans lesquelles le forfait démocratique de la ratification du traité de Lisbonne n’aurait pas été possible. Le rejet de la classe politique s’en trouva renforcé, mais les Français jugèrent quand même bon (!) pour chasser un Sarkozy détesté, d’élire à la présidence en 2012, le principal artisan de la trahison. On sait ce qu’il advint de ce mandat lamentable au bout duquel comme nous le dit Emmanuel Todd dans son dernier ouvrage : « François Hollande n’a même pas pu se présenter à l’élection de 2017. Il a été comme vomi par le pays »   

Compte tenu du score du Front National aux élections européennes de 2014, il fut dès lors évident que Marine Le Pen figurerait au deuxième tour de la présidentielles 2017 son concurrent ayant alors toutes les chances de devenir président. La haute fonction publique d’État choisit alors l’un de ses représentants pour être ce candidat et qui proposé aux grands intérêts et oligarques français fût adoubé. Le 23 avril Emmanuel Macron avec 16 % des électeurs inscrits se retrouva qualifié pour le deuxième tour, où présenté comme un rempart contre un fascisme imaginaire, il l’emporta facilement. On retrouvera les détails nécessaires de cet étonnant hold-up dans trois ouvrages que l’on recommandera ici : « Les réseaux de secret de Macron » de Marc Endeveld et « Opération Macron » d’Eric Stemmelen qui décrivent les méthodes assez stupéfiantes d’Emmanuel Macron et de sa bande et le formidable soutien financier médiatique dont il a bénéficié de la part du Capital français. On ajoutera également pour l’analyse qu’il fait des spécifités politiques du bloc que le nouveau président de la république a su agréger autour de lui, l’ouvrage de Jérôme Sainte-Marie « Bloc contre bloc ». Mais bien sûr, la mise en orbite de ce satellite radicalement inconnu jusqu’alors n’aurait pas pu se faire sans l’opération judiciaire lancée au beau milieu de la campagne électorale contre le candidat de la droite que tout le monde donnait comme futur président. Nous avons analysé cet incroyable épisode où des magistrats et des journalistes dévoyés ont prêté la main à une opération directement destinée à fausser la principale élection de la Ve République. Il faut une fois de plus confirmer qu’il ne s’agit pas particulièrement de défendre François Fillon qui fut d’ailleurs pendant toutes cette période assez lamentable mais de souligner à nouveau le caractère complètement anormal sur les plans juridiques et judiciaires de ce qui s’est produit.

Et il n’est pas excessif de considérer que pour imposer Emmanuel Macron à la présidence de la république une conjonction d’intérêts a bien organisé une forme de coup d’État. L’objection selon laquelle cette qualification ne pourrait être retenue parce que son élection serait extérieurement et formellement légale, ne tient pas. D’abord historiquement il est des coups d’état incontestables mais qui ont respecté la légalité formelle, comme celui de Bonaparte le 18 brumaire par exemple. Ensuite parce que si l’on décortique un peu les conditions dans lesquelles cette élection présidentielle de 2017 s’est déroulée, on peut en conclure qu’elle est complètement illégale. En rappelant qu’illégalité juridique ne veut pas dire nullité. C’est-à-dire que si l’on peut constater qu’une élection s’est déroulée illégalement, seul le juge régulièrement saisi peut le prendre en compte et prononcer les annulations et les sanctions nécessaires. Or, non seulement aucune procédure n’a été diligentée, mais certaines des institutions de contrôle ont carrément refusé d’accomplir leur mission.

Une élection illégale ?

Pourquoi l’élection Emmanuel Macron serait-elle illégale ? Pour plusieurs raisons, que l’on n’exposera pas ici en détail mais en rappelant qu’en France il existe une réglementation stricte dans le Code électoral dont le respect impératif permet d’assurer la sincérité du scrutin. Ces règles concernent essentiellement le financement des campagnes et la communication en période électorale. Le financement de la campagne d’Emmanuel Macron a bénéficié de façon incontestable de financements plus que suspects, à commencer par l’utilisation des moyens de l’État et des collectivités locales au soutien du candidat ce qui est radicalement prohibé. Il y a eu ensuite toute une série d’apports de particuliers qui comme l’a relevé le député Marleix ressemblaient à des rémunérations de service et à de la corruption. Il y a eu ensuite dans le domaine de la communication une invraisemblable et massive propagande de la presse audiovisuelle et écrite entre les mains des oligarques français, provoquant un déséquilibre majeur dans le débat démocratique et altérant ainsi la sincérité du scrutin. Il y a plus.

