Kotarac quitte LFI : fuites dans le mouvement gazeux

Défection de Kotarac : tout le monde est content ?

L’épisode du soutien d’Andrea Kotarac à la liste Bardella aux Européennes est encore un bel exercice d’observation des comportements humains. Au fond, on a l’impression que tout le monde est ravi de cette décision, qui donne du grain à moudre aux diverses chapelles de la vie politique française.

Les soutiens d’Emmanuel Macron, qui sont confortés dans la fameuse (et fumeuse) théorie du « fer à cheval » de Sternhell, selon laquelle les extrêmes se rejoignent. Il fallait voir, ce mercredi, Richard Ferrand pavoiser dans les médias en répétant ad nauseam que le changement de bord de Kotarac n’était rien d’autre que la suite logique du projet populiste. Andréa Kotarac a donc permis à la majorité présidentielle de remettre une pièce dans la machine à opposer progressisme et populisme, et à dénoncer la montée des rouges-bruns prêts à plonger de nouveau le continent dans la guerre – l’antienne est bien connue.

Les militants du Rassemblement national peuvent également profiter de l’arrivée de Kotarac pour accabler Mélenchon, le traiter de gauchiste incapable de porter un projet souverainiste digne de ce nom, rappeler que la gauche, c’est la capitulation, et appeler tous les souverainistes de LFI à suivre l’exemple du transfuge.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des soucis de Kotarac, les gauchistes obtus, momifiés dans un imaginaire de gauche plurielle de fin des années 1990, peuvent joyeusement jeter au feu l’amitié qu’ils avaient hier pour leur camarade déchu, devenu en l’espace de vingt-quatre heures un suppôt de Satan. Il faut observer les torrents d’injures qui s’abattent sur M. Kotarac depuis deux jours pour comprendre l’ampleur de la rage que son départ a suscitée, encore amplifiée par le courage que donne l’effet de meute.M

Derrière les réjouis, il y a l’artisan, le grand artisan de ce sabordage – car c’en est un, n’en déplaise à ceux qui cherchent à minimiser le départ de Kotarac. Ce grand artisan n’est autre que Jean-Luc Mélenchon lui-même.

Mélenchon artisan du sabordage

Depuis 2017, une foule de conseillers plus ou moins officiels s’agite autour de Mélenchon, qui l’incite à poursuivre le virage populiste entamé pendant la dernière campagne présidentielle – celui-là même qui lui a permis de tutoyer les 20%. En 2017, Mélenchon est l’homme qui a réussi à arracher la gauche au gauchisme, le temps d’une parenthèse enchantée de quelques mois, et d’une campagne brillante : rejet du latéralisme gauche/droite, réappropriation des symboles nationaux, à commencer par le drapeau et par la Marseillaise. Grand souvenir que cette campagne, pour l’auteur de ces lignes, mais pas uniquement.

Mais depuis, Mélenchon a choisi de délaisser cette ligne populiste au profit d’une stupide, inepte et destructrice stratégie d’union de la gauche, au moment même où il devenait de plus en plus manifeste que ce clivage latéral perdait tout sens aux yeux des électeurs, en même temps qu’il devenait totalement inopérant pour comprendre et résoudre les problèmes du monde qui est et qui vient. Un virage qui, sans aucun doute, se voulait machiavélien, sinon mitterrandien, alors qu’il s’apparente à une erreur de lecture politique majeure et désastreuse – avec à la clé, une division par deux du score de LFI entre la présidentielle et les Européennes, qu’on s’empresse, du côté des troupes de Mélenchon, de mettre bien sagement sur le compte de l’abstention.

Depuis 2017, le chef de parti populiste s’est mué en un autocrate – les mauvaises langues diront qu’il l’avait toujours été – entouré d’une petite cour de zélotes, qui tiennent le mouvement et sa ligne médiatique avec autant de force, qu’ils laissent se développer de façon anarchique des centaines de groupes d’appui locaux, laissés en jachère idéologique. Cette appropriation des moyens d’expression politique, régulièrement dénoncée par certains cadres, a mis de fait la caisse et le logiciel du parti entre les mains d’une infime minorité de fidèles, prompts à suivre le Chef dans ses zigzags et ses errances, contre vents et marées. Ce tableau, déjà inquiétant, est complété par le triomphe des idées de Chantal Mouffe – théoricienne du populisme de gauche –, portées et promues par un quarteron de disciples en culottes courtes de cette doctrine inoffensive et fantasmagorique.

C’est ce tournant politique et idéologique qui a fait de LFI, aujourd’hui, une machine à perdre des élections : une grande marmite dans laquelle Free Palestine, Justice pour Adama et pétitions pour la fin de la précarité menstruelle côtoient de grandes envolées lyriques sur l’Europe des peuples, et de creuses litanies sur ce que devrait être la « resignification des signifiants vides que sont le peuple et la Nation [NDLR : ah bon ?], afin de bâtir un discours contre-hégémonique capable de mettre à bas la domination néo-libérale en fédérant le bas de la société contre le haut ». Voilà le fumeux cocktail qui a remplacé le logiciel solide et rôdé de la campagne de 2017 : le Bourbon a cédé la place à un Spritz.

La campagne de 2017 avait doté Mélenchon, on l’a dit, d’un char Leclerc populiste, qui ne demandait qu’à aller au combat. Ivre de lui-même – et sans doute, ivre de vengeance contre ses anciens camarades du PS –, il a préféré le repeindre en vert fluo, lui ôter le canon, et le transformer en baraque à frites. Les uns après les autres, les cerveaux quittent LFI : Kuzmanovic, Cocq – humilié par le chef lui-même sur Twitter –, et désormais, Kotarac. A cela s’ajoute la prise de distance de Charlotte Girard, pourtant membre du premier cercle depuis de longues années.

Mélenchon est dans une situation calamiteuse, mais il s’y est mis seul, absolument seul. De fait, tous les constats faits par Kotarac sur ce qu’est devenu ce mouvement sont bons, incontestables, quand bien même les conclusions politiques qu’il tire de cette situation sont attristantes et douloureuses pour nombre d’entre nous. Mais le pire est que les réactions à son départ semblent attester d’un état de décomposition intellectuelle avancé de LFI : procès en fascisme appels à serrer les rangs face à la peste brune, etc. Mélenchon lui-même a traité Kotarac, dans un grand élan d’élégance, de « nouvel Oustachi ». Lui qui citait encore Kotarac, il y a peu, comme une saine preuve de la présence de lignes diverses à La France insoumise.

LFI dans le coma politique

La question est aujourd’hui la suivante, pour les militants restants de ce mouvement : quelle est votre ligne ? Quel est votre électorat – sur le plan sociologique, a minima ? Quel est votre projet de société ? Toutes ces questions semblent désormais vouées à résonner dans le vide intellectuel total où le populisme de gauche mouffien a jeté LFI, sur les conseils de quelques-uns. Pour ne rien arranger, le chef lui-même s’est montré incapable, depuis deux ans, d’entendre autre chose que les flatteries, et de ne laisser émerger, en guise de cadres, que ceux qu’il estime suffisamment médiocres pour ne pas lui faire d’ombre. La doctrine mouffienne, aussi inoffensive et creuse qu’était pertinente celle d’Ernesto Laclau, a pris le pouvoir.

L’avenir dira si le choix de Kotarac ne lui a été dicté que par l’opportunisme – c’est évidemment une option – ou par la volonté sincère de se rendre utile à une cause, la souveraineté nationale, dont LFI s’est avérée inapte à porter le flambeau. Avec tous les désaccords personnels que ce choix m’inspire par ailleurs, j’estime que son vrai responsable n’est pas Kotarac, mais Mélenchon. Une clarification devra avoir lieu, qui verra soit la victoire des culottes courtes, et en toute logique, à terme, le débarquement de Mélenchon, dont la légitimité interne ne pourra éternellement reposer sur ses seules aptitudes de tribun ; soit la reprise en main des débats par Mélenchon lui-même, s’il en est encore capable. Parce qu’en silence, pendant que résonnent les accords de guitare et que se dévorent les chamallows autour du grand feu de camp inclusif et adolescent du populisme de gauche, la politique, elle, n’attend pas.