Ce qui relevait de la pure et simple promotion commerciale est non seulement interdit, mais les coûts que représentaient ce déferlement auraient dû être réintégrés dans le compte de campagne d’Emmanuel Macron. Ce qui aurait fait évidemment exploser le plafond. Dans n’importe quelle élection locale, la constatation de telles infractions vaudrait aller direct vers l’annulation, l’inéligibilité voire les procédures pénales. Et bien sûr, avec l’affaire Fillon l’instrumentalisation grossière de la justice à des fins qui n’étaient pas les siennes a décisivement contribué à l’altération de la sincérité du scrutin.

On me répondra, mais puisque c’est si clair, comment se fait-il qu’aucun contrôle n’ait pu jouer, que les autorités chargées de les opérer soient ainsi restées les bras croisés ? Tout simplement et clairement parce qu’elles ont complètement rallié la solution que représentait Emmanuel Macron. Les magistrats du pôle financier et les journalistes à la manœuvre pour disqualifier Fillon l’ont probablement plutôt fait pour écarter celui qui pour eux représentait l’horreur d’un candidat de droite catholique. Mais la conséquence de l’arrivée de Macron ne leur posait aucun problème. Quant aux autres, Conseil Constitutionnel et Conseil d’État, ce sont des amis du nouveau président. Pour la Commission Nationale des Comptes de Campagne, d’une pudeur de violette durant toute la période, les méchantes langues ont relevé l’augmentation copieuse (57 % !) de la rémunération de son président dans les semaines qui ont suivi …

On pourra nous chanter sur tous les tons les tautologies ineptes brandies sur les plateaux par les éditocrates et les faux politologues : « Emmanuel Macron est légitime parce qu’il est légitime », on se heurtera au mur des faits : les Français pensent et ressentent aujourd’hui massivement Macron comme illégitime parce qu’il est arrivé au pouvoir au terme d’un processus illégal et irrégulier. Comme nous l’avons vu, dans un système de démocratie représentative, la légitimité politique d’occuper un mandat et d’appliquer son programme nécessite que soient réunies deux conditions cumulatives. Tout d’abord une arrivée au pouvoir légale et régulière par un scrutin dont la « sincérité » ne peut être mise en doute. Ensuite que cette arrivée bénéficie d’une reconnaissance sociale de la part des gouvernés. Il faut rappeler que l’existence de la première peut ne pas suffire pour garder la légitimité politique. Guy Mollet et ses amis l’ont appris à leurs dépens, qui portés régulièrement au pouvoir en 1956 et ayant amené la France au bord de la guerre civile, furent contraint de le céder à la légitimité du général de Gaulle. Qui s’empressa d’ailleurs de donner à sa prise du pouvoir le cadre juridique et légal indispensable. Parce qu’évidemment l’absence de la première condition, celle de la légalité nécessaire, entraîne de facto la disparition de la deuxième.

Ainsi pour gouverner, si la condition de légalité initiale nécessaire à la légitimité est remplie (ce qui n’est pas le cas pour Macron comme nous venons de le voir), pour pérenniser la deuxième, celle de la reconnaissance sociale, il est quand même nécessaire de construire et de préserver la légitimité pas seulement la sienne mais celle de tout le dispositif dans lequel il l’exerce.

Et de ce point de vue, dans l’accomplissement de son mandat, l’illégalité d’Emmanuel Macron est constamment au rendez-vous. Réduisant à néant une légitimité déjà extrêmement fragile.

Ce sera l’objet d’une deuxième partie.

À suivre….

  

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Régis de Castelnau

50 Comments

  1. Merci de formaliser juridiquement, avec une grande clarté, ce que nous ressentons empiriquement

    • C’est le mérite des « penseurs » et éditorialistes, mon préféré en ce domaine étant feu Jean-François Revel, que de décrire en une page ce que chacun de nous peut ressentir confusément et de s’écrier: « mais c’est mais c’est bien sûr »!

    • Merci cher maître pour ses propos salvateurs et, comme toujours, fort intéressants. Toutefois, pourquoi ces références bibliographiques marquées du sceau de l’infâme Amas Zone? Cordialement.

  2. Bonjour. Vous avez oublié dans les soutiens à M. Macron l’ineffable Médiapart, qui a servi la soupe pendant la campagne électorale, a appelé à son élection contre le « danger fasciste », puis, dès le lendemain de la victoire de son poulain, s’est déclaré dans l’opposition au même Macron. Il fallait le faire, ils l’ont fait.

    • Totalement d’accord avec vous. J’étais abonnée et je me suis désabonnée, accompagné par un mail très critique à leur encontre, le soir même du premier tour des présidentielles. Même si par ailleurs ils sortent de bons dossiers, cette duplicité m’a dégoûtée à jamais de leur donner 1 centime de mon argent.

    • Roland Dumas a toujours affirmé que Mitterrand lui aurait confié que Plenel était un agent Atlantiste.

  3. La permiere chose que doit faire le prochain president est de mettre fin à l’election du President de la Republique au suffrage universel et de restituer ses prerogatives aux representanst du peuple; à commencer par l’initiative de l’ordre du jour.
    Les lois doivent être elaborées au Palais Bourbon et non pas à Matignon et encore moins à l’Elysée.
    L’executif execute, rien de plus, rien de moins.

    • Le Président est élu au suffrage universel « direct ». Avant la modification constitutionnelle de 1962, il l’était par un collège de grands électeurs (parlementaires, élus locaux…) eux-mêmes élus par les Français. Comme les Sénateurs qui sont élus par les élus locaux.

      C’est la Constitution qui partage le travail normatif entre ce qui est du ressort de la Loi (donc, du Parlement) art.34 et ce qui est de celui du règlement (donc, du Gouvernement) art.37.

      • Mais il y avait encore plus de clientélisme des hautes sphères politiques et financières: ce n’était donc pas très « pur ».

  4. Vue dans la manif du 24 janvier à Paris, cette pancarte:
    « Président, prends ta retraite, pas la notre »

    • Bof ! Lui, il s’en fiche puisqu’il aura la pension de réversion de Brigitte…

  5. Cet article est passionnant et soulage toutes celles et ceux qui, comme moi, sont effondrés devant le spectacle inédit que donne ce gouvernement, que ce soit dans notre pays comme à l’étranger où la presse ne ménage pas Macron, y compris les instances internationales qui pointent les violences banalisées, majoritairement exercées au simple motif d’opposition politique.
    Maintenant, quand on a fait ce constat accablant, quels sont les ressorts juridiques qui permettraient de mettre fin à ce quinquennat de la honte?
    Quel niveau d’ignominie atteindront-ils avant qu’on les arrête?
    Devrons-nous serrer les dents devant notre impuissance jusqu’en 2022?
    Et devant toute la propagande et leur incroyable propension au déni et aux mensonges, ne risque-t-il pas d’être à nouveau  » élu  » en 2022?

  6. « …la corruption qui l’entoure, sa nullité politique, ses traits de caractère insupportables et son arrogance personnelle… »
    Les Français ont confié les clefs du pouvoir à un authentique pervers narcissique ; c’est çà le vrai problème. Ce n’est pas un trait de caractère ni une pathologie mais un trouble grave de la personnalité qui dévaste leur entourage personnel et professionnel. Individus séducteurs, ambivalents, mythomanes et dépourvus d’empathie, leur jouissance est la souffrance et la destruction de leurs victimes : « vaste programme ! »
    https://www.youtube.com/watch?v=dl8oEjSg6ZI

  7. Ceci dit nous ne sommes pas médecin pour les soigner.
    Le truc s’est que sa fonctionne , complètement à l’aise ils se cadrent dans l’évidence que tout est possible du Davos n’importe qui , n’importe quoi et n’importe comment , le reste s’est du.com .Ils n’ont pas spécialement tord dans le sens qu’ils ne se cache pas
    Démocratie en France à bon dos , faudrait supprimer cet accolade.
    Liberté , égalité et fraternité , outre fraternité qui les arrangent très bien , faudrait supprimer .
    Faudrait supprimer le FN ou le RN qui s’invite toujours en seconde zone pour valider les scrutins des premiers dont le RN n’aurait même pas pus s’exprimer comme Macron sans soulever un révolution française sous couvert de démocratie de style Macron.