Alors, sans doute Mélenchon serait-il bien inspiré de voir dans le départ de Kotarac le dernier signe en date de la catastrophique dépolitisation de son propre mouvement : il en a été l’artisan.

Ambroise de Rancourt

25 Comments

  1. Article bien écrit, et ça me fait plaisir de lire du bon français. Mais le sujet est creux. Dire que Mélenchon n’a que ce qu’il mérite, c’est défoncer une barrière ouverte avec un régiment de chars…

    • C’est particulièrement méchant pour Mélenchon pour qui je garde de la gratitude à cause de l’espoir qu’il a su insuffler à nouveau en 2017. Meme si c’est sans doute juste sur le fond. Espérons à nouveau qu’il reprenne les rênes mais c’est tard et il s’est vraiment mal entouré.

  2. Je ne connais pas Monsieur Kotarac, mais si je comprends très bien qu’on quitte LFI quand on est attaché à la souveraineté nationale, rejoindre le RN juste après que celui ci ait renoncé à toute idée de sortie de l’UE parait être un choix assez surprenant.

  3. Il est normal qu’il y aie des fuites dans un mouvement gazeux.

  4. Mais mais qu’est ce que mon s’amuse ici.
    Mélenchon a sans doute des tords mais certainement pas ceux qu’on lui impute ici.
    LFI dans le coma politique, vous vous basez sur les sondages pour affirmer ça ? LOL. Ma grenouille m’a donné LREM à 6%. Le vrai sondage sera celui du 26 mai, pas avant.
    Des conseillers s’en vont et un obscure conseiller s’en vont. Et ça serait la faute encore à Mélenchon ? Jlm ne s’occupe pas des listes des européennes ni de sa stratégie. Il y va eu des zigzags par rapport à 2017 c’est certain mais en quoi jlm qui n’est ni candidat ni à la direction du comité des européennes en serait comptable ?
    La pluspart des ex lfi liem, kuzmanovic se sont poussés tout seul comme des grands hors du mouvement en caricaturant à l’excès des duvergeances qui ont avancées quand ils se sont retrouvés à une place non éligible…
    François C.cq aussi s’est auto éjecté en critiquant la ligne LFI.
    Un mouvement ne peut pas avoir plusieurs lignes et tirer dans tous les sens.
    Et à ceux qui disent que LFI n’a pas la même stratégie que 2017, tres bien mais est ce que le programme a changé ?
    Non. Et pour le mettre en place il faut sortir des traités comme LFI le disait en 2017.
    Le but de la LFI 2017 est tjrs le même en 2019.

    Sur Kotarac, un mot. Très simple. On ne combat le cholera LREM par la peste RN.
    Tout le monde sait que casser les mécanismes de solidarités comme le fait LREM, le PS de Hollande qui a en plus tué son parti et le mot « gauche », et encore avant Sarkozy (il etait de droite donc bon).
    Avec en bonus de cette crise des partis politiques, une crise de fonctionnement démocratique caractérisé par la main mise des milliardaires sur 90% des médias écrits et televisuels…

    Si vous voulez mener un combat éthique de la plus grande importance et fes plus urgent choisissez un de ces derniers : rendre une information libre et de qualité aux Français, le climat – d’après des experts on a 12 ans pour agir au mieux, quels conséquences le non respect du vote Non de 2005 par Hollande, Sarkozy puis par Macron, …

    Salutations.

    • Vive les smartphoooones ou pas.

      *Casser les mécanismes de solidarité fait mécaniquement monter le FN/RN.*

    • Voir sur les crises les raison de la très opportune révélation de ce ralliement.