  8. Le procès s’établit par le rappel des faits. Depuis la plus haute Antiquité orientale, la relation de fait est parfaitement distinguée de la relation de droit qui elle s’accomplit en plein jour, aux vues et aux sus de tous. Des témoins sont d’ailleurs toujours requis.

    Le code du roi HAMMURABI vers 1750 avant Jésus Christ prévoyait déjà dans ses dispositions que l’initiative de la poursuite judiciaire ne peut revenir qu’à une personne qui produit des témoins. L’article 13 de ce code dispose que si les témoins du demandeur ne sont pas déférés au juge dans les six mois, le demandeur qualifié alors de malfaiteur, devra supporter la peine, ici la mort.

    Dans le récit des faits concernant les deux filles de joie, il n’y a aucun témoin de la scène. Cela se passe la nuit et la nuit tout est confondu. Les deux femmes sont d’ailleurs présentées dans un rapport de fusion évident. Rien ne les distingue. Et ce trouble marquant l’exposé des faits s’accentue pendant la procédure devant le Roi. Non seulement les deux femmes apparaissent identiques mais elles disent la même chose pour signifier pourtant des positions contraires. Pour résoudre cette confusion, pour répondre à ce parallélisme, le Roi doit trancher.

    Trancher pour répondre

    Salomon tranche d’abord pour répondre au mimétisme qui soude les deux femmes. La procédure hébraïque est fondée non sur l’aveu mais sur des témoignages qu’il faut collecter, réunir et apprécier après confrontation. Les paroles des deux femmes qui se répondent annulent leur force respective.

    Il tranche aussi pour répondre au parallélisme des formes. Ce parallélisme marque toutes les procédures judiciaires de l’antiquité. Il faut relever en la matière que la première phase du procès archaïque romain présente ce même rituel : l’opposition des arguments marque le début de la procédure sans que le fond du droit ne soit pris en considération.

    Le juriste consulte R. GAIUS, au commentaire IV de ses instituts décrit ainsi la procédure judiciaire en revendication d’une chose (en l’occurrence un esclave) «les deux parties sont réunies devant le tribunal avec la chose litigieuse. Celui qui fait la revendication appréhende l’objet du litige en tenant une baguette qu’il pose sur l’esclave en prononçant les paroles suivantes : moi, j’affirme que cet homme est mien en vertu des droits des citoyens romains. Puis se tournant vers l’autre partie, il ajoute : ayant dit qu’elle est sa condition, je t’impose la vindicte ». Cette vindicte à laquelle répond l’autre partie dans les mêmes termes et avec le même geste doit être comprise comme une déclaration de puissance opposée à l’adversaire. Et c’est alors, dit GAIUS, que le magistrat, le prêteur, intervient pour faire cesser le parallélisme des formes.

    Et c’est ce que fait ici Salomon. Sa réponse avant toute intervention, est de reprendre chacune des revendications prononcée par les femmes. Et c’est répétition est très importante car le juge souligne par là la symétrie qui reflète la rivalité et paralyse le mouvement de la procédure mais il montre également qu’il a entendu les deux femmes.

    En des temps plus anciens le juge n’avait de règne que pour le demandeur. La procédure ici est devenue contradictoire et ce principe figure parmi les proverbes que la tradition a admis sous le patronage de Salomon. Dans la Bible au livre des proverbes «le premier à parler dans son procès parait juste, vienne la partie adverse, elle le contestera ».

    La procédure étant contradictoire, le juge l’ayant relevé, la décision peut alors être arrêtée ».

    Reprendre pour arrêter.

    La réponse du juge alors même qu’elle est sollicitée et attendue jette un trouble. Dans le procès archaïque romain en revendication, l’intervention du prêteur est si brutale qu’elle a donné lieu, pour l’expliquer, à des lectures variées.

    Certains auteurs ont relevé le caractère magique du rituel. La procédure décrite par GAIUS donne en quelque sorte aux parties opposées le rôle du magicien qui à l’aide d’une formule magique et d’une baguette tente de faire apparaître le droit de propriété. Dans cette thèse défendue au début du siècle par l’Allemand HIRZEL, l’intervention du magistrat viendrait en quelque sorte rompre le charme magique et subjectif pour apporter un droit objectif.