  5. je souligne cette phrase:
    L’avenir dira si le choix de Kotarac ne lui a été dicté que par l’opportunisme – c’est évidemment une option – ou par la volonté sincère de se rendre utile à une cause, la souveraineté nationale, dont LFI s’est avérée inapte à porter le flambeau.
    qui m’inspire ces réflexions:
    a- si LFI s’est révélée inapte à porter le flambeau de la souveraineté nationale, c’est que la crise révélée par le piteux ralliement de M. Kotarac au RN, ne vient pas du seul Mélenchon, mais bien d’une faille dans le projet et l’organisation de LFI – et ce, depuis le début. Dommage que bien des personnes qui aujourd’hui dénoncent la responsabilité du seul JLM, comme l’auteur de ce brillant papier, ne s’en soient pas avisées avant. Les plaisanteries théoriques et politiques de Mme Mouffe ne datent pas d’aujourd’hui.
    b- « la souveraineté nationale », une cause? Oui, dans la conjoncture actuelle, indéniablement oui, mais pour les forces nationalistes, qui ne voit que dans repli illusoire sur soi, sur les seules forces (sic!) nationales le dépassement des contradictions dramatiques du néolibéralisme (en clair, du capitalisme). 1°) croire que le RN défend cette « cause » c’est se raconter des histoires, même si les chefs du RN y croient: le RN et l’argent de Moscou (les « vieux » se rappellent cette infamante étiquette collée au PCF; ils constatent qu’aujourd’hui, Mme Le Pen n’est jamais interrogée, voire embêtée là-dessus.) Pas plus que l’étroite alliance avec Steve Banon qui n’est que le VRP des intérêts économiques US, si on réfléchit un instant sur sa volonté de briser l’UE et de disperser l’Europe en nations. Poutine + Trump, franchement on fait mieux en guise de défense de la souveraineté nationale. J’avais espéré que lors de cette campagne, on démonte le souverainisme de Le Pen qui est une pose politique, accompagnée par des mesures tonitruantes de « préférence nationale ». Hélas, notre classe politique, et pas seulement JLM, est nulle.
    c- enfin, il faudrait réfléchir sérieusement sur la notion de souveraineté nationale, dans le monde d’aujourd’hui et surtout de demain. Sur la notion et sur la chose. En évitant les envolées rhétoriques ou les propos démagogiques. Il faudrait refuser de se laisser enfermer dans cette (nouvelle) pseudo opposition « souverainiste »/ »européiste-mondialiste » (de même qu’il faut refuser le choix macronien entre « progressisme » et « populisme », ou alors les mots ne veulent dire que ce que ceux qui sont (provisoirement) les plus forts veulent qu’ils disent. Ne laissons pas notre langue kidnappée par ces médiocres.
    Quant à M. Kotarak, il ne fait que rejoindre la longue liste des transfuges en politique dont la mémoire finit dans les poubelles de l’histoire (n’est-ce pas M. Besson? Qui ça?…)

  6. Joli, Maître !
    Bien vu. Bien écrit.

    Un point de discussion : le « macronisme » ne me semble pas avoir de colonne vertébrale en termes de pensée politique construite autour de valeurs.

    Ses porte-parole commentent l’anecdote du jour.
    Le RN profite d’une aubaine virtuelle.
    Seuls ceux qui tentent de réfléchir sont ennuyés.
    Mais LFI file effectivement vers des pensées incompréhensibles, entremêlées et inconciliables.

  7. C’est d’un intérêt limité, sauf un politicien encore capable de réfléchir, voire d’évoluer, à moins qu’il soit opportuniste; les têtes de liste de LFI sont peu inspirantes y compris du reste d’autres têtes de listes.

    Ce qui me révolte davantage, c’est qu’un président de la république une et indivisible et donc supposé incarner toutes les sensibilités, s’autorise à faire campagne pour des élections européennes avec des affiches portant sa photographie outre à effectuer des déplacements sur sa durée de travail à temps complet de président, pour faire de la propagande électorale pour son propre parti. Comment peut-on constitutionnellement servir à la fois l’intérêt national et son propre intérêt particulier?

    Cette prise de position contraire à notre constitution et à nos textes fondamentaux, ne vaut -elle pas un acte implicite de démission de la fonction présidentielle qu’il suffirait de faire constater et dont il y aurait lieu de tirer toute conséquence juridique, à savoir ayant comme principal effet la vacance de la présidence ?

  8. Comment peut-on croire que le combat social puisse être jeté à la poubelle ou passer au second rang derrière « l’écologie » ou le sociétal » ? Quand on lit dans le commentaire de John,  » le climat – d’après des experts on a 12 ans pour agir au mieux, »on comprend mieux que M. Kotarac qui a adhéré à LFI pour éviter la « gauche Terra Nova », pour reprendre son expression, en claque brutalement la porte ! Cette prédiction des soi-disant « experts » (le Giec est dirigé par un économiste qui a succédé à un autre économiste spécialiste des chemins de fer ! Quelle expertise climatique !) rejoindra dans les poubelles de l’histoire celles du GIec dès son premier rapport de 1990 avec celles d’Al Gore et, avant elles, celles du Club de Rome de 1972. Tout ceci a été infirmé par les faits, mais cela n’empêche pas l’idéologie « écologique » de polluer tout le spectre politique français (et même occidental) jusqu’à détourner LFI de son vrai combat : celui pour le peuple !
    Je regrette que M. Kotarac n’ait pas rejoint l’UPR d’Asselineau, seul parti réellement pour la libération de la France, plutôt que le RN, la boutique des Le Pen qui a renoncé à l’indépendance nationale.

  9. LFI est une imposture de type Syriza.
    Pourquoi?
    Parce que cette « structure » n’a pas de colonne vertébrale idéologique ferme et se laisse emporter par les vents dominants de la bobosphère: accueil des migrants de type No Borders,
    « dé-colonialisme » des racistes du PIR,complaisance avec l’Islam des banlieues,croyance en la possibilité de « changer l’UE » de l’intérieur,choix de l’Euro,etc.
    Cette dérive boboïdo-sociétale va avoir pour conséquence l’éloignement des électeurs souverainistes de Gauche qui vont rejoindre le camp des abstentionnistes voire,pour une minorité,Philippot,Asselineau ou Le Pen.
    Bravo les stratèges et leur timonier!

  10. à 12 jours d’une élection d’importance majeure, il y a des questions « légitimes » sur ce retournement de veste, même pour les antis JLM : pour nuire, c’est probable, ou c’est est un chien fou dans ce jeux de quilles qu’est devenu la politique, où l’offre en terme de partis, est très faible : la concentration médiatique en tire facilement profit – c’est bien cela qu’il ne faut pas perdre de vue . Tout ça pour finir encore une fois par : c’est moi ou le chaos. Finalement le chaos, hein, ….

  11. Bonjour,
    A l’image du PC qui a disparu depuis sa révolution idéologique au milieu des années 1990 avec l’arrivée de Robert Hue, le PCF va progressivement se détacher de son souverainisme. Il va arrivait à LFI ce que le PC a connu ! Le PC à partir des années 2000 transforme sa critique de l’Europe en passant d’une critique souverainiste à une critique plus internationaliste est antilibérale. C’est ce que fait LFI, en moins de temps, de sortir de l’europe en 2017 pour aujourd’hui sortir des traités ! Slogan pour idiot du village, car les autres ne voient pas comment sortir des traités alors qu’il faut l’unanimité des États…

    Si M. Mélenchon portait ces idées en 2017 il faut constater que les dirigeants locaux les ont moins. Leur attitude, leur passé, démontre une adhésion toujours actuelle au Parti de Gauche. Les dirigeants locaux détiennent presque 100% des grandes villes. Les candidats sont choisis, les dossiers des autres candidats ont été reçus trop tard ou ne sont pas arrivés…

    Le discours de JLM était bon en 2017, rassembleur du Peuple mais il ne tient pas la route vis-à-vis des responsables locaux et de la direction nationale. Ce discours des présidentielles est en déphasage avec ces dirigeants qui sont des anciens du PS après avoir transité par le parti de gauche et ont conservé malgré tout leur idée d’hégémonie (chère à la majorité du ps) ainsi que leurs idées « bobos ». D’ailleurs de 20% au 1er tour des présidentielles on passe à moins de 11% aux législatives pour arriver à – de 10% aux européennes. Podemos en Espagne qui a la même attitude (et qui sont les mêmes sociologiquement) ont perdu des voix aux législatives et va peut-être perdre des villes… aux prochaines municipales de mai 2019.
    Ceux qui « gèrent » LFI sont comme ils étaient au PS : la stratégie perdante, de l’union de la gauche qui n’est qu’autre qu’un rassemblement de partis avec autant de discours que de partir plutôt que de fédérer le Peuple comme aux présidentielles.