    D’autres auteurs dont le romaniste français NOAILLES ont considéré le caractère religieux du rituel où le geste d’appropriation engagerait la volonté des Dieux et dans cette lecture, l’intervention du magistrat viserait à remplacer le droit sacré, le «fas » par le droit civil, le «ius ».

    Enfin, d’autres, comme le romaniste français A. MAGDELAIN ont vu dans ce rituel un simulacre de combat où la baguette apparaîtrait en remplacement de la lance, le geste de revendication renvoyant pour sa part au geste du soldat, les biens de l’ennemi étant considérés comme «res nullius » c’est à dire chose sans maître, et le prisonnier de guerre se confondant avec l’esclave. Dans ce rituel de combat, l’apparition du magistrat arrêterait l’expression d’une guerre privée pour offrir une justice publique.

    Quelle que soit la lecture, le geste des deux parties exprimant une revendication identique ne permet pas de savoir qui est dans son droit. Il revient à Rome, au prêteur d’arrêter cet échange symétrique pour évaluer l’objet de la revendication conformément à l’une des deux prétentions et de régler le litige sans autre précision.

    Si les motivations de la décision du prêteur nous échappent, pour Rome la réponse de Salomon se comprend, elle, plus logiquement. Le partage littéral de l’enfant correspond à la solution traditionnelle. Le parallélisme des formes aboutit logiquement à cette sentence : la parole de l’un équivaut à celle de l’autre. Sur la revendication du même objet les deux doivent avoir la même chose, équité mortellement mathématique répondant au droit strict.

    Le Livre de l’exode chapitre 21 fonde le mythe de la loi du talion. Cette loi comme ce jugement se trouve ainsi fixée dans les consciences. La tradition garde cette image froide et rigide. La justice de Salomon coupe en deux, à égalité et pourtant la justice comme loi associée à la représentation d’un dieu vengeur ne correspond pas à cette image brutale.

    L’ordre provoque un tel trouble qu’il modifie la configuration de la scène. En l’occurrence il met fin au rapport mimétique des deux femmes. Le discours de chacune, à partir de là, se singularise nettement : l’une va plaider pour la vie, l’autre pour la mort. L’une s’adresse au Roi, l’autre au bourreau. Intervient alors la vraie justice de Salomon.

    • Je ne comprends pas bien le rapport entre Gaïus, la baguette, Salomon et Macron.

  9. Tout ceci est vrai…mais valable dans la quasi-totalité des pays d’Europe de l’Ouest. La légitimité (sinon la légalité) du gouvernement italien, allemand, et espagnol est aussi faible que celle d’EM (comme l’était celle de May au Royaume Uni) sans même parler de celle des principaux organes de l’UE, qui sont les véritables instigateurs de la politique menée dans ces pays.
    Le petit Emmanuel est certes particulièrement agaçant, mais il n’est rien d’autre qu’un produit marketing destiné à faire croire au bon peuple qu’il existe encore un président doté d’un quelconque pouvoir en France. On devrait presque le remercier de jouer si mal son rôle, au point de rendre visible les ficelles agitant le pantin.

    • Revoir le gouvernement « il y a du tri à faire »? Ah çà non tout est a rejeter, et non recyclable SVP. Jamais vu une telle bande de paltoquets, à ce point là, c’est surréaliste!aussi nuls, menteurs ,minables qu’incompetents, il n’y en a pas un pour racheter l’autre, et que dire de leurs casseroles type conflits et prises illégales d’intérêts pour beaucoup !Un gouvernement de Pinocchio, et ce n’est plus un nez, un cap, c’est une péninsule ! A vomir !

  10. C’est quand même fort pour un site qui parle de droit de voler des images et de ne pas citer le photographe. Le respect du droit c’est valable aussi pour les images surtout en France …

  11. Globalement d’accord avec cette analyse, sauf sur un point, l’affaire Fillon. L’erreur qui a entraîné toutes les autres, c’est l’organisation de primaires par un parti étranger à ce genre de culture. Tout ça, très probablement, pour offrir une chance de repêchage à Sarkozy, qui espérait battre Juppé sur le fil. Le dit Juppé n’ayant rien compris à ce qu’était une primaire (toujours ce décalage culturel), il y a fait une campagne de second tour des présidentielles (le rassembleur qui dépasse les clivages) là où il aurait dû souder d’abord son camp. De ce fabuleux ratage est sorti le pire candidat possible (lamentable avant même ses ennuis judiciaires) dont on ne peut pas affirmer qu’il aurait gagné sans ses déboires ultérieurs. Pour couronner le tout, ce très petit homme politique, pendant les dites primaires, s’est lourdement gaussé des ennuis avec la justice de ses deux concurrents. D’où le renvoi d’ascenseur et la catastrophe qui s’en est suivie, puisque LR, cerise sur le gâteau, n’a pas été capable de débrancher un candidat qui n’avait plus la moindre chance de gagner.
    Dire que la justice a faussé l’élection, cela revient à postuler qu’elle aurait dû fermer les yeux face à des délits singulièrement graves pour quelqu’un qui aspirait à la présidence et donnait des leçons de morale à tout le monde. Est-ce à dire qu’il faudrait différer enquête et mise en examen si on découvrait, trois mois avant un scrutin, qu’un des candidats est un tueur en série ? J’avoue ne pas comprendre quelle conception du droit se cache là-derrière.
    Un dernier point : qui peut croire sérieusement qu’un Fillon ou un Juppé (si le premier avait été débranché) ferait aujourd’hui une politique différente de celle de Macron ? La casse du Code du travail, de l’assurance chômage et des retraites fait depuis longtemps partie de l’agenda de la droite de gouvernement. Du coup, il y a fort à parier qu’on en serait exactement au même stade de déliquescence aujourd’hui.

    • Fillon a été flingué par l’appareil d’Etat.

      Ici, sur ce blog, un intervenant en avait démontré les arcanes par le jeu des nominations au sein du PNF, entre autre, quelques mois avant les élections.
      Le dossier Fillon a été constitué, probablement sur dénonciation de son propre camp, certains pensent à Sarko, bien évidemment.
      Bien avant les élections, car les sondages (publics donc portés temporellement bien avant à la connaissance du Château) montraient qu’il était le grand favori des présidentielles.

      Pourquoi a t-il été flingué ?

      Pas parce qu’il n’était pas libéral économiquement, bien sûr.
      Parce qu’il ne cochait pas les cases au niveau sociétal progressiste d’abord, anti PMA, pro manif pour tous, et ensuite et surtout, parce qu’il était pro rapprochement Poutine sur le plan diplomatique.
      Or le pouvoir en République, s’il est ultra libérale, est « sociétalement » de gauche et surtout soumis à la logique Atlanto-sioniste qui sponsorise la doctrine du choc des civilisations, ce n’est pas pour élire un pro Chrétiens d’Orient doublé d’un ultra conservateur à l’Elysée.

      Fillon fut d’autant plus écarté et là je vous rejoins, qu’il est tombé dans le piège de la primaire à droite.
      Des primaires ouvertes, pour lesquelles Sarko fut logiquement éliminé (sacrifié serait plus exact) au profit d’un duel Juppé/Fillon dont on savait que le tropisme pro Islam du premier (surnom Ali Juppé dans la fachosphère et la droite dure) était perdant et compte tenue du raidissement populiste Européen.
      Donc depuis le départ, tout la stratégie était basée sur Fillon et sur son flingage quant à précipiter ses électeurs désemparés dans les bras de Macron, la créature d’Attali/Minc/Hollande/Sarko pour échapper au spectre du RN ou de Mélenchon à l’Elysée.
      C’est la jonction des bourgeoisies métropolitaines et des retraités aisés qui a fait élire Macron.
      Ne pas oublier la réunion secrète, qui ne l’est plus, entre Macron et Juppé dans l’entre deux tours et l’appel à voter Macron, une fois Fillon se sentant grillé.

      On comprend alors que l’histoire des costumes (Bourgi, ancienne figure de la Françafrique et proche du RPR) et l’affaire Pénélope, ne sont que des diversions à l’endroit de l’opinion publique.

  12. « Le problème est que sa description de la dictature colle à son système. »

    Et tout est dit.

    Rarement un régime aura été aussi bien dénoncé par son meilleur défenseur !
    Et le plus hilarant (vu de Sirius) est qu’il est sérieux.

    On hésite entre l’épuisement et certaines pathologies …

  13. Merci pour cette excellente synthèse juridique !
    Se débarrasser de Macron ? Très simple : l’article 68 de la Constitution ! Mais, un seul député s’est porté volontaire pour demander de l’activer !
    Débattre de la destitution du Président de la République, voilà qui porterait un bon coup à l’égo d’icelui ! Et ça nous ferait le plus grand bien !