    Puis M. Mélenchon a perdu la main : un vieux briscard comme lui se faire avoir comme un bleu (mais significatif) quand il rencontre macron à Marseille : macron lui dit « Ah, voilà mon ennemi », M. Mélenchon répond « Pas ennemi adversaire » 15 jours après 100 flics débarquaient chez lui, chez d’autres et à LFI..
    Il n’avait pas compris (automne 2018) ce qu’était ce macron et qu’elle classe il défendait ! Grave de faire une telle faute. Manque de clarté politique, son entourage ? J’espère qu’il n’avait pas la naïveté de croire que son écharpe lui octroyé une garantie des macronistes mafieux…

    • de Michel :

      […] Puis M. Mélenchon a perdu la main : un vieux briscard comme lui se faire avoir comme un bleu (mais significatif) quand il rencontre macron à Marseille : macron lui dit « Ah, voilà mon ennemi », M. Mélenchon répond « Pas ennemi adversaire » 15 jours après 100 flics débarquaient chez lui, chez d’autres et à LFI..
      Il n’avait pas compris (automne 2018) ce qu’était ce macron et qu’elle classe il défendait ! Grave de faire une telle faute. Manque de clarté politique, son entourage ? J’espère qu’il n’avait pas la naïveté de croire que son écharpe lui octroyé une garantie des macronistes mafieux…
      – – – –
      Dans cette rencontre avec Macron, Mélenchon qui voyait le Président de la République se retrouve face à un gamin voyou. Mélenchon n’a pas pu imaginer que Macron ne respecterait pas, ne comprendrait pas sa fonction.
      C’est de la part de Mélenchon non pas une faute mais un honneur. Mélenchon, contrairement à Macron, respecte les institutions tout en les combattant. Macron les pervertit et en abuse. Dans l’histoire Macron est donc la mafieux, le voleur, Mélenchon le croyant en l’État, au droit, …
      Cette croyance vécue par Mélenchon, à la différence d’une croyance énoncée mais bafouée par Macron, est l’indispensable préalable à un régime démocratique. Tout au contraire, l’apparence, le mensonge transpirant (au propre et au figuré) de Macron est une forme de fascisme paré des plumes républicaine. Mon choix, qui n’intéresse personne, entre les deux est clair.
      La question émergente de cette analyse sommaire est comment lutter de manière républicaine contre un pouvoir mafieux ?

      Je n’ai pas de réponses, sinon qu’elles sont d’importance.

  12. La campagne des Européennes aurait pu être pour La France Insoumise l’occasion de l’élaboration et de l’exposition au public d’un projet alternatif pour l’Europe, qui ne tienne pas seulement à la pose, certes nécessaire dans une certaine mesure, mais trop peu consistante comme alternative crédible et durable si elle n’est pas assortie de contre-propositions, de la dénonciation de son fonctionnement actuel. Le mouvement, qui est effectivement une révélation de ces dernières années par l’ampleur qu’il a acquise, et le rôle de voix institutionnelle de l’opposition de gauche depuis 2017, a acquis une responsabilité qu’il aurait pu assumer en prenant ce temps pour concevoir cette autre Europe, ces logiques alternatives, que la critique de l’Europe actuelle appelle à être formulées, ainsi qu’une stratégie d’alliances avec d’autres forces « protestataires » de gauche en Europe. Un tel projet est attendu, notamment comme alternative au Traité constitutionnel repoussé en 2005 et pour l’essentiel ratifié en 2008, même si c’est surtout comme « plateforme » substantielle que les électorats des Etats membres de l’UE, et singulièrement les voix de gauche dénonçant l’ « orthodoxie » suivie par les gouvernements.

  13. Sortir des traités ? mais quoi l’empêche ? Sur le fond, le revendiquer et le faire, au moment où le Brexit divise déjà l’Europe, serait l’unique moyen de pousser l’Union Européenne à se reconstruire de fond en comble. Le problème de Mélenchon comme des autres, c’est d’aller plus à la gamelle que chercher des solutions politiques viables. Toute la classe politique en est là. D’où l’impasse.

    • @marcel Le programme de France Insoumise – A/ Les chapitres 2; 3; 5; 6 et 7 abordent la sortie des traités.
      -Une SORTIE de l’union européenne (par l’article 50 du TUE).
      -Un CHANGEMENT des traités qui abrogerait ces articles.