    • En effet, quelqu’un a bien soulevé l’hypothèse d’une destitution: ce qu’il se garde de mettre en avant, c’est qu’il a besoin des voix des 2/3 du parlement et du sénat pour y parvenir… comment fait-on avec la majorité actuelle? Si les choses étaient aussi simple, il me semble que cette proposition aurait été suivie.
      Ceci est donc une fausse bonne solution

      • Les députés déposent bien à intervalles réguliers des motions de censure qui n’ont aucune chance d’être adoptées. Le but n’est pas bien évidemment que Macron soit destitué du premier coup car, comme vous le dites c’est impossible avec sa majorité LREM et ses compradores, mais il s’agit de porter un coup à son ego et d’entamer publiquement le débat sur sa pratique constitutionnelle. Là, ça peut être le début d’un processus.

      • On pourrait dire la même chose pour le cas de Trump. Et pourtant, les Américains font la démarche, et… tout le monde en parle (ce qui n’est pas sans lui être dommageable, même si cela n’aboutira pas). Il faut donc croire que les Américains n’ont pas ici l’intelligence supérieure (ou la lâcheté ?) de nos députés français prétendûment « opposés à Macron ».

        • Pas les Américains, les démocrates, nuance.

          Or les démocrates, ce sont les progressistes sur l’échiquier politique très à droite des US.
          Ce sont les plus compatibles avec l’idéologie Pan Européenne de l’Ouest, ce qui explique pourquoi le Trump bashing s’est imposé, surtout en République, d’ailleurs.

          Les libéraux libertaires sont contre Trump et ce qu’il incarne sur le plan sociétal, pas contre Macron, qui est un pur produit de l’establishment libéral-progressiste.
          Voilà pourquoi en République, la classe politique au pouvoir, l’alliance de la droite Orléaniste avec la gauche culturelle, ne cherchera pas à le destituer.

          Notons que cette différence de degré entre Trump et Macron, n’empêche pas ce dernier de s’aligner sur l’OTAN, même s’il a une divergence de vue concernant le multilatéralisme vs unilatéralisme dans les relations internationales.

      • Avec la Constitution de la Vème tout est fait pour protéger le Pt, sauf à le déclarer empêché. Pourtant la pathologie est quasiment diagnostiquée… « Psychotique, sociopathe, pervers narcissique et manipulateur » sont des conclusions fréquentes.
        Le mieux et de visionner certaines vidéos édifiantes:
        https://www.youtube.com/watch?v=otMG_fFZVuE&feature=youtu.be https://www.youtube.com/watch?v=NNDgsw39m9s
        Les trahisons subies par le peuple français de la part des élus LREM sous la coupe macronienne et qui se comportent en dictateurs au plus grand mépris du peuple de France sont légions.

  14. Tous coupables les parlementaires, de droite, de gauche et du centre ; aucun n’a relayé les injonctions de F. Asselineau d’engager une procédure de destitution. Aucun non plus pour – une fois que le constat est fait que les décisions sont prises à Bruxelles via les COPE – pour engager un FREXIT ! IL faudra bien y venir !

    • A 100% d’accord avec vous ! Seul l’upr, Mr Asselineau avait fait cette injonction, mais comme il est « hors système « , on l’a bien constaté via les médias mainstream, il était évident qu’il ne serait pas suivi! Ne recommençons pas les mêmes erreurs à l’infini, enfin, perso, je n’ai pas donné ma voix à ces charognards du pouvoir à la solde des oligarques, et continuerai à soutenir Asselineau ! La mascarade électorale ça suffit, évidemment que le RN est toujours au 2e tour, c’est l’épouvantail du pseudo « vote utile « , jusqu au jour où…tout basculera !A force de jouer avec le feu, on se brûle… espérons que ce RN n’en sortira pas le grand gagnant comme prédit par ATTALI !

      • Lorsque la République est capable de ratifier le traité de Lisbonne en allant à l’encontre du résultat du référendum de 2005 sur le traité de Rome de 2004 , pourquoi se montrer surpris qu’elle fasse tout pour éviter le FREXIT ?

        Avant de penser à une chimérique destitution de Jupiter ou démontrer que la constitution serait caduque depuis Valls, il conviendrait déjà de parfaitement comprendre la mécanique dominante et infusant au sein des appareils d’Etat, notamment et pour ce qui nous concerne, celui de la République.

        Je vous le dis tout de suite, c’est bien plus complexe que la politique politicienne franco-française et pour ou contre l’Islam en République.

  15. Merci pour ce billet.
    Je rajouterai que l’élection de Macron s’est également faite avec la complicité du CSA quant au non respect du principe d’équité et notamment du 1er critère retenu pour l’apprécier. Je cherche encore les résultats du candidat Macron ou de sa formation politique aux élections antérieures à la présidentielle 2017.

    Le principe d’équité:
    Le principe d’équité implique que les services de télévision allouent aux candidats (ou aux partis politiques) et à leurs soutiens des temps de parole ou d’antenne en tenant compte de leur représentativité et de leur implication effective dans la campagne.

    L’appréciation de la notion d’équité se fonde sur :

    La représentativité des candidats, en particulier, les résultats du candidat ou de la formation politique aux plus récentes élections ;

    La capacité à manifester concrètement son implication dans la campagne : organisation de réunions publiques, participation à des débats, désignation d’un mandataire financier, et plus généralement toute initiative permettant de porter à la connaissance du public les éléments de son programme.
    https://www.csa.fr/Proteger/Garantie-des-droits-et-libertes/Proteger-le-pluralisme-politique

  16. En ce qui me concerne, il est parfaitement clair depuis le premier jour que Macron est le VRP d’un gang mafieux oligarchique élu grâce à une escroquerie juridico-merdiatique. Je ne l’ai jamais considéré comme légitime.

    • On est au moins deux! Je tenais un bureau de vote en 2017 comme vice-président et nous étions tous les deux d’accord (avec ma présidente) à l’issue du scrutin que le quinquennat qui allait commencer serait celui d’un enfumage pire que sous Hollande!

      • On est trois !!!
        Durant toute la campagne je n’ai cessé de dénoncer ce qui m’est apparu comme une imposture .
        Comment cet homme , sorti de nulle part , complètement incohérent , manifestement halluciné , naturellement ou pas , je ne saurais dire , a-t-il pu coaliser ainsi tous les Chiens de garde et les rogatons des autres Partis pour accéder à la plus haute fonction de l’Etat ? Il y a eu , çà et là , quelques voix qui se sont élevées pour dénoncer des (futures) casseroles : le « conte de fées » de son adhésion par les Rothschild qui , chacun sait ont coutume de faire entrer d’illustres et médiocres inconnus dans leur cénacle , sa déclaration de patrimoine insincère , son CV falsifié , son début de braderie du patrimoine français (comme Alstom) , son usage frauduleux des fonds de la République , les afflux de capitaux offerts par de soi-disant particuliers … mais , subitement , la machine s’est emballée et , haro sur Fillion , à point nommé …
        Tout cela pue la machination , les accointances et collusions .
        En vérité , il est évident que ce pantin n’est ni brillant , ni compétent . Il est simplement assez déjanté pour mener à bien le programme de démantèlement de l’Etat qui n’a pas été mené jusqu’à son terme par un Sarkozy se ravisant à mi-mandat parce que , politique avant tout , il s’est mis à songer à sa réélection . Après l’épisode Hollande , qui , à son habitude , a joué la partie mollement , un pas en avant , deux pas en arrière , il fallait quelqu’un qui ne soit pas un homme du sérail , quelqu’un prêt à vendre son âme (en a-t-il une ?) au Capital et qui n’avait pas froid aux yeux . Le banc d’essai de la Loi Travail ayant été une réussite , cet homme , ce fut Macron !!!
        Et les crétins gavés de média mainstream , se prenant pour de grands économistes , ont avalé tout rond l’appât et l’hameçon !!!

  17. J’ai peut-être manqué quelque chose, mais quand des Sénateurs ont-ils été injuriés ou menacés ?

  18. Un grand MERCI pour ce texte si clair et percutant . C’est un vrai soulagement pour celui- comme moi…- qui ne sait trouver les mots pour dire cela.
    Une précision, cependant, qui ne modifie pas l’analyse. Le score de Macron le 23 Avril, au premier tour,n’est pas de 16% des inscrits mais de 18,19%. Ceci dit pour ne pas prêter le flanc aux trolls pinailleurs de la REM.

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