      Or, un pays ne peut sortir de l’UE qu’en modifiant les articles cités ci-dessus. Mais l’article 48 du TUE empêche toute modification des articles, sauf s’il y a l’unanimité des 27 états membres, ce qui est impossible MÊME avec ce fameux argument de « volonté populaire ».
      Donc, je trouve dommage du passage de LFI du plan A sinon plan B de 2017 à la sortie des traités de 2019 qui est illusoire et trompeur !

      • Il me semble que militer pour dénoncer purement et simplement les traités achèverait un marasme dans lequel les rivaux de l’Europe – ainsi que ses propres citoyens pourraient la voir se saborder elle-même. Et ce risque est colossal, susceptible de produire des effets moraux et matériels désastreux. Certes, il peut paraître plus simple et plus clair de tout mettre à bas pour rebâtir une coordination entre les nations du continent sur des bases nouvelles. Mais à ce scénario maximaliste, on peut opposer une série d’objections :
        – les acrimonies, les rancoeurs, les rivalités qui resurgissent entre les Etats composant aujourd’hui l’UE, qui quels que soient les sentiments qui animent leurs différents gouvernements d’aujourd’hui, sont cependant tenus juridiquement à certaines obligations juridiques et ne peuvent se permettre trop de « mauvaises manières » les uns envers les autres – même si les attitudes de certains gouvernements peuvent apparaître dommageables, abusifs ou aberrants à leurs partenaires;
        – l’appareil productif (biens, services, investissements) des pays de l’UE est aujourd’hui en grande partie intégré – revenir en arrière nécessiterait un effort sysiphéen pour des résultats qu’on peut prévoir inatteignables; le pari européen redéfini pourrait au contraire permettre de reprendre vers le haut le chemin accompli jusqu’ici. Au rebours d’un repli, l’affirmation d’une confiance dans la vigilance, et la redéfinition de lignes d’intérêt commun aux pays adhérents au Pacte devant les autres acteurs de la vie internationale, pour faire pièce à la tentation de stratégies concurrentes des différents Etats membres auprès des puissances extérieures, avec le respect qui leur est dû. Evidemment, ce que j’énonce ici est loin d’être simple à atteindre, et même à définir concrètement, tant l’édifice institutionnel européen et celui des traités internationaux est d’une formidable complexité. Mais cela n’est pas une découverte. Ce qu’on peut revendiquer aujourd’hui, peut-être, c’est d’abord peut-être une redéfinition de l’approche des échanges internationaux de biens, de services et de capitaux entre l’Europe et le reste du monde; une réactivation des programmes de solidarité régionale et sociale à l’intérieur de l’UE, ainsi que de ceux qui promeuvent les partenariats entre acteurs (associatifs, économiques) issus des différents Etats de l’Union. Et peut-être pour commencer, puisque l’édifice institutionnel est encore là, et notamment le Parlement qui sera élu la semaine prochaine, de donner beaucoup plus de visibilité aux débats parlementaires afin que les opinions publiques soient à même de suivre de plus près leurs travaux.

  14. Et le PCF, c’était un mouvement gazeux à l’époque de Thorez quand Doriot s’est barré chez les fafs ?

    Je sais bien que vous détestez Mélenchon mais il faut éviter un truc aussi grossier.

    Surtout, au moment même où le PCF fait partie de la majorité municipale qui vend une partie de l’Hôtel Dieu… Ça serait intéressant que vous vous intéressiez, non ?

    Pour conclure cet amical commentaire j’observe que les procès en gauchisme qui ne sont pas une nouveauté sont toujours présents, par contre les procès contre les social-traîtres disparaissent. Il est vrai que le PCF est devenu un mouvement social-démocrate.

  15. Mais avouez quand même que LFI est plutôt floue sur l’Islam,l’UE,l’Euro,l’accueil des migrants,la laïcité,les « universités » dé-coloniales,les prises de positions de certains dirigeants de l’UNEF,les propos haineux contre la France de nombre de responsables d’organisations sulfureuses gravitant autour de LFI (Rokhaya Diallo,Houria Bouteldja,etc.).
    Tout ça a un petit parfum de « tambouille » électoraliste dénoncée violemment chez les autres par JLM!

  16. Merci pour ce texte. Les réactions hargneuses qu’il suscite ne font que mettre en valeur sa pertinence profonde. Nous ne pouvons que constater à la lumière de ces réactions que la FI n’est pas disposée à se remettre en question avant d’atteindre le fond (à la manière d’un PSbis qu’elle devient petit à petit). Et nous nous trouvons donc orphelins à nouveau. Merci pour le travail effectué en 2012 et 2017 et l’espoir qui allait avec. Mais adieu. Que la gauche souverainiste renaisse de ses cendres.

    • Contrairement à certains commentaires, je pense que ce texte est important. Je tente ici une explication. Trop longue, je suis limité.

      FI, grâce en particulier au talent de JLM, a été un puissant catalyseur-rassembleur en 2017.
      Mais la terreur que cela a entraînée dans la haute bourgeoisie capitaliste a permis de casser l’envolée grâce aux procédés usuels des fachos et autres a-démocrates ; semer le doute et enfumer sont des opérations maîtrisées par les médias de masse, les autres ont disparus, fautes de publicités rémunératrices et/ou de sponsors « intéressés ». L’idée et le raisonnement portent un défaut rédhibitoire, ils aident à penser, donc à critiquer/contester avec la force de la rigueur intellectuelle. Cela complique terriblement le travail des politiques. La preuve, ces derniers en sont réduits à se justifier par l’invention d’expressions absconses, alternant entre la tautologie, l’oxymore et le bruit pour ne rien dire tout en occupant le temps de cerveau. Donc exit les médias de masse qui aident à penser.
      Pour autant, JLM pose encore et toujours un problème de cohésion autour de lui. Comme au Parti de Gauche, les voix autres ne peuvent émerger. Mélenchon n’est pas parfait. Trivialité qui ferait rire si nous prenions conscience que c’est notre espoir impensé : nous recherchons toujours une personne parfaite pour incarner la tête de tout mouvement dans lequel nous mettons nos espoirs. Il suffit pour s’en convaincre de lire les reproches imputés aux chefs présents, passés ou putatifs (c’est d’ailleurs assez jouissif de parcourir les médias de ce point de vue – on ne peut s’empêcher de penser tribus primitives, comme infantiles). On attend une perfection absurde, nous avons tué le roi mais nous le recherchons sans cesse. Nous attendons qu’un alpha se légitime, nous émerveille tout en espérant un régime démocratique. Espoir schizophrénique ? Nous ne parvenons pas à dépasser le stade reptilien (ou encore animal que nous sommes encore et toujours) du chef de meute. A mon avis c’est une tare, la tare qui nous empêche (encore) de penser la Démocratie.
      Le culte du chef, du premier de cordée, de la fausse méritocratie, etc .. nous maintient efficacement hors des pratiques démocratiques. L’atavisme naturaliste, oscillant entre la guerre des places et la lutte des classes nous plaquent au sol, incapables de nous élever au-dessus d’une condition animale par ailleurs non niable. Cet atavisme est cultivé par la propagande capitaliste des ultra-riches au pouvoir. Ça marche, les preuves abondent, cet article, certaines réactions en sont une illustration.

  17. « avec à la clé, une division par deux du score de LFI entre la présidentielle et les Européennes, ».

    Analyse contestable dans la mesure où le score des législatives de 2017 est à peu près le même de ce qu’indiquent les sondages pour les européennes en pourcentages !

    Populiste JLM ? Dans ses discours et interventions je trouve qu’il s’adresse davantage au logos des gens qui l’écoutent qu’à leur pathos ou ethos ! Ce en quoi il commet une erreur car, malheureusement, les « CITOYENS » ont disparu du paysage politiques au profit des consommateurs ( de politique entre autres) et qui sont hermétiques à un langage trop sophistiqué voire savant ( référence historiques notamment).

    Pour conclure sans être trop long, JLM a vu la terre promise en songe en 2017 ( il n’est pas passé loin) mais je ne pense pas que ce sera lui qui conduira le peuple de gauche en terre promise, un peu comme Moïse quoi !!!!

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